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La vie à belles dents !

La vie à belles dents !

24 avril 2018
Les conséquences d’une mauvaise hygiène bucco-dentaire sont trop lourdes pour faire l’impasse sur le brossage, le fil dentaire et les visites de contrôle régulières chez le dentiste.

 

Non, les Français ne sont toujours pas des champions de l’hygiène bucco-dentaire et ne vont pas assez souvent chez le dentiste. Résultat : encore trop de caries et de maladies bucco-dentaires. Ces dernières sont même en augmentation à cause notamment de notre alimentation trop sucrée. Or, on l’ignore souvent, une bouche en mauvais état peut causer toutes sortes de pathologies, principalement des infections digestives, respiratoires chroniques et rénales ainsi que des infarctus. Les bactéries accumulées passent en effet dans le sang à partir des gencives et forment de petits caillots sanguins qui contribuent à obstruer les artères. Le risque de développer un diabète ou de le compliquer est également multiplié en cas de parodontite.

 

Carie et sensibilité dentaire

Les bactéries naturellement présentes dans la bouche et la plaque dentaire – cette fine couche blanchâtre qui se crée après les repas – transforment les aliments sucrés en substances acides qui attaquent l’émail. Faute de brossages rigoureux et de soins quotidiens, cette plaque dentaire reste, durcit et se calcifie pour former le tartre. Un petit point noir se forme à la surface de l’émail, puis la carie se propage en profondeur et, si elle n’est pas traitée à temps, la cavité s’agrandit et atteint la dentine située sous l’émail. La mise à découvert de la dentine provoque des douleurs, notamment au chaud, au froid et à la pression. On parle alors de sensibilité dentaire. Si la carie n’est pas stoppée, elle gagne la pulpe de la dent où se trouvent des nerfs d’où une rage de dents. Quand les bactéries attaquent le ligament, un abcès peut apparaître, la dent peut même se casser et les gencives sont mises à mal.

De la gingivite à la parodontite

Au fil des ans, sous l’effet du tabac, de l’alcool, des sucreries, des changements hormonaux, des médicaments qui dessèchent la bouche, du diabète ou de la mauvaise adaptation d’une prothèse, les gencives s’abîment de plus en plus. Le tartre, dur à la surface des dents, les blesse aussi. Elles sont gonflées, saignent au brossage ou même spontanément et deviennent sensibles : c’est une inflammation des gencives, ou gingivite. Sans soins appropriés et une bonne hygiène, la situation s’aggrave forcément et dégénère en parodontite. Autrement dit en inflammation-infection qui se propage sous la gencive et détruit les tissus de soutien. Les dents semblent alors plus longues du fait de la rétractation des gencives et des espaces noirs apparaissent entre elles. La chute n’est pas loin, il est grand temps de consulter ! Mais les soins sont alors longs et coûteux : détartrage en profondeur, pose de lambeaux d’assainissement, greffe de gencive, implant…

 À lire aussi : Protéger ses dents à tout âge de la vie

 

Conseils de pharmacien : L’hygiène dentaire, un jeu d’enfant aussi !

Conseils de pharmacien : L’hygiène dentaire, un jeu d’enfant aussi !

  • De 6 mois à 1 an, dès que les dents apparaissent, nettoyez-les deux fois par jour à l’aide d’une compresse imbibée de sérum physiologique. Puis, de 1 à 2 ans, avec une petite brosse souple sans dentifrice, le soir au coucher.
  • Pour faire mieux accepter les séances de brossage, choisissez (ou, mieux, faites choisir par l’enfant) des brosses à dents attractives et colorées, avec des personnages drôles.
  • Ce n’est qu’à partir de 2 ans environ, quand l’enfant est capable de recracher, qu’un dentifrice est conseillé, à condition qu’il soit adapté à son âge. C’est-à-dire moins fluoré que pour les adultes : moins de 500 ppm (50 mg pour 100 g) jusque vers 3 ans puis 1000 ppm. Un petit pois de dentifrice, pas plus. Pendant la période de minéralisation de la dentition, un excès de fluor peut en effet causer une fluorose dentaire, en clair des taches blanches sur les dents. À partir de 6-7 ans, un dentifrice dosé à 1500 ppm est souhaitable.
  • Pour les enfants et adolescents à risque élevé de caries, il existe des dentifrices dont le dosage en fluor est supérieur à 1500 ppm mais ils sont délivrés sur ordonnance.

 

 À lire aussi : Pour être en bonne santé, prenez soin de vos dents

 

Prévenir plutôt que réparer sa dentition

Entretenir sa dentition pour éviter caries, sensibilité dentaire, gingivite et, un cran au-dessus, parodontite, ce n’est pas si difficile. Mais la régularité et la rigueur sont essentielles.

