AIL NOIR
TATOUAGE

Tous tatoués ?

12 janvier 2017
Aujourd’hui, le tatouage s’affiche de plus en plus, quel que soit son milieu, son âge, son sexe. Le glas de la stigmatisation du tatouage a-t-il vraiment sonné ?

 

Le tatouage a pris un virage certain depuis une dizaine d’années. Il a débuté par une phase de dédramatisation grâce à quelques tatoueurs « artistes » puis s’est poursuivi avec une démocratisation de plus en plus franche. Plus besoin d’appartenir à un clan ou à un corps de métier pour se faire tatouer. Plus besoin non plus d’être rebelle ou insoumis. Aujourd’hui, on hésite moins à se faire tatouer : hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, nombreux sont ceux qui se lancent. Est-ce pour autant un acte anodin ? Qu’est-ce qui pousse un individu à se faire tatouer ?

 

Se faire tatouer, un acte banal ?

Chiffres

Chiffres

– En 2010, 10 % de la population française était tatouée avec une surreprésentation chez les 25-45 ans qui seraient 20 % (d’après une enquête IPSOS).
– En 2013, 15 000 personnes venaient au salon mondial du tatouage, c’était deux fois plus en 2015 et les organisateurs visent les 35 000 visiteurs pour 2017.
– Il y a 5 ans, il y avait 2000 salons de tatouages, il y en aurait 4000 aujourd’hui.

Si aujourd’hui, on se fait tatouer pour des raisons décoratives ou esthétiques, les comportements des futurs tatoués varient. Pour certains, c’est un acte presque anodin, facile à mettre en œuvre, qu’ils font sans hésitation. Une catégorie de personnes semble même se dessiner dans ceux pour qui le tatouage est « facile » : les « fashion victimes » que les tatoueurs voient défiler – parfois à leur grand dam – et qui veulent le même tatouage que les autres. Au fil des années, les tatoueurs ont vu passer les demandes de dauphin, du signe infini, d’étoiles, etc. Le paradoxe étant plutôt fort puisque quoi de plus éphémère que la mode et de plus définitif qu’un tatouage ?

Pour d’autres, l’idée demande bien souvent à mûrir un certain temps. Au-delà même du choix du dessin ou de l’endroit sur lequel il sera tatoué, c’est la période qui précède le passage à l’acte qui peut prendre du temps.

Quels sont les freins ?

  • Les dangers – relatifs – du tatouage. Il n’existe pas encore de diplôme et la crainte d’un manque d’hygiène perdure. À cela s’ajoute la crainte de la douleur.
  • La peur de ne pas obtenir le résultat escompté ou celle de ne pas tomber sur un « bon » tatoueur. Car à part quelques grandes stars renommées du tatouage chez qui il est difficile d’obtenir un rendez-vous, il n’est pas si facile de choisir son tatoueur.
  • La réaction des autres. Car le tatouage semble encore déstabiliser. Cet acte reste incompréhensible pour beaucoup, notamment à cause de son caractère indélébile ou parce que l’on touche à l’intégrité du corps… Même si aujourd’hui, il est plus facile de se faire détatouer (sans conserver de méchante cicatrice mais en déboursant une jolie somme, tout de même).

 

Les raisons d’un tatouage

Et c’est bien cette indélébilité qui caractérise le tatouage et cette même indélébilité qui fait peur (à ceux qui n’ont pas de tatouages…) et revêt un caractère transgressif. Donc pourquoi choisir d’inscrire sur son corps l’indélébile ?

S’il est difficile d’obtenir une réponse claire des personnes tatouées sur la raison de leurs choix, on peut catégoriser les raisons qui mènent au tatouage. C’est en tout cas ce qu’a fait Élise Muller, docteur en sociologie, dans son livre Une anthropologie du tatouage contemporain (L’harmattan, 2013).

Nous ne sommes plus dans une façon de s’opposer ou de revendiquer, mais dans une volonté de marquer le passage à une nouvelle étape de la vie, ou de se rassembler (rassembler ses différentes facettes, ses différentes origines…), ou d’exprimer ses valeurs, ou encore dans la détermination à illustrer le mythe personnel. « C’est une partie de leur identité que les « porteurs d’encres » arborent à fleur de peau. », écrit joliment Elise Muller.

photo-tatouages
Tatouages réalisés par Andromak

Ce qu’il faut savoir avant de se faire tatouer

Quels sont les gestes des tatoueurs, les soins que nécessitent les tatouages, quel est le processus ?

Le tatouage : un processus bien encadré

On donne la parole à Andromak, tatoueuse depuis 2001 ans et qui œuvre à Paris.

Bien-être & santé : Andromak, pouvez-vous nous décrire les différentes étapes d’un tatouage ?
Ça commence par une rencontre pour comprendre ce que le client veut : où désire-t-il être tatoué, a-t-il le dessin avec lui ou faut-il lui faire ? À partir de ces éléments, on établit un devis (je demande d’ailleurs à ce qu’on me verse des arrhes) et on prend rendez-vous. Enfin, je préviens qu’il est important de ne pas avoir bu la veille du rendez-vous – et encore moins le jour j – puisque l’alcool fluidifie le sang et rend du coup le travail difficile pour le client comme pour moi. Enfin, dernière recommandation : venir avec quelque chose dans le ventre. Qu’on le veuille ou non, c’est une épreuve – plus ou moins douloureuse pour chacun – et ça peut durer.

