L’armoire à pharmacie au naturel

L’armoire à pharmacie au naturel

01 octobre 2021
Depuis des millénaires les plantes soignent les bobos du quotidien. Aujourd’hui elles sont plus que jamais essentielles. Nos conseils pour vous aider à intégrer les indispensables dans l’armoire à pharmacie familiale. Toute l’année puis au fil des pathologies saisonnières.

 

Les plantes dites médicinales sont un réservoir précieux de molécules aux vertus thérapeutiques identifiées. Leur pouvoir est utilisé sous différentes posologies et formes ayant chacune des caractéristiques et des objectifs spécifiques. Le terme de phytothérapie (thérapie par les plantes) au sens large regroupe leur usage classique (fraîches, séchées, poudres), l’aromathérapie et la gemmothérapie. Boire une tisane, avaler une gélule d’extraits secs ou fluides ce n’est pas pareil qu’appliquer sur la peau une huile essentielle (HE) ou la respirer.

Des maux et des plantes

Les plantes médicinales donnent en général de bons résultats sur les troubles mineurs du sommeil, de la circulation, de la digestion, de la sphère ORL mais aussi le stress, les douleurs articulaires, les maux de tête, de dents ou encore la fatigue, le manque de tonus, la baisse des défenses naturelles. Ces pathologies fréquentes seront prises en charge par l’armoire à pharmacie naturelle. L’idéal est de l’organiser selon les qualités thérapeutiques des plantes. Les incontournables à avoir chez soi sont celles qui permettront de réagir tout au long de l’année à la plupart des maux du quotidien.

À titre indicatif : le thym, anti-infectieux et antiviral ; la lavande, relaxante, cicatrisante et antiseptique ; la vigne rouge et le marron d’Inde, veinotoniques ; le romarin, digestif ; l’échinacée, antivirale, antibactérienne, immunostimulante ; la menthe poivrée, anti-nausée et mal de tête ; l’harpagophytum et la gaulthérie, pour les douleurs articulaires ; l’arnica, anti-hématome ; le tea-tree, anti-infectieux ; le curcuma, anti-inflammatoire ; le ginseng en cas de fatigue.

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Personnalisation

Ce mini-inventaire de plantes-remèdes est une base à personnaliser selon son état de santé, son âge, son mode de vie et la récurrence de ses fragilités saisonnières. Obtenir un effet immédiat ou agir sur le long terme en curatif comme en préventif selon la pathologie visée est un autre critère déterminant pour se constituer une pharmacie naturelle. Tout comme ses préférences en galéniques. Pour rendre accessibles à tous leurs vertus thérapeutiques en toutes saisons, les plantes médicinales sont disponibles entières ou transformées, en unitaire ou combinées à d’autres, sous une multitude de produits faciles à utiliser par voie interne ou externe : gélules, comprimés, gouttes, sirops, sprays, hydrolats, macérats, capsules, cataplasmes, baumes… Dispositifs prêts à l’emploi souvent en automédication. Aussi est-il recommandé de demander conseil au médecin ou au pharmacien afin d’éviter les associations incompatibles entre plantes ou les interactions avec un traitement médicamenteux en cours. Qui dit naturel implique aussi une grande prudence.

 

À savoir

À savoir

• 63 % des Français font confiance à la phytothérapie
• 35% utilisent les plantes en complément de la médecine classique

(Source : TNS-Sofres pour Les Entreprises du médicament, LEEM, 2011)

 

Dispensation encadrée

Dispensation encadrée

546, c’est le nombre de plantes médicinales inscrites à la Pharmacopée française 11e édition, dont 398 sont réservées au circuit officinal. Leur dispensation, leur utilisation, leur transformation relèvent d’une réglementation stricte édictée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (www.ansm.sante.fr).

 

Au printemps, contrer les allergies respiratoires

 L’arrivée des beaux jours est le bon moment pour se détoxifier de l’hiver et se préparer à affronter les pollens allergisants.

 

La pharmacie naturelle basique doit tenir compte du cycle de la nature et des pathologies afférentes. Avec le retour du printemps surviennent les troubles respiratoires dus à l’exposition pollinique, en particulier aux graminées. Et c’est le paradoxe du monde végétal où cohabitent des plantes provoquant rhinites et pharyngites allergiques et celles qui les préviennent ou les traitent. Les dépuratives et les antiallergiques sont deux catégories à avoir chez soi.

