Ôter les maux de la bouche

Ôter les maux de la bouche

05 septembre 2018
La plupart des bobos et maux de la bouche sont si gênants qu’ils peuvent inquiéter. À tort le plus souvent car ils se traitent bien. Mais la prudence s’impose quand les symptômes durent.

 

Notre bouche est remplie de centaines de millions de micro-organismes d’environ 700 espèces différentes : des bactéries surtout mais aussi des champignons, des virus et même des amibes. Et c’est tout à fait normal. Une partie d’entre eux joue un rôle bénéfique sur la santé et l’autre est potentiellement pathogène, autrement dit peut nuire à la santé. Mais tant que l’équilibre se maintient entre ces deux populations et que celles-ci cohabitent harmonieusement, il n’y a pas de problème. Des études, réalisées il y a quelques années avec la participation de plusieurs dizaines de couples d’amoureux, ont montré qu’environ 80 millions de bactéries (!), « bonnes » et « mauvaises », étaient échangées au cours d’un baiser de 10 secondes sans que cela ait de conséquences fâcheuses sur la santé des deux partenaires…

 

Déséquilibre du microbiote buccal

Il en va tout autrement quand la flore de la bouche, appelée aujourd’hui microbiote buccal, se trouve déséquilibrée pour une raison ou une autre. L’alimentation, l’hygiène de vie, l’hygiène dentaire ainsi que l’âge influencent la composition bactérienne du microbiote buccal. Quand les bactéries pathogènes ont pris le dessus, outre des caries et des inflammations locales (gingivite, parodontite), des lésions, plus ou moins importantes et douloureuses, peuvent se former sur les muqueuses de la bouche et la langue. L’haleine peut aussi se modifier et devenir désagréable pour l’entourage. Si, dans la grande majorité des cas, ces bobos et désagréments sont sans gravité, ils méritent cependant d’être pris en charge car certains peuvent s’aggraver ou bien dégénérer. Dans d’autres cas, les symptômes sont dus à un traumatisme causé par une prothèse mal adaptée ou bien traduisent l’existence d’une anomalie à corriger ou d’une maladie à traiter sans trop tarder.

Quand la bouche brûle

Les maux de la bouche sont donc nombreux et divers, les plus courants étant les aphtes, la mauvaise haleine et les boutons de fièvre. D’autres sont moins connus mais tout aussi gênants comme le syndrome de la bouche brûlante (glossodynie) qui affecte la bouche entière ou, c’est plus fréquent, seulement la langue. La sensation de brûlure, associée à une sécheresse de la bouche et une altération du goût, peut durer des mois voire des années ou bien survenir de manière intermittente. On ne sait pas vraiment à quoi est dû ce curieux syndrome, peut-être une carence en vitamines du groupe B et en fer, ou une lésion touchant les nerfs contrôlant la douleur et le goût… Et on ne sait pas non plus le traiter. Seuls les substituts de salive et les chewing-gums peuvent maintenir la bouche humide et apporter quelque soulagement.

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Aïe, un aphte !

Les enfants en ont souvent, au moins une fois dans l’année, et s’en plaignent parce que, même si les aphtes ne sont pas graves, ils sont douloureux. Les adultes aussi peuvent en souffrir mais moins. Ces petites ulcérations gonflées, isolées ou multiples, localisées à différents endroits de la bouche – à l’intérieur des joues, des lèvres, sur la langue et les gencives – portent bien leur nom. En grec, aphta signifie « brûlant ». Au point qu’on peut croire à une angine, d’autant qu’elles s’accompagnent parfois de ganglions. En général cependant, les aphtes sont assez faciles à reconnaître : le fond est jaunâtre ou grisâtre, la base infiltrée et les bords nets, entourés d’un halo rouge.

De 3 à 5 jours

En fait, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Les douleurs disparaissent au bout de quelques jours mais, comme les aphtes risquent de grossir et que la guérison prendrait alors plus de temps, un traitement local n’est pas superflu (lire le Conseil du pharmacien page ??). C’est seulement si les aphtes se répètent souvent qu’il faut consulter un médecin. Lequel procédera à un examen en règle pour savoir s’ils sont causés par une affection chronique comme une maladie inflammatoire de l’intestin (Crohn, rectocolite) ou une maladie cœliaque, ou encore s’ils sont liés à une maladie grave abaissant les défenses immunitaire (cancer, sida…).

