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La vaccination contre la grippe est-elle efficace ?

La grippe tue chaque année, et s’avère dangereuse pour les populations fragiles, femmes enceintes, bébés, seniors. Le vaccin offre-t-il une protection efficace ?

 

En France, la grippe touche chaque année, entre 2 et 8 millions de personnes et même s’il est difficile d’apprécier la responsabilité de la grippe dans le décès de personnes âgées, il est possible d’affirmer que chaque année cette infection virale tue entre 5 000 et 20 000 personnes.

Contrairement à la plupart des autres vaccins, celui contre la grippe permet d’être immunisé contre trois à quatre souches mais cette protection reste forcément provisoire, car les virus grippaux se modifient sans cesse. Cette grande variabilité des virus de la grippe circulant a deux conséquences : le vaccin contient des souches qui varient d’année en année selon l’épidémiologie constatée au printemps (et on se fait vacciner l’automne suivant) et il faut donc se faire vacciner chaque année.

Pour qui le vaccin est-il recommandé ?

La vaccination est recommandée (et prise en charge à 100 %) annuellement pour :

  • toutes les personnes à partir de 65 ans ;
  • les personnes de moins de 65 ans atteintes de certaines maladies chroniques ;
  • les femmes enceintes ;
  • les personnes obèses ;
  • l’entourage familial des nourrissons âgés de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave ;
  • les personnes résidant en établissement de soins de suite ainsi qu’en établissement médico-social d’hébergement, quel que soit leur âge.

Malheureusement, depuis 2009, la couverture vaccinale des populations à risque, baisse régulièrement. 3 000 décès pourraient être évités si cette couverture atteignait l’objectif de 75 % fixé par l’OMS. Or il est à peine de 50 %.

 

La vaccination contre la grippe est-elle efficace ?

Si le vaccin contre la grippe n’est pas aussi efficace que d’autres vaccins en raison de cette grande variabilité des souches virales, la vaccination permet néanmoins de réduire de moitié les formes graves et sauve, chaque année, en France, plusieurs milliers de vies. Alors que le vaccin utilisé pour l’épidémie de grippe 2015-2016 a été conforme aux normes d’efficacité habituelle, celui de l’année précédente l’avait été beaucoup moins en raison de l’évolution inattendue, au printemps 2014, des souches virales en cause dans l’épidémie à venir. L’OMS publie, en février de chaque année, une recommandation sur la composition du vaccin grippal dans l’hémisphère Nord, sur la base d’une probabilité que telle ou telle souche sera responsable de l’épidémie de l’hiver suivant.

Les mutations virales sont malheureusement imprévisibles. C’est précisément ce qui s’est passé avec le vaccin 2014-2015 et la souche grippale A-Texas-50-2012, qui par « glissement antigénique[1] » s’est modifiée de manière inattendue durant l’été 2014. Cette inadéquation des souches virales contenues dans le vaccin et la réalité épidémique ne s’est heureusement pas reproduite pour la vaccination 2015-2016.

 

Les effets indésirables du vaccin contre la grippe

Ils sont de l’ordre de 1 à 4 cas notifiés pour 100 000 doses administrées. Le plus souvent, ces effets sont bénins : des réactions locales, légères et transitoires, plus rarement des effets généraux tels que de la fièvre, des douleurs musculaires ou articulaires, des céphalées. Il peut survenir des effets indésirables plus graves, comme des effets neurologiques (syndrome de Guillain-Barré) ou d’hypersomnie (une trentaine de cas ont été recensés en France après la vaccination contre la grippe A [H1N1] en 2009-2010).

La vaccination contre la grippe est efficace, et elle le sera d’autant plus qu’une part importante de la population sera vaccinée, y compris les adolescents et jeunes adultes qui, rarement « à risque » pour eux-mêmes, le sont pour leur environnement familial, social, professionnel, etc.

 

[1]On entend par glissement antigénique, une modification minime du génome du virus. Le virus de la grippe est un virus à ARN, moins stable que les virus à ADN car les mécanismes de reproduction du virus font appel à une ARN polymérase, enzyme moins fidèle que les ADN polymérases. Il en résulte des changements de quelques éléments de l’acide nucléique à chaque génération et donc des modifications significatives de deux protéines codées par cet acide nucléique « changeant » : l’hémagglutinine (H) et/ou la neuraminidase (N). Ainsi, par exemple, un virus comme le H1N1 peut évoluer dans le temps. Le virus H1N1 de la grippe espagnole de 1919 n’a qu’une parenté éloignée avec le virus H1N1 qui a fait beaucoup parler de lui en 2009.

 

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les-medicaments-en-100-questions-crgLES MÉDICAMENTS EN 100 QUESTIONS, de François Chast, Président honoraire de l’Académie Nationale de Pharmacie.
Éditions Taillandier, 2016,
14.90 €.