Priorité à la détox

Le printemps est propice à aider l’organisme à se nettoyer des surcharges et toxines accumulées l’hiver. « La détoxination du foie est une parade à la manifestation allergique, celle-ci se déclenchant quand la réponse immunitaire est déficiente, explique Cécile Adant, experte en phyto-aromathérapie. Quand le foie est surchargé, cela peut aggraver des allergies (rhume des foins, urticaire, asthme) et favoriser le stockage d’allergènes dans le corps. Or les métabolismes primaires de la réaction allergique, c’est-à-dire la neutralisation de l’allergène, relèvent des fonctions du foie. Son épuration printanière renforce l’immunité et redonne du potentiel énergétique à l’organisme. »

En aromathérapie, détoxiner le foie avec des HE de romarin à verbénone ou de citron en sublingual a un effet hépato-stimulant : 2 gouttes le matin à jeun à commencer début mars pendant 3 semaines.

En phytothérapie : infusion de feuilles (fraîches ou sèches) d’artichaut – le grand nettoyeur du foie – avant le repas, ou en cure de gélules d’extraits secs ou fluides seuls ou associés à d’autres alliés de la détox : romarin, radis noir, fumeterre, chardon-marie.

L’apport des antiallergiques

Nez qui coule, yeux gonflés, éternuements sont symptomatiques de la rhinite allergique saisonnière ou rhume des foins. Certaines plantes aident à passer le cap voire à prévenir la récidive des allergies respiratoires légères à modérées, tout en étant compatibles avec un traitement anti-histaminique.

En « gemmo », le bourgeon de cassis est incontournable grâce à ses propriétés anti-inflammatoires, antiallergiques, immunostimulantes aussi bien pour l’enfant que l’adulte. En prévention, 5 à 10 gouttes en macérat concentré, le matin ; en crise aiguë, toutes les 2 heures.

En « aroma », l’HE d’estragon, qui booste le foie et l’immunité, a aussi un effet anti-histaminique, en bloquant la réaction allergique. Dès l’apparition des symptômes, par voie orale : 4 gouttes 3 fois par jour. En prévention : 2 gouttes 3 fois par jour, 5 jours sur 7.

En « phyto », le plantain lancéolé a une action anti-histaminique et antitussive. En infusion, 3 à 4 tasses par jour ; en sirop ou en extraits fluides.

 

Réponses d'expert : critères de choix

Réponses d'expert : critères de choix

Cécile Adant
Pharmacienne phyto-aromathérapeute, directrice département formation Pranarôm

La thérapie par les plantes, ou phytothérapie, regroupe plusieurs spécialités différant dans leur apparence, leur usage et leur objectif. Si l’on hésite entre aroma-, gemmo- et phytothérapie classique, les critères de choix sont en premier lieu le ressenti et l’efficacité obtenue sur soi par chacune puis, selon son affinité, avec les diverses galéniques. Autre critère à considérer : le mode d’action sur la pathologie à soigner. La force de l’huile essentielle est sa capacité à agir par voie cutanée, ses petites molécules pénétrant rapidement dans les cellules. Rien n’empêche de cumuler son action ciblée à celle plus générale d’un sirop ou d’une infusion. Et comme les plantes médicinales ne se prêtent pas toutes à être utilisées sous forme d’HE ou bues, les solutions naturelles sont complémentaires entre elles et avec l’allopathie. La « préférée » n’exclut pas les autres de l’armoire à pharmacie.

 

L’été, sus aux agresseurs de tous bords

 En vacances, en voyage, mieux vaut prévoir une trousse à pharmacie d’urgence et nomade. Les remèdes naturels dédiés y ont toute leur place.

 

Agressée par le soleil et les insectes piqueurs, la peau est en première ligne l’été. Puis lorsque bleus, bosses, contusions, ecchymoses surviennent. Ventre et tête sont aussi visés. Changements de nourriture et chaleur perturbent le transit ainsi que les longs trajets qui génèrent nausées et mal des transports. Quelle que soit la zone touchée, elle nécessite d’être vite calmée. Certaines plantes ont ce pouvoir.

