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Surmonter son trac

Rendez-vous galant, allocution, entretien d’embauche ? Pour certains, ces défis s’appréhendent la peur au ventre. A moins d’avoir le truc pour vaincre son trac et gérer le stress

 

Je positive mon stress

Qui n’a jamais eu à affronter le grand méchant trac, celui qui fait trembler les mains, donne des palpitations, écrase la cage thoracique et noue la gorge ? Qui n’a jamais eu peur de ne pas être à la hauteur et d’être déprécié par autrui ? Légitime, incontrôlable, cette peur peut se vivre de deux façons :

Perdre ses moyens

Ne pas gérer son trac, c’est laisser la panique nous envahir au point de nous paralyser. A défaut d’agir et de sortir le meilleur de soi-même pour convaincre, on laisse nos complexes d’infériorité nous submerger et montrer à autrui tout l’inverse de ce que l’on veut prouver.

Être stimulé

Selon de nombreux chercheurs, plus le stress augmente, plus nos talents décuplent. Cette peur au ventre peut donc s’avérer positive. Elle matérialise en effet une anxiété anticipatrice qui permet de se surpasser. Si elle est contrôlée, l’émotivité exacerbée aide à mieux se préparer à l’épreuve oratoire et, par conséquent, à se donner plus de chances de la réussir.

 

Je maîtrise mon affolement et le trac

Le trac fait partie de votre tempérament ? Heureusement, cette réalité n’est pas une fatalité. Il existe des astuces pour encadrer sa panique et faire redescendre son stress, aussi bien dans le corps que dans l’esprit.

Dénouer les tensions

Puisque c’est physiquement que le trac se manifeste, il faut commencer par débarrasser son corps des entraves qui le paralysent. La respiration profonde est le meilleur moyen pour y parvenir. Il faut inspirer lentement par le nez pendant 4 secondes, puis expirer par la bouche pendant 8 secondes. Recommencez quatre fois.

Partir gagnant

Penser positif, telle doit être votre devise. Evitez à tout prix de vous projeter dans un scénario catastrophe, de vous visualiser en situation d’échec. Au contraire, plus vous imaginerez vos interlocuteurs conquis, plus vous aurez confiance en vous pour apprendre comment vaincre sa timidité.

Prévoir l’imprévisible

Se préparer mentalement optimise les chances de ne pas avoir peur d’être pris au dépourvu. Tout effet de surprise étant source d’angoisses supplémentaires, il s’agit d’anticiper tous les cas de figures, de répéter maintes fois votre discours et de vous renseigner au maximum sur votre interlocuteur.

 

L’anxiété sociale se soigne

L’anxiété sociale se soigne

Même intenses, les manifestations du trac peuvent se gérer et ne sont pas socialement handicapantes lorsqu’elles ne sont que ponctuelles en situation. Par contre, pour les 20% de la population* qui connaissent en permanence une timidité invalidante et les 10% qui souffrent d’éreutophobie (peur de rougir en public), il s’agit non plus de trac mais de phobie sociale. Des thérapies cognitives telles que la sophrologie, l’hypnose ou la PNL (programmation neuro-linguistique), permettent de dompter ces états anxieux extrêmes et d’apprivoiser le regard des autres pour décomplexer son identité et lui laisser libre cours.

* Source : www.anxiétésociale.org

À lire

À lire


« La peur des autres, trac, timidité et phobie sociale »,
Christophe André et Patrick Légeron, 8,90€. Ed. Odile Jacob.

Après la description de toutes les formes de l’anxiété sociale, les auteurs aiguillent vers les efforts à mettre en œuvre pour surmonter ses appréhensions, quelles que soient les situations.

 

Comment apprivoiser le stress et son anxiété ?

Il nous accompagne tout au long de la vie, pour le meilleur… et pour le pire ! Autant l’apprivoiser et amortir les chocs, au quotidien, avec de petits ou de plus grands moyens pour chasser le stress.

 

On apprend à gérer son stress autrement

Encore champions d’Europe de la consommation de psychotropes, médicaments qui agissent sur le cerveau et l’humeur, et d’anxiolytiques, les Français comprennent peu à peu que la chimie n’est pas souveraine et brouille parfois le jeu des neurones…

Chiffre

Chiffre

10 %
des Français prennent régulièrement des psychotropes.
50 à 60 %
des arrêts de travail sont dus au stress.
Le stress est un phénomène normal qui met à l’épreuve nos capacités d’adaptation ; il ne devient envahissant que quand celles-ci sont manifestement dépassées. Et comme chacun réagit différemment pour un stresseur identique, divorce, changement de travail, égarements d’un ado, etc., les solutions pour y faire face, que l’on soit seul ou épaulé par un professionnel, médecin et/ou psy, doivent être adaptées au stressé. Quel que soit le stresseur, irritabilité, tensions musculaires, troubles du sommeil sont souvent au rendez-vous. Et l’on consomme beaucoup trop de ces anxiolytiques toxiques que sont l’alcool et/ou le tabac.

