Archive de mots clés: « veine »

Retour veineux, comment l’améliorer ?

On en parle volontiers chaque commencement d’été, mais heureusement les veines assurent comme elles peuvent leur dur labeur, jour après jour et ce, quelles que soient les circonstances. Aidons-les pour éviter l’insuffisance veineuse !

 

Chiffre

Chiffre

18 millions
de personnes au moins souffrent de problèmes circulatoires des jambes en France. Source : Dr Michèle Cazaubon, angéiologue à l’Hôpital Bichat, Paris, Société française d’angéiologie

Des artères qui apportent du sang frais, oxygéné, aux différents tissus et, en parallèle, les veines récupèrent ce sang délesté de son oxygène pour le conduire vers les poumons, via le cœur, pour y être rechargé en oxygène ; tel est le circuit, perpétuel, qui régit la circulation du sang dans le corps.

 

Problème du retour veineux

Avec un bémol de taille pour le trajet des membres inférieurs, les jambes ! Les lois de la pesanteur sont en effet en permanence défiées et plusieurs centaines de litres de sang sont chaque jour propulsées de l’extrémité des orteils jusqu’au cœur. Grâce aux veines donc, dotées de parois élastiques, épaulées d’une série de pompes musculaires, le mollet, la plante du pied et la cuisse (par ordre d’importance décroissante) qui fonctionnent sur un mode aspiratif. L’appareil respiratoire, lors des mouvements du diaphragme, joue aussi sa partition. Enfin, les veines sont équipées de clapets antireflux, inopérants toutefois lorsque les veines sont dilatées, stagnation aidant, comme un flipper en position bloquée.

Plusieurs raisons à cette insuffisance veineuse, l’hérédité et l’âge certes, mais encore ces facteurs favorisant la stase veineuse que sont une grossesse ou les métiers qui obligent à une station debout prolongée. À la clé, une lourdeur créée par l’hyperpression veineuse distale, un œdème par accumulation de liquides à l’extérieur des vaisseaux, la paroi, distendue, devenant perméable, etc.

 À lire aussi : 5 choses à savoir pour éviter la phlébite

 

Réponses d'expert : des jambes lourdes font-elles courir un risque de phlébite ?

Réponses d'expert : des jambes lourdes font-elles courir un risque de phlébite ?

Dr Jean-Pierre Laroche,
médecin vasculaire au CHU de Montpellier.

Non, pas plus que les varices d’ailleurs. Ainsi, on ne fait pas une phlébite par hasard, il y faut la conjonction de plusieurs facteurs de risque : une lésion des vaisseaux (accouchement, acte chirurgical, etc.), une stase sanguine liée à une immobilisation prolongée et une anomalie de la coagulation, qui rend le sang trop épais (pour des raisons génétiques, hormonales ou un cancer).

Une douleur du mollet et/ou un gonflement et/ou des jambes lourdes et douloureuses, au repos aussi, doit aussitôt faire penser à l’éventualité d’une phlébite

Et l’on consulte d’autant plus rapidement que l’on accumule les facteurs de risque, et particulièrement si l’on a déjà fait, ou quelqu’un de la famille proche, une phlébite. Une échographie Doppler, qui permet de visualiser les veines et l’obstacle confirme alors le diagnostic.

 

Circuler, le mot d’ordre pour éviter les jambes lourdes !

Pour faciliter ce retour veineux, quatre pistes.

1/ Gymnastique vasculaire

À lire

À lire

fini-les-jambes-lourdesFINI LES JAMBES LOURDES
Un guide pour prévenir et traiter l’insuffisance veineuse, à tous les âges et dans toutes les circonstances.
Dr Michèle Cazaubon, éditions Alpen, 96 pages, 9,90 €.

Théoriquement, tous les sports conviennent s’ils activent la pompe musculaire du mollet ou de la cuisse, mais certains sont plus efficaces que d’autres. Point trop de squash ou de tennis donc, où l’effort musculaire, parce qu’à glotte fermée, bloque le retour veineux.