 

Pas de fatalisme ! Même si vous avez « hérité » d’une mauvaise denture, la chute des dents n’est pas inéluctable quand on prend de l’âge. Mais, à l’inverse, si vous avez naturellement des dents solides, vous n’êtes pas à l’abri des caries et de la gingivite. Une bonne hygiène bucco-dentaire est toujours indispensable, dès la petite enfance.

Les bonnes habitudes : brossage, dentifrice, fil dentaires…

Quelques gestes simples qui ne prennent pas beaucoup de temps mais nécessitent d’être accomplis soigneusement, au moins deux fois par jour permettent de conserver une bonne denture ou de limiter les dégâts quand on a la malchance d’avoir une maladie à risque comme le diabète par exemple.

  • Un brossage en règle

Les dentistes estiment aujourd’hui que deux brossages par jour (au lieu des trois préconisés il y a quelques années) suffisent… à condition qu’ils soient bien faits matin et soir. C’est-à-dire suffisamment longtemps (2 minutes au moins) après le repas avec une brosse souple ou extra-souple adaptée à la bouche. Aidez-vous d’un minuteur, vous verrez, ce n’est pas si long… Brosser par groupes de 2 ou 3 dents en allant « du rose au blanc », c’est-à-dire de la gencive vers la dent, sans oublier les faces internes. Ni le dessus des prémolaires et des molaires en un mouvement horizontal. Attention, le brossage doit être rigoureux, pas vigoureux sous peine, à la longue, d’abraser l’émail et de le fragiliser.

Une brosse manuelle ou électrique ?

Une brosse manuelle ou électrique ?

Les deux sont efficaces… utilisées régulièrement. La brosse électrique élimine bien la plaque bactérienne. Mais à condition de s’en servir de la même façon que la manuelle : de la gencive vers la dent et pas en rotation. Et surtout pas de brossage agressif qui rayerait l’émail. Dans les deux cas, il faut bien rincer la tête de la brosse qui se transforme vite en nid à microbes et la remplacer dès que les poils sont ébouriffés.

 

  • Du dentifrice au fluor

Grâce aux agents saponifiants et à la silice qu’ils contiennent, tous les dentifrices permettent de nettoyer efficacement l’émail et d’éliminer la plaque dentaire. Mais ils doivent aussi être fluorés car le fluor lutte contre les attaques acides qui se produisent après chaque prise alimentaire (liquide ou solide), en renforçant l’émail. Gel ou pâte, peu importe, c’est selon ses préférences. Il existe aussi des dentifrices spécifiques recommandés en cas de saignements des gencives et de sensibilité dentaire. Et des dentifrices blancheur contenant du bicarbonate de sodium, à utiliser en entretien deux fois par semaine.

  • Une brossette ou un fil interdentaire

Recommandés en complément du brossage du soir. Pour déloger les résidus alimentaires et enlever la plaque située entre les dents que les poils de la brosse ne peuvent atteindre. Le fil interdentaire, de préférence ciré, parfois imprégné de fluor, est plus fin.

  • Un bain de bouche

Après le brossage. Antiseptique ou pas (plusieurs parfums), il soulage les gencives sensibles, limite la formation de la plaque dentaire, donne bonne haleine et, éventuellement, réduit un abcès. Pas d’excès cependant avec les bains de bouche à la chlorhexidine, cet antiseptique peut temporairement altérer les bourgeons du goût et fausser ainsi la saveur des aliments.

Entretenir l’appareil dentaire, prothèse ou bagues

Que l’on porte une prothèse dentaire amovible ou une bague orthodontique destinée à corriger la position des dents, il faut être très vigilant sous peine d’infection et au minimum de mauvaise haleine. Nettoyer impérativement au moins deux fois par jour, de préférence avec une brosse spéciale double implantation ou double tête et du savon ou un nettoyant spécifique car le dentifrice classique peut rayer la base de la prothèse. Compléter par un trempage pendant une dizaine de minutes ou toute la nuit dans une solution de nettoyage disponible en pharmacie (poudres ou comprimés effervescents). Pour purifier, désinfecter et détartrer. Bien rincer et brosser la prothèse avant de la remettre en place. En cas d’utilisation d’un produit destiné à améliorer la fixation d’une prothèse amovible, l’éliminer avec soin à chaque nettoyage de l’appareil avant de procéder à une nouvelle application.

 À lire aussi : Les bons gestes pour entretenir son appareil orthodontique

 

Réponses d'expert : se brosser aussi la langue ?

Réponses d'expert : se brosser aussi la langue ?

