Votre transit est ralenti ?

Votre transit est ralenti ?

09 avril 2021
Dans la plupart des cas, la constipation est simplement gênante et les solutions naturelles suffisent pour retrouver un transit normal. Mais si elle dure ou survient brutalement, il faut consulter.

 

Contrairement à ce que l’on croit très souvent, il n’est pas nécessaire d’aller aux toilettes tous les jours. La fréquence normale varie d’une personne à l’autre entre 3 par jour et 3 par semaine. C’est seulement si l’on a moins de 3 selles par semaine que l’on peut se dire constipé. Ou si les selles sont petites et dures (comme des billes). Ou si l’on a des difficultés pour les évacuer. Lesquelles se traduisent par des efforts pour « pousser », une sensation de blocage au passage des selles ou d’évacuation incomplète, un temps passé aux toilettes anormalement long, voire la nécessité de recourir à des « manœuvres digitales ». Des ballonnements et des douleurs abdominales peuvent aussi accompagner ces symptômes mais sans être prédominants, sinon on parle alors de syndrome de l’intestin irritable (ou colopathie fonctionnelle).

 

Boire, mais combien ?

Boire, mais combien ?

Au total, au moins un litre et demi par jour pour éviter d’être constipé. De l’eau, mais aussi des soupes, des jus de fruits (sans sucres ajoutés), des tisanes, du thé. Et pas seulement aux repas. Pour avoir votre content, planifiez des pauses au cours de la journée : le matin au réveil, en milieu de matinée et d’après-midi, en soirée. Selon la Société nationale française de gastro-entérologie, les eaux minérales riches en magnésium ont un effet bénéfique.

 

Les femmes surtout

Tout le monde est constipé à certaines périodes de la vie mais, le plus souvent, de manière transitoire et tout rentre facilement dans l’ordre. Néanmoins, les femmes le sont plus souvent que les hommes et aussi de façon plus chronique. La constipation concerne plus d’une femme sur trois, dont 44 % régulièrement (au moins une fois par mois), selon une étude Ipsos réalisée pour Hépar auprès des Françaises à l’occasion de la Journée mondiale du caca (!) le 20 juin 2019. En partie à cause de leurs hormones dont la sécrétion fluctue à certains moments de leur vie (règles, grossesse, ménopause). La progestérone en excès, en particulier, a tendance à ralentir le fonctionnement des muscles intestinaux. Durant les grossesses, d’autres facteurs favorisent également la constipation : le poids du bébé qui comprime les intestins, certaines supplémentations, notamment en fer, et le manque d’exercice physique. Résultat, 60 % des femmes enceintes sont sujettes à des troubles du transit, surtout au dernier trimestre.

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Stress et mauvaise hygiène de vie

Le sondage montre aussi que les femmes de 25 à 34 ans sont de plus en plus sujettes à ce type de problèmes : 23 % en 2019. C’est plus de deux fois plus qu’en 2015. Probablement parce qu’elles sont aujourd’hui plus affectées par le stress – lié à une carrière professionnelle débutante, aux enfants, aux transports – que les autres tranches d’âge. De fait, le stress est souvent à l’origine de la constipation féminine (dans presque 50 % des cas), suivi de la mauvaise hygiène de vie : trop faible consommation de fibres, hydratation insuffisante et manque d’activités physiques.

 

La lutte anti-constipation

Il y a constipation et constipation. Les occasionnelles sont gênantes mais nullement inquiétantes. Par exemple en voyage, à cause du décalage horaire, d’une alimentation différente ou de toilettes rebutantes. Vacances, déménagement ou régime…, l’intestin n’aime pas les changements d’habitudes, il fonctionne mal et ça bloque à la sortie. Quand on est malade et fiévreux ou alité, on peut aussi être constipé. Pour remédier à ces blocages légers, les solutions naturelles suffisent. Du miel, des pruneaux comme nos grands-mères ou, plus pratiques, des cubes de pâtes de fruits riches en fibres vendus en pharmacie ou des comprimés, gélules, sachets, sticks, ampoules à base de plantes laxatives comme la rhubarbe ou de mucilages naturels comme l’ispaghul (lire ci-contre Le Conseil du pharmacien).

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À savoir

À savoir

Même si la position accroupie est idéale pour aller à la selle sans faire d’efforts, pas question de revenir aux toilettes « à la turque »… Pour obtenir le même résultat assis sur la cuvette, posez les pieds sur un petit banc et penchez légèrement le buste en avant. Ou bien penchez le buste en avant jusqu’à toucher les cuisses, puis redressez-vous en position assise et répétez le mouvement plusieurs fois.

 

Ponctuelle ou chronique ?

Il n’en va pas de même quand la constipation se prolonge et retentit sur la qualité de vie. Dans ce cas, commencez par chercher la ou les causes, elles sont nombreuses. La prise de certains médicaments, en particulier les antidouleurs opiacés, les neuroleptiques, les antidépresseurs, mais aussi certains antiacides, antiparkinsoniens, antitussifs, antihypertenseurs et antispasmodiques. Le diabète et des maladies neurologiques comme le Parkinson favorisent également la constipation. Quand celle-ci apparaît subitement ou s’accompagne d’autres symptômes (douleurs abdominales qui ne passent pas, sang ou glaires dans les selles, perte de poids), une consultation s’impose également. Sans tarder car des pathologies à prendre en charge rapidement peuvent être en cause, de la fissure anale au cancer du côlon.

