Troubles très intimes

Troubles très intimes

30 avril 2021
Plus gênants que graves mais très fréquents, ils sont encore sujet tabou. Pourtant mieux vaut consulter vite. Les perturbations intimes ne sont pas une fatalité : les traitements actuels visent autant à les prévenir qu’à les soigner.

 

Selon le dictionnaire, l’intime est ce qui est au plus profond de soi, ce qui reste généralement secret, caché… L’activité sexuelle et la fonction urinaire en font partie. Et quand un trouble en relevant survient – qu’il se nomme incontinence, panne érectile, éjaculation précoce, sécheresse vaginale, irritations ou démangeaisons génitales –, en parler n’est pas spontané. L’embarras, parfois la honte, s’empare de celui ou de celle qui subit au plus profond de son intimité l’une de ces pathologies aussi inconfortables que déconcertantes. Aucun âge n’est épargné.

À savoir

À savoir

•3 millions de femmes seraient incontinentes à des stades divers. La prévalence augmente avec l’âge : 12% ont de 20 à 29 ans, 25% de 60 à 69 ans, 32% plus de 80 ans. 68% n’ont jamais consulté (source : AFU).

•Les troubles érectiles touchent de plus en plus d’hommes. Ils étaient 44% en 2005, 49% en 2010 et 61% en 2019 (étude Ifop-Charles.co).

 

Au féminin comme au masculin

Schématiquement, avant 50 ans, l’homme est davantage perturbé par ses dysfonctions érectiles que par ses fuites urinaires. Tout le contraire de la femme, très tôt confrontée à la réactivité de sa vessie et sujette aux cystites, aux petites fuites et autres sécrétions désagréables dès son plus jeune âge. Tout simplement parce que sa morphologie l’expose davantage. À l’inverse des parties intimes de l’homme, celles de la femme ne sont pas «fermées», ce qui rend ses muqueuses uro-génitales vulnérables. La moindre pression (rires intempestifs, chocs émotionnels, sport, grossesse…) peut provoquer des fuites ou la pousser à uriner. Les infections urinaires sont aussi considérées typiquement féminines. Certes, les hommes en souffrent mais moins souvent. Avec des symptômes similaires, les troubles urinaires se conjuguent autant au féminin qu’au masculin. La différence provenant de leurs causes, intimement liées à leurs spécificités anatomiques. Celles-là mêmes induisant les troubles sexuels de l’un et l’autre.

 À lire aussi : Le microbiote vaginal, un écosystème réglé au lactobacille près

 

 Se traiter sans tarder

Les troubles intimes sont parfois dus à l’âge en raison du relâchement des tissus et du déficit hormonal. Parfois aux modes de vie déséquilibrés ou à des pratiques à risque, au manque d’hygiène ou encore au stress. Les responsables sont légion. Et c’est une erreur de penser que ces désagréments passeront tout seuls. Mêmes passagers, leurs symptômes inconfortables altèrent vraiment la qualité de vie. Aussi ne faut-il pas les minimiser mais se faire traiter sans attendre. Les récidives sont évitables à condition d’oser en parler à son médecin, et même demander plusieurs avis pour sortir de la spirale de l’échec. Sexuel, urinaire ou dermatologique, chaque désordre a un traitement personnalisé. Ce serait dommage de s’en priver.

Qui consulter ?

Qui consulter ?

Son généraliste, à même de traiter une cystite. L’incontinence urinaire est du ressort du spécialiste. Puis le gynécologue, l’andrologue. Certains sont urologues, sexologues, parfois psychosomaticiens, la composante « psy » interférant souvent.

 

Au féminin : une sphère urogénitale ultra-sensible

Des petites fuites à l’infection urinaire à répétition, de la sécheresse vaginale aux démangeaisons cutanées en passant par des règles douloureuses et autres sécrétions désagréables : telles sont les principales perturbations que subit la femme en son bas-ventre. Bien souvent à cause de la vulnérabilité de ses muqueuses internes et externes. Tour d’horizon des plus fréquentes.