Anti-hématomes, bosses, coups

À condition qu’il n’y ait pas de plaie ouverte, l’arnica et l’HE d’hélichryse sont incontournables. Anti-inflammatoire, antalgique, antinévralgique, l’arnica favorise la résorption des bleus, apaise les courbatures, réduit la fatigue musculaire. Disponible et efficace sous différentes galéniques faciles d’emploi : granules, comprimés, gel, pommade, roll-on, compresses. L’HE d’hélichryse italienne (immortelle) est un décongestionnant et un anti-hématome puissant : 1 à 4 gouttes à appliquer pures en massage sur la zone touchée. Certains dispositifs la combinent avec l’huile végétale d’arnica, double effet garanti !

Anti-piqûres et brûlures

Remède naturel star de l’été, l’HE de lavande aspic calme autant les piqûres d’insectes que les coups de soleil et autres brûlures superficielles. Cicatrisante, elle favorise la réparation de la peau agressée. Antiseptique, elle empêche que la lésion cutanée démange, grossisse et s’infecte. Trois ou 4 gouttes pures directement sur la peau, soit incorporées dans une huile végétale réparatrice (calendula, calophylle) ou à son lait corporel hydratant.

Côté répulsif, les HE de citronnelle, lavande vraie, eucalyptus citronné, géranium bourbon, seules ou associées, éloignent les moustiques : par voie cutanée mélangées à une huile végétale neutre, ou pures sur les vêtements.

Anti-nausées et troubles digestifs

Autre plante iconique : la menthe poivrée. Fraîche, séchée ou en gélules d’extraits secs, elle facilite la digestion. Antispasmodique et antiseptique intestinal, elle sert aussi à apaiser la gastro. Et son HE assure sur plusieurs fronts. En bateau ou en voiture, elle prévient les nausées : 1 goutte sur un comprimé neutre juste avant le départ, à renouveler au milieu du trajet. Soulage le mal de tête : 1 goutte en massage sur les tempes et poignets. Rafraîchissante, elle est appréciée en cas de coup de chaud : 1 goutte dans son lait corporel.

Le gingembre a aussi un effet anti-nausées et vomissements sous forme de poudre : 2 gélules d’extrait la veille, une le matin et une au départ.

 

En automne, prévenir plutôt que subir

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, et bientôt les virus aussi ! La «phyto» est une précieuse alliée pour renforcer l’immunité avant les épidémies hivernales.

 

À cette époque charnière de l’année, soit ce n’est pas la grande forme, soit elle est au top suite à un été régénérant. Dès lors, il s’agira de la conserver ou de la retrouver en prévention de l’hiver, un organisme fragilisé se défendant moins bien contre les infections virales ou bactériennes. Avoir une alimentation équilibrée, associée à un sommeil de qualité, est une première parade. Mais rares sont ceux et celles qui ont cette hygiène de vie idéale. En revanche, il est à la portée de tous d’adopter des gestes simples bénéfiques. À commencer par privilégier dans l’armoire à pharmacie les plantes riches en vitamines et principes actifs immunostimulants.

 À lire aussi : Phytothérapie – une rentrée tonique

 

Booster son immunité

Pour éviter les baisses de régime et la fatigue, le rôle des vitamines, des minéraux et des oligoéléments est primordial juste avant l’hiver. Si l’alimentation n’en contient pas assez, une complémentation s’avère nécessaire en cure discontinue à titre préventif ou lors d’une infection pour en écourter la durée. En priorité de la vitamine C, antioxydante, efficace pour donner de l’énergie et réduire le risque de contracter un rhume. Certaines plantes et fruits en sont très riches : agrumes, persil, brocolis et des fruits tels que acérola, açai, camu-camu, goji, goyave, cynorrhodon (fruit de l’églantier). Comme il est difficile de les consommer frais, leurs actifs sont proposés en compléments alimentaires. Une cure d’échinacée – la plante de l’immunité – est aussi judicieuse à débuter en automne, histoire de booster ses défenses naturelles.

Vitamine c + échinacée

L’atout de cette plante venue d’Amérique du Nord est d’être à la fois anti-infectieuse, antivirale, anti-inflammatoire et immunostimulante. Seule ou, pour compléter son action, en synergie avec d’autres plantes gorgées d’actifs essentiels (cyprès, sureau). Leurs vertus énergisantes sont rendues accessibles via des solutions prêtes à l’emploi disponibles en officine sous diverses galéniques : gélule d’extraits de plantes fraîches standardisés (EPS) ou d’extraits secs, stick concentré, ampoule, suspension… Leur composition est souvent dominée par le duo efficace vitamine C + Échinacée. En phytothérapie, ajoutons également la racine de ginseng sous forme d’EPS qui permet de récupérer tout en favorisant la production d’anticorps. Sans oublier la cure de gelée royale, concentrée en éléments vitaux issus du butinage des plantes.

