Le sport, c’est bon pour la santé

Le sport, c’est bon pour la santé

06 novembre 2020

De plus en plus prescrit sur ordonnance, devenu thérapeutique à part entière, il s’ajoute désormais aux techniques non médicamenteuses en complément de la médecine classique et de mesures diététiques.

 

Diabète, hypertension artérielle, surpoids, obésité, lombalgies, pathologies cardiovasculaires… Autant de maladies chroniques qui, dans les pays occidentaux, ne cessent d’augmenter. Tous les âges sont touchés, femmes et hommes sans exclusive. Hormis l’inégalité physiologique face à la maladie ou parfois la génétique, les principales causes sont la sédentarité et la malbouffe, rarement la fatalité. Et donc rien d’irréversible selon l’adage bien connu « le corps, comme les articulations ou le cerveau, ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ».

 

Une reconnaissance officielle

Les bienfaits de la pratique d’une activité sportive ou physique régulière sont aujourd’hui bien démontrés. Non seulement à visée préventive pour repousser les risques de maladie chronique, mais aussi à visée curative. L’activité physique adaptée (APA) réduit, par exemple, le risque de récidive de 30 à 50% pour les cancers du sein ou du côlon. D’endurance, elle aide à lutter contre le diabète de type 1. À l’inverse, l’inactivité physique a été identifiée par l’OMS comme le 4e facteur de risque de mortalité au niveau mondial. La reconnaissance officielle du sport ou de l’activité physique par la Haute Autorité de santé comme médicament, donc thérapeutique à part entière, a été inscrite dans le Code de la santé publique. Et dans nos politiques nationales de lutte contre les pathologies chroniques, l’obésité et le cancer, et de réduction de la dépendance chez les personnes âgées. Le Sport-santé sur ordonnance a fait son apparition dans le paysage législatif, sportif et médical lorsque l’Assemblée nationale a voté en 2016 un décret précisant ses conditions de dispensation. Pour autant, inutile de songer à se faire payer l’abonnement de sa salle de fitness, son cours de tennis ou un séjour au ski. Seuls sont éligibles les activités physiques adaptées aux patients atteints d’affections de longue durée (ALD), maladies nécessitant un traitement particulier, souvent coûteux, et un suivi prolongé (www.sportordonnance.fr). L’idée est aussi de limiter la surmédication et le trou de la « Sécu ». Les maladies liées à la sédentarité coûteraient entre 150 et 300 euros par an et par habitant.

 À lire aussi : Se remettre au sport, mode d’emploi

 

Des villes sport-santé

Pionnière en la matière, la ville de Strasbourg avait testé le dispositif Sport-santé sur ordonnance en 2012. Depuis d’autres villes volontaires l’expérimentent. Sous l’égide de l’OMS, un Réseau national des villes sport-santé s’est constitué pour créer une dynamique : échanger, partager, améliorer le dispositif et soutenir la coopération entre les villes voulant mener des politiques favorables à la santé et à la qualité de vie. La guerre est déclarée à l’inactivité (7 à 11 heures en moyenne assis chaque jour!). Pour éliminer les effets négatifs de la sédentarité, le meilleur rempart est le mouvement. Ce qui ne passe pas nécessairement par du sport intensif mais par un sport santé/plaisir, d’où l’apparition du terme d’activité physique non sportive d’intensité modérée. De la marche (la plus accessible) à la natation, au vélo ou des méthodes plus douces, peu importe ! L’important est de s’aérer l’esprit et de bouger son corps pour le rendre plus souple, mobile et résistant. Sans que cela tourne à l’obsession car l’excès de sport est tout aussi néfaste que son absence.

 

À savoir

À savoir

• Pratiquer une activité physique, la bonne résolution no1 pour 36 % des Français !
• 76% des femmes recherchent avant tout des cours adaptés à leur condition physique.
• Celles qui pratiquent moins d’une heure par semaine ou rien évoquent le manque de temps, une mauvaise image de soi et la peur de ne pas suivre.

(Baromètre Sport Santé FFEPGV 2018)

 

En prévention comme en soins, on bouge contre les maladies chroniques

Contrairement aux idées reçues (telle « le sport peut être dangereux après 50 ans »), débuter ou maintenir une activité physique ou sportive régulière a des effets positifs sur la santé, la condition physique et l’autonomie. Elle contribue à lutter contre les maladies chroniques en prévenant leur apparition ou en réduisant leurs symptômes. À condition de connaître ses limites, de prendre du plaisir à pratiquer et non le vivre comme une contrainte supplémentaire. Les bénéfices se maintiennent tant que l’activité se poursuit mais en cas de cessation complète ils disparaissent progressivement en deux mois.

