Un flair hors pair

Un flair hors pair

05 novembre 2020
La médecine humaine fait de plus en plus appel à l’odorat du chien pour dépister des maladies qui ne sont pas toujours facilement repérables avec les moyens classiques. Efficacité testée et prouvée !

 

Grâce à leur flair, les chiens sont capables de localiser les victimes d’avalanches prisonnières de la neige ou de retrouver des personnes disparues. Mais saviez-vous qu’ils peuvent également détecter si une personne est atteinte d’un cancer en usant de leur odorat exceptionnel ? Ils sont ainsi devenus les auxiliaires pas comme les autres des médecins.

 

L’incroyable « nez » du chien

Le nez humain compte environ 5 millions de cellules olfactives alors que, dans les 200 cm2 de muqueuse qui tapisse le nez d’un berger allemand, il y en a au moins 200 millions ! Le chien est donc beaucoup mieux équipé que nous pour repérer (et différencier) des odeurs, même si les molécules qu’elles contiennent sont présentes en quantité extrêmement faible.

Certaines races ont des capacités olfactives plus développées que d’autres. En matière de chiens de recherche, c’est le chien de Saint-Hubert qui est considéré comme le plus performant. Ce grand chien, sélectionné à l’origine pour la chasse, possède un flair incroyable : il possède jusqu’à 300 millions de récepteurs olfactifs, soit un tiers de plus qu’un berger allemand ! Il est ainsi capable de retrouver la trace d’une personne disparue depuis plusieurs jours et peut garder en mémoire une odeur pendant plusieurs mois ! Il est souvent appelé sur le terrain par la gendarmerie quand un chien de pistage « standard » a échoué… Si le chien de Saint-Hubert est aussi performant, c’est parce que son cœur est aussi grand que son nez : par amour pour son maître, il accomplit des exploits.

De la truffe au nez électroniques

De la truffe au nez électroniques

S’il n’est évidemment pas question de placer des chiens dans toutes les salles de consultation, les études réalisées avec leur contribution pourraient permettre d’identifier certaines substances odorantes, imperceptibles par le nez humain, mais dont la valeur diagnostique est importante. L’avancée des connaissances pourrait ainsi conduire au développement de « nez électroniques », utilisables dans le domaine du dépistage de très nombreuses maladies.

 

Une odeur particulière pour chaque maladie ?

Un problème de santé modifie nos odeurs corporelles, même en tout début d’évolution. La diphtérie, le scorbut, la fièvre jaune sont par exemple des maladies connues pour leur odeur particulière. Une odeur spécifique est émise par les personnes atteintes du paludisme. Les moustiques qui transmettent la maladie piquent d’ailleurs de préférence ces dernières et des études ont montré que les chiens sont également capables de « renifler » la présence de l’infection chez les malades. On sait aussi que certains d’entre eux peuvent détecter l’imminence d’une crise d’épilepsie ou d’une crise d’hypoglycémie chez une personne diabétique rien qu’en sentant son haleine et/ou ses sécrétions corporelles. Le chien peut alors alerter son maître qu’il est en danger…

À savoir

À savoir

Quand un chien recherche une personne disparue, il suit sa trace en ayant mémorisé l’odeur de sa transpiration, spécifique à chaque individu. Dans le cas d’une maladie infectieuse, l’animal repère un ensemble de substances volatiles liées à l’agent pathogène (ou produites par l’organisme malade) ; c’est ce qu’on appelle le volatilome. Présent dans la circulation sanguine, ce dernier peut être excrété dans l’air expiré, l’urine, la salive, les fèces, le lait et la sueur. Le chien détecte la présence de ces « notes olfactives » anormales en reniflant les échantillons qu’on lui présente.

 

De nombreux cancers dépistés

Les chiens ne s’arrêtent pas à la détection des maladies infectieuses et métaboliques ; ils sont aussi aptes à repérer la présence de différents types de cancers chez l’homme. Aujourd’hui, des équipes de cancérologie basées dans plusieurs pays étudient les applications potentielles des extraordinaires capacités du chien.

Info

Info

La façon dont un chien identifie un cancer reposerait sur un mécanisme immunitaire complexe. La membrane externe des cellules du corps humain est « hérissée » de petites protéines, les antigènes. L’analyse de ces derniers constitue une véritable carte d’identité : ils renseignent ainsi sur le groupe sanguin de la personne, les tissus qu’elle peut accepter lors d’une greffe, etc. Bien entraîné, un chien serait capable de détecter le taux d’antigènes et de repérer une modification induite par le développement d’un cancer. Une méthode peu coûteuse, indolore et sans risque.

