Cancer du sein : pas assez de dépistages

Cancer du sein : pas assez de dépistages
Par
Publié le
À l’approche d’Octobre rose, un sondage réalisé pour la Ligue contre le cancer tire une nouvelle sonnette d’alarme : encore trop peu de femmes participent au dépistage organisé et gratuit du cancer du sein, en France. En cause, l’accès aux soins, l’absence de symptômes ou le fait de se déshabiller.

En atteste Santé publique France, le cancer du sein représente un tiers de l’ensemble des nouveaux cas annuels de cancers féminins, ce qui équivaut à un peu plus de 61 000 femmes touchées chaque année par la maladie en France métropolitaine. Elle emporte 12 000 d’entre elles. Connu aujourd’hui pour être la première cause de mortalité tumorale chez la gent féminine, ce cancer l’est aussi pour ses chances de guérison décuplées par la précocité du diagnostic. C’est pourquoi, depuis 2004, les autorités sanitaires ont mis en place un dépistage organisé et gratuit à l’attention des 50-74 ans. Tous les deux ans, nos concitoyennes sont invitées à pratiquer une mammographie dans le centre de radiologie agréé de leur choix. Malheureusement, en 2022, moins d’1 femme sur 2 a répondu à l’appel. C’est ce que vient de révéler un sondage OpinionWay réalisé à la veille de l’édition 2023 d’Octobre rose, à la demande de la Ligue contre le cancer. Plus alarmant encore : 12 % des femmes interrogées ont reconnu n’avoir jamais participé à ce dépistage.

Les raisons du manque à l’appel

Pour la Ligue nationale contre le cancer, la baisse constante du nombre de candidates au dépistage s’explique de plusieurs manière. À commencer par l’absence de symptômes, évoqué par 34 % des femmes interrogées. Autre frein souligné par le sondage : l’accès aux soins. 10 % des participantes disent habiter trop loin d’un centre d’examen et/ou devoir attendre parfois jusqu’à six mois pour obtenir un rendez-vous. Les mêmes pourcentages évoquent la crainte de la douleur pendant la mammographie et la peur d’avoir à se déshabiller devant un soignant. Parmi les réfractaires au dépistage, nombreuses sont celles aussi qui préfèrent rester dans l’ignorance plutôt que de prendre le risque d’avoir à affronter un diagnostic positif. En témoigne Emmanuel Ricard, le porte-parole de la Ligue : « Un certain nombre de femmes anticipent le risque d’avoir le cancer, et se disent “Je suis déjà trop dans la galère, je préfère attendre que ça me tombe sur le coin de la figure plutôt que de me confronter à la potentialité d’un résultat positif”. »

Campagne de rappel

Pour encourager au dépistage, la Ligue contre le cancer profite de cette nouvelle édition d’Octobre rose pour battre le rappel auprès des femmes qui sont éloignées de l’information, des parcours de prévention et de soins. À partir du 1er octobre, des appels au don, des challenges sur les réseaux sociaux (#AfficheTonSoutien), une exposition interactive en ligne sur la plateforme preventioncancers.fr et des événements d’information s’articuleront autour du message de la Ligue : « Énormes, minuscules, galbés : vos seins sont parfaits, tant qu’ils sont en bonne santé ».

Zoom sur les facteurs de risque

Au chapitre des risques de développer un cancer du sein sont pointés du doigt par les spécialistes : l’obésité, le tabac, l’alcool, les traitements hormonaux substitutifs de la ménopause, les règles précoces (avant 12 ans), l’absence de grossesse, d’allaitement ou la grossesse tardive (après 35 ans), et, bien sûr, les antécédents familiaux et la prédisposition génétique. La prudence restant le maître mot, ne cocher aucune de ces cases ne dispense pas de vigilance à l’égard de sa poitrine. Dès l’âge de 25 ans, et même en l’absence de symptômes, un examen annuel des seins par un médecin est recommandé. Par ailleurs, si l’on constate l’apparition soudaine de la moindre anomalie, comme une boule dans un sein, des écoulements suspects par le téton, un changement de couleur ou de forme du mamelon, mieux vaut consulter rapidement.