Pour réguler un stress destructeur, le psy enseigne des stratégies d’ajustement, pour diminuer la réaction inappropriée au stress, en s’aidant de la relaxation, de la méditation ou de toute autre technique de détente, et en apprenant à penser différemment. Un stress excessif, en effet, vient souvent de ce que l’on sous-évalue ses ressources et que l’on surévalue le problème à l’origine du stress. Il s’agit ici de revenir à des pensées plus rationnelles qu’un scénario catastrophe générateur de stress. Indésirables, les schémas de pensée, les distorsions cognitives que l’on emprunte précipitamment, automatiquement, dès que l’on est dépassé par un stresseur. Et place à une voie de repli plus positive, où l’on relativise, l’on s’adapte et ainsi on tord progressivement le cou du stress paralysant.

 À lire aussi : Lâcher prise, mode d’emploi

 

Des antistress naturels

1/ Respirer comme un bébé

Avec le ventre ! On inspire en le gonflant, plus sûr moyen de faire de la place pour l’air dans ses bronches et l’on expire le plus longtemps possible en rentrant le ventre tout doucement, une vingtaine de fois, à chaque attaque déloyale de mauvais stress. L’objectif ? Inverser la tendance de l’hyperventilation et de l’accélération du rythme cardiaque, manifestations physiques emblématiques du stress.

2/ Apprendre les plantes

On peut compter sur l’aubépine, la passiflore ou le griffonia (Griffonia, bienfaits et mode d’emploi, Hélène Barbier du Vimont, éditions Médicis) pour semer le calme, en tisanes. Comme sur les huiles essentielles de mandarine rouge, lavande, ylang-ylang, orange douce, néroli bigaradier, etc., en roll’on nomade, qui interrompt la montée du stress, à appliquer sur les poignets que l’on frotte l’un contre l’autre pour en libérer les arômes, ou en pulvérisations dans une pièce.

 À lire aussi : Comment surmonter l’angoisse de déménagement ?

 

3/ Adopter la sieste éclair

Souveraine, une courte sieste postprandiale, peut être une excellente technique anti-stress quand un petit train de sommeil manifestement se profile. On envisage alors la suite des événements de façon plus sereine à condition de ne pas aller au-delà de 10 à 15 minutes, au risque sinon de comater.

4/ Décapiter ses émotions parasites

Des tremblements sous le coup d’une émotion, une diarrhée, des sueurs, à la veille d’un examen, des troubles du sommeil anxieux ? Le remède homéopathique qui convient est Gelsemium sempervirens, l’antitrac, plutôt à hautes dilutions pour ces signes du domaine de l’émotion, 15 ou 30 CH, 5 granules en 9 CH la veille d’une prestation par exemple, d’un examen, et juste avant…

5/ Découvrir sa fleur

L’impression d’être dépassé par l’ampleur de la tâche ? Pour la contrer, une Fleur de Bach, celle de l’orme, Elm dans le langage Bach (Mieux vivre avec les fleurs de Bach, Pascale Miller, éd. Eyrolles). Deux gouttes 7 fois par jour de cette fleur du lâcher-prise à associer éventuellement à l’impatience, Impatiens.

Réponses d'expert : la cure thermale, aide au sevrage des psychotropes ?

Réponses d'expert : la cure thermale, aide au sevrage des psychotropes ?


Dr Olivier Dubois
Psychiatre, Clinique psychiatrique et établissement thermal de Saujon

La cure thermale de trois semaines comprend 4 soins tous les matins ; les patients anxieux se portent significativement mieux que s’ils prennent un médicament de référence agissant contre l’anxiété et la dépression. Moins de douleurs, tensions, oppression thoracique, spasme digestif, etc., qui signent l’anxiété. Ces effets bénéfiques sont durables 6 mois. Ce premier travail, STOP TAG (Suivi du thermalisme à orientation psychosomatique dans le trouble anxieux généralisé) a été suivi d’une seconde étude, SPECTh (Sevrage de psychotropes par éducation psychothérapique en cure thermale) dont nous attendons les résultats début 2013. Le sevrage aux anxiolytiques n’était jusqu’ici envisageable qu’au domicile ou à l’hôpital, où la prise en charge est alors insuffisante ou trop contraignante. Nous espérons beaucoup de ce protocole de sevrage en cure de 3 semaines et suivi à 6 mois, validé par des experts psychiatres.

À éviter

À éviter

  • Ne vivre que pour son travail ! Même s’il est essentiel à l’épanouissement pour la majorité des Français, il doit être remis à sa juste place (Remettre le travail à sa juste place, Catherine Viot & Luce Janin-Devillars, éd. Hachette pratique, Les ateliers de Psychologies magazine).
  • Faire comme si le travail était tout ! Pour ne pas se laisser envahir, il convient de tracer et d’entretenir des frontières étanches entre vie privée et vie professionnelle (Ne plus craquer au travail, Dr Dominique Servant, éd. Odile Jacob).
  • Ruminer tout le temps. Et pour cela, travailler son mental, apprendre à mieux maîtriser ses émotions, réduire les tensions par la relaxation (y compris au bureau, si si !), prendre du recul avec des exercices, en pleine conscience.
  • Mal gérer son temps. Il faut en garder pour soi, préserver son sommeil, pour être mieux armé vis-à-vis d’un stresseur aigu ou chronique.