Gruyère et noix

Les causes des aphtes ne sont pas encore bien établies mais leur origine n’est pas infectieuse, ils ne sont donc pas contagieux. On connaît cependant des facteurs qui ont tendance à les déclencher. Certains aliments : noix, amandes, raisins secs, figues, gruyère, fraises, ananas, bananes, chocolat, aliments très acides ou piquants. Un microtraumatisme dû à une prothèse mal ajustée ou une couronne, un brossage trop énergique des dents. La fatigue et le stress. Les changements hormonaux (règles, grossesse). Certains médicaments aussi semble-t-il comme les AINS et les bêtabloquants.

 

Lichen ou muguet ?

Lichen ou muguet ?

Ces deux maladies évoquant des plantes se caractérisent par des amas blanchâtres sur les muqueuses de la bouche et de la langue mais sont bien différentes :

  • Le muguet est dû à la prolifération anormale d’un champignon présent naturellement dans l’organisme : Candida albicans, d’où son autre nom de candidose buccale. Il est assez fréquent chez les bébés dont le système immunitaire n’est pas encore bien développé mais aussi chez les adultes dont les défenses immunitaires sont affaiblies, par exemple par un traitement anticancéreux. Les antibiotiques favorisent aussi cette infection car ils déséquilibrent la flore locale. Pour éviter qu’il se propage, il doit être traité par des antifongiques par voie locale ou orale.
  • Le lichen buccal, dont les dépôts évoquent des feuilles de fougère, est une dermatose inflammatoire non contagieuse mais souvent récidivante. Si le stress et une baisse des défenses naturelles jouent un rôle, c’est souvent la conséquence de prothèses traumatiques ou d’amalgames dentaires métalliques. Il est la plupart du temps bénin, mais mieux vaut consulter rapidement car, faute d’un traitement adapté – de la cortisone en bain de bouche ou en comprimés – et d’une surveillance régulière, il peut dégénérer en cancer.

 

Pouah, une mauvaise haleine !

Tout le monde a eu ou aura un jour ou l’autre mauvaise haleine. Pas grave mais incommodant… Très souvent, l’halitose (son nom scientifique) est due à l’accumulation sur la plaque dentaire de bactéries qui décomposent les débris alimentaires et produisent des composés sulfurés volatils à l’odeur nauséabonde. Responsable : une hygiène bucco-dentaire défaillante. Dans ce cas, on connaît la parade… Il faut être particulièrement minutieux en cas de prothèse ou d’appareillage de correction. Les caries – véritables nids à bactéries –, la gingivite et la parodontite peuvent aussi donner mauvaise haleine, raison de plus pour éviter d’en arriver là.

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Ail et oignon en tête

La mauvaise haleine peut cependant avoir d’autres causes, pour la plupart ponctuelles : la consommation d’ail ou d’oignons (dont les acides sulfuriques sont absorbés par la circulation sanguine), d’anchois, d’aliments très riches en matières grasses. Mais aussi de café, d’alcool, de tabac, à cause de leur odeur propre mais aussi parce que, à fortes doses, ils abaissent la production de salive. Le jeûne et les régimes basses calories aussi diminuent fortement le flux salivaire, indispensable pour chasser les éléments décomposés. Les régimes hyperprotéinés également mais pour une autre raison : sans apport de glucides, l’organisme brûle les graisses et libère des déchets (corps cétoniques) dans le sang ; or ceux-ci sont très volatils et donnent mauvaise haleine.

Quand l’halitose est chronique, il faut rechercher un problème d’ordre médical : infection des amygdales ou des sinus ou reflux gastro-œsophagien.

À savoir : une bouche trop sèche

À savoir : une bouche trop sèche

Certains médicaments peuvent assécher la bouche parce qu’ils ont une action sur le système nerveux parasympathique, lequel commande les glandes salivaires : antihistaminiques (contre les allergies), antidépresseurs, antipsychotiques, antihypertenseurs (pour la tension). La salive, riche en substances antibactériennes, ne peut alors plus jouer son rôle car elle n’irrigue plus assez la bouche. Les bactéries peuvent alors se multiplier, d’où une mauvaise haleine.

 

Des traitements spécifiques

Des traitements spécifiques

Les traitements et les soins, pour la plupart sans ordonnance, varient beaucoup d’un problème à l’autre.

