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TROUBLES BIPOLAIRES

Vivre avec un proche bipolaire, mode d’emploi

04 mai 2017
Sautes d’humeur, agressivité, comportements irrationnels : comment faire face aux troubles bipolaires sans perdre pied ni désespérer ?

 

Si nous avons tous nos hauts et nos bas, vous avez remarqué que l’un de vos proches a des hauts très très hauts, suivis de bas très très bas… Ces sautes d’humeur importantes vont de pair avec des réactions imprévisibles, parfois de l’agressivité, sans que le rationnel n’ait sa place dans cet ascenseur émotionnel.

Ces comportements sont très déstabilisants pour les proches, et nombreux sont ceux qui ont du mal à admettre qu’un être cher puisse souffrir de troubles bipolaires, aussi appelés psychose maniaco dépressive. Ils tentent de relativiser, de mettre ces accès de dépression sur le compte d’une déprime passagère, et refusent de voir la démesure de ces comportements. Il s’agit pourtant bien d’une maladie : ceux qui en souffrent ont besoin de toute la lucidité et l’aide de leur entourage pour surmonter leurs crises. Il est d’autant plus important de prendre en main le sujet que les troubles bipolaires ont tendance à s’aggraver avec l’âge et sans traitement adéquat.

 

Les symptômes d’un trouble bipolaire

Les troubles bipolaires se caractérisent par des phases de manie (phase maniaque), suivies par des phases de dépression profonde. La durée de ces cycles est variable, les symptômes restent les mêmes : c’est leur intensité et leur récurrence qui permet de poser un diagnostic de bipolarité après une période d’observation.

Lors des phases dites « maniaques », la personne est exaltée, gonflée d’une confiance et d’un optimisme démesurés, qui la conduisent à des comportements irrationnels : dépenses somptuaires, démission sur un coup de tête, sensation d’être « infatigable » après une nuit blanche, etc… Elle reste sourde aux tentatives de la freiner dans ses pulsions, et se montre agressive envers ceux qui essaient de la raisonner.

A l’inverse, dans ses phases dépressives, la personne n’a plus goût à rien, manifeste une perte complète d’estime de soi et peut exprimer des pensées suicidaires. Les proches constatent lors de ces crises qu’elle n’est pas dans son état normal et que son jugement de la réalité semble altéré. Dans les cas les plus sévères, la personne peut entrer dans une forme de délire, elle décroche alors de la réalité.

 À lire aussi : Dépression, une vraie maladie

 

Accepter la psychose maniaco dépressive, un défi pour les proches

La première difficulté est d’accepter le diagnostic, admettre que la personne souffre d’une maladie psychiatrique et qu’elle a besoin d’une aide spécialisée. Viennent ensuite les montagnes russes du quotidien et la difficulté à encaisser les crises successives en essayant de laisser glisser.

Les malades se montrent agressifs envers ceux qui leur proposent de l’aide ou tentent de les raisonner : leur maladie induit une forme de paranoïa qui les rend méfiants envers toute proposition de traitement ou d’accompagnement, et les empêche de voir le caractère raisonnable des conseils qui leur sont donnés.

Les intervalles entre les phases de manie et de dépression sont importants car ils favorisent un échange lucide et sincère entre le malade et ses accompagnants : les avancées thérapeutiques dans le traitement des troubles bipolaire en allongent la durée de manière appréciable.

On recense plusieurs artistes célèbres suspectés de bipolarité, comme Edgar Allan Poe, Virginia Woolf ou Vincent Van Gogh : lors des phases ascendantes vers la phase maniaque, qui peuvent être assez longues, la personne se montre en effet très créative tout en réussissant à mener ses projets à terme, la complexité étant de supporter les phases dépressives sans sombrer dans les addictions voire se laisser envahir de pensées suicidaires.

 

Venir en aide à un proche bipolaire

Une personne bipolaire a avant tout besoin de réassurance et de calme. Au-delà du traitement qui pourra être prescrit et ajusté au fil des mois par un médecin, l’attitude des proches constitue une aide précieuse. La patience est essentielle pour ne pas se laisser aller au désespoir face à ces comportements difficiles. Il est inutile de lui demander des excuses ou de la contrition pour les actes ou propos résultant d’une crise : si le malade s’en souvient, ce qui n’est pas toujours le cas, il est bien incapable d’expliquer pourquoi il a eu ce comportement.

Il faut aussi garder du recul sur le fait qu’en dehors de ses crises, le malade connaît, comme tout le monde, des phases de déprime et de joies d’intensité « normale », et peut avoir des convictions, politiques, religieuses ou autres, qu’il exprime de manière virulente, sans que ce soit une manifestation de la maladie.

 À lire aussi : Est-ce que je souffre de dépression ?

 

Les réactions appropriées face aux crises

L’expérience permet de reconnaître les signes avant-coureurs d’une crise et d’entamer un dialogue pour aider le malade à couper court ou à réagir en prenant rendez-vous avec son thérapeute. Soyez vigilant si la personne exprime des pensées suicidaires, et se replie sur elle-même. Vouloir le surprotéger, contrôler la prise de son traitement ou mettre sur le compte de sa psychose maniaco dépressive chacune de ses réactions serait désastreux sur le long terme, car cela minerait encore davantage son estime de soi fragilisée par la maladie. Il est important de le surveiller afin de détecter les éventuels comportements à risque, sans pour autant le fliquer.

Entourez-vous de médecins spécialistes qui vous conseilleront sur les réponses à apporter au quotidien, et pourront, dans les cas les plus difficiles, proposer une hospitalisation. Si le malade refuse l’hospitalisation volontaire, ce sera alors aux proches de procéder à une hospitalisation sur demande de tiers (HDT), une démarche difficile mais parfois nécessaire pour le bien-être du malade.

 

Quelques lectures pour aller plus loin :

Quelques lectures pour aller plus loin :

TROUBLES BIPOLAIRES

LES TROUBLES BIPOLAIRES POUR LES NUL
Dr Hantouche, Dr Fink et Joe Kraynak, éditions First, mars 2017. Broché, 462 pages, 22.95 €.

Un guide complet pour accompagner les malades et leurs proches sur la voie du mieux-être, avec des suggestions et conseils à mettre en place au quotidien.

LE MANUEL DU BIPOLAIRE
Martin Desseilles, Nader Perroud et Bernadette Grosjean, éditions Eyrolles, février 2017. Broché, 264 pages, 25 €.

Cet ouvrage se penche sur l’histoire de la bipolarité, ses symptômes et traitement, et ouvre de nouvelles voies pour y faire face grâce à la psychologie positive.

 

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Clémentine Garnier

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