Oligoéléments : petites quantités, grands pouvoirs

Oligoéléments : petites quantités, grands pouvoirs
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Fer, zinc, cuivre, sélénium…  Les causes de carences en oligoéléments sont nombreuses : alimentation déséquilibrée, croissance, vieillissement, régime, etc. La solution ? Compenser au cas par cas.

L’origine du mot est une information : en grec ancien, « oligos » signifie « peu abondant ». De fait, les oligo­éléments sont présents en très fai­bles quantités dans le corps, de l’ordre de quelques dixièmes de gramme. D’ailleurs, on les appelle aussi « éléments traces ». Pourtant, ces nutriments d’origine minérale sont essentiels car ils participent à de nombreuses fonctions vitales : lutte contre l’inflammation et le stress oxy­datif – donc contre le vieillissement des cellules –, stimulation du système immu­nitaire, régulation du métabolisme, synthèse de différentes hormones, etc. À savoir : certains oligoéléments aux propriétés pharmacologiques reconnues mais normalement absents de l’organisme, comme l’or et l’argent, sont également utiles dans plusieurs situations. D’autres composés minéraux sont présents dans le corps : les sels minéraux, ou macro-éléments (macro = grand), dont les principaux sont le sodium, le calcium, le potassium, le magnésium et le phosphore, à différencier des oligoéléments car ils se rencontrent en plus grande quantité. Ceux-ci peuvent aussi être prescrits ou conseillés pour divers troubles.

Pallier les carences

L’oligothérapie utilise les seuls oligo­éléments pour prévenir un déficit ou une carence, ou pour rééquilibrer un terrain sur lequel se développent des pathologies : infections ORL à répétition, troubles digestifs, problèmes articulaires, fatigue, déprime, etc. À ne pas confondre avec l’homéopathie : les doses d’oligoéléments sont faibles mais quantifiées, ce qui n’est pas le cas en homéopathie où les souches sont tellement diluées que l’on n’en retrouve aucune trace dans les granules.

Comme les oligoéléments ne sont pas fabriqués par l’organisme, ils doivent être apportés par l’alimentation. Mais si celle-­ci n’est pas équilibrée, des déficits voire des carences sont à craindre avec des répercussions sur la santé. D’autant que, aujourd’hui, la qualité nutritionnelle des aliments, surtout industriels, est pauvre. S’ajoutent à cela le tabac, la pollution, les perturbateurs endocriniens, etc.

De même, à certaines périodes de la vie, les apports alimentaires en certains oligo­éléments peuvent aussi être insuffisants : croissance, grossesse, vieillissement, vie stressante, régime, maladie, sport intensif, entre autres L’oligothérapie est alors une ­s­­olution naturelle et efficace.

Le conseil du pharmacien : En pratique

Les oligoéléments en solution buvable ou en comprimés sublinguaux (à garder 2 à 3 minutes sous la lan­gue), assimilés rapidement, sont à prendre à jeun ou à distance des repas pour ne pas interférer avec les aliments ou les boissons. Les oligoéléments en gélules sont aussi efficaces qu’en solution buvable. Leur enveloppe végétale les protège des sucs gas­triques jusqu’aux intestins où ils sont absorbés. La fréquence des prises et la durée du traitement varient selon les cas (en curatif ou en préventif) et les besoins : 1 à 3 fois par jour sur quelques jours ou quelques semaines, ou en cures de 2 ou 3 mois, voire plus. Les oligo­éléments sont bien tolérés et ont peu d’interactions avec les médicaments : le zinc avec les tétracyclines, le sélénium avec les corticoïdes, et le fer avec les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Il suffit de ne pas les prendre en même temps.

Immunité, déprime, arthrose…

Chaque oligoélément joue plusieurs rôles dans le fonctionnement de l’organisme. Le zinc, par exemple, deuxième oligoélément le plus abondant dans le corps après le fer, intervient dans des centaines de réactions chimiques, au point d’être considéré en oligothérapie comme un véritable « couteau suisse ». Le cuivre, lui, est un puissant antioxydant, anti-inflam­matoire et anti-infectieux, mais il intervient aussi dans la nutrition de la peau, des cheveux et des ongles, et est essen­tiel pour le transport du fer. Il n’est donc pas toujours facile de choisir quels oligoéléments sont utiles dans tel ou tel cas. De plus, certains agissant en synergie, il faut souvent en associer plusieurs.