Dr DRIDRIDr SOPHIE-MYRIAM DRIDI
Spécialiste en médecine bucco-dentaire, CHU de Nice-Sophia Antipolis, hôpital Saint-Roch

Une langue saine s’auto-nettoie régulièrement. La nature est bien faite, grâce à l’auto-nettoyage la prolifération bactérienne est entravée et les bactéries qui restent fixées sur la langue nous protègent. La brosser n’est donc pas justifié car cela peut altérer sa surface et déséquilibrer les relations entre les populations bactériennes. Le brossage est cependant bénéfique dans certains cas. Lorsque la langue est chargée d’un enduit blanchâtre à cause d’une salivation ou d’une mastication diminuée ou d’épisodes fébriles et infectieux. Lorsqu’elle est villeuse, notamment quand on abuse de bains de bouche antiseptiques ou que l’on fume beaucoup (les fumeurs salivent moins) : les papilles deviennent blanches et peuvent ensuite se colorer en brun ou en noir. Et aussi en cas de mauvaise haleine d’origine buccale, due à l’accumulation de dépôts bactériens sur les dents, de prothèses mal entretenues… Associé à celui des dents, le brossage de la langue abaisse alors de façon significative la production de composés sulfurés volatils malodorants par rapport au brossage dentaire seul. Pour ne pas abîmer les papilles, ce brossage doit être doux, à l’aide d’une brosse à dents ultra-douce ou d’un racleur dédié à cet usage.

 

À ne pas faire pour soigner ses dents

Pour conserver des dents en bonne santé, connaître les comportements à éviter a autant d’importance que les gestes à adopter. Exemples de mauvaises habitudes et de décisions néfastes.

 

Chacun de nous a des petites manies ou des comportements inadéquats touchant aux dents, inoffensifs en apparence mais qui peuvent provoquer des dégâts importants. Ainsi, se servir de ses dents comme outil coupant pour ouvrir un sachet, couper du fil ou pire, casser une noix, entraîne effritement, usure, cassure.

Mettre un piercing sur les lèvres ou la langue est risqué car la pression et le frottement du fermoir ou de la bille sur les dents et les gencives provoque à la longue fissure, fracture, éclats d’émail, gingivite, modification de la position des dents.

Grignoter entre les repas et boire des sodas est néfaste car, à la moindre prise alimentaire, les sécrétions acides présentes dans la salive attaquent l’émail, surtout avec les aliments collants, sucrés ou gras.

Fumer et prendre des stupéfiants est catastrophique. Le tabac et le cannabis dessèchent et accroissent le risque de gingivite ; la cocaïne, souvent frottée sur les gencives, provoque des ulcérations ; l’ecstasy déclenche grincements de dents et serrage des mâchoires, etc.

Sauter le brossage du soir est lourd de conséquences : la production de salive diminuant la nuit, les acides sécrétés après les repas ne sont plus contrôlés et favorisent les caries.

Blanchir ses dents, oui mais…

Si vous trouvez vos dents ternes ou jaunes, ne faites pas n’importe quoi pour les blanchir. Les bars à sourire qui ont fleuri ces dernières années n’ont plus le vent en poupe et pour cause, le produit utilisé (peroxyde d’hydrogène), bien moins concentré que celui employé par les dentistes, est peu efficace. Les kits blanchiment des dents (stylos, bandes, gouttières) à appliquer soi-même sont aussi faiblement dosés, donc sans danger, mais les résultats durent moins longtemps que chez le dentiste. Et surtout celui-ci s’assure d’abord de la qualité de l’émail et procède à un nécessaire détartrage-polissage.

Témoignage : Implants : pas n’importe où !

Témoignage : Implants : pas n’importe où !

Mon dentiste me déconseillait les implants à cause de la mauvaise qualité de mes gencives et de la densité insuffisante de l’os. Mais je ne voulais pas d’appareil… Une collègue qui était allée en Tunisie se faire poser quatre implants – trois fois moins coûteux qu’en France mais ratés – m’avait mise en garde car son dentiste n’avait pas voulu reprendre le travail pour des questions d’assurance et de responsabilité. Finalement, une école dentaire était réintervenue (pour deux fois moins cher que chez un dentiste de ville) mais que de souffrances… J’hésitais donc beaucoup quand une cousine m’a parlé d’une clinique spécialisée en implantologie, a priori sérieuse, à Budapest. Une agence, contre commission, se chargeait de tout, transport et logement compris, et comme la Hongrie fait partie de l’Union européenne, une partie des soins (les couronnes) était remboursée par la Sécurité sociale sur dossier. J’avais deux rendez-vous prévus pendant mes congés à 6 mois de distance. C’était effectivement moins cher qu’en France mais il était difficile de communiquer et le résultat n’est pas satisfaisant. Or le « service après-vente » n’est pas garanti et aucun recours n’est possible ! Au Maghreb, en Turquie et en Thaïlande, c’est encore plus risqué…

Aline, 61 ans

 

Evelyne Gogien

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