Sport sur ordonnance, mode d’emploi

Quelle que soit la pratique choisie, des précautions sont à prendre. Mieux vaut procéder à un check-up avant de s’y mettre. Il servira à définir des objectifs personnalisés se traduisant par une activité physique adaptée (APA). L’idéal est d’opter pour un encadrement sportif et médical sérieux comme celui proposé par le dispositif Sport-santé sur ordonnance. Il concerne 30 affections longue durée parmi lesquelles : diabètes 1 et 2, cancers, rhumatismes inflammatoires, maladies neurologiques, troubles de la personnalité, insuffisance respiratoire… Dans le cadre du parcours de soins, le médecin traitant peut prescrire, selon un formulaire spécifique, à son patient ALD une activité physique adaptée à son état, son risque médical et ses capacités physiques. Ce sport-santé doit être dispensé par des professionnels santé de l’APA et des éducateurs sportifs formés, selon les niveaux de vulnérabilité des patients et leurs besoins spécifiques. Si les frais de traitement sont pris en charge par la «Sécu», ce n’est pas (encore) le cas du remboursement du coaching sportif, à l’exception de certaines mutuelles. En attendant sa généralisation, mieux vaut habiter dans l’une des communes du Réseau national des villes-Santé : la démarche y est grandement facilitée dans les centres de santé et sportifs municipaux, avec notamment la gratuité des cours APA pour une durée propre à chacune.

 À lire aussi : Pourquoi faut-il s’échauffer et s’étirer ?

 

 Une priorité à Montreuil

Une cinquantaine de villes se sont volontairement engagées dans le réseau Sport-santé (www.villes-sante.com), parmi lesquelles Montreuil (93), très impliquée depuis 2016 dans ce dispositif innovant et prometteur. « Avec le soutien de l’ARS93, nous l’avons adapté à notre ville, particulièrement concernée du fait du profil de sa population (sédentaire, en surpoids, faibles revenus) et plus de 500 patients en ALD traités dans nos centres médicaux, indique le Dr Pierre-Étienne Manuellan, son directeur général de la santé. Réduire les maladies chroniques et les problèmes de santé associés, en accueillant une population éloignée de la pratique sportive avec une offre gratuite encadrée par des éducateurs, est une volonté première des élus. Pour la concrétiser une équipe s’est constituée entre les directions du sport et de la santé pour mettre en place Sport sur ordonnance mais aussi une série de programmes éducatifs complémentaires : Sports dans les parcs tous publics le dimanche matin, Sport santé au travail pour les agents de la collectivité, ICAPS (interventions centrées sur l’activité physique et la sédentarité) auprès des collégiens. » Sports dans les parcs redémarre le 14 avril jusqu’à fin octobre. Au programme : renforcement musculaire, taï-chi, yoga, marche nordique. « Le succès étant au rendez-vous (850 inscrits en 2017, 1055 en 2018), nous en attendons encore plus cette année, se réjouit notre médecin. Ce nouveau service rendu aux habitants est un encouragement à une pratique autonome visant à annihiler les conséquences d’un mode de vie de plus en plus sédentaire et à rompre l’isolement en renouant du lien social.»

 

Réponses d'expert : bien orienter est primordial

Réponses d'expert : bien orienter est primordial

Dr Pierre-Étienne Manuellan,
directeur de la santé, Montreuil

Après avoir jugé que l’activité physique sera bénéfique pour la santé de son patient, le médecin traitant lui prescrit son ordonnance et l’oriente vers le médecin du sport du centre municipal de santé. Ce dernier l’examine pour déterminer s’il doit suivre une réadaptation à l’effort avec un kiné, ou un rééquilibrage  diététique, avant de rejoindre les ateliers sports ou les intégrer directement. Ensuite, l’éducateur sportif de la ville lui fait passer un entretien motivationnel pour bien le diriger tout en évaluant sa condition physique (tests de marche, tonicité, souplesse, autonomie). Bien orienter le patient est primordial. Considéré apte au dispositif, il bénéficie d’un accompagnement sportif gratuit pendant 5 mois : 3 séances de 45 minutes par semaine d’activités ciblées (cardio, endurance, marche nordique, natation). Deux confiées aux coachs de la ville, une à une association partenaire qui, en fin de session, prend le relais avec une cotisation modique. De 40 à 60 % de patients continuent après leur bilan de sortie. Nous poursuivons leur suivi tous les 6 mois pendant 2 ans. Le nombre de bénéficiaires est passé de 21 en 2016 à 60 en 2018, des femmes en majorité de 50-54 ans, diabétiques, hypertendues ou en surpoids. Ce changement d’hygiène de vie bien encadré a des répercussions rapides visibles sur leurs capacités physiques. Souplesse et équilibre étant améliorées, douleurs articulaires et mal de dos diminuent ainsi que la prise de médicaments, voire l’arrêt. Sans oublier l’IMC en recul, moins de fatigue et le retour de l’estime de soi. CQFD

