Exit les parasites !

Exit les parasites !
Publié le
Le dipylidium est le ténia le plus couramment rencontré chez le chien et il est aussi fréquent chez le chat. Ce ver plat est transmis par un autre parasite, externe celui-là, la puce.
  Malgré leur taille, ils sont sûrement les ennemis numéro 1 des chats et des chiens : d’un côté, les parasites externes, puces, tiques, moustiques, etc., qui sont actuellement en pleine augmentation, sans doute à cause des dérèglements climatiques ; de l’autre, les parasites internes, plus communément appelés vers intestinaux (ronds et plats). Ces derniers sont moins visibles, mais la tendance est la même : des successions d’hivers doux facilitent la survie des œufs et des larves dans l’environnement. Les animaux peuvent présenter par ailleurs une double infestation, puisque les puces sont souvent porteuses de larves de dipylidium, un ténia. D’où l’importance de mener une « campagne » d’élimination et de prévention, à renfort de médicaments antiparasitaires.

Traitements : pas assez fréquents

La quasi-totalité des propriétaires ont conscience des risques liés aux tiques et aux puces. Pourtant, seulement trois quarts d’entre eux estiment qu’il leur est nécessaire de traiter leur animal contre ces parasites et à peine 12 % considèrent qu’il est tout aussi important de le vermifuger. La vermifugation est par ailleurs trop souvent limitée aux chiots et aux chiens adultes présentant des signes d’infestation parasitaire. Une étude néerlandaise a suivi l’état parasitaire de 1 000 chiens adultes pendant quatre ans : chez un tiers d’entre eux, la présence de vers dans leurs selles a été détectée à un moment ou un autre de l’étude. Du côté des félins, les enquêtes montrent que plus de 10 % des chats adultes hébergent des vers dans leur tube digestif. Chez les chatons de moins de 6 mois, la proportion est même de quatre sur dix ! Si on prend en compte les chats errants, le parasitisme est encore plus fort.  

Cohabitation = risque accru

Quand le chat ou le chien n’est pas l’animal unique du foyer et vit par conséquent entouré de ses congénères, le risque qu’il soit infesté par des vers, en particulier les vers ronds (ascarides), est significativement supérieur.
 

Vermifugation impérative

Pour lutter efficacement contre l’excrétion d’œufs de parasites dans les selles et ainsi réduire le risque de contaminations parasitaires, il est impératif de procéder à au moins quatre traitements annuels, même chez les animaux en bonne santé apparente. L’administration du vermifuge, pour les chiots et les chatons, jusqu’à l’âge de 6 mois, doit être systématique et effectuée tous les mois. Dans les faits, la fréquence annuelle moyenne de traitement n’est respectivement que de 2,5 fois et 2,3 fois tous âges confondus. Vermifuger avec régularité revêt donc une très grande importance sur le plan de la santé publique car les animaux parasités de façon chronique peuvent être à l’origine de contaminations humaines graves. Chez les parasites, la barrière d’espèce est malheureusement souvent franchie.  

Stratégie pour une prévention réussie

  L’actualité nous le rappelle inlassablement, à juste titre : se laver les mains fait partie des mesures d’hygiène les plus efficaces pour se protéger des contaminations. Respecter ce geste tout simple est d’autant plus important quand on partage son environnement avec des animaux car leur pelage peut transporter des œufs de vers, particulièrement collants.  

Ramasser les selles

En promenade, ramasser les selles de son chien dans les espaces publics (à l’exception des caniveaux s’ils ne se trouvent pas dans une rue piétonne) est un acte citoyen, responsable et hygiénique, qui est par ailleurs passible d’une amende quand il n’est pas observé. Une habitude à adopter aussi chez soi, au jardin. Non seulement il est très désagréable de marcher malencontreusement dans une crotte de chien ou de chat, mais laisser traîner des déjections animales sur la terre facilite aussi l’entretien des cycles parasitaires. Si vous disposez d’un tas de compost pour recycler vos déchets, n’y jetez pas les excréments de votre animal pour éviter toute contamination.

À savoir

Très peu de cas de résistance à des molécules incluses dans les vermifuges pour chiens ou chats ont été démontrés avec certitude. Néanmoins, pour prévenir l’apparition de ce phénomène, notamment dans les chenils et les chatteries, il est préférable d’alterner les types de vermifuges  et de pratiquer un contrôle régulier des selles.
 

