CYSTALIA
SE SOIGNER AVEC L'AROMATHÉRAPIE

Comment se soigner avec les plantes médicinales et aromatiques ?

08 avril 2016
Médicaments à base de plantes, huiles essentielles, élixirs floraux et homéopathie ont la cote. Retour au naturel ! Oui, mais les conseils du pharmacien sont tout de même nécessaires.

 

 

Durant des millénaires, les plantes et, plus largement, les substances offertes par la nature, comme les produits de la ruche, ont été la seule source de remèdes contre les maladies. Avec les progrès de la médecine moderne, elles semblaient avoir perdu de leur intérêt. On sait maintenant qu’il n’en est rien et qu’il n’y a pas d’opposition entre la médecine classique et les médecines naturelles.

 

Les principes actifs des plantes médicinales

D’autant que, avec le développement de la chimie, les principes actifs des plantes ont pu être isolés et leurs propriétés élucidées. Plus d’une centaine de grands médicaments classiques, aujourd’hui de synthèse, viennent d’ailleurs des plantes. Exemples : la morphine et la codéine, deux antalgiques puissants, sont des extraits de l’opium (suc de pavot blanc). L’aspirine vient du saule blanc, la quinine, antipaludéen universel, du quinquina. Deux anticancéreux très efficaces, le docétaxel et la vincristine, proviennent de l’if et de la pervenche de Madagascar. Et la digitaline, un cardiotonique essentiel, est issue de la digitale.

La médecine par les plantes en officine

Aujourd’hui, les médecines naturelles ne prétendent pas traiter les maladies graves. En revanche, ce sont des compléments utiles pour supporter des traitements lourds ou vivre avec une maladie chronique et des solutions simples pour soigner des pathologies bénignes. Elles peuvent aussi aider à rester en bonne santé.

Mais le diplôme d’herboriste étant supprimé depuis 75 ans, attention aux dérives sectaires et au charlatanisme. Mieux vaut vous adresser aux médecins formés en phytothérapie ou en homéopathie et aux pharmaciens. Pendant leurs études, ils ont reçu un enseignement sur les plantes et les médicaments d’origine naturelle à usage médical et sont donc à même de vous conseiller ceux qui conviennent à vos symptômes.

 

 

Le choix des plantes médicinales

Tilleul, valériane, vigne rouge, ginseng… Les principales sont connues, mais les plantes médicinales sont bien plus nombreuses, et on ne sait pas toujours lesquelles choisir.

 

Selon une récente enquête du LEEM (Les Entreprises du médicament), 45 % des Français ont recours, de manière ponctuelle ou régulière, à des plantes ou à des médicaments à base de plantes pour se soigner ou être en forme. Prudence cependant, il y a plantes et plantes. On se souvient des cas d’insuffisance rénale grave dus à des plantes chinoises prises pour maigrir, il y a quelques années. Gare aussi aux produits à base de plantes vendus sur Internet. Leur composition n’est pas garantie et ils sont parfois contaminés ou, pire, toxiques.

Les plantes médicinales sous contrôle

En France, le ministère de la Santé a reconnu officiellement, dans les années 1980, l’intérêt des plantes. En soumettant néanmoins à une autorisation de mise sur le marché (AMM) tous les médicaments qui en contiennent. Le laboratoire fabricant doit donc déposer, pour chaque produit, un dossier en règle notifiant ses effets reconnus dans une ou plusieurs indications, son dosage, les procédés de fabrication, etc. Cette procédure est certes allégée par rapport à celle qui est exigée pour les médicaments classiques, mais c’est une garantie de qualité et de sécurité.

Même sous des formes modernes – comprimés et gélules à base d’extraits secs, extraits liquides, teintures mères… –, la phytothérapie garde sa spécificité. Les principes actifs que contiennent les plantes sont multiples et agissent en synergie pour traiter de façon globale.

Les plantes médicinales en premier recours

Encore faut-il savoir quelles plantes conviennent à ses symptômes ou à son état de santé. Pas toujours facile car les plantes médicinales sont légion et les produits de phytothérapie en associent souvent plusieurs. N’hésitez pas à décrire vos symptômes à votre pharmacien. Quelques explications cependant pour vous aider à soigner les maux les plus fréquents.