Plébiscitée en revanche, la gymnastique vasculaire active, qui sollicite les muscles les plus profonds, posturaux. Elle permet de travailler à la fois les muscles agonistes et antagonistes (qui font faire un mouvement et son contraire), plutôt en résistance qu’en rapidité, avec des mouvements amples et complets. Des exercices des muscles posturaux (soléaires des mollets, pectinés et adducteurs des cuisses ou psoas du bassin) sont ainsi quatre fois plus efficaces sur le retour veineux que ceux pratiqués par les muscles superficiels, comme les jumeaux, qui sculptent le galbe du mollet. Point.

Exemplaire, la gym dans l’eau, l’aquagym, qui répond à ce cahier des charges avec en bonus, des efforts en résistance contre l’eau… Pas d’ordonnance imposée, mais du plaisir, de la variété, gages d’efficacité au long terme !

2/ Chaussure inclinée

Idéalement avec un talon plus bas que l’avant-pied, à l’exact opposé des stilettos ! Ces chaussures à bascule, semelle courbe et talon arrondi, obligent à un réajustement permanent de l’équilibre et du coup sollicitent à fond et sur la durée (à porter 30 minutes par jour au moins) les posturaux.

3/ Toniques pour veines

4/ Compression pour tous

Bas ou chaussettes, c’est selon… son choix de vêtements, robe ou pantalon. Ce qui compte ici, c’est la pression exercée sur le mollet, plus forte sur la cheville, puis décroissante vers le genou. La compression, en tuteurant le muscle du mollet, facilite le retour du sang veineux. Une très bonne solution, que recommandent unanimement les experts.

Conseils de Pharmacien : tour d’horizon des matériels de compression

Conseils de Pharmacien : tour d’horizon des matériels de compression

  • Chaussettes, bas ou collants de compression

Ils sont disponibles en trois classes, la première pour les insuffisances veineuses légères, les voyages en avion (indispensable en long courrier), etc. ; la deuxième pour les varices constituées, les œdèmes ou les suites d’une grossesse ; la troisième pour les cas les plus évolués.

  • Coût et remboursement

Ils sont remboursés, sur prescription d’un médecin, d’une sage-femme ou d’un kinésithérapeute, par l’Assurance maladie à 65 % sur une base de 20 € environ pour les chaussettes, 30 € pour les bas et 40 € pour les collants, les mutuelles prenant en charge les 35 % restants et éventuellement davantage en cas de dépassement.

  • Choisir la taille

La taille des chaussettes est déterminée en fonction du tour de cheville, de mollet et de la hauteur du creux poplité au sol ; celle des bas et des collants en fonction des tours de cheville, de mollet, de cuisse et de la hauteur du pli fessier au sol. Pour faciliter l’enfilage, un nouvel outil, Rolly de Sigvaris.

Ce qui est bon pour le système veineux

La maladie veineuse touche plus de vingt millions de personnes en France, surtout des femmes. Pour retarder son installation, ayez recours à des mesures hygiénodiététiques et aux médecines naturelles.

 

La maladie veineuse : Origine

À lire

À lire

MALADIE VEINEUSE, DES JAMBES LOURDES AUX VARICES. L’auteur fait le point sur les nombreuses informations circulant sur la maladie veineuse… et souvent contradictoires. Pascal Priollet, professeur au Collège de médecine des hôpitaux de Paris, éd. Médi-Text, 15 €
La maladie veineuse est souvent considérée comme mineure, car elle débute par des symptômes bénins, mais elle évolue lentement et insidieusement vers des formes graves telles que varices, phlébite (formation d’un caillot au niveau d’une veine), ulcère. À l’origine de la pathologie, un mauvais retour du sang veineux des jambes vers le cœur aboutissant à une dilatation des veines et une stagnation du sang, c’est la stase veineuse. Les symptômes qui annoncent la pathologie sont la lourdeur des jambes, une sensation de tension et douleur mollet, des crampes, un œdème au niveau des chevilles, des sensations d’engourdissement, de picotements ou encore des impatiences à prédominance nocturne. On connaît bien les principaux facteurs de risque : l’âge, le sexe féminin, les conditions de travail qui entraînent la station debout prolongée et/ou le piétinement, l’excès pondéral, la prédisposition familiale, l’exposition à la chaleur due au soleil ou au chauffage, la grossesse. Il existe encore d’autres facteurs moins souvent cités comme la constipation ou le tabagisme.

