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10 ennemis de la fertilité du couple

Tomber enceinte ne va pas toujours de soi, et de nombreux couples sont confrontés à des difficultés pour concevoir un bébé. Quels sont les facteurs qui nuisent à la fertilité, et comment les améliorer ?

 

Les problèmes de fertilité occupent une place croissante dans notre société : près d’un couple sur quatre rencontre des difficultés au moment de lancer un projet de grossesse et met plus d’un an avant d’y parvenir. Il existe de nombreux facteurs susceptibles d’influencer ce délai ; si tous ne sont pas contrôlables, il est néanmoins possible d’agir sur certains.

 

1 – Éviter les coups de chaud

Les testicules n’aiment pas du tout être exposées à la chaleur, à tel point que cette technique est la base d’une méthode de contraception masculine étudiée par les Dr Robinson, Steinberger et Watanabe dans les années 1950.

Pour produire assez de spermatozoïdes viables en vue d’une fécondation (au moins 10 à 12 millions), les testicules doivent être maintenus à une température inférieure de plusieurs degrés à celle du corps, aux environs de 35°C. D’où leur emplacement dans le scrotum, qui dispose de son propre système de rafraîchissement, la nature étant bien faite.

Exposés à une température plus élevée, la quantité et la mobilité des spermatozoïdes diminuent de manière spectaculaire.

À proscrire donc lorsque l’on a un projet d’enfant : les jeans, slips et boxers qui remontent les testicules trop près du corps et les réchauffent, les bains très chauds et tout autre action susceptible d’augmenter leur température.

 

2 – Surveiller son poids

Le poids influence la fertilité de l’homme et de la femme. Un individu qui a un IMC (indice de masse corporelle) inférieur à 18.5 et qui est considéré comme maigre au sens médical du terme peut voir chuter sa production de gonadolibérine (ou GnrH, hormone sexuelle produite par le cerveau), ce qui provoque un arrêt de l’ovulation chez la femme, et nuit à la qualité des spermatozoïdes.

Lorsqu’il y a fécondation, des niveaux insuffisants de gonadolibérine altèrent aussi la capacité de l’endomètre à accueillir l’ovule fécondé.

Sans oublier les risques de fausse couche : un IMC trop bas est associé à 72% de risques de fausse couche spontanée dans les trois premiers mois de grossesse.

 

3 – Éviter le surpoids

À l’inverse, une femme avec un IMC supérieur à 27 et qui souffre de surpoids peut constater des anomalies dans ses cycles menstruels comme une aménorrhée (absence de règles) ou une dysménorrhée (douleurs avant, pendant et/ou après les règles).

L’excès de poids provoque en effet un dérèglement de la production de gonadolibérine, ce qui peut altérer la qualité de l’ovulation et, indirectement, celle de l’ovocyte et de la muqueuse utérine.

Chez les messieurs, le surpoids affecte aussi la production de gonadolibérine, ce qui va souvent de pair avec une baisse de la quantité de spermatozoïdes, et celle de testostérone, provoquant des troubles érectiles.

Sans oublier que de récentes études montrent que les hommes en situation d’obésité auraient un sperme de moins bonne qualité, moins abondant et avec une plus forte proportion de spermatozoïdes anormaux.

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4 – Garder son téléphone portable à distance

Dès 2004, une étude1 menée par des scientifiques hongrois sur 221 hommes pendant treize mois a montré que le simple fait de garder un téléphone portable en veille à proximité de ses testicules (dans sa poche de pantalon ou à la ceinture) toute la journée diminuait la concentration du sperme, qui passe alors de 83 millions par millilitre à 59 millions par millilitre. La même étude a montré que la durée des communications réalisées avec un téléphone portable était liée à une baisse de la mobilité des spermatozoïdes, qui passe à 36.3% chez les utilisateurs contre 51% chez les non-utilisateurs.

 

5 – Écouter son horloge biologique

Pas besoin de longues démonstrations : il a été maintes fois montré que plus l’on avance en âge, et plus il devient difficile de concevoir un enfant naturellement.

Les femmes qui ont 75% de chances tomber enceinte en un an à 30 ans n’en ont plus que 66% à 35 ans et 44% à 40 ans. En cause, la diminution de la réserve du capital folliculaire, une baisse de la synthèse des hormones sexuelles et de la qualité de l’endomètre utérin.

