La thyroïde : petite mais indispensable !

La thyroïde : petite mais indispensable !

25 février 2022
Bien que très discrète, cette glande en forme de papillon gère la bonne coordination de nombreux organes. Quand elle flanche, nous flanchons aussi. Nous avons donc intérêt à en prendre soin.

 

La thyroïde, qui ne pèse que 30 g et mesure 5 cm de haut sur 2 à 3 cm de large, est située à la base du cou, plaquée devant le cartilage de la trachée. Elle a pour vocation de fabriquer les hormones thyroïdiennes, riches en iode.

Un composant essentiel

Une thyroïde qui fonctionne normalement contient environ 10 g d’iode, qui vient en partie de l’alimentation (de 150 à 200 µg par jour). Il est transformé en iodure quand il entre dans la glande thyroïde, puis se fixe sur une protéine, la thyroglobuline, en quantités plus ou moins importantes. Ainsi sont créés deux types d’hormones thyroïdiennes : la tri-iodothyronine ou T3 – la plus active – et la tétra-iodothyronine ou T4.

 Des rôles stratégiques

Les hormones thyroïdiennes agissent sur tous les organes, dès le début de la vie, au stade fœtal ; elles contribuent alors à la construction du cerveau et du système nerveux. Ensuite, tout au long de la vie, elles régulent le métabolisme énergétique (production d’énergie utilisable par les cellules) ainsi que l’ossification, la motricité intestinale, la contractilité des muscles (dont le cœur) et le développement de la masse musculaire. Quand la thyroïde est perturbée, le fonctionnement des organes s’en ressent très vite.

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Une très fine régulation

Une très fine régulation

Le corps est tellement sensible aux moindres variations des taux sanguins d’hormones thyroïdiennes qu’il s’en protège grâce à une régulation orchestrée par l’hypophyse. Dès la moindre faiblesse de la thyroïde, cette glande située dans le cerveau envoie un messager, la TSH. Son rôle : stimuler la thyroïde. A contrario, en cas de thyroïde trop active, la TSH baisse. Raison pour laquelle on dose toujours la TSH quand on réalise un bilan thyroïdien.

 

Quand la thyroïde se dérègle

Hypothyroïdie, thyroïdite de Hashimoto et maladie de Basedow sont les pathologies les plus courantes rencontrées chez la femme. Elles peuvent relever d’une transmission héréditaire ou d’un dérèglement de l’immunité (fabrication d’anticorps contre les cellules de la thyroïde). Il peut s’agir aussi d’un manque d’iode. Les signes, souvent atypiques, retardent souvent le diagnostic. Pourtant, il suffit d’un dosage des hormones thyroïdiennes et de la TSH ainsi que d’une échographie thyroïdienne pour détecter ces affections. Les problèmes de thyroïde sont plus fréquents chez la femme que chez l’homme, sans que l’on sache pourquoi. 

Hypothyroïdie : souvent un manque d’iode

L’hypothyroïdie se traduit par une grande fatigue, une prise de poids, une tendance à la constipation, une intolérance au froid, des cheveux plus fins et cassants. Quelquefois, on peut noter l’apparition d’un goitre. Les taux sanguins de T3 et de T4 sont trop bas et celui de la TSH est élevé – l’hypophyse réagit au manque d’hormones et essaie de stimuler la glande. L’échographie peut retrouver des nodules ou un goitre diffus (la thyroïde est gonflée de façon homogène). Ses causes sont multiples : parfois, des auto-anticorps agressent la glande (thyroïdite de Hashimoto, surtout chez la femme jeune) ; souvent, elle est la conséquence d’une glande qui vieillit (après 60 ans) ou d’un apport d’iode insuffisant. Les personnes mangeant très rarement du poisson, des fruits de mer, des œufs et des produits laitiers présentent couramment une carence en iode. Il convient alors d’augmenter la consommation de ces aliments et, le plus souvent, d’avoir recours à une supplémentation en hormones thyroïdiennes.

