CYSTALIA
THERAPIES BREVES

Thérapies brèves, mode d’emploi

11 janvier 2018
Traumatisme, dépression, blocage psychologique : l’hypnose, l’EMDR, les TCC et autres thérapies brèves proposent de surmonter son problème en quelques séances seulement. Explications.

 

Le règne de la psychanalyse serait-il révolu ? Sûrement pas, mais d’autres alternatives sont possibles pour les personnes dépressives, victime d’un syndrome de stress post-traumatique, de TOC, phobies, angoisses, ou tout simplement désireuses de changer quelque chose dans leur manière de vivre.

 

L’appellation « thérapies brèves » regroupe plusieurs disciplines proposant une approche différente de leurs troubles, en s’intéressant à la manière dont ils se manifestent et aux solutions que la personne peut imaginer, plutôt qu’à une exploration des causes comme le propose la psychanalyse. Elles se distinguent aussi des autres thérapies par une évaluation des modifications durables du comportement, considérées comme un critère de réussite ou non de la thérapie. L’hypnose ericksonienne, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), la PNL ou l’EMDR sont les têtes de gondoles ce mouvement alternatif. Quelles sont leurs spécificités et principes ?

 

Les thérapies cognitivo-comportementales, championnes de la reprogrammation

Étudiées depuis le début du XXe siècle, les TCCreposent sur l’idée que les croyances négatives que le patient a sur lui-même résultent d’expériences antérieures qui l’ont conditionné, et provoquent ses phobies, névroses, dépendances ou TOC. Les TCC proposent au patient de modifier sa façon de penser et d’en retirer de nouveaux comportements pour se libérer de ses blocages.

Cette approche implique une participation active du patient afin de débusquer les déclencheurs de ses troubles, ainsi que des pensées et comportements qui en découlent, pour ensuite mener des actions qui lui permettront de modifier sa manière de les appréhender. Le thérapeute aide le patient à réaliser cet apprentissage en lui fixant des objectifs via une stratégie thérapeutique. Les TCC se montrent efficaces sur les phobies (trac, agoraphobie, insectes, avion…), les addictions (tabagisme, boulimie, alcool…), et nécessitent en moyenne une vingtaine de séances.

 À lire aussi : Addictions, quand le cerveau devient accroc…

 

La thérapie par l’hypnose ericksonienne, contre l’angoisse et les dépendances

L’hypnose a le vent en poupe depuis plusieurs années, notamment pour se libérer d’addictions comme le tabagisme ou l’alcoolisme ou régler des troubles alimentaires. La méthode développée à des fins thérapeutique par Milton H. Erickson, psychiatre américain, est la plus largement utilisée aujourd’hui en France. L’hypnotiseur induit un état particulier de conscience qui permet au patient d’orienter son attention vers un but spécifique et de considérer la réalité sous un angle différent.

Le thérapeute invite alors le patient à utiliser ses réflexions et émotions de manière plus adaptée à l’objectif qu’il s’est fixé : se libérer d’une peur de l’avion, arrêter de fumer, etc… Selon les troubles à régler, l’hypnotiseur pourra proposer lors du premier rendez-vous un nombre de séances déterminé, mais ce n’est pas une obligation. Difficile en effet d’évaluer le temps nécessaire pour traiter une dépression ou des troubles de la personnalité.

 À lire aussi : Les secrets de l’hypnose

 

La PNL, pour reposer de bonnes bases de communication

La programmation neuro-linguistique est l’une des thérapies brèves les plus connues, très efficace pour faire face à des problèmes ponctuels. Divorce, deuil, problème relationnel, trac, prise de parole en public… Le mot « programmation » peut évoquer une manipulation, mais il évoque en fait les modes de pensée et automatismes que nous utilisons au quotidien et qui nous conditionnent. Inventée par Richard Wayne Bandler et John Grinder, la PNL est une boîte à outils réunissant des techniques de communication et de développement personnel. Elle propose de transformer ces pensées ou conduites d’échec en modèles de réussite en améliorant la perception de soi et des autres, en utilisant notre activité neurologique et le langage, reflet de notre mode de pensée.

 

Les surprenants résultats de la thérapie EMDR

L’Eye Movement Desensitization and Reprocessing (en français : technique de désensibilisation et reprogrammation par mouvements oculaires) a été développée par l’Américaine Francine Shapiro, qui découvrit lors d’une promenade dans un parc que ses mouvements oculaires avaient la capacité de réduire la charge émotionnelle de certains souvenirs douloureux. Elle met au point à la fin des années 80 la technique d’EMDR, une approche thérapeutique innovante qui part du principe que les traumatismes laissent une trace dans le cerveau, et que des séries de mouvements oculaires peuvent estomper ces blessures. En plus des mouvements oculaires, l’EMDR s’appuie aussi sur les techniques d’hypnose et de relaxation. Différentes études ont montré l’efficacité de cette thérapie dans les cas de stress post-traumatique, chez les victimes de viol, d’abus sexuels, ou les vétérans de guerre. L’INSERM a consacré une étude à de l’EMDR qui va dans ce sens.

 À lire aussi : Comment surmonter ses phobies ?

 

Ces différentes thérapies sont ouvertes à tous, sans contre-indication particulière, si ce n’est de rester vigilant quant aux possibles dérives éthiques que le grand nombre de praticiens et le peu de formations reconnues peut engendrer.

  1. Inserm : Psychotherapy : Three approaches evaluated, 2004
Clémentine Garnier

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