Une autre idée du gras

Une autre idée du gras

17 juin 2022
Du rôle vital des cellules adipeuses aux solutions pour s’affiner en passant par les conséquences d’un excès de graisse profonde, vous saurez tout sur le gras. Un ami qui ne nous veut pas que du bien…

 

L’information devrait plaire à celles et ceux que leur « culotte de cheval » ou leurs bourrelets désespèrent : le tissu adipeux, constitué en grande majorité de cellules remplies de graisse, est utile. Les adipocytes assurent en effet la synthèse des lipides (graisses) provenant de l’alimentation et leur libération dans le sang vers les organes qui en ont besoin pour fonctionner. Et surtout, ils stockent l’excédent de graisses au cas où la nourriture viendrait à manquer ou si le corps devait mobiliser davantage d’énergie.

Graisse en stock

Dans les sociétés occidentales modernes, sédentaires et suralimentées, le stockage de graisse n’a plus de sens mais il en avait un à la Préhistoire. Nos ancêtres, qui devaient chasser en parcourant de longues distances à pied et affrontaient des périodes de famine, puisaient leur énergie dans leurs réserves. Les femmes, en particulier, stockaient de la graisse corporelle pour porter les enfants et assurer la survie de l’espèce. C’est la raison pour laquelle, encore aujourd’hui, elles sont génétiquement plus grassouillettes que les hommes à certains endroits (cuisses, hanches). En cas de jeûne total, nous pourrions, paraît-il, résister 40 jours, et même plus car le corps s’adapte à la restriction en dépensant moins de calories. Les adipocytes gonflent et dégonflent au gré de nos existences, en fonction de notre alimentation et de notre activité physique. Chaque cellule est minuscule mais comme elles sont très nombreuses, cela fait beaucoup de graisse et beaucoup de poids quand elles grossissent… Pis encore, si elles sont saturées en graisses et ne peuvent plus croître, elles « recrutent » des cellules immatures qui se transforment en adipocytes.

À savoir

À savoir

Selon les chercheurs, le corps humain compte 25 à 50 milliards d’adipocytes mesurant chacun 10 microns, soit 1/100e de millimètres. Au départ du moins car ces cellules peuvent grossir jusqu’à atteindre 15 fois leur volume !

 

Un tissu adipeux vital

Ce double rôle de transformation des lipides – mais aussi des glucides (sucres) – et de réservoir d’énergie, assuré par le tissu adipeux, est essentiel pour vivre et, même, pour vivre en bonne santé. Pour preuve, les personnes souffrant de lipoatrophie (pas de graisse corporelle) ont de nombreux désordres métaboliques : diabète, hypercholestérolémie, stéatose hépatique. Exactement comme les grands obèses. L’explication : quand le gras ne peut pas aller dans le tissu adipeux, il va se loger dans les autres organes, qui ne sont pas faits pour l’accueillir et souffrent lorsqu’ils en sont gorgés.

Un rôle protecteur

Un rôle protecteur

Le tissu adipeux joue un autre rôle précieux : il capte et stocke des molécules nocives à la longue pour l’organisme. Heureusement, celles-ci sont souvent solubles dans le gras : polluants, pesticides, perturbateurs endocriniens ou encore médicaments. La graisse corporelle nous protège donc avant que les toxiques n’altèrent le fonctionnement des autres cellules.

 

Gare aux complications !

Si la graisse se niche un peu partout dans le corps, ses caractéristiques diffèrent selon sa localisation. On distingue tout d’abord la graisse brune, rare, de la graisse blanche. Le tissu adipeux couleur café crème, présent chez le nouveau-né pour maintenir sa température corporelle, disparaît progressivement. Il n’en reste plus à l’âge adulte qu’entre les omoplates, un peu de part et d’autre de la colonne vertébrale et à proximité du cerveau et des reins dont le refroidissement provoquerait de graves lésions. Au contraire, le tissu adipeux blanc (en réalité jaune) est très répandu dans l’organisme. Il se compose en très grande majorité de cellules graisseuses, les fameux adipocytes, mais aussi de macrophages (globules blancs faisant partie de notre système immunitaire), de fibres, de vaisseaux sanguins et de nerfs qui concourent tous à son fonctionnement.

