Maladies cardiovasculaires

Maladies cardiovasculaires

12 mars 2021
Les pathologies du cœur et des artères ne sont pas réservées aux hommes. Les femmes aussi sont touchées, et de plus en plus jeunes. Il y a urgence à faire sauter les préjugés qui retardent leur prévention et la prise en charge. 

 

De battre le cœur peut s’arrêter ou faire un infarctus, mal alimenté par une artère bouchée ou sur le coup d’un stress aigu. Autrement dit subir l’une des maladies cardiovasculaires (MCV) parmi les plus fréquentes affectant cœur et artères. Leurs formes sont en effet variées : de l’insuffisance cardiaque à l’accident vasculaire cérébral en passant par les troubles du rythme, l’angine de poitrine, l’infarctus du myocarde, la coronaropathie, l’athérosclérose, l’artérite des membres inférieurs… Les facteurs de risque sont connus : hypertension, tabagisme, diabète, cholestérol, sédentarité, malbouffe, âge, antécédents familiaux… Certains évitables, d’autres pas.

Résistant et fragile, le cœur

Considéré comme un organe noble, le siège des passions, le cœur des hommes et des femmes n’est en réalité qu’un muscle creux, le myocarde, situé entre les poumons. Il se contracte 50 à 80 fois par minute au repos et encore plus à l’effort ou lors d’une émotion. Chaque ventricule propulse dans les artères 5 litres de sang par minute, 7 200 par jour. Il agit comme une pompe, rythmée par un mouvement périodique. Le moteur, ce sont ses contractions ; son carburant, le sang qui circule sous son impulsion à travers un réseau de 100 000 km formé par les artères (l’aorte la plus grosse fait 2,5 cm de diamètre, les artérioles moins de 2 mm), les veines et les capillaires. Ce système cardiovasculaire distribue aux organes l’oxygène et les nutriments indispensables à l’organisme, et récupère leurs déchets. Le cœur est résistant, ce sont nos modes de vie qui le fragilisent – encore plus quand ils sont associés à un mal-être et des contraintes psycho-sociales.

À savoir

À savoir

– En France, 20 millions de personnes sont à risque cardiovasculaire. Les MCV représentent 30 % des affections de longue durée prises en charge par la « Sécu », soit 2,2 millions de patients.

–  Chaque année, 150 000 personnes en meurent ; 54 % sont des femmes, soit 8 fois plus que par cancer du sein. Les MCV sont responsables de 1 décès féminin sur 3.

Source : Fédération française de cardiologie

 

Les ennemis du système cardiovasculaire

Tabagisme, hypertension artérielle (HTA), hypercholestérolémie, obésité, diabète et sédentarité sont les principaux facteurs de risque des pathologies cardiovasculaires. En tête des facteurs communs aux deux sexes, le tabagisme génère 4 décès cardiovasculaires sur 10 entre 30 et 70 ans. L’égalité s’arrête là : ainsi, HTA, diabète et tabagisme ont un impact plus sévère chez la femme. « Les MCV sont en recrudescence pour deux raisons : elles sont mieux dépistées et leurs facteurs de risque liés aux modes de vie délétères sont eux-mêmes en augmentation », constate la cardiologue Stéphane Manzo-Silberman.

Alerte rouge

Alerte rouge

Les femmes se croyaient préservées jusqu’à la ménopause. Or, avant, la carence œstrogénique liée aux autres étapes clés de leur vie hormonale (contraception, grossesse) les rend aussi vulnérables. Pour lutter contre les idées reçues, la Fédération française de cardiologie déclare « une alerte rouge sur le cœur des femmes ». Objectif : que la prévention de la santé de leur système cardiovasculaire, via un dépistage systématique de ses altérations, devienne une priorité de santé publique.

 

Le stress aussi

Une nouvelle donne est désormais prise en compte : le stress psychosocial, lié à des contraintes sociales (conditions de travail…), la solitude affective, les problèmes conjugaux, l’anxiété, la dépression… Chez certains, un stress aigu a des effets néfastes sur le système cardiovasculaire aggravant la tension artérielle et la fréquence cardiaque jusqu’à l’infarctus. Le stress chronique peut mener à un syndrome d’épuisement entretenant l’inflammation impliquée dans des pathologies chroniques elles-mêmes à risque cardiovasculaire. Il peut conduire à des addictions (tabac, alcool, boulimie…), à la sédentarité et au repli sur soi. Qui génèrent HTA, diabète, surpoids…

La part de l’hérédité

La probabilité de survenue de certaines MCV (infarctus, arythmie, insuffisance cardiaque…) est parfois liée à l’hérédité quand aucun facteur de risque connu n’est présent. « La part héréditaire joue quand l’un des ascendants a été atteint d’une pathologie cardiaque à un âge précoce : avant 55 ans chez le père ou avant 60 ans chez la mère », précise notre experte.

