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Hémangiome infantile : un nouveau traitement

Un médicament tout récent permet enfin de guérir les formes graves d’une lésion vasculaire inesthétique et éprouvante pour les parents, plus communément appelée « fraise », l’hémangiome du nourrisson.

On estime que de 3 à 10 % des nourrissons de moins d’un an souffrent d’un hémangiome, une tumeur bénigne composée de petits vaisseaux sanguins, rouge et inesthétique quand elle se développe sur la peau, le plus souvent sur le visage et au cou. Ces amas plus ou moins étendus peuvent aussi se former sous la peau et en profondeur. Ils touchent davantage les filles que les garçons et les prématurés de petit poids (30 % d’entre eux) sans que l’on connaisse exactement leur cause.

 

Hémangiome infantile, inesthétique et parfois grave

Les hémangiomes infantiles sont donc relativement fréquents, mais bénins dans plus de 85 % des cas. Après une première phase où ils grossissent rapidement, en majorité avant l’âge de 3 mois, ils se stabilisent avant de régresser peu à peu et de disparaître en général en quelques années, en laissant souvent des séquelles plus ou moins importantes. Près de 12 % de ces lésions vasculaires sont cependant ulcérées, douloureuses et/ou situées dans des zones critiques (yeux, nez, oreilles, appareil digestif, foie…) au point de défigurer et parfois de menacer la vie de l’enfant. Elles laissent également des vilaines cicatrices permanentes.

 

Un fardeau pour les familles

Dans tous ces cas difficiles qui plongent les familles dans le désarroi, la culpabilité et la crainte du regard d’autrui, les traitements (corticothérapie, interféron alpha, vincristine, chirurgie) auxquels recouraient jusqu’ici les médecins étaient peu efficaces et pouvaient entraîner des effets secondaires parfois graves. L’arrivée d’un nouveau traitement en solution buvable, efficace et très bien supporté dans la grande majorité des cas, codéveloppé par le CHU de Bordeaux et un laboratoire pharmaceutique français, vient fort heureusement bouleverser la prise en charge de ces hémangiomes à risque. Au point qu’il vient aussi d’être autorisé en même temps aux États-Unis. Cocorico.

 

Le propranolol, une découverte hospitalière

Le propranolol était utilisé en cardiologie depuis plus de quarante ans quand le Dr Christine Labreze, dermatologue au CHU de Bordeaux, remarque fortuitement, en 2007, que ce bêtabloquant améliore l’hémangiome infantile et finit en quelques semaines par le faire disparaître. Elle l’avait prescrit à un bébé de 3 mois souffrant de cardiopathie après le début d’un traitement par corticoïdes pour un hémangiome important qui bloquait ses voies respiratoires au niveau du nez. Après confirmation de cet effet chez un autre enfant résistant aux traitements habituels, l’université de Bordeaux décide alors de breveter cette découverte et de faire appel au laboratoire Pierre Fabre pour mettre au point une présentation du médicament adaptée au nourrisson.