Sophie Tapie : « Je marche à l’instinct, comme un animal »

Sophie Tapie : « Je marche à l’instinct, comme un animal »

20 juin 2022

Son nouvel album a le goût enchanté des années 80. Son tempérament pétille comme les bulles d’un grand cru. Sa spontanéité rime avec sa loyauté… Artiste aux multiples talents, Sophie Tapie a le sens du bonheur et le don de le transmettre. La preuve.

 

1988 renaît de ses cendres. Ce titre d’album fait-il référence à votre année de naissance et/ou à votre « renaissance » ?

Sophie Tapie : Un peu des deux. L’album s’appelait au départ simplement 1988. Il est sorti en septembre dernier mais mon père est décédé début octobre. En accord avec ma maison de disques, j’ai tout arrêté. Je ne me sentais pas capable d’en faire la promotion de façon authentique et honnête alors que j’étais en plein deuil. Je ne sais pas mentir, faire semblant, jouer le jeu du « je vais bien » quand ça va mal. Cet album renaît donc de ses cendres puisqu’on le ressort aujourd’hui, mais avec quatre inédits supplémentaires.

Des tubes pour l’été

Des tubes pour l’été

Sophie Tapie a la joie de vivre et l’émotion contagieuses. En témoigne son nouvel album – 1988 renaît de ses cendres(Capitol Records) – composé de quinze titres aussi profonds qu’entrainants. Auteur-compositeur-interprète, l’artiste ne se contente pas de nous embarquer avec bonheur au cœur des années 80. Elle nous donne aussi matière à réfléchir sur le monde d’aujourd’hui.

 

Avec la country, la variété eighties est-elle votre registre favori ?

Le titre initial de l’album était un clin d’œil aux années qui m’ont vue naître, à l’époque de Daniel Balavoine et Michel Berger. J’adore ce genre musical parce que les paroles véhiculent des combats, des messages profonds, sur des mélodies qui font danser tout le monde. Le concept me ressemble en fait. Je veux dire par-là que je suis quelqu’un de très solaire tout en ayant je pense, à l’intérieur de moi, un côté assez obscur.

Cela explique que vous abordiez des sujets comme la maladie, la vieillesse, la solitude, les faux-semblants… Un fond sérieux sous une forme joyeuse.

Mon premier album était très nombriliste. Je racontais la façon dont je me voyais et dont les gens me jugeaient sans me connaitre. Aujourd’hui, mon regard se porte sur l’extérieur. Je ne parle pas de moi dans cet album mais de ce (ux) qui m’entoure (nt) et me touche (nt). Plus je grandis, plus je m’intéresse aux sujets de société, aux combats à mener, aux causes à défendre.

Pendant le premier confinement, vous avez d’ailleurs sorti la chanson Malaisant pour dénoncer les violences conjugales. Son succès vous a permis de lever des fonds pour venir en aide aux femmes battues. Vous poursuivez ce combat ?

Non, j’ai arrêté parce que je ne me retrouvais pas dans l’amalgame fait entre « féministe » et « engagée ». Je n’ai rien de féministe. Au contraire. Je suis un vrai garçon manqué et les personnes que j’admire sont le plus souvent des hommes. Je suis pour l’égalitarisme et contre les étiquettes. J’ai préféré me retirer du combat contre la violence faite aux femmes plutôt que de m’associer à un parti pris qui n’était pas le mien.

En revanche, vous militez toujours pour la cause animale ?

Absolument. Les animaux occupent une place essentielle dans ma vie. J’ai un réel besoin de leur présence. Ils ont en eux l’empathie, la sincérité, l’authenticité. Ils sont dotés d’un flair infaillible pour ressentir les gens malveillants. Avec eux, les conflits se règlent dignement et facilement, de façon frontale et sans calcul. Honnêtement, je me sens plus proche d’eux que de la race humaine. Je ne marche qu’à l’instinct. Je suis comme eux, en fait. Je ne passe pas par quatre chemins pour expliquer les choses. Parfois un peu trop d’ailleurs… [Rires]

Votre lucidité sur l’existence ne semble pourtant entacher ni votre énergie, ni votre enthousiasme !

On peut être clairvoyant et ne pas passer sa vie à grogner pour autant. J’ai beaucoup de mal avec les gens qui se plaignent de tout, tout le temps et qui le font souvent pour des raisons inutiles. Je n’ai pas de patience avec ceux qui ne savent pas nuancer les degrés de gravité des événements, qui n’acceptent pas l’ordre des choses. En ce qui me concerne, je pars du principe que rien n’est grave. Jamais. Je me dis que la situation peut toujours être pire. Qu’il est encore possible de sortir, d’agir, d’avancer et qu’il faut le faire tant que l’on en a la possibilité.

À propos de possibilités, la musique n’est pas la seule corde que vous avez à votre arc artistique. Vous êtes aussi comédienne depuis longtemps et tout récemment architecte ?

J’ai épousé il y a deux ans et demi un homme qui s’est installé en République dominicaine pour son travail. Comme je voulais avoir une activité quand je suis là-bas, j’ai passé mon diplôme d’architecte l’année dernière. Même si j’ai toujours fait de la décoration d’intérieur, je voulais être capable d’intervenir à plus grande échelle sur des chantiers. Je gagne ma vie comme ça quand je ne suis pas en France. De toute façon, indépendamment de l’argent, j’ai besoin d’avoir le cerveau qui fonctionne tout le temps, sinon je m’ennuie. Et quand je m’ennuie, je cogite et ce n’est pas bon pour mon moral. Il faut que j’aie les mains et la tête occupées tout le temps. Par ailleurs, si je n’avais fait que de la musique, je me serais sentie frustrée, coincée dans une seule activité.

Est-ce à dire que vous êtes hyperactive ?

Ah ! Complètement ! Mon entourage peut en témoigner. Même si je dors deux heures, je suis en pleine forme. C’est d’ailleurs pénible pour les autres parce que personne n’arrive à suivre mon rythme. Je ne sais pas comment je tiens physiquement et je vous promets que je n’ai jamais pris le moindre psychotrope. Je pense plutôt que mon hyperactivité est héréditaire. Mon père était comme ça. Hyperactif et insomniaque.

La maladie de votre père a-t-elle changé votre regard sur votre santé ?

Pas du tout. Je fais du sport, non pas parce qu’on m’a dit que c’était bon pour la santé, mais pour me défouler. Je suis aussi passée à la cigarette électronique. Mais à part ça, je conduis vite si j’en ai envie, je ne me refuse jamais un bon verre, je mange comme si c’était mon dernier repas. Je suis sans excès mais sans privation. Je n’ai pas peur de mourir. Je pourrais partir demain sans regret, heureuse d’avoir déjà tellement bien vécu. J’ai traversé trop de choses douloureuses. Le cancer ne m’a malheureusement pas pris que mon père. C’est sans doute pour cela que je vis chaque jour pleinement comme si c’était le dernier.

Ses combats pour la SPA

Ses combats pour la SPA

Amoureuse des chevaux depuis son enfance et heureuse propriétaire canine d’Elvis, de Zazou, de Paupiette et Patate, Sophie sort les griffes quand il est question de maltraitance animale. Enquêtrice bénévole pour la SPA depuis dix ans, ses missions permettent de sauver chaque année du martyr des compagnons à quatre pattes. Si vous souhaitez faire comme elle : www.la-spa.fr/offer/benevole-delegue-enqueteur.

 

Propos recueillis par Véronique Aïache

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