Réponses d'expert : vigilance dès l'enfance

Réponses d'expert : vigilance dès l'enfance

Dr Stéphane Manzo-Silberman,
Cardiologue, hôpital Lariboisière, membre de la FFC (fédération française de cardiologie)

En 20 ans, les jeunes de 9 à 16 ans ont perdu près de 25 % de leur capacité cardiovasculaire. En cause : la nette augmentation de l’inactivité et du temps passé assis. Ce qui, associé à la malbouffe, contribue à la progression du surpoids et de l’obésité et expose cette tranche d’âge, une fois adulte, aux MCV. Elles surviennent de plus en plus tôt, notamment l’infarctus. Lutter contre les MCV est la mission des Parcours du Cœur déployés depuis 2014 par la FFC, notamment dans les écoles. À ce jour, 18 000 classes y ont participé. Aux côtés des parents, les enseignants ont un rôle primordial à jouer contre la sédentarité. Les enfants comprennent bien les messages sur les facteurs de risques et ils sont très critiques sur les comportements des adultes. On estime aujourd’hui que les MCV seraient évitables dans 80 % des cas en adoptant un comportement privilégiant l’activité physique et l’équilibre alimentaire. Et les bonnes habitudes se prennent tôt !

 

Quand cœur et artères sont à la peine…

Si le cœur et les artères ont des raisons pour souffrir, la raison ne peut les ignorer. Infarctus, insuffisance cardiaque, coronaropathie, athérosclérose, angine de poitrine… ont des symptômes révélateurs et donc une prise en charge ciblée. Décryptage.

L’infarctus, une urgence vitale

Dans 70 % des cas, il débute par une douleur intense dans la poitrine, irradiant dans le bras gauche, parfois jusque dans les mâchoires. Avec une sensation d’oppression thoracique, la gêne apparaît subitement. Les femmes présentent, plus souvent que les hommes, des signes associés : fatigue, douleurs dans la nuque ou l’estomac, nausées, palpitations, essoufflement à l’effort et parfois au repos… Ces symptômes n’évoquant pas un infarctus, la prise en charge est retardée. L’infarctus se déclare quand une partie du cœur n’est plus irriguée, obstruée partiellement ou totalement par un caillot. Le muscle cardiaque se contracte mal, privé d’oxygène et de sang, avec le risque de nécrose irréversible si l’artère n’est pas débouchée au plus vite. Un trouble du rythme peut survenir (fibrillation ventriculaire), il s’arrête alors de battre.

 À lire aussi : Comment reconnaître les symptômes d’un AVC ?

 

– Que faire ?
Appeler le 15 ou le 112. « Avec une douleur dans la poitrine qui dure plus de 10 minutes et persiste au repos, il faut faire le 15, insiste le Dr Manzo-Silberman. Les traitements sont efficaces pour rétablir le flux sanguin et sauver le muscle cardiaque, à condition qu’une équipe spécialisée intervienne le plus tôt possible : au mieux dans les 3 premières heures. » Les premiers soins sont administrés dans l’ambulance qui transfère le patient vers un centre de cardiologie.

– Un suivi à vie
Pour éviter un nouvel infarctus et des complications, le cardiologue prescrit un traitement au long cours, associant médicaments, réadaptation cardiovasculaire et correction des facteurs de risque impliqués.

Stabiliser l’insuffisance cardiaque

Pathologie à part entière ou conséquence d’une autre maladie cardiaque, elle affecte plus de 1 million de personnes en France. Tous les 10 ans, entre 40 et 80 ans, la fréquence de la maladie est multipliée par 2. L’insuffisance de la fonction contractile du cœur est la plus répandue. En cas de maladies des valves ou des artères coronaires, le cœur tente de s’adapter en accélérant ses battements, se dilatant et s’épaississant. Mais, bientôt, il n’arrive plus à compenser, c’est l’insuffisance cardiaque. Il ne pompe plus assez de sang pour assurer le débit nécessaire aux besoins de l’organisme en oxygène, d’abord à l’effort puis même au repos. Si la défaillance porte sur le cœur gauche, les symptômes vont de la fatigue à l’œdème aigu du poumon. S’il s’agit du droit, ce sont les organes en amont (jambes, foie) qui s’engorgent.

– Le diagnostic est confirmé par l’examen clinique et le bilan sanguin complétés par l’électrocardiogramme et une échographie cardiaque qui en évaluera l’importance.

– Les facteurs de risque : HTA, diabète, sédentarité, âge et vieillissement des tissus… L’insuffisance cardiaque peut avoir une origine inflammatoire (myocardie) ou survenir par intoxication alcoolique.