  • Troubles digestifs
    L’artichaut et le pissenlit favorisent l’évacuation de la bile, et le radis noir détoxifie. La mélisse est un antispasmodique intestinal et protège la muqueuse gastrique. La salicaire a une activité antidiarrhéique. Le fenouil combat ballonnements et gaz intestinaux. Le gingembre est indiqué pour les nausées et les vomissements.
  • Rhume et maux de gorge
    Le thym apaise les quintes de toux, l’eucalyptus la toux grasse et le pin facilite l’expectoration. Le sureau réduit la durée de l’infection en combattant l’inflammation et en fluidifiant les sécrétions pulmonaires.
  • Douleurs articulaires
    En cours de crise, préférer la reine-des-prés et, au long cours, en cas d’arthrose ou de lombalgie, l’harpagophyton pour ses propriétés anti-inflammatoires et antalgiques. Pour les tendinites, la prêle. L’ortie blanche aide au renforcement des os. Autres possibilités en cas de rhumatismes : curcuma, arnica, cassis, bambou.
  • Circulation veineuse
    Pour soulager sensations de jambes lourdes, crampes, picotements, œdèmes, renforcer les parois veineuses et fluidifier le sang dans les capillaires (petits vaisseaux) : marron d’Inde, vigne rouge, hamamélis, mélilot, fragon (petit houx), ginkgo, prêle, cassis.
  • Troubles urinaires
    No 1 : la canneberge (ou cranberry) ; indiquée en cas de cystites récidivantes, elle empêche l’adhérence des colibacilles dans la vessie et a donc un effet antibactérien. Busserole et échinacée préviennent et soignent les cystites inflammatoires (à urines claires). Orthosiphon et ortie sont diurétiques.
  • Fatigue passagère
    Rhodiola, ginseng et guarana rééquilibrent l’organisme en cas d’épuisement physique ou intellectuel. D’autres plantes, très riches en vitamine C, donnent du tonus : acérola et cynorrhodon (églantier).
  • Troubles du sommeil
    Pour les difficultés d’endormissement répétées, les insomnies anciennes ou récentes, des plantes aux propriétés calmantes ou relaxantes, à utiliser seules ou associées : passiflore, valériane, aubépine, mélisse. Mais aussi tilleul, verveine, camomille.
  • Anxiété et dépression légère
    En cas d’anxiété, la phytothérapie peut être utile. Principalement des associations de plantes indiquées dans les troubles du sommeil et d’autres plantes comme le coquelicot et l’eschscholtzia. Le millepertuis, efficace en cas de démotivation, de tristesse et de déprime, est même considéré comme un antidépresseur naturel.
  • Défenses naturelles
    Pour réveiller le système immunitaire et aider l’organisme à prévenir les pathologies virales et infectieuses : cyprès, sureau.
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Conseils de pharmacien : Allergies et interactions possibles

Conseils de pharmacien : Allergies et interactions possibles

Si vous avez un terrain allergique, dites-le au pharmacien avant d’acheter un produit à base de plantes, de façon à éviter d’éventuelles réactions avec des plantes ou des herbes responsables d’allergie. Par exemple, la camomille et l’arnica font partie de la famille des astéracées qui comprend de très nombreuses plantes.

Signalez à votre médecin ou votre pharmacien que vous prenez un produit de phytothérapie, à cause du risque d’interaction avec certains médicaments classiques. Le millepertuis, par exemple, utilisé pour soulager les déprimes légères, peut diminuer l’efficacité des antidépresseurs, de certains migraineux, anticoagulants, antiépileptiques, corticoïdes, etc. Idem avec la passiflore, la valériane, le ginkgo.

 

Les produits de la ruche

Les produits de la ruche

Naturels aussi, le miel et la gelée royale, riches en vitamines du groupe B, sels minéraux, oligoéléments et acides aminés, sont de bons reconstituants. La propolis (mastic anti-infectieux qui protège la ruche) renforce les défenses immunitaires. Tels quels ou en gélules et extraits fluides, parfois associés à des plantes, en pharmacie.

 

 

L’aromathérapie, un effet de mode ?

Non, les huiles essentielles, extraites de plantes aromatiques, ont leur utilité dans toutes sortes de cas, des problèmes de peau aux troubles émotionnels.

 

Broyage, extraction dans un mélange alcoolique ou hydroalcoolique, filtration du liquide soumis ensuite à évaporation pour le concentrer sous forme d’extrait sec ou liquide : en phytothérapie, les actifs végétaux sont recueillis au terme d’un processus complexe. Les huiles essentielles (véritables) sont, elles, des extraits liquides de plantes aromatiques obtenus par distillation lente à la vapeur d’eau. Ce ne sont donc pas des corps gras en dépit de leur appellation officielle depuis 1972…

Sur la peau ou par la bouche

Pour un emploi fiable et sécurisé (à la dose exacte et pas plus), un compte-gouttes calibré équipe les flacons en verre teinté qui préserve les huiles essentielles de la lumière. Selon la plante, elles s’utilisent différemment. Par voie orale, sur un sucre, un morceau de pain ou un comprimé neutre. Par voie cutanée, le plus souvent diluées dans une huile végétale. En inhalation parfois. Et, pour des effets relaxants ou leur odeur agréable, au moyen d’un diffuseur atmosphérique ou en parfum d’ambiance. À savoir : il existe aussi, en pharmacie, des mélanges prêts à l’emploi sous plusieurs formes (capsules, solutions à boire ou à inhaler).

Seules ou associées

Parmi toutes les huiles essentielles existantes, une dizaine sont très utilisées au quotidien, mais les aromathérapeutes recommandent souvent des associations. Des exemples d’utilisation :

  • géranium Bourbon et ciste pour les saignements de nez ;
  • gingembre ou eucalyptus citronné pour les douleurs articulaires et musculaires ;
  • niaouli pour les petites infections respiratoires et virales ;
  • petit grain bigarade pour le stress, l’anxiété, les montées d’angoisse.

