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MICI : préserver la qualité de vie

Les médicaments permettent aujourd’hui de mener une vie quasi normale avec une maladie inflammatoire chronique de l’intestin. Pourtant celles-ci sont encore trop souvent perçues comme difficiles à traiter.

 

Les MICI

MICI (prononcez miki), un sigle encore mal connu qui signifie maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, c’est-à-dire essentiellement maladie de Crohn et rectocolite hémorragique. Pour les faire connaître et collecter des fonds pour soutenir des programmes de recherche, l’association François Aupetit (AFA), reconnue d’utilité publique, organise le 28 septembre un Roll Solidaire au Bois de Boulogne, près de Paris, où les malades sont invités à venir faire 8 km en roller ou en trottinette, ou 5 km en marchant ou en courant. C’est l’unique organisation française à aider les patients et à soutenir la recherche sur les MICI. Par ailleurs, l’association a lancé une enquête auprès des Français atteints sur la qualité des soins et leur vision sur la médecine de demain. D’autres associations européennes et canadiennes ont fait de même dans leur pays, l’objectif de cette enquête internationale IBD 2020 étant de comparer les différentes prises en charge et d’imaginer la prise de charge des MICI à 2020. Les résultats seront connus dans le courant de cet automne et feront l’objet d’une discussion à Oxford (Angleterre) entre les associations internationales de malades et des spécialistes de toute l’Europe.

En attendant, l’association organise aussi à Paris un programme d’accompagnement personnalisé individuel (API-MICI), pour mieux comprendre la maladie et mieux vivre avec.

 À lire aussi : L’essentiel à connaître sur les MICI

 

À savoir

À savoir

ASSOCIATION
AFA-la maison des MICI, association de patients, 32 rue de Cambrai, 75019 Paris. MICI Infos : 0811 019 623 (prix d’un appel local). 22 délégations régionales. Site Internet www.afa.asso.fr

 

Traiter selon la gravité

En France, 200 000 personnes sont atteintes d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin et 8 000 nouveaux cas sont diagnostiqués par an.

Poussées inflammatoires

La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique se caractérisent toutes deux par une inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif, mais la maladie de Crohn peut être localisée dans tout le système digestif, de la bouche à l’anus, le plus souvent au niveau de l’intestin, tandis que la rectocolite se limite au côlon (gros intestin) et au rectum.

  • Symptômes voisins

Les symptômes sont cependant proches : douleurs abdominales, diarrhées fréquentes, parfois sanglantes avec fistules et abcès, fatigue, manque d’appétit, fièvre et parfois complications nécessitant une hospitalisation. Ils sont si délicats à expliquer au médecin que la maladie tarde souvent à être diagnostiquée.

Rôle du stress

Rôle du stress

Comme dans toutes les maladies auto-immunes, le stress (situation conflictuelle, décès dans l’entourage, séparation, soucis familiaux) joue un rôle dans les rechutes de MICI. Tout particulièrement les problèmes financiers, liés au travail ou aux études. D’ailleurs le syndrome du côlon irritable en fait partie.

 

  • Identifier la maladie

Pourtant, les MICI évoluant par poussées inflammatoires gagnent à être reconnues tôt, car les traitements actuels sont efficaces. Les symptômes sont très pénibles au quotidien et la vie sociale, personnelle et professionnelle en est réellement compliquée.

 À lire aussi : MICI : maladies de la jeunesse

 

Maladies auto-immunes

Contrairement à ce que l’on pense souvent, la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique ne sont pas dues à un mauvais régime alimentaire. Certes les cas sont plus fréquents dans les pays industrialisés et notre alimentation de type occidental, trop riche, pourrait être en cause. En fait, ce n’est qu’une piste de recherche parmi d’autres, en rapport toutefois avec notre mode de vie.

Le tabac a un effet aggravant sur le déclenchement de la maladie de Crohn et sur son évolution, mais n’est pas seul en cause. Sans que ce soit des maladies héréditaires, la génétique joue un rôle, mais pour développer la maladie il faut rencontrer un ou deux autres facteurs… qui restent à élucider.

Une chose est sûre, les MICI sont des maladies auto-immunes. En clair, le système immunitaire se défend contre ce qu’il prend pour une agression.

 À lire aussi : MICI : Comment éviter les poussées

 

Traitements actuels des maladies inflammatoires chroniques des intestins

Différents traitements médicamenteux sont possibles, variables selon le degré de la maladie.

