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Le point sur les troubles de la thyroïde

Hyperthyroïdie ou hypothyroïdie, on connaît. Ce que recouvrent ces deux dérèglements de la glande thyroïde, leurs causes, leurs mécanismes et leurs traitements, beaucoup moins.

 

On entend souvent dire : « Il (ou, surtout, elle) a un problème de thyroïde. » Mais lequel ? On sait en général que cette glande est située à la base du cou et qu’autrefois, dans les régions montagneuses, une carence chronique en iode provoquait un goitre, une augmentation de volume de la thyroïde visible. Pour le reste, les connaissances sont vagues et confuses… Petit rappel : la thyroïde est une petite glande en forme de papillon, logée en dessous de la pomme d’Adam, que l’on ne voit pas quand sa taille est normale. Avant de naître, le fœtus présente déjà une thyroïde active, sauf en cas d’anomalie, dépistée systématiquement au troisième jour de vie, en même temps que d’autres maladies, à partir d’une goutte de sang prélevée au talon (test de Guthrie). À la puberté, la thyroïde intervient dans la transformation du corps. Par la suite et tout au long de la vie, elle fabrique, à partir de l’iode apporté par l’alimentation (sel marin ou enrichi en iode et, dans une moindre mesure, poissons, coquillages et crustacés), deux hormones particulières appelées T3 et T4, essentielles au bon fonctionnement de l’organisme. La libération de ces hormones est régulée, c’est-à-dire stimulée ou freinée selon les besoins, par une autre glande, l’hypophyse, située à la base du cerveau.

 

Les dérèglements de la thyroïde

Quand la thyroïde fonctionne mal ou se dérègle, elle libère trop d’hormones ou, au contraire, trop peu. Dans les deux cas, les répercussions sont sérieuses et un traitement s’impose.
Les symptômes dus à un dysfonctionnement de la thyroïde, dans un sens ou dans un autre, ne sont pas toujours caractéristiques, mais plusieurs signes peuvent mettre sur la piste.

Hypothyroïdie = thyroïde au ralenti

Vous êtes une femme de plus de 50 ans et vous vous sentez fatiguée, irritable, frileuse ? Vous avez pris du poids ? Vous souffrez peut-être d’hypothyroïdie. La thyroïde s’endort et tout l’organisme fonctionne au ralenti. En France, la principale cause n’est plus une carence en iode, mais une maladie auto-immune, dite thyroïdite de Hashimoto : le système immunitaire réagit comme si la thyroïde était un élément étranger et la détruit peu à peu. Autres causes : l’ablation d’un cancer de la thyroïde, certains médicaments dont le lithium utilisé en psychiatrie, un mauvais fonctionnement de l’hypophyse.

Sans traitement (hormones thyroïdiennes à prendre à vie), les conséquences peuvent être graves à la longue : maladies cardiovasculaires et myxœdème (visage bouffi, coloration jaune, peau sèche et épaisse) pouvant aboutir au coma.

Les signes qui doivent vous inciter à consulter

Manque d’énergie, fatigue, baisse de moral, irritabilité, frilosité, pâleur et sécheresse de la peau, ongles et cheveux cassants, constipation, prise de poids injustifiée, rythme cardiaque ralenti.

Les signes qui doivent vous inciter à consulter : manque d’énergie, fatigue, baisse de moral, irritabilité, frilosité, pâleur et sécheresse de la peau, ongles et cheveux cassants, constipation, prise de poids injustifiée, rythme cardiaque ralenti.

Hyperthyroïdie = thyroïde en surchauffe

L’hyperthyroïdie est plus fréquente, mais elle touche aussi davantage les femmes que les hommes. On la découvre habituellement entre 20 et 40 ans, mais on peut être atteint à d’autres âges. La thyroïde s’emballe et la production d’hormones est trop élevée. En cause le plus souvent, la maladie de Basedow (une autre maladie auto-immune qui entraîne une stimulation excessive de la thyroïde), ou bien un nodule thyroïdien, petite masse située dans la glande. La personne est nerveuse voire agressive, a trop chaud, les yeux globuleux mais, comme pour l’hypothyroïdie, les symptômes ne sont pas forcément présents tous en même temps et sont plus ou moins marqués selon l’importance du dysfonctionnement.

Dans le doute, mieux vaut consulter pour faire un dosage sanguin et bénéficier au besoin d’un traitement (médicaments antithyroïdiens) pour régulariser la sécrétion hormonale. En effet, les complications à long terme peuvent être graves : ostéoporose (l’absorption du calcium par les os est perturbée), arythmie cardiaque, insuffisance cardiaque ou coma.

Les symptômes tyroïde à repérer

Hypernervosité, petits tremblements des mains, yeux exorbités ou très secs, transpiration, selles fréquentes, amaigrissement malgré un appétit normal ou augmenté, rythme cardiaque plus rapide.

Les symptômes à repérer : hypernervosité, petits tremblements des mains, yeux exorbités ou très secs, transpiration, selles fréquentes, amaigrissement malgré un appétit normal ou augmenté, rythme cardiaque plus rapide.

 

Thyroïdite et grossesse

Traitées correctement, ni l’hyperthyroïdie ni l’hypothyroïdie n’empêchent d’avoir des enfants.

Avant la grossesse

En cas d’hyperthyroïdie, un traitement par médicaments antithyroïdiens permet souvent d’endiguer en quelques mois la sécrétion hormonale. Mais une opération de la thyroïde est parfois nécessaire. En cas d’hypothyroïdie, l’ovulation peut être perturbée. L’endocrinologue prescrit une hormonothérapie thyroïdienne substitutive, mais trouver le bon dosage prend un peu de temps. Dans les deux cas, une grossesse peut démarrer une fois le traitement stabilisé.

Pendant la grossesse

L’hyperthyroïdie est en général préexistante mais a pu passer inaperçue. Un médicament antithyroïdien qui ne traverse pas le placenta permet d’éviter retard de croissance du bébé, malformations, toxémie gravidique (complication grave caractérisée par une hypertension artérielle, la présence de protéines dans l’urine, des œdèmes) et accouchement prématuré. Les femmes déjà traitées pour une hypothyroïdie doivent continuer à prendre leurs hormones (à dose plus élevée). En cas d’hypothyroïdie liée à la grossesse, un traitement est aussi nécessaire. Il n’est pas dangereux pour l’enfant ; au contraire, il prévient tout risque d’anomalie de son développement psychomoteur et intellectuel.

 

Une chirurgie plus légère

Aujourd’hui, en cas de nodule gênant ou suspect, les chirurgiens évitent, à chaque fois que c’est possible, d’enlever la totalité de la thyroïde comme on le faisait il y a vingt ans et se limitent au lobe thyroïdien où se trouve le nodule. Huit fois sur dix, la thyroïde retrouvant un fonctionnement normal, le traitement à vie (hormones thyroïdiennes) n’est pas nécessaire. La cicatrice est aussi bien plus discrète : elle ne mesure que 6-7 cm et, au lieu d’agrafes, on utilise de la colle biologique ou des fils résorbables.

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Les maladies de la thyroïde ont une influence sur la vie sociale et nécessitent des traitements qu’il faut apprendre à maîtriser selon l’âge de survenue. Comment vivre normalement avec ou sans thyroïde ? Les réponses d’une endocrinologue hospitalière.

Dr Valérie Foussier, éd. Josette Lyon, 2013, 227 p., 17 e.