AIL NOIR
Dépression, une vraie maladie

Dépression, une vraie maladie

15 mars 2016
Ne confondez pas « déprime-tristesse » et dépression. Une vraie dépression est un trouble mental à prendre en charge. Elle perturbe gravement, parfois mortellement, la vie de la personne qui en souffre. Ce qui n’est pas le cas des coups de cafard passagers.

 

À savoir

À savoir

ASSOCIATION France-Dépression* informe et soutient les personnes souffrant de dépression ou de troubles bipolaires. Groupes de paroles, entretiens individuels sur rendez-vous, programme de coaching…
Site www. france-depression.org Permanence téléphonique tous les après-midi : 01 40 61 05 66.

Garder l’équilibre tout au long de sa vie, tel était le slogan adopté par l’association France-Dépression pour sa semaine de sensibilisation dans une douzaine de villes à l’occasion de la Journée européenne de la Dépression, le 7 novembre dernier. Pas facile de garder l’équilibre tout au long de sa vie ! Même si certaines personnes sont plus à risque de dépression (voir plus loin), personne ne doit se sentir à l’abri, disent les spécialistes. Jeune ou vieux, homme ou femme, tout le monde peut souffrir de dépression un jour ou l’autre. Près de 20 % des Français ont vécu ou vivront un épisode dépressif au cours de leur vie, indique le site www.info-depression.fr, géré par l’Institut national de prévention et d’éducation à la Santé (Inpes). Autre chiffre qui montre la fréquence et la gravité de la dépression : 70 % des suicidés souffraient de dépression, le plus souvent non diagnostiquée ou non traitée. Dépression ou déprime ? Attention à ne pas confondre. Le mot est souvent utilisé à mauvais escient. Être sans ressort, triste, avoir des difficultés à dormir ne veulent pas dire être dépressif. S’interroger sur l’orientation de sa vie, même quand les choix engagent l’avenir, n’est pas faire une dépression : ce sont des expériences humaines normales. Les moments de cafard, de blues ou de doute font partie de la vie.

 

Symptômes de la dépression : ne pas passer à coter

La douleur morale de la « dépression maladie » est profonde. La personne se sent coupée de tout, au fond d’un trou et n’arrive plus à agir ; et cette humeur ne varie absolument pas pendant plusieurs semaines. Pour parler de dépression, donc de maladie, il faut que les « perturbations de l’humeur » comme disent les médecins, soient multiples et bien caractérisées, qu’elles se manifestent de façon permanente ou quasi permanente depuis au moins 15 jours et qu’elles retentissent fortement sur la vie quotidienne : difficulté ou incapacité à se lever le matin, à aller au travail, à sortir faire les courses, à faire le ménage, etc. La personne dépressive est anormalement triste, sans énergie, à plat ; elle voit tout en noir, est incapable de se projeter dans l’avenir et souffre profondément 24h/24.

Ralentissement et idées noires

Voici quelques repères pour suspecter, chez un proche ou soi-même, un état dépressif :

Fatigue sans avoir fait d’efforts particuliers.
Ni le sommeil ni le repos ne la font disparaître.

Ralentissement général.
La personne met plus de temps pour accomplir ses tâches, y compris celles qu’elle faisait automatiquement. Même ses pensées et ses paroles sont lentes. Elle donne l’impression d’être indifférente et a d’ailleurs le sentiment d’avoir la tête vide, de ne plus pouvoir réagir ou faire face à quoi que ce soit.

Tristesse profonde et inhabituelle
Les personnes qui ont connu un épisode dépressif racontent que cette tristesse-là est particulière, accompagnée d’un sentiment de désespoir total, et souvent de pleurs sans motif.

Incapacité à éprouver du plaisir
Écouter la musique qu’on aimait auparavant, voir ses amis, lire son journal préféré ou un livre, apprécier un gâteau, une surprise, une fête… tous les plaisirs de la vie disparaissent. Le dépressif est incapable d’éprouver une émotion, comme anesthésié.

Pensées négatives
Événements ou personnes, tout est perçu ou analysé systématiquement comme négatif. À la longue, ce pessimisme permanent retentit sur les proches et peut les décourager.

Pensées autour de la mort
La sienne, celle des proches ou en général : dans la grande majorité des cas, heureusement, les idées noires ou même suicidaires ne conduisent pas à une tentative de suicide, mais il faut toujours être vigilant. Contrairement à ce que l’on croit parfois, une personne qui parle de suicide doit être prise au sérieux : presque toutes les personnes qui passent à l’acte en ont parlé auparavant, abondamment ou discrètement. Il faut demander un avis médical rapidement.

Deuil normal… et morbide

La plupart du temps, l’épisode dépressif ne s’installe pas durablement, mais mieux vaut parler de ses symptômes à son pharmacien et à son médecin pour ne pas laisser évoluer une situation dangereuse : la dépression peut s’aggraver et devenir chronique, donc plus difficile à prendre en charge. Après un épisode douloureux, comme la perte d’un être cher, les symptômes dépressifs sont courants, ils font partie du processus normal du deuil. Toutefois, au-delà de deux mois d’une tristesse inchangée, ou si les symptômes de la dépression sont particulièrement envahissants et inquiétants, il faut consulter un médecin. Une prise en charge, qu’elle soit médicamenteuse ou psychothérapeutique (ou les deux), devient nécessaire.