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Graisse profonde et sous-cutanée

On différencie aussi la graisse profonde, qui entoure les viscères, de celle — sous-cutanée — du ventre, des fesses et des cuisses. La graisse viscérale renferme des gros adipocytes qui regorgent de lipides et libèrent beaucoup d’acides gras (composants des lipides) dans le sang, ce qui est problématique car ils vont alors causer des problèmes de santé. C’est typiquement la graisse des hommes au ventre rebondi et dur. Tout commence par un petit bedon mou mais, petit à petit, si l’on n’y prend pas garde, les adipocytes gagnent les profondeurs du ventre pour s’y développer. Ils entourent les organes et repoussent la musculature abdominale, ce qui donne cet aspect de ventre dur, mauvais pour la santé. Pour ne pas en arriver au stade des complications, il faut vite se débarrasser de cette mauvaise graisse qui donne une silhouette « en pomme ». Par chance, ces gros adipocytes n’en « recrutent » pas de nouveaux et ils fondent aisément avec un petit régime. Et si, avec le même programme minceur, les hommes perdent plus vite en tour de taille que les femmes, c’est qu’ils ont davantage de graisse profonde…

La graisse sous-cutanée abdominale – en clair les bourrelets graisseux mous –, des fesses, des hanches et des cuisses est, quant à elle, riche en petites cellules adipeuses difficiles à éliminer. Mais comme on l’a vu plus haut, elle constitue une réserve d’énergie pour assurer grossesses et allaitement. Au grand désespoir des femmes dont la graisse se situe plutôt en bas et ont une silhouette « en poire », on perd peu des cuisses et des bourrelets adipeux. Un régime peut faire dégonfler les adipocytes mais jamais les supprimer et ils ne demandent qu’à regonfler au moindre écart. Cela dit, à l’inverse de la graisse profonde du ventre, les bourrelets disgracieux et la cellulite des fesses et des cuisses sont physiologiques et inoffensives. Une (maigre) consolation.

À savoir

À savoir

Un autre effet fâcheux d’une masse grasse abdominale importante commence à être connu : le syndrome des apnées du sommeil (SAS). La nuit, l’expansion de la cage thoracique se trouve gênée et la respiration est difficile, d’où des pauses respiratoires pouvant durer 10 à 15 secondes pendant lesquelles le taux d’oxygène baisse et le taux de gaz carbonique augmente. La personne se réveille fatiguée, s’endort facilement dans la journée et, à la longue, risque d’avoir des problèmes cardiovasculaires. En cas de SAS sévère (plus de 30 apnées par heure), un petit appareil de pression positive continue (PPC) s’impose mais si le SAS est léger ou modéré, la perte de poids suffit souvent à supprimer les apnées.

 

Des causes très diverses

Si une alimentation abondante, trop grasse ou trop sucrée et la sédentarité sont les principales causes d’une prise de poids et d’un excédent de graisse corporelle, les personnes trop enveloppées n’en sont pas toujours responsables. D’autres facteurs peuvent entrer en jeu. Un problème de thyroïde par exemple, plus exactement une hypothyroïdie, relativement courante chez les femmes après 50 ans (chez les hommes c’est bien plus rare). Signes qui doivent inciter à consulter, outre une prise de poids inexpliquée : fatigue générale, frilosité et constipation inhabituelles, cheveux fins et cassants. Avec un traitement approprié, tout rentre dans l’ordre mais il ne faut pas tarder car ces kilos s’accrochent bien. Des médicaments peuvent aussi faire grossir : les corticoïdes, certains antidépresseurs, psychotiques et antidiabétiques, la plupart des neuroleptiques.