  • Dérivés aminosalicylés (5-ASA)
    Ils sont prescrits dans les poussées d’intensité faible ou modérée, bien tolérés et ont peu d’effets indésirables.
  • Anti-TNF alpha, ou biothérapies
    Plus récents et plus puissants, ils sont destinés aux patients atteints de formes graves, très perturbantes, et qui présentent des risques de lésions perforantes ou de sténoses (rétrécissement d’un segment intestinal pouvant entraîner une occlusion).
  • Corticoïdes
    Moins prescrits aujourd’hui, ils gardent leur intérêt mais ils ont des effets secondaires : risque d’ostéoporose quand ils sont pris longtemps.
  • Immunomodulateurs
    Ils sont essentiellement prescrits en traitement de fond.
Idées reçues

Idées reçues

  • Les femmes souffrant d’une MICI sont stériles
    FAUX. Mais en période de poussée, la fertilité est diminuée du fait de l’inflammation. Ce phénomène est cependant réversible et de toute façon il est déconseillé d’avoir un projet de grossesse quand la maladie n’est pas bien contrôlée par les traitements. En revanche, les femmes atteintes de rectocolite dont le côlon a été enlevé totalement ou qui ont subi une anastomose iléo-anale sont moins fertiles.
  • On ne sait toujours pas traiter les MICI par des médicaments
    FAUX. Une intervention chirurgicale est parfois nécessaire, mais les nouveaux traitements constituent un gros progrès. Ils ne guérissent certes pas ces maladies, mais diminuent la durée des poussées et la gravité des symptômes et permettent d’obtenir de longues périodes de rémission. Aujourd’hui, même si de nouvelles molécules, plus ciblées et efficaces encore, sont attendues, la plupart des malades vivent quasi normalement.
  • Les MICI évoluent en cancer colorectal
    FAUX. Mais elles augmentent son risque, surtout en cas d’inflammation du côlon sur toute sa longueur (pancolite). Cette augmentation du risque apparaît après 10 ans d’évolution. Passé ce temps, une surveillance par coloscopie, avec biopsie, est nécessaire tous les 2 ou 3 ans, même quand tout va bien, de façon à dépister au plus tôt des lésions précancéreuses ou cancéreuses.

 

Comment apaiser les problèmes de digestion ?

Les troubles digestifs peuvent être pénibles et altérer la qualité de vie. Conseils alimentaires et solutions médicamenteuses ou alternatives pour en venir à bout des douleurs estomac.

 

Qui n’a pas, un jour ou l’autre, souffert de remontées acides, douleurs abdominales, diarrhée ou constipation, parfois alternées ? Ces troubles sont douloureux et plus encore quand les symptômes deviennent chroniques. Le stress, c’est incontestable, joue un rôle dans le déclenchement des brûlures d’estomac. Pression ou harcèlement au travail, contrariétés familiales, soucis de santé… chez certaines personnes, c’est l’estomac qui, en réaction, regimbe. Une preuve : celles qui sont sujettes aux reflux gastriques se sentent souvent mieux le week-end ou pendant les vacances. De même, l’anxiété accélère le transit intestinal et provoque des diarrhées ou un syndrome de l’intestin irritable (SII). On sait que celui-ci apparaît dans 15 à 20 % des cas après une gastro-entérite sérieuse de plus de 5 jours, mais plus souvent chez les personnes au profil anxieux. D’autres hypothèses sont avancées, notamment une hypersensibilité digestive, elle-même souvent liée à un événement stressant qui remonte à l’enfance ou à l’adolescence. D’où l’intérêt de la relaxation. Des anomalies du contrôle de la douleur sont également en cause et expliquent que certaines personnes ressentent davantage ce qui se passe dans leur corps et donc dans les intestins.

 

Traitement au cas par cas des troubles de la digestion

Outre le stress, l’alimentation entre en ligne de compte dans la survenue des problèmes gastriques et intestinaux, qu’ils soient ponctuels ou chroniques et de ballonnement.

 

Remontées acides

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) se manifeste par des remontées acides et par le pyrosis, c’est-à-dire la sensation de brûlure partant du creux de l’estomac et remontant derrière le sternum jusque parfois dans la gorge.

  • Symptômes associés

Ces remontées peuvent aussi causer voix cassée, toux chronique, laryngites à répétition et même douleurs thoraciques. Se pencher trop en avant provoque des brûlures, les vêtements serrés et le surpoids écrasent l’estomac et facilitent le pyrosis, et la position couchée favorise les remontées acides, c’est la raison pour laquelle les douleurs surviennent souvent la nuit, après le dîner. Pensez à relever la tête de votre lit.