– La stratégie thérapeutique repose sur la correction des facteurs hygiénodiététiques aggravants et la prescription d’un protocole médicamenteux personnalisé. La chirurgie est parfois nécessaire en cas de maladie valvulaire.

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L’athérosclérose, la redoutée

Cette maladie des artères résulte de l’accumulation de plaques d’athérome sur leur paroi interne. Ces dépôts de cholestérol y grossissent, alimentés par le cumul des facteurs de risques cardiovasculaires. Avec le temps, ils s’étendent, s’épaississent et réduisent le diamètre de l’artère. Au début, aucun symptôme. Puis, le rétrécissement des artères s’aggravant, il ralentit le débit sanguin et l’oxygénation des organes vitaux. Cet encrassement atteint les vaisseaux de moyen et gros calibre : coronaires, artères du cou, du cerveau, des poumons, des reins, des membres inférieurs. Selon la partie du corps touchée, différentes pathologies peuvent se déclarer. L’athéro­sclérose est responsable de la plupart des MCV. Avant de se manifester, certaines évoluent progressivement, l’artère étant partiellement encombrée (insuffisance coronaire, artérite des membres inférieurs, angine de poitrine). D’autres surviennent brutalement (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral) quand l’artère est bouchée. Pour rétablir le flux sanguin elle est désobstruée par dissolution des plaques d’athérome puis maintenue ouverte par un stent. Mais, quel que soit le traitement, sa pérennité sera toujours conditionnée par le bon contrôle des facteurs de risque.

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Cœur des femmes : protection rapprochée

Les MCV ont longtemps été considérées comme typiquement masculines, en particulier l’infarctus. Constat désormais obsolète car, selon Santé publique France, à tout âge la femme d’aujourd’hui peut être atteinte d’une MCV. Elle y est exposée parce que son mode de vie a rejoint celui de l’homme surtout dans ses aspects négatifs (tabagisme, alcool, stress, manque d’activité physique, malbouffe) qui sont les causes de MCV, HTA en tête. Pire: son risque est accru aux périodes clés de sa vie hormonale : contraception, grossesse, ménopause. La méconnaissance de ces nouvelles données est telle que les femmes sont moins bien dépistées et trop tardivement prises en charge. Il y a urgence à ce que les femmes acquièrent des réflexes de prévention, alerte la FFC qui multiplie les actions. Côté recherche, dont elles étaient les grandes oubliées, la FFC développe des programmes spécifiques innovants avec des équipes labellisées « Cœur de femmes ». Ainsi, l’étude WAMIF, promue par la Société française de cardiologie et soutenue par la FFC, suit 300 patientes sur un an. Coordonnée par le Dr Manzo-Silberman, son objectif est de comprendre les raisons prédisposant à l’infarctus du myocarde chez les femmes jeunes et d’instaurer des stratégies diagnostiques et préventives adaptées et efficaces. Résultats attendus en 2021.

* www.fedecardio.org

 

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

– Les artères vieillissent naturellement mais se détériorent plus vite sous l’effet du tabac, de l’HTA, du cholestérol ou d’un taux élevé de sucre dans le sang… N’attendez pas que des complications surviennent et réalisez au moins une fois par an les contrôles recommandés par votre médecin : tension, glycémie, cholestérol, triglycérides.

– Vous pouvez aussi vous contrôler avec les dispositifs d’automesure (tensiomètre, lecteur de glycémie…). Ceux disponibles en officine offrent toutes les garanties de conformité et de qualité, et le pharmacien est formé pour vous expliquer leur fonctionnement. Notez sur un carnet les résultats des mesures (certains appareils les enregistrent) mais ne modifiez pas votre traitement en fonction des résultats sans avis médical.

 

Réponses d'expert : un éventail thérapeutique performant

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Dr Stéphane Manzo-Silberman,
Cardiologue, hôpital Lariboisière, membre de la FFC (fédération française de cardiologie)

Les outils diagnostiques actuels permettent de préciser l’étendue et la sévérité des anomalies et des lésions. Et pour pallier les déficiences identifiées, nous disposons de thérapeutiques efficaces souvent associées : médicaments, cardiologie interventionnelle (stent, angioplastie, prothèse valvulaire, défibrillateur implantable) et parfois chirurgie cardiaque réparatrice. Ces gestes restaurant le flux sanguin dans les coronaires ont révolutionné le pronostic des maladies cardiaques d’origine athéro­scléreuse. L’assistance cardiaque via un stimulateur extérieur est un recours en cas d’échec des traitements ou en attente de greffe. La recherche porte sur des alternatives à la transplantation. Le cœur artificiel Carmat en cours d’évaluation représente un espoir.

Dominique Thibaud

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