Même si les hommes ont moins de pression biologique, on constate un début d’altération des spermatozoïdes autour de 45 ans, et un risque accru d’anomalies chromosomiques au-delà de 55 ans.

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6 – Boire ou féconder, il faut choisir

Une étude2 publiée en 2016 menée sur plusieurs milliers de Danoises a montré que la consommation d’alcool impactait leur fertilité : 14 verres par semaine, soit 2 par jour, rime avec une baisse de fertilité de 18% par rapport à l’abstinence.

Messieurs, ne vous réjouissez pas trop vite, vous êtes aussi concernés : une autre étude3 menée par des chercheurs danois en 2014 a montré un lien entre consommation d’alcool et baisse de la quantité et qualité du sperme masculin. À partir de 5 verres par semaine (seulement 5, oui !), soit moins d’un par jour, les effets négatifs s’en ressentent sur la fertilité.

Un projet de grossesse devrait donc s’accompagner d’une réduction drastique de la consommation d’alcool de la part des deux partenaires afin de favoriser leurs chances de fécondation.

 

7 – Stopper la clope

Le tabagisme est l’un des ennemis publics n°1 de la grossesse, et c’est vrai avant même qu’elle ne débute. En moyenne, les fumeuses mettent deux fois plus de temps à concevoir un enfant que les non-fumeuses, et l’on constate une baisse de la fertilité chez elles qui oscille entre 10 et 20%.

La cigarette affecte aussi les capacités des hommes. Le fait de fumer entraîne une baisse de la quantité et de la qualité des spermatozoïdes par rapport à des non-fumeurs ; la nicotine et le monoxyde de carbone, eux, perturbent les capacités érectiles.

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8 – Diminuer son stress

Des chercheurs américains ont souligné l’importance de savoir se relaxer et tenir son stress à distance lorsque l’on souhaite tomber enceinte.

Une étude4 menée sur 400 femmes a montré que celles sujettes au stress voyaient leurs chances de tomber enceintes réduites de 45%. Ouch. Avant de se lancer dans un projet de grossesse, il est donc conseillé aux aspirantes mamans de découvrir les bienfaits du yoga, de la sophrologie et autres techniques de relaxation.

 

9 – Faire du sport… mais pas trop

Bien entendu, le sport est bon pour la santé, le mental et la forme physique. Mais pratiqué à dose raisonnable !

Un effort sportif trop prolongé provoque la sécrétion d’hormones du stress (cortisol, adrénaline, noradrénaline) et de neuromédiateurs qui affectent la production de gonadolibérine (GnRH, toujours elle). Le résultat ? Dans les cas les plus sévères, des troubles importants du cycle menstruel, des règles irrégulières voire inexistantes, et un blocage de la fonction ovarienne, et a minima une hypofertilité pour les sportives présentant des cycles menstruels normaux.

 

10 – Ne pas s’exciter sur le café

Une info étonnante, mais vérifiée par les chercheurs de l’université du Nevada : la caféine inhibe les contractions des muscles des trompes de Fallope, chargées d’acheminer l’ovule jusqu’à l’utérus. Menée sur des souris, qui auraient un système reproductif similaire au nôtre, cette étude5 suggère que la caféine impacterait la fertilité à partir de deux tasses de café par jour. Attention également de ne pas abuser des sodas qui en contiennent !

 

1 – Source The Independant : « Mobile phone use can reduce sperm count, study shows », 2004
2 – Source British Medical Journal : « Alcohol consumption and fecundability: prospective Danish cohort study », 2016.
3 – Source British Medical Journal : « Habitual alcohol consumption associated with reduced semen quality and changes in reproductive hormones », 2014.
4 – Source Annals of Epidemiology : « The impact of periconceptional maternal stress on fecundability », 2016.
5 – Source British Journal of Pharmacology, 26 mai 2011.

De l’acide folique lorsque l’on veut tomber enceinte?

Dans le cadre d’un projet de grossesse, le médecin d’Axelle lui a prescrit de l’acide folique. Quel rôle joue-t-il ? Y a-t-il un risque pour le bébé ?