Réponses d'expert : le double avantage du laser vaginal

Réponses d'expert : le double avantage du laser vaginal

Dr Sylvain Mimoun,
Gynécologue, andrologue, psychosomaticien

Quelle qu’en soit la cause, la sécheresse vaginale altère la qualité de la vie intime et sexuelle. La nouveauté est qu’on peut y remédier par laser CO2 pulsé quand ovules d’acide hyaluronique et lubrifiants ne suffisent plus à apaiser, en particulier après un cancer du sein ou une ménopause installée. Le laser introduit dans le vagin y agit tel un peeling en détruisant les cellules sèches de sa muqueuse superficielle, automatiquement remplacées par la couche sous-jacente plus jeune. La femme retrouve son hydratation originale à raison de quatre séances mensuelles consécutives. Après un an environ, si l’inconfort revient une nouvelle séance est programmée. Éliminer cette première couche ne détruit pas la flore vaginale ; au contraire ce traitement, indolore, la rétablit, la rééquilibre et relance la production de collagène. Hélas, il n’est pas remboursé alors qu’il devrait se banaliser. D’autant que, en cas d’incontinence, son recours permet de retrouver une fonction urinaire normalisée en jouant sur des intensités différentes. Trois ou quatre séances peuvent suffire.

 

Côté  vessie : cystite et incontinence

Rares sont les femmes qui n’ont pas connu un ou plusieurs épisodes de cystite dans leur vie. Cette inflammation de la vessie d’origine infectieuse peut survenir à tout moment depuis l’enfance jusqu’à un âge avancé, et encore plus fréquemment chez les femmes actives sexuellement ou ménopausées. La bactérie Escherichia coli en est responsable ; proliférant dans l’intestin, elle migre facilement de l’anus pour remonter par l’urètre (plus court chez la femme que chez l’homme) jusqu’à coloniser la vessie. Douleurs et brûlures au moment de la miction, envie permanente d’uriner, pesanteur dans le bas-ventre en sont les principaux signes. Sans gravité mais très douloureuse, cette infection urinaire se traite rapidement par une antibiothérapie courte ciblée. Pour éviter les récidives (plus de quatre fois par an dans un cas sur dix) et l’antibiorésistance, des précautions sont à prendre : ne pas se retenir malgré les brûlures, s’essuyer d’avant en arrière après être allée aux WC, uriner après un rapport sexuel, boire abondamment. Objectif: empêcher les germes de stagner dans la vessie. En prévention, une cure probiotique agira sur l’intestin d’où ils proviennent.

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

•Il y a consensus sur la canneberge (ou cranberry), petite baie rouge riche en proanthocyanidines (PAC), actifs empêchant les colibacilles de se fixer sur les parois urinaires. Consommée régulièrement en jus ou compléments alimentaires, elle diminue le risque de récidive des infections urinaires à condition d’absorber 36 mg de PAC par jour.

•Bruyère, busserole, pissenlit, queues de cerise, cassis… ont des vertus antibactériennes et diurétiques. En tisane, gélule, ampoule, stick, ces plantes sont réputées pour faciliter le flux urinaire et donc l’évacuation des germes.

 

Contrairement aux idées reçues, l’incontinence urinaire n’est pas l’apanage des plus âgées. La femme enceinte ou en surpoids y est sujette, ainsi que la sportive ou la sédentaire. L’écoulement involontaire d’urine survient dans des situations particulières : effort violent, éternuement, toux, même le simple fait de se tourner dans le lit. Cette incontinence «  d’effort » a plusieurs origines – insuffisance du muscle sphinctérien, déficit de retenue de l’urètre et de ses tissus de soutien, fragilité et relâchement du plancher pelvien (périnée) – et concerne plus de la moitié des patientes, tous âges confondus. La deuxième catégorie regroupe les incontinences par impériosité ou urgences mictionnelles et représente 10 à 20 % des cas. La vessie devenue hyperactive se contracte anarchiquement, créant une surpression générant des fuites. L’absence de contrôle vésical peut être due à une pathologie neurologique (paraplégie, SEP, Parkinson), certains diabètes. Les incontinences mixtes associent fuites à l’effort et impériosités.