 

Marcher, nager, pédaler, ramer… que des bienfaits

Trente minutes d’activités physiques dynamiques (en continu ou fractionnées) quotidiennes ou bien 3 fois 45 minutes hebdomadaires sont recommandées pour obtenir des résultats. Il existe de nombreuses façons d’y parvenir sans se croire obligé de devenir un athlète ou de viser la performance! Se déplacer à pied ou à vélo, monter ou descendre les escaliers, faire le ménage, jardiner contribuent à un mode de vie actif. Ce qui n’empêche pas une pratique sportive de loisirs complémentaire, en solo ou collective, en se fixant des objectifs d’intensité adaptés à ses besoins et son état de santé. En combiner plusieurs différentes, deux au moins, c’est mieux, afin que chaque partie du corps travaille. Que l’on souffre d’une maladie compatible avec une activité sportive ou que l’on veuille rester en forme, il y a embarras du choix selon ses préférences et les bienfaits escomptés. Amélioration de la fonction cardio-respiratoire (endurance), des aptitudes musculaires (renforcement), de la souplesse musculo-articulaire, équilibre, coordination sont les effets physiologiques attendus d’une pratique sportive assidue et personnalisée. Les suivantes figurent parmi les plus accessibles.

 À lire aussi : Gagner en souplesse, gagner en bien-être

 

La marche et le vélo pour travailler l’endurance

L’avantage : on pratique à tout âge, partout, en plein air comme en salle. Nul besoin d’un équipement spécifique pour marcher hormis des chaussures adaptées et des bâtons réglables lorsqu’elle est « nordique » où plus de 80% des muscles s’activent (pectoraux, biceps, triceps, dos, sangle abdominale, cuisses, fessiers). Marcher d’un bon pas est bénéfique sur la prise de poids et les facteurs associés (hyperglycémie, cholestérol, hypertension, diabète 2). Elle réduit l’incidence des événements cardiovasculaires et tonifie les os. Les fameux 10 000 pas par jour ne sont pas à imposer. Mieux vaut augmenter progressivement le nombre journalier (de 1000 à 3000) pour être efficace. Marcher déstresse et favorise le sommeil. Le vélo, idéal pour reprendre une activité physique, a quasi les mêmes effets que la marche tout en développant les capacités respiratoires et la musculation des mollets, cuisses et fessiers. Ce qui stimule la circulation sanguine. Conseillé quand on est en surpoids car sans impact sur les articulations.

Aquagym ou natation pour tonifier sans pression

Gymnastique, vélo, marche dans l’eau ont les mêmes répercussions sur la condition physique, le stress, le sommeil ou le retour veineux qu’à sec. Le plus avec l’eau : en immersion dans une piscine, comme en apesanteur, le corps pèse moins, les mouvements sont plus faciles à exécuter. En résistance avec l’eau, les muscles travaillent davantage sans impact sur les articulations, ce qui est bon en cas d’arthrose et de surpoids. Idem avec la natation mais davantage d’endurance cardiorespiratoire, tous les muscles sont sollicités. Aucune contre-indication pour ces activités aquatiques, seule l’intensité est à réduire si la douleur survient. Avec une lombalgie chronique, le dos-crawlé est conseillé. Il soulage et renforce les dorsaux.

Yoga, taï-chi, qi gong, gym douce, stretching… pour assouplir et évacuer les tensions

Ces activités dites neuromotrices multifacettes complètent celles d’endurance. Elles associent des postures tenues et des mouvements lents à un travail de respiration et de relaxation. Elles augmentent les compétences neuromusculaires (équilibre, agilité, coordination, démarche), permettent de gagner en souplesse, en mobilité articulaire. Des exercices sur la proprioception aident les plus âgés à maintenir leurs capacités fonctionnelles et à réduire le risque de chutes.

3 associations très actives

3 associations très actives

Quand sport et maladies sont compatibles, rien de tel pour oublier momentanément son cancer ou son diabète. La preuve.

• Avirose. Mis en place par la kinésithérapeute Jocelyne Rolland en partenariat avec la Fédération française d’aviron, ce programme permet, après un cancer du sein, de pratiquer l’aviron indoor chez des kinés spécialement formés. Avec un geste adapté aux déficits dus aux opérations, cette activité est idéale pour remuscler les quatre membres et le buste malmenés par la chimio- et l’hormonothérapie. Les patientes sont ensuite orientées vers l’un des 60 clubs labellisés Aviron Santé (www.ffaviron.fr/sante). Elles peuvent même participer au Challenge Avirose, relais inédit 4 x 500 m en équipe de 4 rameuses dont au moins 2 traitées pour un cancer du sein. 132 femmes ont relevé le défi le 9 février. Dress code rose et bonne humeur garantis. www.sereconstruireendouceur.com/avirose