 

Cancer de la prostate

L’une des premières études menées sur le dépistage du cancer de la vessie par le chien a été réalisée en Grande-Bretagne en 2004. Les Britanniques forment également des chiens au dépistage du cancer de la prostate et les indications données par les chiens peuvent être plus fiables que le traditionnel test de mesure de l’antigène prostatique (test PSA). Des études ont montré que c’est la sarcosine, un marqueur des carcinomes prostatiques, présent dans l’urine des patients, que les chiens reconnaissent.

Cancer du poumon

En Allemagne, des chiens ont été utilisés pour détecter des cas de cancer du poumon difficiles à identifier. C’est en flairant un échantillon d’air expiré par le malade que l’animal peut dépister la maladie. Même l’odeur de tabac ne paraît pas les gêner pour faire leur « diagnostic ». D’autres recherches ont révélé que les chiens sont capables d’identifier un cancer du poumon dans un échantillon de sang, avec une exactitude de 97 %. Ces données ouvrent la voie à deux méthodes de diagnostic : en utilisant les chiens eux-mêmes, mais aussi en mettant en évidence les molécules qui sont responsables de cette « odeur ».

Cancers digestifs

Des chercheurs japonais ont fait appel à des chiens pour tenter de détecter des tumeurs du côlon ou du rectum à un stade précoce, en leur faisant sentir des échantillons de l’haleine et des fèces de patients cancéreux. Une chienne est même devenue capable de faire la différence entre un patient cancéreux et un autre souffrant d’une autre affection digestive, non cancéreuse. Neuf fois sur dix, son « diagnostic » était correct.

Cancer du sein

En France, le programme Kdog, porté par l’Institut Curie, vise à améliorer le dépistage des tumeurs du sein chez les femmes grâce à l’odorat des chiens. Ceux-ci travaillent à partir d’échantillons envoyés par des femmes ayant accepté d’appliquer une compresse pendant une nuit sur leur poitrine, à l’intérieur du soutien-gorge. La compresse s’imprègne ainsi de la transpiration et des substances volatiles qui se dégagent de la tumeur. Une étude californienne a également produit des statistiques étonnantes quant aux performances olfactives des chiens en matière de diagnostic de cancer du sein : sur 12 000 tests réalisés, 88 % des cas ont été détectés ! 

Cancer de l’ovaire

Aux États-Unis, une équipe de l’université de Pennsylvanie dresse actuellement des chiens à déceler les cancers de l’ovaire. Les chercheurs conditionnent d’abord les animaux à reconnaître des molécules spécifiques sur des échantillons de tissus cancéreux. Dans un second temps, ils leur présenteront des échantillons de plasma, afin de les utiliser dans le cadre d’un diagnostic précoce.

 

Le cas du coronavirus

Depuis plusieurs mois, des protocoles visant à dresser des chiens à détecter la Covid-19 (SARS-CoV-2) ont démarré dans plusieurs pays. En France, cette dynamique s’illustre par le projet Nosaïs, initié à l’École vétérinaire d’Alfort. Une vingtaine de chiens sont déjà entraînés régulièrement et une centaine pourrait l’être très prochainement. Le taux de réussite de la détection est largement aussi bon que celui des tests classiques.

Par rapport aux études menées dans d’autres pays, Nosaïs présente une spécificité majeure. Les chiens reniflent exclusivement des échantillons de sueur produite par des personnes infectées. Cette approche présente un énorme avantage : les animaux pourraient effectuer des dépistages « en direct », ce qui n’est évidemment pas le cas lorsqu’il faut recueillir des échantillons de sang, d’urine ou de salive. Lors d’essais menés avec huit chiens, quatre ont fait un sans-faute. Quant aux quatre autres, ils étaient (très) près du but, à 83, 84, 90 et 94 % ! Certains cas présymptomatiques de Covid-19, négatifs au test PCR, ont été identifiés par les chiens quelques jours avant que les symptômes n’apparaissent et que le résultat soit positif.

À terme, on peut imaginer que des chiens permettent de dépister la présence de personnes contaminées (même sans symptômes) de manière beaucoup moins contraignante que lorsqu’il s’agit de réaliser des tests PCR ou sérologiques. La présence d’un ou deux chiens formés dans chaque municipalité pourrait par exemple aider à détecter la présence du virus chez des personnes désireuses de se faire tester et les inciter à demander un test médical uniquement en cas de dépistage positif par les chiens.

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