 

Réponses d'expert : Huiles essentielles : bien s'informer

Réponses d'expert : Huiles essentielles : bien s'informer

Aude Maillard
Docteur en pharmacie et aromathérapeute*

 

L’aromathérapie est dans l’air du temps (depuis la nuit des temps), mais il ne faut pas faire n’importe quoi n’importe comment. Certaines huiles essentielles, puissantes sur les germes pathogènes, sont délicates à manier. Je recommande donc de bien s’informer en lisant un ouvrage sérieux et de faire confiance à un professionnel formé à l’aromathérapie (il existe un diplôme universitaire destiné aux médecins et aux pharmaciens). Comme pour tout médicament, il convient de respecter des conseils de prudence, notamment pour les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants… Parmi les dix huiles essentielles permettant de faire face à la plupart des petits maux de la vie quotidienne, je conseille particulièrement l’hélichryse pour les contusions, la lavande aspic pour les petites piqûres et brûlures mais aussi pour les rhinites, les otites et les mycoses. Et la menthe poivrée pour les petites douleurs locales, les nausées (mal des transports) et les problèmes digestifs.

* Coauteur du Grand Guide de l’aromathérapie et des soins beauté naturels, éd. J’ai lu, 2016, 14,90 €.

 

Et les élixirs floraux ?

Et les élixirs floraux ?

Les 38 remèdes issus de fleurs mis au point par un médecin anglais, le Dr Bach, sont disponibles en parapharmacie et souvent en pharmacie. Ce ne sont pas des huiles essentielles mais des élixirs. Ils visent à rééquilibrer un organisme défaillant en agissant sur un profil ou un état émotionnel.

 

 

 

Se soigner aussi avec l’homéopathie

Les médicaments homéopathiques sont également préparés à base de substances naturelles, végétales, animales et minérales. Mais ce sont des médicaments complètement à part.

 

L’homéopathie suscite toujours débats et controverses car son efficacité ne peut être démontrée par des études comparatives classiques. Il y a les « croyants » et les « non-croyants », tout aussi virulents… De fait, cette méthode thérapeutique est unique en son genre. Mais c’est une médecine douce pour l’organisme dans le sens où elle n’a aucune contre-indication. Elle repose sur plusieurs principes dont la loi de similitude (« le semblable guérit le semblable»). En clair, une substance provoquant un groupe de symptômes chez une personne en bonne santé est capable, à doses infinitésimales (en hautes dilutions), de guérir une personne malade présentant ces symptômes. Exemple : Ipeca, une racine végétale qui était traditionnellement utilisée comme vomitif dans les centres anti-poisons, soigne, à raison de 3 granules toutes les heures, nausées et vomissements.

Traitements personnalisés

Autre principe de base des homéopathes : on ne soigne pas une maladie mais un individu. Ils tiennent donc compte de tous les aspects qui caractérisent la personne, physique, mental, psychique, héréditaire, etc. Il s’agit de modifier son « terrain » et de stimuler ses réactions de défenses naturelles pour l’aider à combattre sa maladie : affection respiratoire chronique, allergie, troubles gastriques, maladie de peau, anxiété… Le traitement prescrit, généralement long, ne peut donc pas être standard. Et un même médicament, associé à d’autres, peut servir à traiter des pathologies différentes.

Et médication conseil

À côté des médicaments homéopathiques en granules, globules ou poudre, sans indication thérapeutique particulière ni notice, prescrits sous leur dénomination latine, il en existe d’autres, destinés à soigner des petits maux fréquents. Rhume, toux, poussées dentaires, mal des transports, hématome… Ces produits de médication familiale, disponibles sous plusieurs formes (comprimé, pommade, sirop…), combinent en fait plusieurs médicaments efficaces dans la plupart de ces cas. Pratiques au quotidien.

 

Témoignage : Dans la pharmacie familiale

Témoignage : Dans la pharmacie familiale

Jeanne, 43 ans

Je ne prenais guère l’homéopathie au sérieux jusqu’au jour où ma fille, qui avait alors 9 ans, a fait une chute de vélo. Résultat : des ecchymoses, une petite plaie, une grosse bosse et des hurlements de douleur. Nous étions en vacances chez des amis et forcément c’était un dimanche… Ces amis, dont les enfants étaient suivis par un médecin homéopathe, m’ont proposé de la soigner avec des granules et de la pommade homéopathiques. J’ai pensé que de toute façon nous ne risquions rien… Et ça a marché. Ma fille a arrêté de gémir et les bobos ont été vite cicatrisés ou résorbés. Aujourd’hui, ma pharmacie familiale contient les médicaments les plus utiles au quotidien et je les emporte en vacances au cas où. Arnica pour les hématomes et les traumatismes, Aconit et Belladonna pour la fièvre, Allium cepa et Pulsatilla pour le rhume, Ipeca et Nux vomica pour les troubles digestifs, Apis pour les piqûres d’insectes, etc.

 

  • Un livre : Le Grand Livre de la santé au naturel, E. Miles, A. Moro Buronzo et D. Scimeca, coll. Pour les Nuls, éd. First, 2015, 29,95 €.
  • Un site : www.homeophyto.com
Evelyne Gogien

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