N’exclure aucun parasite

Il est aujourd’hui possible de lutter à la fois contre les puces, les tiques et les vers intestinaux grâce à des médicaments vétérinaires à large spectre. Une seule administration pour protéger les chiens et les chats des parasites à la fois externes et internes facilite la vie des propriétaires et améliore la protection des animaux… À condition bien entendu de ne pas oublier de noter la date des traitements dans un calendrier en version papier ou numérique.

Anticiper les risques

Les déplacements géographiques favorisent les maladies à transmission vectorielle ; les tiques mais aussi les insectes volants (comme les phlébotomes, vecteurs de la leishmaniose) sont dangereux pour les chiens et les chats. Si votre animal vous accompagne en vacances ou si vous déménagez, renseignez-vous sur les risques parasitaires qui pourraient justifier de modifier vos habitudes en matière de vermifugation. • Dans les régions où sévit l’échinococcose alvéolaire (dans l’est de la France principalement), une maladie parasitaire très grave pour l’homme, les chiens ou les chats qui ont la possibilité de chasser devraient en principe être vermifugés tous les mois. • Les territoires d’Outre-Mer, la Corse et la Camargue sont propices à la contamination par la dirofilariose cardio-pulmonaire, une maladie parasitaire transmise par les moustiques. À la différence des traitements classiques contre les vers intestinaux, qui ne sont que curatifs, il est possible, en prévention, d’administrer un médicament aux animaux séjournant dans des zones à risque. Avant de débuter le traitement, un test de dépistage est indispensable pour déterminer la présence ou non d’une infestation.  

Le « ténia » du chien et du chat

  Malgré son nom, Dipylidium caninum investit aussi bien l’intestin grêle du chien que celui du chat. Quand il se toilette ou se mordille, l’animal se contamine en ingérant accidentellement une puce infestée, qui sert d’hôte intermédiaire. Le parasite se développe ensuite dans le tube digestif jusqu’à atteindre 80 cm de longueur ! Au stade adulte, le dipylidium rejette des anneaux contenant des œufs, semblables à des grains de riz et très mobiles, que l’on retrouve dans les selles de l’animal, contaminant ainsi son environnement. À cause du léchage, on peut parfois les observer sur le pelage du chien ou du chat. Il faut donc veiller à se laver les mains après avoir caressé un animal infesté, car, en portant les doigts à la bouche, le risque de transmission est réel. Les enfants les plus exposés à ce type de contamination.

Symptômes et signes de contamination

Le dipylidium est une source de démangeaisons anales importantes pour le chien ou le chat. Un animal infesté tente alors de se soulager en frottant son postérieur contre le sol, un comportement caractéristique baptisé « signe du traîneau». La recherche d’œufs de dipylidium dans les selles (lors d’une coproscopie réalise par le vétérinaire) ne permet pas d’identifier l’infestation à coup sûr car l’excrétion des œufs est intermittente. Dans le doute, si vous repérez des puces dans le pelage de votre compagnon, traitez-le contre ces parasites mais vermifugez-le aussi avec un produit actif contre les ténias (tous les vermifuges ne le sont pas).

Prévenir l’infestation

L’administration régulière d’un produit efficace contre les puces est un moyen efficace de prévenir l’infestation par le dipylidium et de protéger aussi bien la santé du chien ou du chat que celle de la famille. Si vous êtes propriétaire de plusieurs animaux, assurez-vous que tous sont traités simultanément pour réduire le risque de recontamination rapide et empêcher que les animaux infestés n’entretiennent la présence des puces dans l’environnement. N’oubliez pas en effet que les larves ne vivent pas sur les animaux ! Chiens et chats doivent être traités avec un insecticide spécifique à leur espèce ; certains produits antipuces pour chiens sont en effet sont toxiques pour les félins, notamment les pyréthrinoïdes.

L’herbe n’est pas un vermifuge !

En consommant de l’herbe, votre chien ou votre chat ingère des fibres végétales qui l’aident à stimuler son transit digestif ou éventuellement à régurgiter des aliments avalés qui « ne passent pas ». Mais ce comportement n’a aucun effet sur les parasites digestifs. L’ail est également à exclure car, s’il a des propriétés médicinales reconnues en santé humaine, il présente un risque important de toxicité chez le chien et le chat (et particulièrement ce dernier).