  • Conseils alimentaires

Rien n’est interdit, mais dînez léger, limitez fritures, boissons gazeuses, jus d’agrumes, laitages (donnant parfois des
flatulences et gaz intestinaux qui exercent une pression sur l’abdomen et l’estomac), café qui favorise le relâchement du sphincter entre l’estomac et l’œsophage, et favorise ainsi remontées acides et brûlures, aliments épicés et acides. Enlevez la peau des tomates et préférez le jus de citron au vinaigre. Privilégiez les légumes, crus ou cuits à chaque repas, les fruits entre les repas et le poisson, cuit à l’eau ou à la vapeur.

Si les symptômes persistent consultez, car il peut s’agir d’un ulcère gastrique ou du duodénum.

 À lire aussi : Prévenir et soulager le reflux gastro-œsophagien (RGO)

 

Intestin irritable

Colopathie fonctionnelle, côlon irritable ou syndrome de l’intestin irritable (SII), trois appellations pour désigner un dysfonctionnement du gros intestin, responsable de douleurs abdominales surtout après les repas, de ballonnements, de crampes intestinales (qui disparaissent en général avec l’évacuation de gaz ou de selles).

  • Symptômes associés

Des troubles du transit (diarrhées et/ou constipation) sont souvent associés et parfois même avec maux de tête, mauvaise haleine, nausées. Quand le SII est chronique, il est recommandé de revoir son hygiène de vie (pratiquer une activité physique régulière, avoir une alimentation riche en fibres) et de pratiquer relaxation ou yoga.

  • Conseils alimentaires

À la longue, les personnes qui souffrent du SII finissent par repérer les aliments qui ne leur conviennent pas : choux, haricots, lentilles, plats en sauce et gras, tomates, concombre, radis, céleri, alcool, sucre et édulcorants… C’est variable mais, là encore, pas d’interdiction. Une chose est sûre, il faut bien mastiquer, manger à des heures régulières et boire de l’eau ou des tisanes régulièrement dans la journée.

Si les symptômes persistent, le médecin recherchera une infection digestive (gastro-entérite) ou encore une intolérance au gluten.

 À lire aussi : La gastro : bénigne souvent, sérieuse parfois

 

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

Indigestion, appelée à tort crise de foie

Faire une petite diète. Médicaments possibles : antispasmodiques pour calmer les douleurs d’estomac ; citrate de bétaïne pour accélérer la digestion ; antiacides légers pour soulager brûlures et remontées acides ; cholérétiques, souvent à base de plantes, pour stimuler la digestion des graisses ; alginates pour protéger la muqueuse gastrique ; et homéopathie.

 À lire aussi : Les bons réflexes pour un transit qui file droit

Brûlures d’estomac

Les pansements gastriques soulagent les symptômes rapidement mais transitoirement ; les antiacides, utilisés le plus souvent 2 heures après les repas, neutralisent l’acidité par effet tampon ; les alginates (ou l’association antiacide/alginate) forment un gel qui protège l’estomac et évitent les remontées acides. Les antisécrétoires d’acide pour les brûlures persistantes : anti-H2, bien supportés mais dont l’effet s’atténue au fil des prises, ou inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), à prendre 10 minutes avant le petit-déjeuner, plus puissants, qui agissent sur la durée.

Intestin irritable

Les antispasmodiques permettent de diminuer les contractions intestinales et d’agir sur les douleurs abdominales pendant les crises, mais à ce jour, il n’existe pas de traitement réellement efficace. Laxatifs doux ou ralentisseurs du transit, selon le cas, peuvent être utiles pour améliorer le transit intestinal, mais toujours ponctuellement. Certains antidépresseurs sont parfois prescrits à très faible dose pour abaisser les seuils douloureux, mais c’est rarement nécessaire. Les probiotiques peuvent avoir un intérêt.

 

MICI : maladies de la jeunesse

Les MICI, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, maladie de Crohn et rectocolite hémorragique, se déclarent de plus en plus tôt et sont en recrudescence chez les enfants.

 

En 10 ans, le nombre de personnes atteintes de MICI a doublé, passant de 100 000 à aujourd’hui 200 000 cas. En France, 4 000 à 6 000 nouveaux cas sont diagnostiqués par an, soit près de 20 cas par jour avec un pic entre 15 et 25 ans. 25 % des nouveaux cas sont pédiatriques.

 

Diagnostic difficile des MICI

Les MICI se déclarent de plus en plus tôt, aux alentours de 8-10 ans. Elles évoluent par poussées imprévisibles, avec une alternance de périodes de répit.

Dans la maladie de Crohn chez l’enfant, le diagnostic est difficile car, au début, les symptômes sont peu nombreux et atypiques. Les douleurs abdominales et les diarrhées sont en effet deux symptômes très fréquents chez les enfants et peu spécifiques.