  • Petits bobos de la muqueuse buccale, infections, inflammations ou après une chirurgie dentaire : bain de bouche antiseptique (Alodont…) à utiliser plusieurs fois par jour.
  • Aphte : anesthésique local en gel ou crème (Dynexangival…) ou bain de bouche à base de cortisone ou d’acide hyaluronique (Gum Aftamed…) pour soulager la douleur et accélérer la guérison ; solution traitante acide hyaluronique + aloe vera pour former un film protecteur et calmer la douleur (Aphtavea…). Mais en cas d’aphtes multiples et très douloureux, un médicament à base de corticoïdes devient nécessaire.
  • Halitose : gel, bain de bouche, spray, pastilles (Buccotherm, Halicontrol…), ou encore perles de menthe liquide (Papermints coolcaps) pour rafraîchir durablement l’haleine. Éventuellement un gratte-langue (en pharmacie) à passer délicatement mais fermement d’arrière en avant.
  • Bouton de fièvre : crème antiherpétique à appliquer dès les premiers picotements ou sensations de brûlures pour empêcher la multiplication du virus (Erazaban). Ou médicament oral à l’aciclovir, sur ordonnance.

 

Horreur, un « bouton de fièvre » !

Labial quand il se manifeste par un « bouton de fièvre » sur les lèvres ou buccal (à l’intérieur de la bouche, sur les gencives, la langue, au bord d’une narine), l’herpès est répandu tout simplement parce qu’il est très contagieux. Le virus en cause, HSV1, d’un type différent de celui qui cause l’herpès génital (HSV2), se transmet en effet facilement. Soit par contact direct avec une personne contagieuse à ce moment-là, autrement dit quand le bouton de fièvre est enflammé, ulcéré et sanguinolent mais aussi dès les signes annonciateurs de la crise. Soit par l’intermédiaire d’objets contaminés (rasoir, serviette, brosse à dents…). Les petites vésicules jaunâtres brûlent et surtout démangent et suintent plus ou moins avant de disparaître en une semaine ou deux sans laisser de trace.

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Témoignage : baisers à risque

Témoignage : baisers à risque

J’étais adolescente et je n’avais jamais entendu parler d’herpès. Un jour, j’ai vu que l’ami avec qui je sortais avait un vilain bouton sur une lèvre. J’en ai plaisanté mais, au cours de nos ébats, je n’y ai guère fait attention, j’ai même bu dans son verre sans qu’il me dise quoi que ce soit. Quelque temps après, j’ai vu fleurir à mon tour un gros bouton sur le pourtour de ma lèvre supérieure, affreux ! En en parlant avec mes copines, j’ai fait le rapprochement, c’était un « bouton de fièvre », ce que m’a confirmé le médecin en me prescrivant un antiviral spécifique. J’étais furieuse. Si j’avais su que c’était aussi contagieux et que le virus allait rester dans mon corps, j’aurais bien sûr refusé d’embrasser mon ami… Mais il n’a fait que minimiser les choses : ce n’était quand même pas le sida, il y avait un traitement efficace, etc. Heureusement qu’il n’avait pas d’herpès génital… Je ne l’ai plus revu ! Mais depuis, quand je ne me protège pas du soleil et pendant mes règles, le virus se manifeste souvent. Je réagis dès les premiers picotements mais je m’en serais passée. Aujourd’hui, je suis mariée, j’ai un enfant et, moi, je prends 1000 précautions pour ne pas leur transmettre le virus…

Mélodie, 29 ans

 

À vie dans l’organisme

C’est souvent dans la petite enfance qu’il s’attrape mais parfois à l’adolescence et à l’âge adulte. Une fois qu’on est contaminé, le virus reste dans le corps et se loge dans un ganglion lymphatique pour se manifester occasionnellement… ou rester inactif, c’est variable selon les personnes. Les facteurs de risque de récidive sont connus : fièvre, fatigue, grippe, stress, exposition solaire, menstruations… Heureusement, aujourd’hui il se traite bien. Mais ne disparaît pas.

 

À savoir : tabac-cancer de la bouche : lien avéré !

À savoir : tabac-cancer de la bouche : lien avéré !

Le tabac et le cannabis ne favorisent pas seulement les cancers du poumon et de la vessie mais aussi celui de la bouche – surtout des muqueuses et de la langue. L’alcoolisme et une mauvaise hygiène buccodentaire sont également des facteurs favorisants. Quelques signes doivent inciter à consulter rapidement : changement de couleur ou de texture des tissus de la bouche, plaques blanches ou rouge foncé, saignements, engourdissement ou lésions qui ne guérissent pas au-delà de deux semaines, gêne pour mastiquer ou avaler, goût modifié, voix enrouée, irritation de la gorge… Le dentiste est à même de faire la différence avec un autre problème à l’aide d’un examen et d’une radiographie et peut demander une biopsie pour, si nécessaire, passer la main à un cancérologue. Chimiothérapie, radiothérapie ou chirurgie sont choisies au cas par cas.

Evelyne Gogien

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