Parmi les complexes boosters : Activ 4 Renfort (Naturactive), Arkoroyal Immunité Fort (Arkopharma), Bio Défenses immunitaires et Vitalité (Santarôme), Défenses naturelles (Olioseptil), Ginseng Panax (NatureLehning), MultiVit’4G (Forté Pharma), Propolis Immuno+ (Ladrôme)…

 

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

Les plantes ne nous veulent pas que du bien quand on ignore tout de leur provenance ou de leur mode de culture. En revanche, quand les médicaments de phytothérapie, gemmothérapie, les compléments alimentaires et HE sont en pharmacie, c’est une garantie de sécurité : la fabrication est contrôlée, la traçabilité du produit assurée. Concernant les HE, optez pour celles qui sont de qualité officinale, de préférence labellisées Bio, non reconstituées ni modifiées, c’est-à-dire chémotypées (leur identité chimique est détaillée obligatoirement sur l’étiquette : HE de thym vulgaire à thymol). Quand il est écrit huile de synthèse, elles n’ont aucune vertu thérapeutique. Mieux vaut se fier aux laboratoires référencés pour leur transparence, labels reconnus, normes qualitatives, scientifiques : Aboca, Comptoir Aroma, Dr Valnet, Erbalab, Florame, Lehning, Marque Verte, Mediflor, Nutergia, NatureActive, PhytoSunArôms, Pranarôm, Puressentiel, Sanoflore, Vitaflor, Weleda…

 

Hiver : une tisane, une inhalation et… au lit ?

Rester chez soi à cocooner n’est pas toujours possible. Les solutions naturelles sont alors d’un vrai réconfort sur la sphère ORL et respiratoire particulièrement ciblée.

 

Notre nez est la première porte d’entrée des virus infectieux. Difficile d’être épargné par ceux qui déclenchent un rhume (ou rhinopharyngite), la plus fréquente des pathologies de l’hiver. Et pour cause : ils sont nombreux (plus de 200 différents recensés) et très contagieux. En pénétrant dans l’organisme, ils déclenchent une inflammation de la muqueuse du nez et du pharynx. Éternuements, nez qui coule, toux sont les symptômes évocateurs du rhume. À chaque éternuement, ce sont des milliers de gouttelettes infectées qui sont expulsées et retombent partout. D’où la nécessité d’agir dès les premiers signes pour se soigner, éviter la surinfection mais aussi ne pas contaminer les autres.

 À lire aussi : Retrouvez le sommeil grâce aux huiles essentielles

 

Solution saline et huiles essentielles

Dans ses formes banales, la stratégie anti-rhume au naturel s’appuie sur deux types de dispositifs sans conservateurs, souvent combinés pour encore plus d’efficacité. À avoir chez soi dès les premiers frimas. En prévention comme en soin pour laver le nez, le désobstruer et mieux respirer :

De l’eau de mer hypertonique en spray qui décongestionne et protège la muqueuse, seule ou parfois enrichie en cuivre, plusieurs fois par jour (Humer®, Marimer®, Physiomer®, Stérimar®…).

En « aroma », les HE anti-infectieuses, antivirales, antiseptiques « spéciales confort respiratoire », seules ou combinées, pour assainir et décongestionner. Les indispensables de l’hiver : eucalyptus, ravintsara, thym, tea-tree, à respirer en inhalation classique ou sur un mouchoir, ou à diffuser par nébulisation. Par exemple, en crise, celle de ravintsara : 2 gouttes 3 fois par jour sur les poignets pendant 5 jours. En spray nasal, les HE fluidifient les sécrétions et améliorent les mécanismes de défense de la muqueuse nasale. Même efficacité par voie orale, en gélules de complexes anti-rhume, pastilles adoucissantes pour la gorge, ou encore incluses dans des solutions enrichies en soufre, cuivre, manganèse.

Info

Info

• Se soigner par les plantes. Remèdes naturels pour tous les maux du quotidien Dr Jacques Labescat (Ulmer)

• Le Grand Guide des huiles essentielles de Fabienne Millet (Marabout)

• Ma bible de la santé au naturel selon les saisons de Alix Lefief-Delcourt (Leduc)

 

Dominique Thibaud

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