Le retard de croissance est parfois, le seul signe de la maladie. La puberté est plus tardive. Le retard staturopondéral est dû en partie à la baisse de l’appétit lié aux douleurs abdominales ainsi qu’à la diarrhée et à la malabsorption intestinale. Heureusement, le traitement permet de rattraper ce retard. Raison pour laquelle un dépistage et une prise en charge précoces sont essentiels.

 À lire aussi : MICI : Comment éviter les poussées

 

Hérédité et flore en cause

Il existe un terrain génétique. Dans près de 30 % des cas, un autre membre de la famille est atteint. De plus, on observe une perturbation dans la composition des bactéries de la flore intestinale. « Plusieurs facteurs sont incriminés dans ce changement de la flore : le mode de vie, les infections, l’alimentation, les vaccinations… les recherches se poursuivent » explique le Pr Frank Ruemelle, gastropédiatre à l’hôpital Necker, Paris.

 À lire aussi : Comment la flore intestinale agit-elle sur la santé ?

 

Vivre au quotidien avec une MICI

L’annonce du diagnostic est un choc pour les parents. L’enfant a un peu plus de mal à comprendre ce qui lui arrive. Quant à la scolarité, c’est assez difficile. En période de poussée, l’enfant est parfois retiré de l’école pour des périodes plus ou moins longues. Plusieurs dispositifs existent, comme le PAI (plan d’accueil individualisé mis en place par l’Éducation nationale). Quant à l’adolescent qui rêve d’autonomie, sa maladie le rend dépendant d’une équipe médicale, de ses parents… et un suivi psychologique peut s’avérer nécessaire.

 À lire aussi : Un nouvel espoir sur le front des MICI

 

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

La prise en charge des enfants ou adolescents atteints de maladie de Crohn diffère de celle des adultes.
En général, l’utilisation de corticoïdes comme traitement d’attaque est à éviter à cause de leurs effets inhibiteurs sur la croissance, souvent déjà ralentie chez ces enfants.
La nutrition entérale est le traitement de premier choix pour une poussée. Elle peut être administrée par sonde, mais souvent refusée par les enfants, ou par prise orale. Pour garantir son efficacité, elle doit être exclusive : l’enfant n’est pas autorisé à prendre une autre alimentation que le produit laitier prescrit (2,5 l par jour pendant 6 à 8 semaines).
Pour contrôler l’inflammation, de plus en plus d’enfants sont aujourd’hui traités par biothérapies (anti-TNF).

 

Cancer colorectal : faites-vous dépister !

Un nouveau test plus performant et plus simple d’utilisation, proposé à 17 millions de personnes de 50 à 74 ans, va permettre de détecter davantage de cancers et de lésions précancéreuses. Plus d’excuses !

 

Après avoir augmenté jusqu’en 2000, le nombre de nouveaux cas annuels s’est stabilisé puis a un peu diminué depuis 2005, mais le cancer colorectal reste, en France, le troisième cancer le plus fréquent (4 200 cas par an), derrière ceux de la prostate et du sein. Et le deuxième cancer le plus meurtrier, après celui du poumon, avec plus de 17 500 décès en 2012. Pourtant, les facteurs de risque de cette tumeur maligne qui touche la muqueuse du côlon ou du rectum, c’est-à-dire la dernière partie du tube digestif appelée aussi gros intestin, sont connus. Les antécédents familiaux de polypes précancéreux ou de cancer colorectal, surtout avant l’âge 45 ans, augmentent la probabilité d’être atteint un jour. Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) aussi. Mais à partir de 50 ans, et plus encore de 55 ans, nous sommes tous concernés. Le mode et l’hygiène de vie comptent beaucoup et expliquent très vraisemblablement l’augmentation du nombre de cancers colorectaux dans les pays occidentaux :

  • une alimentation riche en viandes rouges, en charcuteries et en graisses d’origine animale ;
  • le surpoids et l’obésité ;
  • le tabagisme et une consommation excessive d’alcool (comme pour de nombreux cancers).

En revanche, les légumes verts, qui apportent des fibres, et les aliments riches en vitamines, en particulier A, C, D et E, sont protecteurs.

À savoir

À savoir

INFORMEZ-VOUS SUR LE CANCER COLORECTAL !
Pour tout savoir sur le cancer colorectal (dépistage et traitements), sur vos droits et les démarches à faire, consultez le site de l’Institut national du cancer (INCa) : www.e-cancer.fr. Tél. Cancer Info : 0810 810 821 (prix d’un appel local).
Et soutiens, écoute, aides sur le site de la Ligue contre le cancer : www.ligue-cancer.net. Tél. 0810 111 101.

