Advertisement Banner
Subir une petite déprime ou faire une dépression ?

Subir une petite déprime ou faire une dépression ?

14 mars 2016
Faire une dépression n’est pas toujours facile à reconnaître, on peut passer à côté. Inversement, des troubles psychiques passagers ou un gros chagrin sont parfois traités à tort par des antidépresseurs.

 

Depuis 2000, la consommation d’antidépresseurs a diminué régulièrement dans l’Hexagone, mais cette baisse est légère et il est toujours permis de se demander pour quelles raisons les Français sont plus dépressifs que les Allemands ou les Anglais par exemple… Selon Alain Gérard, psychiatre à Paris, nous tendons à psychologiser les réactions normales d’abattement et de tristesse, après un événement le plus souvent lié à un sentiment de perte, conjoint, enfant, emploi, etc. Cela dit, certains vrais dépressifs ne sont pas identifiés comme tels. Soit, le plus souvent, parce qu’ils ne consultent pas par peur d’être stigmatisés, au travail notamment, et pensent pouvoir surmonter seuls ce mauvais passage. Soit parce qu’ils refusent les médicaments dont ils craignent d’être dépendants. Une absence de traitement peut avoir de lourdes conséquences, notamment le suicide. Déprime ou dépression, la différence, il est vrai, n’est pas toujours évidente. La personne simplement déprimée reste souvent réactive à son environnement et capable de ressentir des réactions agréables, mais pas toujours, et c’est là que réside la difficulté. La triade tristesse, inhibition psychomotrice, désintérêt, qui caractérise classiquement la dépression, peut aussi être présente. « La perte violente d’un être cher, une fatigue extrême miment terriblement la dépression. », note Alain Gérard.

 

Signes de la dépression à prendre en compte

Chiffres

Chiffres

19 % des 15 à 75 ans ont eu ou auront une dépression 50 % des dépressifs ne consultent pas

Dans l’idéal, avant de prescrire éventuellement un médicament, le médecin doit écouter, conseiller et revoir son patient ou sa patiente pour faire le bon diagnostic. Le but étant de ne pas risquer de surtraiter des difficultés d’adaptation transitoires ou de passer à côté d’une vraie dépression.

Symptômes de la dépression parlants

Il convient de distinguer une réaction douloureuse, même intense, à une épreuve difficile, qui va s’estomper avec le temps avec la dégradation psychique et physique persistante qui signe la dépression. Au début, le doute est permis, mais quelques signes de la dépression mettent sur la voie.
Fatigue et perte d’énergie
Le repos n’y remédie pas, c’est le symptôme le plus fréquent.
Tristesse profonde et envahissante
Avec crises de larmes fréquentes ou, au contraire, épuisement émotionnel. Perte d’intérêt ou de plaisir vis-à-vis du travail et des activités quotidiennes.
Troubles du sommeil
Difficulté à s’endormir, réveils fréquents au petit matin entre 3 et 5 heures ou, au contraire, excès de sommeil non réparateur.

 À lire aussi : Les clés d’un vrai sommeil réparateur

 

Modification de l’appétit
Le plus souvent diminué, avec amaigrissement.
Réactions ralenties
Notamment manque de concentration et de prise de décision.
État douloureux
Sentiment d’abandon, de solitude, d’inutilité, autodépréciation ; repli sur soi ; pensées négatives, idées de mort.
En général, c’est l’association de plusieurs de ces symptômes et leur durée qui attestent la maladie. On ne peut pas se fier à ce que dit ou ne dit pas la personne dépressive, elle a du mal à exprimer ce qu’elle ressent et utilise des termes approximatifs et fourre-tout qui ne reflètent pas son état et trompent souvent l’entourage.

