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HOMEOPATHIE

Qui veut la peau de l’homéopathie ?

09 novembre 2017
Alors que 58% des Français ont recours à des traitements homéopathiques, un rapport européen jette un pavé dans la mare en montrant du doigt l’absence de preuves de l’efficacité des traitements homéopathique. On essaie de démêler les tenants et aboutissants de cette polémique.

 

Les Français sont, pour une majorité d’entre eux, des adeptes de l’homéopathie. Une étude Ipsos pour Boiron révèle que 56% y ont déjà eu recours, dont 36% d’utilisateurs réguliers1. Des Français qui ne semblent donc pas se laisser démonter par les polémiques récurrentes sur l’inefficacité supposée (voire la dangerosité, selon certains) de l’homéopathie. Qu’est-ce qui nourrit ce débat passionné, régulièrement relancé depuis l’invention de l’homéopathie par Samuel Hahnemann il y a plus de 200 ans ? On essaie d’y voir plus clair.

 

Les principes du traitement homéopathique

Reprenons à la base. Samuel Hahnemann, père de l’homéopathie, s’est basé sur ses observations personnelles pour définir les trois piliers d’un traitement homéopathique. Le premier est la loi de similitude, qui veut qu’une substance, provoquant des symptômes chez une personne en bonne santé, les guérisse chez une personne malade, et qui conduit l’homéopathe à prescrire du venin d’abeille contre les piqûres d’insecte, ou de la caféine contre les insomnies.

Le deuxième principe est celui de la dilution : une substance toxique ne le sera plus après un certain nombre de dilutions, qu’on indique avec le CH.

Enfin, Hahnemann pose la loi d’individualisation, qui préconise de considérer le patient dans sa globalité et non ses seuls symptômes, afin d’adapter le traitement homéopathique à son caractère, ses émotions, etc… et prescrire alors des souches différentes pour soigner les mêmes symptômes en fonction du profil de chaque patient.

 À lire aussi : CONSEIL DE PHARMACIEN – L’homéopathie est-elle vraiment efficace ?

 

Effet placebo & co : les critiques récurrentes contre les médicaments homéopathiques

Depuis son invention, l’homéopathie divise. Les partisans de la médecine allopathique dénoncent l’absence de preuve scientifique de l’efficacité des mécanismes de l’homéopathie, et arguent que les quantités infinitésimales de substance restante dans le produit fini après un grand nombre de dilutions ne peuvent être actives. Les homéopathes leur opposent notamment une forme de « mémoire de l’eau » (qui n’a jamais pu être prouvé scientifiquement), qui permettrait à la molécule de départ d’agir sur l’organisme. Le rapport2 publié en septembre 2017 par le Conseil Scientifique des Académies des sciences européennes (EASAC) pointe l’absence de preuves scientifiques, et va même jusqu’à accuser l’homéopathie d’être nocive en détournant les patients de la médecine traditionnelle. Bonne ambiance, donc !

 

Les arguments en faveur d’un traitement homéopathique

La réponse – ou plutôt riposte – des médecins homéopathes ne s’est pas fait attendre. Rappelant que dans « médecin homéopathe » il y a « médecin » – sous-entendu « on sait ce qu’on fait » –, ils attirent l’attention sur certains biais du rapport européen, qui ne cite pas les études (nombreuses) qui soulignent, justement, l’efficacité des traitements homéopathiques comparés aux médicaments traditionnels.

Ils s’appuient ainsi sur les résultats d’une étude3 menée sur plus de 8 500 patients, souffrant de troubles musculosquelettiques, anxiodépressifs ou infections des voies aériennes, des pathologies très fréquentes en médecine traditionnelle, dont une partie a été traitée par l’homéopathie et l’autre par des traitements allopathiques. Au bout d’un an, l’étude montre qu’il n’existe aucune différence dans les résultats obtenus avec les deux approches, ni en mieux, ni en pire. En revanche, elle souligne que les patients traités par homéopathie coûtent en moyenne 35% moins cher à la Sécurité Sociale que les autres. Un autre argument qui revient dans le débat est l’absence d’effet secondaire de l’homéopathie, contre les 200 000 décès en Union Européenne4 imputables aux effets indésirables des médicaments classiques. Un partout, la balle au centre.

 À lire aussi : Homéopathie et insomnie : une belle alliance ?

 

Dialogue de (presque) sourds

Lorsqu’on creuse, il est intéressant de remarquer que les deux camps ne parlent finalement pas vraiment de la même chose. D’un côté, on s’émeut de l’inefficacité possible de l’homéopathie dans le cas d’infections aigues ou de maladies graves et chroniques, et de l’autre, on prône l’utilisation de l’homéopathie en prévention, ou en curatif de « petits » maux du quotidien (rhume, allergie, insomnie) et en accompagnement de traitements traditionnels lourds, par exemple pour les cancers, afin d’alléger certains symptômes. Qui les appelle pour leur dire qu’en fait, ils s’écharpent pour rien ?

 

Et les patients dans tout ça, ils en pensent quoi ?

Les patients sont les plus ardents défenseurs de l’homéopathique. Les utilisateurs réguliers, qui l’utilisent en préventif comme en curatif, déclarent en ressentir les bienfaits, et trouvent dans le traitement homéopathique une réponse intéressante aux inquiétudes croissantes sur l’antibiorésistance.

Certains détracteurs affirment que cet effet « placebo » à leurs yeux est dû au temps et à l’attention consacrés par le médecin homéopathe à son patient, qui se sent déjà mieux à l’issue de la consultation. Comment savoir ? Le fond du débat semble finalement porter sur deux approches radicalement différentes de la médecine et de ses résultats. D’un côté, les scientifiques qui veulent des preuves (la satisfaction des patients ne constituant pas une preuve objective), et l’autre les partisans de l’homéopathie qui tiennent compte des étonnantes ressources du corps humain pour se soigner à sa manière.

En conclusion, on a presque envie de dire : et alors, du moment que ça marche sur ceux qui utilisent l’homéopathie ?

 À lire aussi : DOSSIER – Se soigner par les plantes

 

 

  1.  Source Etude Ipsos pour Boiron réalisée en février 2012
  2. Rapport du Conseil Scientifique des Académies des sciences européenes (Easac) – septembre 2017
  3. Etude pharmaco-épidémiologique EPI 3 réalisée en France, sur plus de 8 500 patients suivis par 825 médecins homéopathes ou non. Sources détaillées :
  • Lert F, Grimaldi-Bensouda L, Rouillon F et al. Characteristics of patients consulting their regular primary care physician according to their prescribing preferences for homeopathy and complementary medicine. Homeopathy (2014);103: 51-57
  • Rossignol M, Begaud B, Engel P, et al. Impact of physician preferences for homeopathic or conventional medicines on patients with musculoskeletal disorders: results from the EPI3-MSD cohort.Pharmacopepidemiol. Drug Saf. 2012, 21:1093-101.
  • Grimaldi-Bensouda L, Begaud B, Rossignol M, Avouac B, Lert F, et al. (2014) Management of Upper Respiratory Tract Infections by Different Medical Practices, Including Homeopathy, and Consumption of Antibiotics in Primary Care: The EPI3 Cohort Study in France 2007–2008. PLoS ONE 9(3): e89990
  • Grimaldi-Bensouda L, Abenhaim L, Massol J et al. Homeopathic medical practice for anxiety and depression in primary care: the EPI cohort study. BMC Complementary and Alternative Medicine (2016) 16:1254. Source EMA (European Union Agency)

 

Clémentine Garnier

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