Le tabagisme passif : nocif pour les animaux

Le tabagisme passif : nocif pour les animaux

26 septembre 2021
Plus de 10 millions de Français déclarent fumer régulièrement et un foyer sur deux possède un animal de compagnie. Chiens et chats souffrent-ils de cette addiction humaine ?

 

L’Académie nationale de médecine considère que la fumée de tabac constitue « la source la plus dangereuse de pollution de l’air domestique ». Santé publique France, pour sa part, estime que, chez l’homme, le tabagisme est à l’origine de 75 000 décès par an. Si de tels chiffres ne sont pas disponibles pour les animaux de compagnie, de nombreuses études montrent que le tabagisme passif nuit aussi à la santé des chiens et des chats.

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Des animaux exposés

Si un membre du foyer fume à l’intérieur, il expose son entourage aux polluants issus de la fumée de tabac qui se déposent sur toutes les surfaces et dans la poussière. Les humains qui ne fument pas sont principalement exposés au tabagisme passif au sein même de la maison, ce qui laisse supposer que les animaux de compagnie sont aussi concernés par cette pollution intérieure. Avant même de rechercher les maladies induites par le tabagisme passif chez les animaux, il est nécessaire de prouver que des résidus de la fumée de cigarette sont présents dans leur organisme. Lorsque des analyses d’urine de chiens et de chats vivant auprès d’un fumeur sont réalisées, on détecte bien une augmentation nette des marqueurs classiques de la fumée de tabac, tels que la cotinine (un produit de dégradation de la nicotine) et la nitrosamine, une substance connue pour être cancérigène pour l’homme : quantitativement, les résultats sont comparables, voire légèrement supérieurs.

À savoir

À savoir

Les substances émises par la fumée de cigarette se déposent sur les murs, les meubles, les tissus, les vêtements et tous les objets dans les heures suivant l’émission. Des heures, voire des mois après le dépôt, ces composants peuvent être remis en circulation sous l’influence des flux d’air ; ils se comportent alors comme autant de sources différées de substances toxiques, pour les humains comme pour les animaux.

 

Des affections avérées

Près de 4 700 composés chimiques ont été identifiés dans la fumée de tabac, parmi lesquels 200 sont considérés comme toxiques pour l’humain et 80 sont classés dans la catégorie des agents cancérigènes. Des études menées en laboratoire ont confirmé que les animaux sont très sensibles à ces toxiques : les rongeurs exposés à la fumée présentent par exemple des inflammations bronchiques, une diminution de l’élasticité pulmonaire, une exacerbation des signes asthmatiques et une augmentation significative de l’incidence des tumeurs pulmonaires. Des lésions cutanées sont aussi observées chez les souris.

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Chiens : les différentes pathologies

Plus d’allergies cutanées

Chez l’enfant, on sait que le tabagisme passif favorise le développement de dermatites allergiques. La même observation a été faite chez le chien, dans une étude réalisée au centre hospitalier universitaire de l’école vétérinaire d’Alfort. Elle a mis en évidence une association significative entre un fort degré d’exposition au tabagisme passif et la présence d’une dermatite allergique, indépendamment de l’âge, du sexe ou de la race des animaux. Chez le chien comme chez l’enfant, l’exposition au tabagisme passif, lorsqu’elle est prolongée dans le temps et concentrée dans un petit espace, pourrait donc être un facteur de risque de développement de dermatite allergique. Les chiens sont peut-être encore plus vulnérables aux effets néfastes provoqués par l’inhalation de la fumée que les enfants : ils vivent en permanence près du sol, sont souvent couchés par terre et saisissent des objets dans leur gueule ; autant de supports susceptibles d’être contaminés par des substances toxiques.

Plus de maladies respiratoires

Les animaux de fumeurs risquent-ils plus de souffrir de problèmes respiratoires ? Oui, car ils inhalent plus de particules fines (mesurant moins de 2,5 micromètres) que les chiens de non-fumeurs ; la concentration de ces particules dans l’air est proportionnelle au nombre de cigarettes fumées. Les particules fines sont dangereuses car elles pénètrent dans les alvéoles pulmonaires et les petites bronches, où elles entraînent une inflammation chronique. Les petits chiens seraient les plus sensibles à ce type de pollution.