Info

Info

Le surpoids, et plus encore l’obésité, diminuent les chances de tomber enceinte. L’excès de graisse abdominale profonde perturbe l’ovulation et les étapes suivantes. En clair, le risque de non-fécondation et de fausses couches est plus élevé. Question d’hormones : le gras fabrique des œstrogènes, utiles pour les os, les muscles, la peu, la libido et la fertilité, mais point trop n’en faut. Or, en cas de surcharge pondérale, les œstrogènes sont produits en quantités excessives et peuvent alors dérégler les cycles menstruels et perturber la fertilité. Chez les hommes aussi, l’obésité a des répercussions sur la quantité et la qualité du sperme (sans diminuer la libido). Quand l’homme et la femme sont tous deux en surpoids, les chances d’avoir un enfant chutent d’autant plus… Seule solution, perdre cette mauvaise graisse avant de projeter une grossesse. C’est prouvé, une perte d’au moins 10 kilos augmente énormément la capacité d’ovulation chez les femmes.

 

L’arrêt du tabac entraîne également une prise de poids et de graisse, le plus souvent profonde. De même que la grossesse, mais les 4 kilos de graisse accumulés en moyenne se déposent surtout sur les fesses, les hanches et dans le gras superficiel du ventre. Sans que cela devienne une obsession, mieux vaut tout de même faire attention sous peine d’avoir des problèmes de santé et beaucoup de mal à perdre l’excédent ensuite. La ménopause est également une période à risque : les femmes prennent souvent du poids, en particulier au niveau du ventre.

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Cholestérol et tension trop élevés

Si ces perturbations peuvent retentir sur notre tissu adipeux, l’inverse est tout aussi vrai : l’excès de graisse, surtout profonde, peut rendre malade. Selon des estimations, la moitié des personnes en surpoids ont une ou plusieurs complications qui en découlent et la grande majorité des obèses développent des maladies au bout d’un certain temps. En premier lieu, une hypercholestérolémie. Le gras libéré dans le sang par la mauvaise graisse circule dans le corps et les lipides s’accumulent un peu partout, y compris sur les parois des vaisseaux sanguins. Résultat, le taux de cholestérol LDL (le « mauvais ») est trop élevé et le taux de cholestérol HDL (le « bon ») trop bas.

La graisse abdominale profonde (encore elle !) fait aussi monter la tension artérielle. Elle sécrète en effet des molécules qui favorisent la rétention de sodium et d’eau, ce qui augmente le volume sanguin et donc la pression à l’intérieur des vaisseaux. Le surpoids double ainsi le risque d’hypertension artérielle et en vieillissant s’y ajoute l’effet de durcissement des artères. Un excès de graisse mal placée peut également entraîner la survenue d’un diabète de type 2, d’ailleurs appelé autrefois « diabète gras ». Même si cette maladie a une composante héréditaire, l’excédent de graisse viscérale et une mauvaise alimentation, associés au manque d’activité physique, favorisent le diabète. Ce n’est cependant pas une fatalité. Même prédisposée, une personne qui mange sainement et bouge beaucoup peut ne jamais devenir diabétique.

Avec les années, hypercholestérolémie, hypertension artérielle et diabète sont parfois à l’origine de complications cardiovasculaires. Un estomac bedonnant oblige en effet le cœur à travailler plus. A force, celui-ci s’hypertrophie, se fatigue, provoquant des troubles du rythme et de l’insuffisance cardiaque. Ça commence à faire beaucoup pour de la graisse !

Risque de cancer

Et ce n’est pas tout… Le surpoids et plus encore l’obésité peuvent retentir sur le foie qui devient alors gras, c’est ce que l’on appelle la stéatose hépatique. On le sait moins, la graisse abdominale profonde augmente aussi le risque de cancer. Plusieurs raisons à cela, dont une principale : les cellules cancéreuses aiment le gras. Certains cancers sont particulièrement concernés : sein, corps et col de l’utérus, œsophage, vésicule biliaire et colorectal. Moins graves mais douloureuses : les lombalgies. Quand la masse grasse abdominale est si proéminente qu’elle pousse le corps à se cambrer, la pression exercée au niveau des lombaires est très forte. Les vertèbres s’adaptent alors en développant des excroissances osseuses pour élargir leur surface mais ces « becs de perroquet » peuvent faire mal, d’où une contraction des muscles, un lumbago voire une crise de sciatique.