Causes multiples

Pourquoi fait-on une dépression ? Pourquoi maintenant ? Suis-je responsable ? Les personnes qui souffrent de dépression se posent généralement ces questions.
En fait, elles n’y sont pour rien et toutes sortes de causes sont possibles, parfois intriquées. Facteurs biologiques, un déséquilibre de la chimie du cerveau, prédisposition génétique, événements difficiles ou traumatisants, séparation, départ des enfants, licenciement, retraite, etc. Personne n’est à l’abri de la faire une dépression. Certains moments de la vie comme l’adolescence ou la survenue d’une maladie grave rendent aussi plus vulnérable.

 À lire aussi : Une inflammation du cerveau responsable de la dépression

Les femmes plus touchées

La dépression atteint plus les femmes que les hommes, sans doute parce que les hormones féminines jouent un rôle. C’est ce qui expliquerait la plus grande fréquence de la dépression à des périodes de grandes fluctuations hormonales, accouchement (dépression du post-partum) et ménopause. Et la dépression est plus souvent identifiée, car elles demandent plus facilement de l’aide.

Réponses d'expert : certaines personnes reçoivent en excès des antidépresseurs.

Réponses d'expert : certaines personnes reçoivent en excès des antidépresseurs.


ALAIN-GERARDDr Alain Gérard
Auteur avec le Cred, collectif de réflexion sur la dépression, de Dépression, la maladie du siècle, éd. Albin Michel, 2010, 16 €.

“Certaines personnes transitoirement mal dans leur peau, en demande d’aide, mais non atteintes de dépression maladie, reçoivent par excès des antidépresseurs. »

C’est ce que vous dites dans votre livre…
Oui, nombre d’entre elles seraient soulagées par des thérapeutiques alternatives dont l’innocuité est souvent démontrée.

N’est-il pas difficile, même pour un médecin, de distinguer dépression et déprime ?
Cela nécessite du temps, une méthode, une connaissance approfondie de symptômes qui évoluent en fonction de l’âge, de la personnalité et de la culture. Un enfant, un adolescent, un adulte, un vieillard présentent des symptômes en apparence différents. Un Français, un Africain, un Japonais n’expriment pas leurs troubles selon les mêmes modalités. Le risque d’erreurs est aggravé par la nature même de la maladie dépressive. Plus on est déprimé, moins on se plaint, moins on consulte. Le plaintif, au contraire, expose son malheur, ses déboires, sa tristesse… ce qui, souvent, ne signe pas une vraie dépression.

 

contact
FRANCE DEPRESSION
Association contre la dépression et les troubles bipolaires, 4, rue Vigée-Lebrun, 75015 Paris. Tél. : 01 40 61 05 66. Site www.france-depression.org

Comme LA FLEUR DE MILLEPERTUIS
ATTENTION PIEGE
Faire une dépression peut constituer un des premiers signes d’une affection neurologique comme la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer. L’hypothyroïdie, déficit d’une hormone sécrétée par la glande thyroïde, déclenche parfois une dépression.

 

Traitement de la dépression adapté à chaque cas

Il n’y a pas un traitement type de la dépression type, mais des traitements choisis selon la gravité.

Les psychothérapies

Elles peuvent suffire à surmonter le cap d’une dépression légère ou modérée. Les thérapies cognitives et comportementales sont plus pratiquées aujourd’hui, par un psychiatre ou un psychologue diplômé, que les psychothérapies d’inspiration psychanalytique, longues et pas forcément adaptées. Elles visent à corriger les pensées et les comportements qui peuvent déclencher ou perpétuer les épisodes dépressifs. À défaut, un médecin traitant, qui possède une solide expérience, peut apporter écoute, soutien et conseils, mesurer les progrès accomplis et, au besoin, passer la main.

Traitements médicamenteux

À savoir

À savoir

Millepertuis

LE MILLEPERTUIS.
En gélules ou comprimés, il a un effet dans les dépressions légères, mais il est contre-indiqué avec la prise de certains antidépresseurs.