 

Faire un test de dépistage tous les deux ans

Depuis quelques années, grâce au développement des thérapies dites ciblées dans ce type de cancer – notamment les anticorps monoclonaux de dernière génération –, associées aux chimiothérapies, les traitements se sont affinés.

Un progrès, les thérapies ciblées

Les thérapies ciblées sont des médicaments sélectifs qui s’attaquent aux cellules cancéreuses en repérant chez elles une cible précise (récepteur, gène ou protéine) et en épargnant au maximum les cellules saines. Cette personnalisation du traitement repose sur le principe que deux personnes atteintes du même cancer ne répondent pas nécessairement de la même manière au même traitement. Il s’agit donc de rechercher, en amont, les spécificités de chaque patient pour fournir des solutions « sur mesure ». « L’objectif est d’identifier les malades qui peuvent bénéficier le plus de tel ou tel traitement, d’éviter l’administration de traitements qui se révéleraient inefficaces et même néfastes, et ainsi de donner aux patients davantage de chances de guérison », explique le Pr Michel Ducreux, chef du service de gastroentérologie, Gustave-Roussy (Villejuif).

Des traitements « sur mesure »

Concrètement, le traitement dépend de plus en plus des résultats de tests diagnostiques moléculaires, réalisés sur un morceau de tumeur enlevé par chirurgie ou prélevé par biopsie, qui permettent de connaître avec précision la « carte d’identité tumorale » de chaque malade. Les cancérologues peuvent de cette façon choisir le traitement le plus adapté, celui qui « marchera » le mieux.

Ces avancées sont particulièrement importantes pour les malades atteints d’un cancer colorectal avancé, avec des métastases dans d’autres organes. Cela dit, comme pour les autres cancers, plus le cancer colorectal est diagnostiqué tôt, mieux il se traite et plus il a de chances de guérir. D’où l’intérêt d’un dépistage régulier (tous les deux ans) après 50 ans, âge à partir duquel il est plus fréquent.

Un test de dépistage du cancer colorectal plus pratique

En France, le programme national de dépistage concerne les hommes et les femmes de 50 à 74 ans. Si vous êtes dans cette tranche d’âge, parlez-en à votre médecin traitant. Le test, à faire à domicile, consiste à déposer un peu de selles sur une plaquette prévue à cet effet, puis à l’expédier à un laboratoire d’analyse spécialisé dans une enveloppe fournie avec le test. Aujourd’hui, les Français répugnent à faire ce test, pourtant gratuit : en 2012-2013, le taux de participation à ce dépistage n’était que de 31 %. L’arrivée d’un nouveau test immunologique de détection de sang dans les selles, plus efficace et plus simple d’utilisation (un seul prélèvement de selles au lieu de trois avec le test actuel, Hémoccult), devrait l’améliorer et ainsi augmenter les chances de guérison. Il sera diffusé progressivement dans toute la France à partir de ce mois-ci. N’attendez pas pour en parler à votre médecin, c’est votre vie qui est en jeu…

 

Les signes d’alerte

Comme ils sont banals, les premiers symptômes ne font pas forcément penser à un cancer colorectal. Pourtant, qu’ils soient isolés ou associés, ils doivent inciter à consulter sans tarder :

  • traces de sang dans les selles, rouges ou très foncée ;
  • modification du transit intestinal : diarrhée qui se prolonge, constipation soudaine ou qui s’aggrave, alternance des deux ;
  • douleurs abdominales : crampes parfois violentes, avec ballonnements, gaz ou gargouillements ;
  • fausse envie d’aller à la selle, sensation de ne pas être soulagé après être allé à la selle, émission de glaires ;
  • grande fatigue et perte de poids inexpliquée.

Quand la tumeur grossit, elle peut finir par entraîner des complications :

  • occlusion intestinale : côlon bouché, matières fécales bloquées, ballonnements, douleurs et parfois vomissements ;
  • péritonite : perforation du côlon causant une inflammation du péritoine (membrane entourant les organes de l’abdomen), avec ventre dur et fièvre.

Dans ce cas, il faut voir un médecin très rapidement, voire en urgence.

Hérédité et MICI

Hérédité et MICI

Les hommes et les femmes ayant des antécédents familiaux (parents, frères ou sœurs) de cancer colorectal avant 45 ans ont davantage de risques d’être touchés à leur tour. Mais les formes familiales génétiques de cancer colorectal représentent moins de 5 % des cas.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), notamment la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, augmentent aussi le risque, surtout quand elles sont étendues à tout le côlon.