Chat : les allergies dues aux puces

Chat : les allergies dues aux puces

11 février 2022
La dermatite par hypersensibilité aux piqûres de puces (DHPP) est une maladie douloureuse, qui se manifeste par des démangeaisons intenses. Cette allergie fréquente doit être détectée, puis traitée.

 

Par rapport à d’autres types d’allergies, celle aux piqûres de puces survient assez tard dans la vie du chat : la moyenne d’âge d’apparition des symptômes est de 4 ans. Dans deux cas sur trois, les chats souffrant de DHPP (ou DAPP pour dermatite par allergie aux piqûres de puces) sont des mâles. La fréquence de cette hypersensibilité n’est pas différente entre les chats qui sortent et ceux vivant exclusivement à l’intérieur. C’est la preuve que les puces peuvent élire domicile partout, même dans des appartements en ville.

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Quelle en est la cause ?

La DHPP est due à une sensibilisation du système immunitaire à des antigènes contenus dans la salive des puces. Un chat développe une hypersensibilité même s’il n’est exposé qu’épisodiquement à ces parasites. Une fois sensibilisé, il risque de montrer des symptômes dès qu’il est de nouveau piqué par une puce. La réponse immunitaire à l’irritation cutanée est alors exacerbée par rapport à celle d’un chat sain. Une quinzaine de protéines seraient potentiellement allergisantes dans les glandes salivaires de puces, mais elles n’ont pas été identifiées précisément – la DHPP du chat a pour l’instant moins bien été étudiée que celle du chien.

Quand suspecter une allergie ?

Les démangeaisons sont plus difficiles à remarquer chez un chat que chez un chien parce que le premier se gratte moins avec ses griffes ; il tente plutôt d’apaiser son irritation cutanée en se léchant avec sa langue râpeuse. Difficile alors de savoir s’il s’agit d’un comportement normal de toilettage ou d’un comportement pathologique. Si vous remarquez que votre chat passe plus de temps à se toiletter que d’habitude, que son pelage s’altère et que sa peau présente des signes d’irritation, n’hésitez pas à consulter un vétérinaire. Même si les puces ne sont pas visibles, il pourra observer au microscope des poils prélevés dans les zones de grattage : en cas de léchage excessif, les poils sont abîmés.

Une allergie à vie

Une allergie à vie

Un chat souffrant de DHPP restera sensible aux puces toute sa vie. Les symptômes peuvent donc réapparaître n’importe quand si un traitement préventif contre les puces n’est pas continuellement assuré. Bien respecter les mesures de prévention antiparasitaire est le seul moyen de veiller au bien-être de l’animal et d’empêcher que les signes d’allergie resurgissent. Heureusement, certains traitements actuels protègent durablement et efficacement les chats contre les puces.

 

Détecter l’allergie

Même si les symptômes sont peu évocateurs, il faut toujours suspecter une DHPP si le chat a des problèmes cutanés chroniques, car il s’agit de la dermatose la plus fréquente.

Paradoxalement, il est plus difficile de trouver des puces sur des chats allergiques que sur des chats sains. Parce qu’ils se grattent, se lèchent et se mordillent sans arrêt, les chats allergiques éliminent en effet plus de puces que les autres dans leur pelage.

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Pas de signes caractéristiques, mais…

Chez un chat allergique, le pelage devient clairsemé sur l’ensemble du corps, puis des zones sans poils peuvent apparaître, plus ou moins étendues, plus ou moins abîmées par le grattage. Aucune lésion cutanée n’est cependant spécifique d’une DHPP. Dans environ 35 % des cas, le chat présente une dermatite miliaire. Elle s’appelle ainsi parce que la peau du chat (surtout sur le dos et les cuisses) est hérissée de multiples petites lésions croûteuses, de la taille d’un grain de millet. La peau devient rêche au toucher. On parle aussi d’eczéma « arénacé » (du latin arena, « sable »), car on a l’impression de toucher du sable quand on caresse le chat. En dehors de cette dermatite miliaire, la DHPP peut aussi provoquer des démangeaisons intenses sur la face et le cou. Les chats qui souffrent d’une forme aiguë d’allergie sont capables de se gratter si intensément qu’ils s’infligent des plaies profondes avec leurs griffes, qui s’apparentent à de l’automutilation.