 

L’acide folique (appelé aussi vitamine B9 ou folates) joue un rôle essentiel dans le développement du fœtus. Son déficit lors de la phase décisive de fermeture du tube neural peut provoquer de graves anomalies du système nerveux (spina bifida). Il peut également engendrer un risque de prématurité et de retard de croissance du fœtus. L’incidence moyenne des malformations est d’environ une grossesse sur 1 000 en France. Près des trois quarts des femmes en âge de procréer ont des apports alimentaires en folates inférieurs à 100 % des apports conseillés. L’amélioration de leur statut en folates, notamment en cas de désir de grossesse, fait partie des objectifs du Progamme National Nutrition Santé (PNNS).

 

Prescrire au bon moment la vitamine B9…

Pour prévenir ces carences, une alimentation conforme aux repères du PNNS, riche notamment en fruits rouges (fraise, framboise, cerise…) et légumes verts (choux épinards, mâche, brocolis) est conseillée mais elle est souvent insuffisante. Une supplémentation médicamenteuse est préférable pour plus de sécurité. Pour être efficace, elle doit débuter au moins quatre semaines avant la conception. Une prescription systématique de folates, jusqu’à la 12e semaine d’aménorrhée, est recommandée dès que la décision d’avoir un enfant est prise, et si possible dès l’arrêt de la contraception.

… et à la bonne posologie

L’acide folique n’est pas efficace à 100 % mais il réduit le risque d’anomalies dans près de deux tiers des cas. Parlez-en à votre médecin quand vous envisagez une grossesse. La posologie recommandée est d’un comprimé d’acide folique dosé à 0,4 mg en une prise quotidienne. Une dose plus importante de 5 mg d’acide folique par jour est prescrite aux femmes à risque élevé, présentant un antécédent de fœtus atteint de malformations du système nerveux ou traitées par certains médicaments pouvant induire des carences en folates. Dans les deux cas, les prescriptions sont remboursées à 65 % par la Sécurité sociale. La tolérance du traitement est bonne et aucun effet indésirable, ni pour la mère ni pour le bébé, n’a été rapporté.

Stimulez votre fertilité

Pas de bébé en vue et vous vous impatientez ? Ne pensez pas trop vite que vous êtes infertile. Avant d’envisager des techniques lourdes d’assistance à la procréation, mettez toutes les chances de votre côté.

 

On estime qu’aujourd’hui 1 couple sur 10 connaît, à un moment ou un autre, une période d’infertilité. À cela plusieurs explications, dont l’augmentation du nombre de familles recomposées et le choix plus fréquent pour les femmes de privilégier la carrière professionnelle. Dans ces conditions, les essais de procréation naturelle sont tardifs, alors que la fertilité baisse physiologiquement avec l’âge.
À 40 ans, une femme « tombe » enceinte beaucoup moins facilement qu’à 20 ou 30 ans. Le rôle de l’environnement est également prouvé, en particulier la présence de « perturbateurs endocriniens », des substances présentes dans toutes sortes de produits utilisés quotidiennement : aliments d’origine animale ou végétale, emballages alimentaires, produits de combustion, mobilier…
La Communauté européenne a interdit le bisphénol A dans la fabrication des biberons et mis en place la directive REACH qui impose aux industriels une évaluation toxicologique de tout nouveau produit mis sur le marché ; mais cette politique est récente et le constat est inquiétant. Par exemple, la teneur en spermatozoïdes du sperme masculin a sérieusement chuté. Autre cause d’infertilité ou d’hypofertilité (diminution de la fertilité conduisant à un allongement du temps mis pour concevoir un enfant) : les modifications de notre alimentation, responsables de déséquilibres en vitamines, minéraux et oligo-éléments.

 

Ne pas surmédicaliser la procréation

Les couples ne comprennent pas toujours qu’arrêter la contraception ne suffit pas pour déclencher une grossesse ou que, passée la trentaine, la fertilité diminuant, il faut un peu plus de temps pour l’obtenir. Ils s’impatientent et font appel
de plus en plus à l’assistance médicale à la procréation (AMP). Attention à la surmédicalisation!

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Des compléments alimentaires

Avant de vous précipiter dans un centre de fertilité, interrogez votre mode de vie. Le tabac, l’alcool, une surcharge de travail, un environnement pollué nuisent à la qualité des spermatozoïdes. Créez un environnement favorable, privilégiez les aliments riches en antioxydants, fruits et légumes surtout, et donnez un coup de pouce à la nature en faisant une cure de compléments alimentaires spécifiques : à base de vitamines, de minéraux, d’oméga 3 et d’acides aminés. Leur composition diffère entre les hommes et les femmes.