La rééducation périnéale est le traitement de première intention pour tonifier les muscles du plancher pelvien. Combinée, en cas d’impériosité, à la rééducation de la vessie et des sphincters pour en retrouver le contrôle. La rééducation vient à bout de plus de la moitié des incontinences d’effort. Si rien n’y fait, la pose d’une bandelette sous-urétrale peut être proposée mais de moins en moins, cette chirurgie aggravant l’hyperexcitabilité de la vessie. Stimulations électriques, biofeedback, dispositif intravaginal… sont de nouvelles approches qui aident les femmes à muscler leur périnée en soin comme en prévention.

 À lire aussi : On muscle son périnée !

 

Réponses d'expert : gérer son stress

Réponses d'expert : gérer son stress

Dr Sylvain Mimoun,
Gynécologue, andrologue, psychosomaticien

Hormis certains effets secondaires de médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques, statines, chimiothérapie…) largement cités dans les problèmes d’érection, il existe de nombreuses autres causes : celles liées aux pathologies du système nerveux périphérique, à l’insuffisance rénale ou encore aux maladies cardiovasculaires qui touchent des hommes de plus en plus jeunes. L’origine est aussi psychologique. Le stress et l’anxiété de performance sont de plus en plus pourvoyeurs de dysfonctionnements érectiles. Et c’est leur récurrence qui impose une consultation. Ce qui entretient le symptôme, c’est la peur de la perte de l’érection ou de l’éjaculation précoce. Apprendre à gérer son stress et à respirer fait partie intégrante de la prise en charge. Les traitements actuels, suffisamment probants et discrets avec des résultats durables, permettent à ceux qui rencontrent ce type de défaillance de retrouver sérénité et confiance dans leur virilité.

 

Côté vagin : sécheresse et microbiote perturbé

Le vagin est un petit nid douillet abritant majoritairement des lactobacilles. Cette flore de Döderlein forme un biofilm, le microbiote vaginal, qui protège la muqueuse des germes internes et externes. En effet, les lactobacilles produisent de l’acide lactique qui, en acidifiant le milieu vaginal, stimule ses défenses immunitaires. Tout au long  de la vie, la flore vaginale est sous l’influence des œstrogènes. En situation de carence œstrogénique (contraception orale, grossesse, ménopause), la flore diminue et le pH augmente. Une baisse de l’immunité locale survient, favorisant inconfort et sécheresse (laquelle rend les rapports sexuels douloureux) ainsi que des infections uro-génitales plus fréquentes. Autres perturbateurs de l’équilibre du microbiote vaginal : la prise d’antibiotiques, d’antidépresseurs, l’usage de préservatifs, tampons, spermicides, la constipation, les voyages, une toilette vulvaire excessive, le tabac, le stress ou encore un terrain immunodéprimé. Les conséquences se nomment vaginose bactérienne, mycose ou candidose vulvo-vaginale. Démangeaisons, parfois sécrétions (pertes blanches) et odeurs désagréables en sont les symptômes intimes.

Que faire ? Les antibiotiques traitent la vaginose mais perturbent le microbiote. Les antimycosiques sont efficaces mais assèchent le vagin. Pour pallier le déséquilibre du milieu vaginal généré par ces médicaments, il est recommandé de les combiner à des probiotiques spécifiques par voie orale ou gynécologique. En ovules ou gélules à libération prolongée, leur but est de réensemencer le vagin en lactobacilles afin d’éviter les récidives. Après les règles ou à la ménopause, une cure probiotique est également utile lorsqu’on se sait à risque. Chez la femme ménopausée, les crèmes hydratantes et les ovules aident à lutter ponctuellement contre la sécheresse vaginale, et à retrouver souplesse et tonicité. Le laser vaginal est une solution plus pérenne sous certaines conditions (voir encadré).

