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Surveillez son souffle et son essoufflement !

Le souffle, c’est la vie. On le mesure par la quantité d’air expiré et celle-ci peut s’amenuiser à bas bruit, jusqu’à ce que les difficultés respiratoires limitent les mouvements.

 

Chiffre

Chiffre

4 ans
c’est le délai moyen avant que la BPCO ne soit formellement reconnue et la maladie enfin traitée !
Source : www.lesouffle.org

Au moins 4 millions d’asthmatiques en France, près de 3,5 millions de personnes souffrant d’une bronchopneumopathie obstructive (BPCO)… Le poids de ces maladies respiratoires, chroniques, qui ne guériront pas, est très lourd au plan collectif certes, mais de façon plus immédiatement perceptible, au plan individuel. Quand le dépistage est précoce et la prise en charge alors optimisée, ces maladies altèrent moins la qualité de la vie. C’est dire l’intérêt de repérer un asthme ou une BPCO… parfois avant même de prendre conscience que l’on est malade, ou de mettre un nom sur ses symptômes (ce qui est le cas respectivement une fois sur deux et deux fois sur trois !). Empêché par le manque de souffle, on se bouge moins, on grossit davantage et le surpoids entraîne son lot de complications, cardiovasculaires en tête. C’est le cœur qui ensuite coupe le souffle. Stop ! Pour repérer les premières atteintes de ce débit d’air expiré, les signes sont souvent peu perceptibles. La dyspnée (difficultés respiratoires) à l’exercice est l’un d’entre eux, et le principal, mais comme l’on réduit insensiblement ses activités en fonction de son souffle, on peut mettre un certain temps avant que cette amputation du souffle soit découverte. Un outil, le débitmètre de pointe, que l’on appelle aussi un peak flow, permet de mesurer plus objectivement, au cabinet du médecin ou chez soi (on le trouve chez son pharmacien), ce débit d’air à l’expiration : on y souffle dans un embout comme dans une trompette. Il est destiné aux patients asthmatiques qui eux savent, habituellement depuis l’enfance, que la force de leur souffle peut être freinée par des bronches qui se resserrent, et plus encore lors des exacerbations de leur asthme. Plus informatif encore, le débitmètre pour les insuffisants respiratoires qui s’ignorent en raison d’une BPCO. Un indice de taille toutefois, le tabagisme, qui est à l’origine de la maladie dans au moins 80 % des cas!

 

Ces maladies qui coupent le souffle et qui donne une difficulté à respirer

Asthme, surveillance

Un asthme naît, se développe et s’aggrave de la rencontre d’une prédisposition génétique (héritable donc) et d’un environnement favorisant : acariens, moisissures ou salive des animaux de compagnie, potentiellement irritants pour les voies respiratoires. À l’extérieur de la maison, les pollens (de graminées, de bouleau, etc.), la fumée de tabac, la pollution atmosphérique, les produits chimiques (colles, vernis, etc.)…

À la clé, des bronches, et surtout les plus petites, au cœur des poumons, qui parce que trop sensibles s’enflamment, se constrictent, limitant le passage de l’air et son oxygénation. L’enjeu est de contrôler la maladie, en repérant ses facteurs d’aggravation pour les éviter ou les neutraliser, et en surveillant ses symptômes. Pour juger de ce bon contrôle, et donc adapter les traitements, on se base sur la gêne au travail ou à l’école, l’essoufflement, les symptômes respiratoires la nuit ou tôt le matin, le recours aux médicaments de secours (bronchodilatateurs).

BPCO, perte du souffle

La dyspnée se construit très progressivement et l’on consulte souvent à un niveau de souffle diminué de moitié, reflet d’une BPCO déjà sévère, parce que l’on a ajusté ses activités physiques à sa fonction respiratoire, d’autant plus facilement que l’on avance en âge, limité par ses articulations, son poids, etc. Le surpoids est effectivement un révélateur de dyspnée, l’effort demandé étant naturellement plus grand.

Le traitement du handicap et de sa source, la dyspnée, en plus bien sûr de l’arrêt du tabac, consiste en l’administration de bronchodilatateurs, associés aux corticoïdes dans des cas très particuliers, quand l’altération de la fonction respiratoire est importante et les exacerbations répétées en dépit des médicaments, et en une réhabilitation respiratoire (au plus simple, des conseils d’activité physique).

Syndrome d’apnées du sommeil

Comme son nom l’indique, il est caractérisé par des apnées, des ronflements bruyants irréguliers la nuit, un sommeil perçu comme peu récupérateur et une respiration sifflante… Ainsi qu’une fatigue excessive la journée, surtout chez des personnes en surpoids de la cinquantaine, souvent hypertendues (résistantes aux antihypertenseurs), voire diabétiques. Une minorité seulement de ces apnéiques est dépistée et le traitement, indiqué au-delà d’un certain nombre d’apnées par heure, consiste en une PPC (pression positive continue), administrée par masque nasal. Associé à des modifications du mode de vie, il est parfaitement efficace.

Réponses d'expert : dans certains cas, il est possible de récupérer du souffle.

Réponses d'expert : dans certains cas, il est possible de récupérer du souffle.


Pr Alain Didier
Président de la Société de pneumologie de langue française et chef du service de pneumologie-allergologie de l’hôpital Larrey, Toulouse.

Si l’on souffre d’un asthme on peut reprendre du souffle, à condition de prendre son traitement régulièrement et que l’on juge du bon contrôle de la maladie périodiquement.

Pour ce qui est de la BPCO, point trop d’espoir de récupération d’un souffle à la quantité nécessaire, mais on peut éviter qu’il se dégrade davantage et surtout, avec ce petit moteur, on apprend à mieux faire… Une sorte de capitalisation. Grâce à la réhabilitation respiratoire*, les capacités physiques sont augmentées, le handicap à l’effort est diminué, on devient plus endurant, on perd du poids, bref, on sait mieux utiliser ce qu’il reste, ce qui permet de faire davantage avec la même quantité de souffle.

Enfin, en cas d’apnées du sommeil, comme les bronches sont indemnes, puisque l’obstruction siège au niveau du pharynx, la récupération est complète.

À éviter

À éviter

  • Faire l’autruche ! La mesure du souffle devrait être en effet, à l’instar de la pression artérielle ou des pulsations cardiaques, prise régulièrement.
  • Banaliser les symptômes associés à une anomalie du souffle et témoins d’une maladie respiratoire, qu’il s’agisse d’une toux ou d’un essoufflement. On fonctionne dans ces cas à l’économie ; or la réhabilitation à l’effort est une part essentielle du traitement des BPCO. Un réentraînement qui n’augmente pas la capacité respiratoire, mais permet d’améliorer les performances, comme pour un sportif.
  • Tourner le dos à l’activité physique. Elle n’est pas interdite même pour les asthmatiques, au contraire… À condition que l’air ne soit pas froid, sec et/ou pollué, tous les sports sont permis (hors la plongée bien sûr), éventuellement précédés d’une bouffée de bronchodilatateur à courte durée d’action.