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Les causes communes d’infertilité

Quand rien n’y fait, il y a lieu de consulter, car les techniques d’aide à la procréation se perfectionnent, et permettent à de nombreux couples d’avoir l’enfant qu’ils n’auraient pas eu autrefois. Des examens sont indispensables pour déterminer la ou les causes d’infertilité. Préalable indispensable au choix de la meilleure stratégie.

L’homme est « responsable » de plus de 20 % des infertilités par :

  • L’absence de sperme dans l’éjaculat. Soit parce que les spermatozoïdes ne sont pas fabriqués, soit parce qu’ils sont retenus dans les testicules.
  • L’éjaculation rétrograde. Les spermatozoïdes sont expulsés dans la vessie au lieu de s’extérioriser par la verge.
  • L’altération du nombre et/ou de la mobilité des spermatozoïdes, qui les rend incapables de féconder l’ovule féminin.
  • Ou d’autres causes : traumatisme des testicules varicocèle (varice des veines des testicules), séquelles d‘infection virale (oreillons) ou bien maladie sexuellement transmissible, effets indésirables d’une chimiothérapie anticancéreuse.

La femme est en cause dans environ 33 % des cas.
Il s’agit souvent d’une anomalie de l’ovulation, ou des trompes, souvent altérées ou bouchées après une infection (sexuellement transmissible surtout), ou après une grossesse extra-utérine (fixée dans une trompe). Une anomalie de la glaire cervicale ou encore un syndrome des ovaires polykystiques, sont aussi possibles. Outre l’âge, l’obésité ou l’anorexie, des problèmes thyroïdiens, l’alcoolisme, le tabagisme constituent des causes indirectes d’infertilité.

Les infertilités mixtes résultent d’anomalies féminines et masculines.
Elles sont majoritaires (40 %) et difficiles à résoudre car les traitements doivent être synchronisés, de manière à réunir en même temps les meilleures chances d’ovulation et de fécondation par le sperme.

Les infertilités inexpliquées sont estimées à 6 %.
Aucune anomalie ! Et pourtant… l’enfant ne paraît pas.

 

La FIV depuis Amandine

En France, les recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP), ou procréation médicalement assistée (PMA), augmentent d’année en année, depuis la naissance d’Amandine premier bébé-éprouvette français en 1982. Selon l’Agence de la Biomédecine, en 2012 quelque 143 000 tentatives de PMA ont été réalisées en France. Elles ont permis la naissance de près de 23 000 enfants, soit 2,9 % des naissances enregistrées cette année-là.

  • Différentes techniques sont possibles. Dans 5 % des cas environ, le couple doit recourir au don de gamètes (spermatozoïdes ou ovocytes selon les cas) ou, très rarement, d’embryons.
  • Les autres techniques sont intraconjugales, autrement dit réalisées avec les gamètes du couple. Dans un quart des cas, les naissances sont obtenues par insémination intra-utérine et dans trois quarts des cas par fécondation in vitro (FIV). Cette technique a, il est vrai, bénéficié d’une avancée médicale, l’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI), qui consiste à injecter un spermatozoïde dans l’ovule à l’aide d’une micro-pipette. Aujourd’hui, un couple a, grâce à la FIV, presque 1 chance sur 2 d’avoir un enfant. Mais le taux de succès chute fortement avec l’âge.
À savoir

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Le laboratoire Roche a lancé récemment un nouveau test de fertilité (Elecsys®) destiné à évaluer la réserve ovarienne des femmes en vue d’une grossesse. Ce test sanguin (sur prescription) est le premier test entièrement automatisé, donc rapide, fiable et précis, ciblant l’hormone anti-mullérienne (AMH).
Le niveau de cette hormone, produite par les follicules ovariens, reflète la taille de la réserve en ovules disponibles.
À lire

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Livre_Voyage_au_pays_des_infertilesVOYAGE AU PAYS DES INFERTILES
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L’auteur, psychanalyste spécialiste des questions de filiation et de procréation, nous livre son expérience quotidienne.
Geneviève Delaisi de Parseval, Ed. Odile Jacob, 21,90 €.