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Hyperthyroïdie : des hormones en excès

En hyperactivité, la thyroïde le fait savoir : la personne se sent nerveuse, irritable, et présente notamment des troubles du sommeil, une perte de poids, un transit digestif accéléré, parfois une exophtalmie (yeux exorbités). Les taux sanguins de T3 et T4 sont très élevés et celui de la TSH s’effondre pour apaiser la situation. L’échographie peut déceler la présence de nodules. La cause la plus fréquente est un dysfonctionnement immunitaire, qui révèle une maladie de Basedow. Le traitement vise à diminuer cette agression immunitaire. Quant à l’iode contenu dans les aliments, il faut en assurer un apport normal, ni plus ni moins.

De l’iode à tout âge

Le besoin en iode évolue au fil de la vie. Il est moindre chez l’enfant, allant de 80 µg par jour à 1 an à 90 µg par jour à 5 ans, puis à 120 µg par jour à 8 ans ; il sera au même niveau que celui de l’adulte et du sujet âgé, soit 150 µg par jour, à partir de 10 ans. Si 40 % des adultes ont des apports insuffisants, la situation est moins préoccupante chez les enfants tant qu’ils boivent suffisamment de lait (un bol de 25 cl de lait fournit à lui seul près de 40 µg d’iode).

 

Au quotidien : bien choisir ses aliments

Les principales sources d’iode sont les poissons d’eau de mer (surtout le cabillaud et l’églefin, qui en contiennent deux fois plus que la plupart des autres poissons), les fruits de mer (en particulier les crevettes, les huîtres et les moules), les œufs, les produits laitiers et le sel iodé.

Les 10 meilleures sources d’iode

Aliments Pour 100 g Par portion
Poisson (moyenne)
Dont cabillaud, églefin
60-65 µg
122 µg
150 g => 90-105 µg
150 g => 180 µg
Crevettes 120 µg 150 g => 180 µg
Huîtres 100 µg 12 huîtres = 100 g => 100 µg
Moules 100 µg 1 portion = 100 g => 100 µg
Crabe 60 µg 2 pinces = 100 g => 60 µg
Œufs 50 µg 2 œufs = 100 g => 50 µg
Lait 15 µg Bol de 250 ml => 40 µg
Yaourt 17 µg 1 pot de 125 g => 20 µg
Sel iodé 1 860 µg 1 pincée de sel = 1 g => 19 µg
Fromages 25 µg 1 portion de 30 g => 8µg

Source : Ciqual

 

En somme, pour un apport d’iode suffisant, il suffit de manger chaque jour trois produits laitiers (50 à 70 µg d’iode), de saler avec un sel iodé (deux pincées de sel par jour apportent 40 µg d’iode), de manger du poisson et des fruits de mer deux ou trois fois par semaine (pour un total de 300 µg d’iode, soit environ 40 à 50 µg d’iode par jour) et au moins quatre œufs dans la semaine (10 µg d’iode par jour). Le compte est bon et la thyroïde est satisfaite !

En prime : zinc, sélénium, oméga 3 et vitamine D

Ces oligoéléments antioxydants sont également utiles au bon fonctionnement de la thyroïde. Par chance, on les trouve aussi dans les poissons et fruits de mer. Les huîtres sont en outre particulièrement riches en zinc : une douzaine d’unités en apporte le double du besoin quotidien ! Quant aux oméga 3 et à la vitamine D, ils sont présents dans les poissons gras – saumon, sardine, maquereau, truite, hareng. Raison de plus pour en manger deux fois par semaine, idéalement.

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Attention à l’abus d’algues

Les algues séchées contiennent en moyenne 50 000 µg pour 100 g, mais ce taux peut varier de 5 000 (nori) à 486 000 µg pour 100 g (laminaire). Ceux qui cèdent à la mode des makis en mangent donc régulièrement. En considérant qu’un maki contient à peu près 1 g d’algue séchée, l’apport d’iode s’élève à 50 µg par pièce ; il suffirait de manger trois makis pour couvrir son besoin quotidien en iode, indépendamment des autres sources. On en mange, la plupart du temps, plus mais cet « excès » n’est pas dommageable en soi. C’est même le contraire étant donné que l’apport d’iode est trop souvent insuffisant. On peut donc continuer de se faire plaisir et de manger des makis une fois par semaine si on le souhaite. À noter que la spiruline, une algue d’eau douce, ne contient pas ou très peu d’iode.

Dr Laurence PLUMEY, Médecin nutritionniste, fondatrice d'EPM Nutrition

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