• Cami sport & cancer-le sport thérapie, première association du genre à avoir développé et structuré l’activité physique et sportive en cancérologie et hématologie à l’hôpital et en ville. Sa méthode pédagogique le Médiété® est dispensée par des praticiens ayant le DU Sport et cancer de la faculté de médecine Paris 13. Il s’agit pour le patient d’enchaîner des mouvements complexes et intenses en conscience pour qu’il utilise avec justesse les chaînes musculo-squelettiques nécessaires à la réalisation des objectifs thérapeutiques identifiés lors des bilans physiques initiaux. www.sportetcancer.com

• DiabetAction©, un programme pluridisciplinaire de la Fédération française Sports pour tous développé avec la Fédération française des diabétiques (3 millions en France) pour les réconcilier avec le sport. Douze semaines pour découvrir et pratiquer des activités physiques adaptées (1 h 30 hebdomadaire), collectives, de la diététique, des tests…, et une orientation individualisée en fin de session. L’accompagnement peut se poursuivre en intégrant l’un des 3 200 clubs afin de consolider ses nouvelles capacités cardiovasculaires et musculaires. www.sportspourtous.org

 

Attention à la bigorexie

Attention à la bigorexie

L’Académie de médecine met en garde contre la pratique intensive du sport, appelée bigorexie ou encore sportoolisme. En effet, à l’instar du tabagisme ou de l’alcoolisme, il s’agit d’une addiction délétère pour la santé. L’abus de sport (tel que dépasser 15 heures par semaine, voire 35 !) fait basculer certains sportifs très entraînés – professionnels ou amateurs – dans un autre monde, celui de la dépendance psychologique. Ce qui se traduit par des dérives comportementales mais aussi des traumatismes physiques, le corps ne répond plus et casse. Et quand il y a souffrance, il n’y a plus de plaisir.

 

Anticiper et tester son état physique

Les événements cardiovasculaires ou les traumatismes musculo-squelettiques liés à l’activité sportive, quelle qu’elle soit, peuvent survenir quand on pratique sans préparation ni équipement adapté. Ou quand on l’augmente à une intensité élevée proche de la maximale. Un effort intense, inhabituel, brutal, peut occasionner une souffrance ou un risque vital. On estime à 1300 le nombre de morts subites et à 1500 le nombre d’infarctus du myocarde non mortels survenant pendant ou après l’effort. Il est donc prudent d’adopter certains réflexes pour préserver sa santé et pratiquer en toute sécurité.

 7 règles incontournables

• En amont, puis une fois par an, faire un bilan médical quand on a plus de 35 ans pour les hommes et de 45 ans pour les femmes.
• Signaler à son médecin toute douleur dans la poitrine, toute palpitation cardiaque ou tout essoufflement anormal ainsi que tout malaise survenant à l’effort ou juste après.
• S’entraîner de manière progressive et régulière.
• Respecter toujours un échauffement et une récupération de 10 minutes pour toute activité sportive.
• S’hydrater avant, pendant, après, en buvant de l’eau par petites gorgées avant même de ressentir la soif.
• Éviter les activités intenses par des températures inférieures à –5°C ou supérieures à 30°C et lors des pics de pollution. Idem en cas de fièvre, ou dans les 8 jours suivant un épisode grippal.
• Ne pas fumer, en tout cas jamais dans les 2 heures qui précédent ou qui suivent, ni consommer de substance dopante.

(source : Club des cardiologues du sport www.cardiosport.com)

 

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

Sans préparation, l’activité physique occasionne des traumatismes tendino-musculaires (claquage, crampe, courbature) jusqu’aux entorses et fractures. Après avoir été traité, encore fragile, il est utile pour continuer à pratiquer de porter des orthèses souples et dynamiques du poignet, du genou ou du pied. Ainsi soutenues, ces articulations très sollicitées conservent leurs capacités de fonctionnement. Les soins topiques, crèmes ou huiles de massage à effet chauffant favorisent aussi la mise en route. Après l’effort, le froid (cryothérapie) soulage la zone endolorie. Par exemple en massant avec un roll-on nomade à base de principes actifs facilitant la récupération : gaulthérie, menthe poivrée, arnica, camphre…

 

Dominique Thibaud

Le choix de la rédac

L’ostéopathie au féminin

Autres

L’ostéopathie au féminin

Si j’avais su !

La cure de bonne humeur

Compléments alimentaires

La cure de bonne humeur

Un allié de la bonne humeur

Le poids du microbiote

Transit et digestion

Le poids du microbiote

Comment le microbiote intestinal influe sur le poids ?

Finis les frisottis !

Cheveux

Finis les frisottis !

Une arme secrète offrant une chevelure lisse