Découvrir les flavonoïdes

Le traitement classique fait appel à des toniques veineux ayant le statut de médicaments ou de compléments alimentaires. Ils sont composés pour la plupart de flavonoïdes d’origine végétale, coumarine, diosmine, rutine, troxérutine, OPC, hespéridine, resvératrol… Longtemps qualifiés à tort de vitamine P, ils sont actuellement connus sous les noms de polyphénols, anthocyanidines, catéchines ou flavanols.

Choisir des aliments très colorés

Puissants antioxydants, les flavonoïdes, qui colorent fruits et légumes, protègent les vaisseaux et facilitent la circulation ; on les retrouve dans nombre de veinotoniques.

Pigmenter son alimentation

Raisins, pommes, abricots, cacao, grenade, cassis, myrtilles, thé vert ou encore café sont réputés pour leur richesse en flavonoïdes. La rutine est prescrite en cas de jambes lourdes, de varices, d’hémorroïdes, mais aussi de baisse de l’acuité visuelle liée à une fragilité des petits vaisseaux de la rétine. Avec cinq portions de fruits et de légumes par jour, on ingère entre 150 et 300 mg de flavonoïdes, selon le mode de récolte et de préparation.

Faire le point sur les compléments

Les formules des compléments nutritionnels font appel aux plantes traditionnellement utilisées dans l’insuffisance veineuse. Elles soulagent les manifestations fonctionnelles du syndrome de jambes lourdes, mais ne permettent pas de guérir l’insuffisance veineuse ou les varices. En cas de fragilité capillaire elles rétablissent l’intégrité de la paroi des vaisseaux.

Penser aussi aux plantes

Marronnier d’Inde, petit houx ou bien fragon épineux, ginkgo biloba sont vasoconstricteurs, ils réduisent l’œdème de la cheville. Le mélilot stimule la circulation lymphatique et s’oppose à la formation d’œdèmes. Le cyprès, le noisetier et l’hamamélis, riches en tanins, protègent la paroi veineuse et réduisent la sensation de gonflement. Les extraits de raisin sont drainants et désinfiltrants. Les plantes à anthocyanes, vigne rouge, cassis, myrtille, maintiennent une bonne irrigation cutanée. Ils sont très utilisés dans les veinotoniques oraux ou locaux.

À éviter

À éviter

– Les excès de chaleur et le chauffage par le sol. Préférez le plancher ou le carrelage à la moquette ; marchez pieds nus pour activer la pompe plantaire ; choisissez des chaussures souples et stables qui permettent une bonne répartition des pressions, et des talons de 3 à 4 cm ; ne portez pas de vêtements trop serrés.

– Dormir avec une couette trop lourde et trop chaude, préférez des draps légers. Le soir, prenez une douche fraîche en faisant remonter le jet des pieds vers les cuisses, puis massez vos jambes avec une crème relaxante par mouvements circulaires ascendants à partir des chevilles ; dormez les jambes surélevées.

– Les sports comportant du piétinement, tennis, volley… En revanche, pratiquez régulièrement un sport type natation, marche ou vélo.

Le bien manger

Le bien manger

Pour inscrire les flavonoïdes à vos menus, commencez par déposer sur la table une belle corbeille de fruits types citrus, orange, citron, pamplemousse, ou savourez la peau et la chair des fruits, abricot, poire, pêche, raisin noir, fraise, mûre, quetsche et des baies, cassis, myrtille…

La consommation de vin rouge est une bonne source de flavonoïdes, mais elle doit rester limitée ; il faut lui préférer quelques tasses de thé.

N’oubliez pas les vitamines antioxydantes A, C et E contenues dans les fruits, les légumes frais, les huiles végétales.

Pour ne pas compromettre le bénéfice circulatoire de ces apports alimentaires, consommez avec modération les excitants, café fort, épices, et favorisez un bon transit intestinal par une alimentation riche en fibres et une hydratation suffisante, eaux ou boissons drainantes.