L’hygiène des parties intimes ne doit pas nuire au film hydrolipidique protecteur des muqueuses vaginales et cutanées. Sont donc exclus les douches vaginales décapantes (le vagin est autonettoyant), les toilettes vulvaires intempestives ainsi que les produits lavants agressifs. Opter pour un savon doux, en gel liquide ou pain ayant un pH neutre. Un spécifique « toilette intime » contribue à hydrater et apaiser en cas d’irritations ou de fragilité.

 À lire aussi : Dossier – Hygiène intime

 

Au masculin: quand la mécanique des fluides est en panne

Difficulté à uriner, mictions fréquentes, réveils récurrents pour aller uriner… Les symptômes de l’incontinence de l’homme ressemblent à ceux de la femme mais chez lui une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) en est la principale responsable. Deux millions d’hommes sont diagnostiqués, 100 000 nouveaux cas chaque année. Après la cinquantaine, la prostate, cette glande jouant un rôle dans la fabrication du sperme et l’éjaculation, tend à grossir et à perdre son élasticité. Chez certains, elle appuie sur la vessie, comprime l’urètre et freine, voire bloque, le flux urinaire. La retirer n’est pas utile. En revanche il faut être traité vite avant que cela ne devienne insupportable. La prise en charge combine trois approches :

• l’hygiène de vie en évitant les substances accélérant la fréquence des mictions (thé, café, alcool) ;
• des médicaments ciblés relaxant la vessie ou diminuant le volume prostatique ;
• en dernier recours, la chirurgie (un patient sur dix): elle réduit la taille de la prostate ou en élargit le canal pour faciliter le passage de l’urine.

Des vasodilatateurs aux ondes de choc

La panoplie thérapeutique de la dysfonction érectile est diversifiée, depuis l’apparition de la prothèse pénienne (1973), les injections intracaverneuses de prostaglandine dans le pénis (1982), du Viagra (1998) puis du Cialis, son concurrent (2005). Traitements symptomatiques (mais non curatifs) toujours d’actualité car leurs effets sont immédiats. Une prise en charge innovante est apparue en 2010 : la thérapie par ondes de choc extracorporelles de faible intensité, déjà utilisée pour traiter les calculs rénaux, des séquelles d’infarctus ou des tendinopathies. En améliorant la vascularisation des corps caverneux de la verge, elle permet de retrouver petit à petit des fonctions érectiles sans apport médicamenteux. Cette technique est réservée aux patients atteints de maladies cardiovasculaires, de diabètes, soit 70 % des hommes souffrant de dysfonctionnement érectile.

Dans ma trousse, les bons produits

Dans ma trousse, les bons produits

•Cutalgan / A-DERMA

Nouveau. Fini le mal de peau, en formant un gel pansement, il rafraîchit et calme les douleurs cutanées du corps et des zones intimes de toute la famille.
Spray de 100 ml.

•Bioprotus® Flore intime / CARRARE

Dans un stick, 5 milliards de souches microbiotiques (100 % lactobacilles) et 2,9 g de fibres nutritives. La flore vaginale est restaurée et protégée lors de traitements perturbants.
Boîte de 14 sticks.

•Capsules confort voies urinaires, AromaFemina (visuel à venir) / PRANARÔM

Une synergie efficace d’HE d’origan, cannelier de Chine, menthe poivrée et citron pour lutter contre l’infection bactérienne et calmer la douleur de la cystite.
Boîte de 30 capsules.

•Mycolea+ / ROGÉ CAVAILLÈS

Cette crème intime anti-démangeaisons soulage jusqu’à 24 heures les muqueuses irritées grâce à son complexe antifongique naturel combiné aux vertus du calendula encapsulé.
Tube applicateur.

 

Info

Info

• Restons fermes ! du Dr Sylvain Mimoun (Eyrolles)

www.urologie-sante.fr, le site de l’association française d’urologie (AFU)

 

Dominique Thibaud

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