À savoir

À savoir

Face à des animaux allergiques vivant aux côtés d’un fumeur, de nombreux vétérinaires conseillent au maître d’arrêter le tabac, car l’expérience montre que la fumée de cigarette est un facteur supplémentaire d’irritation pouvant aggraver les symptômes inflammatoires. Cette mesure de précaution serait particulièrement intéressante pour les chiens dits « atopiques », dont la peau ne se défend pas bien contre les agressions extérieures.

 

Irritations broncho-pulmonaires

Une étude menée à l’université de Taïwan s’est penchée sur le rôle des particules fines sur la santé respiratoire du chien. Lorsque l’air ambiant en contient beaucoup, les affections broncho-pulmonaires sont exacerbées.

Cancer du poumon

Le tabagisme passif est également corrélé à l’incidence du cancer du poumon. Les races qui possèdent un museau court (de type « brachycéphale »), tels que les bouledogues, le carlin, le shih tzu, etc., sont les plus menacées. Lorsque ces chiens sont exposés à la fumée du tabac, le risque de cancer du poumon est multiplié par 2,4. Les chiens à long nez disposeraient d’un « filtre » qui les protège plus efficacement des particules aériennes potentiellement dangereuses.

Cancer des cavités nasales

Les chiens à long nez (comme les lévriers et de nombreux chiens de berger) dont le propriétaire fume sont en revanche plus susceptibles de développer un cancer des cavités nasales que ceux n’étant pas en contact avec la fumée de cigarette ; le risque est deux fois et demi plus élevé. Cette sensibilité anatomique serait due au fait que la muqueuse de leurs narines est plus grande et que le flux d’air qui circule à l’intérieur est plus important que chez les chiens à nez court. L’action nocive de la fumée s’exercerait donc plus facilement.

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Autres effets du tabagisme passif

La castration des mâles révèle que les testicules des chiens appartenant à des fumeurs présentent plus souvent des lésions génétiques à l’intérieur des cellules, qui peuvent prédisposer à certains cancers. Il a aussi été observé que les chiens de fumeurs prennent plus de poids après la castration que les chiens de non-fumeurs.

Fumer à l’extérieur ?

Fumer à l’extérieur ?

Les chiens peuvent être considérés comme des « sentinelles » des effets du tabagisme passif observés chez les enfants car les conditions d’exposition à la fumée sont similaires. Quand on analyse trois types de poils – les premiers appartiennent à des chiens de non-fumeurs ; les seconds à des animaux dont les maîtres fument à l’intérieur ; dans le troisième cas, les propriétaires fument dehors –, on s’aperçoit que la concentration en nicotine dans les poils des chiens de la deuxième catégorie est plus élevée. Cependant, les poils de chiens des propriétaires qui sortent pour fumer présentent tout de même une concentration en nicotine plus élevée que ceux des chiens de non-fumeurs.

 

Chats : des risques particuliers

En plus de respirer la fumée, les chats absorbent aussi les particules toxiques présentes dans l’air qui se sont déposées sur leur pelage. Un chat passe en effet plusieurs heures par jour à se lécher pour « faire sa toilette ». Les animaux hébergés en milieu clos (environ 30 % vivent en appartement) sont évidemment les plus exposés. Chez le chat, le tabagisme passif est associé à un risque de cancer des ganglions lymphatiques (lymphome), une maladie dont le pronostic est généralement très mauvais. Les conclusions des études sont sans appel : le risque augmente en fonction de la durée d’exposition à la fumée et de l’intensité de la contamination. Par rapport à des chats non exposés, le risque de lymphome est multiplié par 3,2 chez ceux qui côtoient des fumeurs depuis plus de cinq ans ; si au moins deux personnes fument à la maison, le risque de lymphome est quadruplé. Les chats qui évoluent dans un environnement enfumé présentent également un risque plus important de développer un cancer de la cavité buccale que ceux qui ne sont pas exposés.

Les oiseaux aussi

Les oiseaux aussi

Les oiseaux vivant dans une maison enfumée présentent souvent une toux et des éternuements. Chez ces animaux au système respiratoire très sensible, l’exposition à la fumée de tabac peut être responsable de pneumonies, de sinusites, de rhinites… Les dommages engendrés sur la muqueuse respiratoire fragilisent l’oiseau et le rendent réceptif à l’action des virus ou des bactéries pathogènes. La fumée aggrave évidemment aussi les troubles respiratoires déjà présents.

 

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