Le sucre se transforme en gras

Le sucre se transforme en gras

Si les repas trop gras sont mauvais pour la ligne, une alimentation trop riche en sucres (sodas, jus de fruits, biscuits et aussi pain, riz, pommes de terre…) pendant une période prolongée peut faire grossir autant. Pas question de supprimer les aliments apportant du glucose, ils fournissent de l’énergie dont le corps a besoin, mais de les consommer avec modération. Difficile pourtant de résister aux friandises et aux gâteaux, mais aussi aux produits prêts à manger (soupes industrielles, sauce tomate, charcuterie…), qui contiennent beaucoup de « sucres cachés » qui flattent notre penchant naturel pour cette saveur douce. Malheureusement, les adipocytes transforment le glucose en glycérol, puis en gras, et plus le sucre passe vite dans le sang (sodas par exemple), plus il se transforme rapidement en graisse si on ne fait pas d’exercice après.

 

Comment brûler les graisses et s’affiner

Si les régimes des magazines marchaient, ça se saurait… Les kilos perdus reviennent vite, d’où un autre programme minceur suivi d’une reprise de poids (et même plus qu’avant), etc. Cet effet yo-yo est catastrophique. En cas d’obésité, mieux vaut s’adresser à un médecin nutritionniste. Il prodigue des conseils diététiques adaptés et propose, si nécessaire, de la chirurgie bariatrique pour se débarrasser rapidement et durablement de sa graisse. En cas de surpoids modéré, un changement d’alimentation suffit. En résumé : manger un peu de tout (mais assez pour ne pas craquer) et le soir se contenter d’un repas léger, peu gras et peu sucré. Mieux encore, précise le Dr Laurence Plumey dans son dernier livre Le monde merveilleux du gras, « éviter de manger du gras et du sucre au même repas car on cumule le stockage des deux dans nos adipocytes ». Son autre recommandation : se dépenser. « Plus on se bouge tous les jours, plus on se donne les moyens de contrôler sa graisse ». Quelle activité ? Des sports d’endurance d’intensité modérée mais pratiqués longtemps et deux ou trois fois par semaine (pour plus d’efficacité le matin à jeun avant le petit-déjeuner) : marche rapide entrecoupée de petites courses d’une minute, natation, longe-côte, aquagym, aquabike, danse ou vélo.

 À lire aussi : Maladies du foie : mieux vaut prévenir !

 

En appoint

Cela dit, les petits moyens ne sont pas à négliger. Commes les crèmes amincissantes à appliquer quotidiennement en massages sur le ventre et les cuisses pour écraser les cellules graisseuses et gagner des centimètres ; le drainage lymphatique ; le lipomassage, à l’aide d’un petit appareil pour détruire les adipocytes de la cellulite et des bourrelets abdominaux ; et les cures thermales pour mieux manger, prendre soin de soi et, peut-être, avoir le déclic pour changer de mode de vie au retour…

Petits plus naturels

Petits plus naturels

ZuccarinTM extra-fort, New Nordic. Pour les accros au sucre. Contient un extrait concentré de feuilles de mûrier japonais et du chrome pour réguler la glycémie et limiter envies de sucré et grignotages. (En comprimés.)

Satieline®, STC Nutrition. Formule brevetée associant extraits de plantes (safran, Garcinia cambogia, Gymnema) et chrome, agissant en synergie pour réduire l’appétit et la prise de poids. (En gélules.)

– Percutaféine, Pierre Fabre Healthcare. Gel contenant de la caféine qui a fait ses preuves depuis des années. A utiliser en massages pour traiter les surcharges graisseuses localisées (cellulite, culotte de cheval). (En tube.)

– Amincissant natural 7 nuits peau sensible, Stomatoline Cosmetic®. Gel-crème au sel marin et à l’extrait de bouleau à appliquer le soir pour drainer les liquides cutanés et réduire les amas graisseux. (En pot.)

 

Deux livres

Deux livres

. Le monde merveilleux du gras du Dr Laurence Plumey (Eyrolles).

. Le charme secret de notre graisse du Dr Mariette Boon et Pr Liesbeth Van Rossum (Actes Sud).

Evelyne Gogien

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