 

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

Certaines plantes, à prendre en tisanes, gélules ou extraits fluides, aident à réguler le transit. Gomme d’acacia, chair de pruneau, pulpe de tamarin, psyllium blond (ou ispaghul) contiennent des fibres solubles et facilitent ainsi l’évacuation des selles. La rhubarbe fait progresser les fèces en stimulant la motilité du côlon, mais il faut bien respecter les doses et durées conseillées car cette plante a un effet drastique. Le boldo augmente la sécrétion et l’évacuation de la bile qui joue un rôle important dans le tube digestif.

 

Risque de diverticulite

Si des épisodes de constipation alternent avec des diarrhées et s’accompagnent de douleurs abdominales, surtout du côté gauche, il faut penser à une diverticulite, c’est-à-dire une infection d’un ou plusieurs diverticules, des sortes de sacs de la taille d’une bille qui se forment dans les parois de l’intestin. Cette pathologie est de plus en plus fréquente à cause de notre mode de vie sédentaire et de notre alimentation trop pauvre en fibres, trop riche en sucres. L’intestin peine et réalise des mouvements irréguliers et des pressions pour évacuer les selles, d’où la formation de ces petites poches dans les zones de faiblesse de la paroi intestinale. Très souvent, ces diverticules ne se manifestent pas mais des bactéries peuvent s’y loger, provoquant alors une inflammation ou une infection. La plupart du temps, la crise passe spontanément mais c’est parfois si douloureux qu’il faut aller aux urgences. Un traitement adapté (jeûne + désinfectant intestinal et antibiotique) règle le problème. Ensuite, il faut réintroduire peu à peu des fibres et équilibrer son alimentation (sans rien exclure) pour éviter d’autres épisodes. C’est seulement en cas de récidives fréquentes ou de complications (fistule, péritonite) qu’une intervention chirurgicale se justifie.

 

Témoignage

Témoignage

Un beau jour, j’ai vu du sang dans mes selles ; affolée, j’ai vite consulté, pensant au pire. Ouf, après analyses et examens, c’était des hémorroïdes liées à ma constipation… J’ai tendance à être constipée depuis des années. Normal, je bois peu, je ne mange pas assez d’aliments riches en fibres et je ne fais pas de sport, m’a expliqué le médecin. Les efforts de poussée dilatent les vaisseaux sanguins de l’anus, les compriment et les font saigner. Des pommades adaptées ont permis de les décongestionner mais depuis, je fais doublement attention à mon alimentation. Ça fait trop mal et, même si c’est facile, je n’ai pas envie de subir une intervention pour enlever des hémorroïdes…

Joëlle, 57 ans

 

Augmenter les apports en fibres

Certaines personnes sont constipées parce qu’elles ont la malchance d’avoir un intestin plus long ; les matières fécales ont alors tendance à se dessécher avant d’être expulsées. Mais les principaux facteurs de constipation sont, de loin, une alimentation déséquilibrée et une hydratation insuffisante. La parade est somme toute simple.

Primo, éviter les aliments ralentisseurs du transit : viandes en sauce ou fumées, œufs frits, fromages très fermentés ou à pâte persillée.

Secundo, consommer des aliments riches en fibres. Mais quelles fibres ? Les fibres solubles (pectine, gommes, mucilages), dont sont surtout riches fruits rouges, agrumes, pommes, courgettes, asperges, avocats, carottes, lentilles et pois chiches, ont la particularité d’absorber de 3 à 25 fois leur poids en eau et ainsi d’augmenter le volume des selles et de les hydrater. Celles-ci glissent alors mieux tout au long des intestins. Les fibres insolubles présentes dans la peau des fruits et des légumes, les céréales complètes, les brocolis et choux de Bruxelles, les pois cassés, les fruits secs pruneaux en tête, stimulent l’intestin et accélèrent le transit. En fait, les deux sortes de fibres sont utiles, mais mieux vaut tout d’abord privilégier les fibres solubles, plus douces pour l’intestin, et augmenter progressivement les quantités. Sans faire d’excès sous peine de douleurs et de ballonnements.

Tertio, boire davantage, et tout au long de la journée, pour ramollir les selles.

Quarto, faire régulièrement du sport ou des activités physiques.

 À lire aussi : Fiche santé – Les ballonnements

 

Le secours des laxatifs

Une cure de probiotiques (bifidobactéries et lactobacilles surtout) a des effets bénéfiques sur le transit en reconstituant la flore et en redonnant du tonus à l’intestin. Cela dit, la prise de laxatifs sans ordonnance est parfois nécessaire. Demandez conseil à votre pharmacien car leurs modes d’action diffèrent et c’est du cas par cas. Par exemple, les laxatifs dits de lest (à base de son, gomme de guar, graines d’ispaghul) agissent en 2-3 jours alors que les osmotiques doux qui augmentent le volume et la consistance du « contenu colique » par hydratation ont un effet plus rapide. Avec les lubrifiants à base de paraffine c’est dans les 24 heures mais, attention, pas d’utilisation prolongée qui peut réduire l’absorption de certaines vitamines. Les laxatifs stimulants sont encore plus énergiques mais potentiellement irritants et leur emploi doit être limité. C’est encore plus vrai pour les laxatifs de contact par voie rectale (suppositoires à la glycérine, lavements) : à la longue, ils perturbent le réflexe de contraction du rectum et sont donc aggravants. Dans tous les cas, pas d’utilisation en continu sans avis médical.

Evelyne Gogien

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