Antidépresseurs
Ils sont indispensables en cas de dépression profonde entraînant un handicap ou un risque pour la personne, idéalement en complément d’une prise en charge psychothérapeutique. Mais leurs effets bénéfiques ne se faisant sentir qu’après plusieurs semaines de traitement. Aussi, un anxiolytique d’action plus rapide est souvent prescrit au début de traitement de la dépression puis progressivement arrêté. Le médecin prescrit, parmi les quatre familles d’antidépresseurs, celui qui convient à la forme et la sévérité de la dépression ainsi qu’à l’âge.
Somnifères si besoin
Ils peuvent être prescrits quand le manque chronique de sommeil empêche les défenses de l’organisme et du psychisme de se reconstituer.
Régulateurs de l’humeur
Sels de lithium et médicaments apparentés aux antiépileptiques s’imposent en cas de troubles bipolaires (ex-maniacodépression) pour prévenir les rechutes graves.
Neuroleptiques
Ils ne sont nécessaires que dans les formes très sévères et en hospitalisation.

Pas d’automédication !

Surtout, ne faites pas votre traitement vous-même et ne prenez pas le médicament d’un proche, au prétexte qu’il lui a réussi, ce n’est pas forcément celui qu’il vous faut. Très important : respectez le dosage, les précautions d’emploi du médicament (conduite automobile, pas d’alcool, interactions avec d’autres médicaments) et n’arrêtez pas de votre propre chef, mais progressivement, quand le médecin le jugera bon. Chaque dépression est unique.

Lumière : combler le manque

En automne et en hiver, certaines personnes souffrent d’une véritable dépression dite saisonnière.
Moins de lumière
Cette dépression est due à un décalage entre l’horloge interne, qui régule notamment la température interne, le rythme veille-sommeil, la sécrétion de cortisol et de mélatonine, et l’horloge externe, liée au raccourcissement de la période d’ensoleillement en hiver.
Retrouver la lumière
La photothérapie, ou luminothérapie consiste en séances quotidiennes d’exposition, pendant la mauvaise saison, à une lumière blanche, sans rayons UV, diffusée par une lampe spéciale. Elles sont pratiquées à l’hôpital ou à domicile.

 À lire aussi : 5 conseils pour résister au manque de soleil
Témoignage : j'avais un bon travail, une femme.

Témoignage : j'avais un bon travail, une femme.

J’avais un bon travail, une femme, des enfants, mais l’entreprise a eu des difficultés. Restructuration, pressions… j’ai tenu bon jusqu’au rachat par un gros groupe et à mon licenciement. J’avais 54 ans, je ne retrouvais pas de poste équivalent et je tournais en rond. Mon épouse voyait bien que je m’enfonçais dans la dépression et m’incitait à consulter, mais je refusais. Je buvais de plus en plus et finalement mon couple a explosé, ma maison a été vendue, je me suis retrouvé tout seul… Six mois après, mon fils m’a conduit aux urgences psychiatriques, contre mon gré mais ça m’a sauvé. J’ai passé 4 mois dans un centre pour dépressifs graves comme moi. Je prenais des antidépresseurs, mais je participais aussi à des groupes de paroles. Petit à petit, j’ai remonté la pente. J’ai retrouvé un travail à un niveau inférieur, mais ça va. Je ne prends plus de médicaments…
Joël, 58 ans.

Evelyne Oudry

Le choix de la rédac

7 plantes + 2 bourgeons = détox

Compléments alimentaires

7 plantes + 2 bourgeons = détox

Nettoyage intérieur !

Des salades qui nous font du bien

Les bons aliments

Variations sur les salades

Un livre de recettes exceptionnel

70 recettes aussi gonflées en antioxydants que savoureuses

Les bons aliments

70 recettes aussi gonflées en antioxydants que savoureuses

On vous livre ici 2 recettes parfaites !

BIBLE LAROUSSE

La bible des secrets de grands-mères

2000 recettes made in grands-mères rien que pour vous !