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Traitement spécifique

Le diagnostic de DHPP ne peut pas être établi en dosant des anticorps « antipuces » dans le sang ; ce type de test ne fonctionne pas pour cette allergie. De même, il est rare que les tests cutanés – qui consiste à injecter des antigènes sous la peau pour observer la réaction locale – soient fiables chez le chat. En pratique, c’est en traitant le chat contre les puces pour supprimer la cause potentielle d’irritation que l’on saura si l’animal est bien allergique. Il faut alors utiliser un médicament antipuces très efficace pour le débarrasser de tous les parasites. Certains produits récents agissent si rapidement qu’ils empêchent les puces de finir leur « repas » et limitent ainsi la stimulation antigénique associée à la salive des insectes. Il est également souhaitable que le produit employé inhibe la ponte des œufs afin d’empêcher la reproduction et donc la contamination de l’environnement par les parasites – dans une habitation chauffée, les puces sont actives toute l’année.

À savoir

À savoir

Les puces et les allergies aux piqûres de puces ne sont pas seules responsables : d’autres causes conduisent un chat à se gratter intensément. Comme les insectes sont parfois difficiles à mettre en évidence dans le pelage, le vétérinaire pourra envisager plusieurs hypothèses, surtout si le traitement antipuces ne donne pas les résultats escomptés. Chez un chat, le prurit peut en effet aussi être dû à la présence d’autres parasites (Demodex, Trombicula, acariens responsables de la gale…), à une infection par des levures pathogènes, à une allergie alimentaire, etc. Un examen général s’impose.

 

Prenez conseil auprès d’un professionnel pour choisir un médicament antipuces spécifiquement adapté à la situation. Faites également très attention au mode d’administration : une mauvaise utilisation des pipettes insecticides est par exemple à l’origine de nombreux « échecs » thérapeutiques. Le produit ne doit pas être appliqué sur le pelage mais sur la peau, en écartant bien les poils, et toute la dose doit être déposée. Si vous avez d’autres animaux, n’oubliez pas de les traiter aussi. Dans le cas contraire, le cycle biologique des puces continuera de se dérouler dans l’environnement et votre chat risque d’être recontaminé très vite.

Avant tout, soulager le chat

Les démangeaisons sont telles que le chat se gratte jusqu’à abîmer sa peau et son pelage. Des traitements permettent de les faire disparaître.

Chez un chat allergique aux piqûres de puces, les démangeaisons mettent parfois du temps à se calmer, même après l’élimination des parasites. Quatre à cinq semaines sont en général nécessaires avant de pouvoir constater l’efficacité du traitement. Dans l’intervalle, pas question de laisser le chat continuer de se gratter et de s’abîmer la peau et le pelage. Le vétérinaire pourra prescrire un traitement antiprurigineux, à appliquer localement ou à administrer par voie générale (sous forme injectable ou orale). Face à une inflammation intense, les médicaments contenant des corticoïdes sont de loin les plus efficaces. Il est évidemment interdit de poser une collerette rigide sur un chat pour l’empêcher de se gratter la tête et le cou. Non seulement porter un tel accessoire est profondément anxiogène pour le petit félin (il ne peut plus apaiser ses démangeaisons), mais la collerette risque aussi d’aggraver les lésions cutanées en frottant la peau à des endroits sensibles. Il existe en revanche des protèges-griffes en plastique à coller sur les griffes pour éviter qu’elles lacèrent la peau. Grâce à ces petits accessoires au bout arrondi, l’animal peut se servir de ses griffes sans danger pour son intégrité cutanée. Ils resteront en place pendant 4 à 6 semaines avant de tomber.

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