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

  • Un traitement par antidépresseur n’est prescrit qu’en cas d’épisode dépressif d’intensité modérée ou grave. Attention, on ne se rend pas toujours compte soi-même du degré de son malêtre: il est difficile d’admettre sa situation. On a tendance à minimiser, à trouver que le médecin se trompe ou exagère.
  • Il est très important de suivre le traitement prescrit régulièrement, à heure fixe, sans sauter de prise.
  • L’efficacité du traitement est maximale au bout de plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Ne l’interrompez pas sans l’avis de votre médecin au prétexte que vous vous sentez mieux ou, au contraire, que vous ne ressentez pas d’effet positif. Sous peine de rechute ou d’aggravation des symptômes.
  • En début de traitement, le risque de passage à l’acte suicidaire impose une étroite surveillance. C’est la raison pour laquelle un traitement par médicament anxiolytique et/ou hypnotique est parfois associé de façon temporaire.

 

Personne n’est à l’abri d’un épisode dépressif

De nombreux événements de la vie peuvent déclencher ou précipiter une dépression mais, comme la plupart des maladies psychiques, elle ne provient pas d’un facteur unique. Elle résulte de plusieurs mécanismes, encore mal connus, dont certains interviennent très en amont et en quelque sorte préparent le terrain. Avoir des parents ayant souffert de dépression augmente le risque de faire un jour une dépression, mais ce n’est pas une fatalité. Les chercheurs distinguent plusieurs facteurs de vulnérabilité : biologiques, psychologiques, familiaux et sociaux. À l’inverse, avoir des amis proches et réconfortants, par exemple, protège contre l’installation d’une dépression, et favorise sa guérison.

Psychothérapie et/ou antidépresseur

Le traitement (en prenant des médicaments et/ou en suivant une psychothérapie) est parfois difficile à accepter, surtout pour les hommes qui vivent cela comme une marque de faiblesse… quand ils osent en parler ! Erreur, la dépression est trop difficile à combattre seul. C’est un trouble chimique du cerveau. Il n’y a pas « un » mais « des » traitements de la dépression qui diffèrent selon la personne et l’intensité de la maladie :

La psychothérapie.
Pratiquée par un psychiatre ou un psychologue pendant l’épisode dépressif et/ou après la guérison pour prévenir la réapparition des symptômes de la dépression. 15 à 20 séances suffisent habituellement dans les cas simples.

Les médicaments antidépresseurs.
3 à 4 semaines sont nécessaires pour ressentir les premiers effets bénéfiques. Le traitement de la phase aiguë dure 6 à 12 semaines, il est suivi d’une phase de consolidation entre 4 et 6 mois. Comme tout médicament, ils ont des effets indésirables mais variables selon les personnes et les produits. Il faut toujours en parler au médecin, pour évaluer la nécessité d’un aménagement de la prescription.

 À lire aussi : Vivre avec un proche bipolaire, mode d’emploi

 

Une maladie neurotoxique

La dépression entraîne un ralentissement psychique: une étude réalisée par des chercheurs français (Inserm, hôpital Sainte-Anne à Paris) chez plus de 2000 patients ayant connu un ou plusieurs épisodes dépressifs au cours de leur vie, montre que des épisodes répétés altèrent durablement les fonctions intellectuelles (attention, concentration et vivacité) si la maladie n’est pas prise en charge. Les chercheurs ont présenté un test simple consistant à relier des cercles numérotés placés dans le désordre sur une feuille. Les personnes qui avaient fait une seule dépression ont bouclé le test en 35 secondes (comme celles qui n’en avaient jamais fait). En revanche, après plusieurs épisodes dépressifs, la réalisation du test a pris au moins deux fois plus de temps: jusqu’à 1 minute 20 secondes. Cela durant l’épisode dépressif mais aussi 6 semaines après, alors qu’une bonne partie des patients n’avait plus de symptômes dépressifs visibles.

 À lire aussi : Une inflammation du cerveau responsable de la dépression

 

Quand la vigilance s’impose

Après un accouchement. La dépression du post-partum débute dans les mois qui suivent et peut être grave. L’entourage ne doit pas la sous-estimer ! Ce n’est pas un “baby-blues” qui survient quelques jours après la naissance et correspond au sentiment angoissant mais surmontable de ne pas savoir s’occuper du bébé, ou de ne pas en avoir la force. Chez les jeunes. La dépression peut se traduire chez l’enfant par des comportements de retrait ou, au contraire, d’agitation ; et chez l’ado par des conduites à risque (abus d’alcool, drogues).

Chez les seniors.

Les symptômes de dépression sont les mêmes, mais souvent moins perceptibles à cause de la diminution de l’activité physique et parfois intellectuelle, qu’on admet très (trop) facilement, considérant à tort qu’être triste ou pessimiste est normal à cet âge.

À savoir

À savoir

Le millepertuis, parfois utilisé pour des petites manifestations dépressives ponctuelles, n’est pas efficace en cas de dépression caractérisée, même légère. De plus, il a le sérieux inconvénient d’interagir avec d’autres médicaments dont les antidépresseurs. Pas de tisane de millepertuis si vous prenez un médicament antidépresseur !
Evelyne Ourdy

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