Arrive un peu plus tard le jour J, et là, le processus est invariable – seul le temps qu’on y passe diffère. J’ai entre temps reproduit le dessin sur une feuille carbone pour faire le transfert sur la peau. Parfois, notamment quand c’est un gros tatouage, on peut faire du « free hand » : on dessine à la main sur la peau du client, et d’autre fois c’est un mix de free hand et de transfert carbone.

Une fois le dessin sur la peau et l’accord du client, je prépare le poste, j’installe le client et je me lance dans le tatouage à proprement parlé. À la fin, j’emballe le tatouage. (NDLR : après avoir déposé de la crème, on entoure le tatouage de cellophane pour éviter tout frottement pour les quelques heures qui suivent).

 

Bien-être & santé : Côté hygiène et réglementation, est-ce strict ?
Ça a beaucoup changé de ce côté-là mais c’est une bonne chose : tout le monde est couvert, le tatoueur et le client. La traçabilité du matériel permet cela. Évidemment, entre chaque client, le poste est intégralement repréparé.

Sinon, légalement, il faut avoir 18 ans pour se faire tatouer et les mineurs de plus de 16 ans, doivent être accompagnés d’un tuteur légal. D’un point de vue dermatologique, on suit les préceptes : pas de tatouage sur les grains de beautés. Mais il ne faut pas confondre grains de beautés et tache de rousseur – sur ces dernières, il n’y a pas de contrindications (même si les dermatologues sont souvent opposés au tatouage où et quel qu’il soit). À savoir aussi : sur les cicatrices, c’est possible mais l’encre peut « baver », c’est donc un risque esthétique qui est en jeu.

Aussi, une partie de l’hygiène, en tout cas du soin de tatouage, revient au client : il doit suivre des règles. Pour ma part, je dis à chacun de mes clients de laver son tatouage avec un savon au PH neutre(7) 4 fois par jour et d’appliquer juste après une crème cicatrisante (le Bepanthen 5 % disponible en pharmacie, par exemple).

 

À savoir

À savoir


Andromak, tatoueuse depuis 15 ans. Sa Page Facebook Andromak P4.
Elle œuvre au concept store « Shop Bastille » situé au 11 rue de la roquette, dans le 11ème arrondissement à Paris.

 

Se faire détatouer

Pour se débarrasser d’un tatouage, il faut aller cette fois chez un dermatologue. Lui seul est habilité à le faire. Il utilise un laser déclenché. Ce dernier a une action électromagnétique : l’onde de choc fait exploser l’encre du tatouage, puis les poussières d’encre sont éliminées naturellement par la peau. Le nombre, la durée et le prix des séances varient en fonction de la surface du tatouage.

Après le détatouage, il est impératif de porter des vêtements 100 % coton et d’utiliser régulièrement des crèmes. Et c’est sans oublier que l’exposition solaire est interdite pendant la période de cicatrisation. Quant au retatouage, il peut être envisagé mais pas avant six mois…

Pour ceux qui préfèrent se passer du laser, reste la solution du « cover ». Mais ça reste une pratique complexe, beaucoup plus difficile à exécuter qu’un tatouage sur une peau vierge.

 

Réponses d'expert : Le tatouage n'est pas sans danger

Réponses d'expert : Le tatouage n'est pas sans danger


Dr Michel Tazartès, Paris

« Pour celles et ceux qui possèdent de nombreux grains de beauté ou des taches de rousseur, il convient d’être particulièrement vigilant. Il est fortement de recommandé de consulter un dermatologue avant d’aller faire un tatouage.
Quant aux personnes qui ont des maladies dermatologiques chroniques telles qu’un psoriasis, un vitiligo, ou une sarcoïdose, il leur est vivement déconseillé de se faire tatouer. Idem pour les patients en chimiothérapie ou ceux développant des maladies auto immunes ou atteints d’herpès.
À savoir également : les patients qui prennent un traitement de fer peuvent voir la couleur du tatouage se modifier.

Rappelons, comme l’avait fait le SNDV (Syndicat national des dermatologues-vénéréologues) en 2013, que les encres utilisées pour les tatouages sont composées de métaux toxiques comme l’aluminium, le cobalt, le chrome, le cuivre, le fer, le mercure ou encore le nickel, qui peuvent s’avérer cancérigènes.
Les pigments contenus dans les encres peuvent entraîner de l’eczéma, de la sarcoïdose et autres dermatoses, ou causer des réactions allergiques plus ou moins importantes (démangeaisons, gonflements au niveau du tatouage, lésions). »

Votre peau l’atout jeunesse – ne faites pas n’importe quoi Le Dr Michel Tazartès a co-écrit avec Marc Tronson, le livre VOTRE PEAU L’ATOUT JEUNESSE – NE FAITES PAS N’IMPORTE QUOI aux éditions Michel Lafon (janvier 2017). Un livre très instructif qui en plus d’expliquer clairement le processus de vieillissement de la peau, fait le tour des possibilités que nous avons pour lutter contre ce dernier, des cosmétiques à la chirurgie en passant par la médecine esthétique.

 

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Juliette Legros

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