Pour vous aider, voici quelques situations courantes où les oligoéléments sont ­particulièrement recommandés :

  • Baisse de moral et déprime. Outre le magnésium (sel minéral à prendre en cure) qui agit sur le système nerveux et diminue l’anxiété, le lithium en oligo­élément – à ne pas confondre avec le lithium en médicament prescrit notamment dans les troubles bipolaires – apaise et régule l’humeur. On en trouve dans les céréales complètes, les oléagineux, les légumes et les eaux minérales (eau de Vichy, notamment), entre autres.
  • Défenses immunitaires affaiblies. Le zinc a de multiples effets, dont celui de renforcer le système immunitaire. À prendre surtout un mois avant la saison hivernale (et une association de cuivre, d’or et d’argent pendant la période à ris­que). Les aliments contenant le plus de zinc sont les huîtres, les crustacés, la viande rouge, le foie, les céréales complètes, les lentilles et autres légumes secs.
  • Allergies. Le manganèse inhibe la sécrétion d’histamine, l’un des messagers chimiques libérés lors des réactions allergiques. L’association avec le cuivre, aux propriétés complémentaires, est recommandée pour atténuer les symptômes mais également pour modifier le terrain, et, ainsi, prévenir rhinites et asthme allergiques (en cure avant et durant la saison à risque), eczéma, urticaire, allergies alimentaires. Céréales complètes, noix, banane, ananas et thé sont de bonnes sources de manganèse.
  • Fatigue et anémie. Parmi ses nom­­breuses fonctions biologiques, le fer participe au métabolisme énergétique et aide à réduire la fatigue, voire l’ané­mie. Notamment chez les femmes (cycles menstruels), les sportifs, les végétariens et les végans. Le fer que l’on trouve dans les aliments carnés (boudin noir, abats, viande rouge) est mieux assimilé que celui des végétaux (lentilles, noisettes, amandes, fenouil, etc.). Pour rééquilibrer le terrain, on associe cuivre-or-argent et manganèse-cobalt.
  • Booster la fertilité. Chez les femmes, en complément de l’acide folique, le ­sélénium en cure de deux mois facilite la production des ovocytes, et, chez les hommes, améliore la qualité du sperme. Viande, poisson, jaune d’œuf et fruits de mer sont riches en sélénium.
    Le zinc, lui, régule la fonction hormonale et la maturation des ovules, et permet la migration des ovules dans les trom­pes de Fallope et l’utérus.
  • Arthrose. L’action anti-inflammatoire du cuivre en fait un oligoélément essentiel en rhumatologie. En effet, bien que très utilisé pour toutes les maladies inflam­matoires aiguës ou chroniques, son rôle dans l’arthrose est spécifique car il stimule la synthèse du cartilage*. Les principales sources sont les abats, les fruits de mer, les céréales, les légumineuses et les noix. Également utiles : le sélénium pour son action antioxydante et anti-inflammatoire, ainsi que le soufre et le zinc qui partici­pent au métabolisme du cartilage

* L’arthrose à 40 ans – Comment l’éviter, comment la soigner du Dr Odile Picard-Paix (Éditions du Rocher, 18 €).

Ampoules, comprimés sublinguaux ou gélules

Basé en France, EA Pharma regroupe les laboratoires des Granions et Labcatal, spécialisés dans la conception et la commercialisation de compléments alimentaires et de médicaments à base d’oligoéléments. La gamme Oligosol de Labcatal en comprend 14 (oligoélément seul ou en association) en ampoules, et 1 en flacon. La gamme Oligostim des Granions en compte 6 en comprimés sublinguaux ; d’autres oligoéléments existent en gélules ou en ampoules.

Plusieurs laboratoires en proposent aussi quelques-uns : Nutergia (gamme Oligomax), Forté Pharma (Chrome 200 et Zinc 15+), PiLeJe (Oligobiane FeCu, Féminabiane Fer, Forzinc).

À lire

  • Mon cahier d’oligothérapie d’Inna Touré (Éditions Mosaïque-Santé, 10 €).
  • Le Grand Guide de l’oligothérapie d’Isabelle Eustache et du Dr Amine Achite (Éditions Médicis, 28 €).