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AVC : l’éviter, gérer les séquelles

Quelques conseils pour éviter l’AVC ou pour apprendre à surmonter les séquelles d’un AVC.

 

Comment éviter un AVC et ses séquelles ?

Chiffre

Chiffre

1 AVC
survient toutes les
4 minutes
en France.
Source : France AVC, http://www.franceavc.com/ 
L’AVC, accident vasculaire cérébral, est la première cause de handicap acquis, la deuxième cause de démence après l’Alzheimer et la troisième cause de mortalité. L’AVC est une maladie grave, voire mortelle. Il vaut donc mieux éviter qu’il ne survienne. Et si le mal est fait, il s’agit d’en limiter les conséquences, puis d’empêcher une récidive.

Non, les AVC ne passent pas tout seuls. Pas question donc d’attendre pour voir ou de minimiser les symptômes AVC en allant se coucher par exemple pour se reposer ou prendre une tisane et se dire que demain, tout ira mieux… Il faut régler le problème, de toute urgence, en squeezant même son médecin traitant et en appelant le 15. Chaque minute compte, comme pour un infarctus du myocarde.

Le cerveau souffre, soit en raison de l’hémorragie cérébrale (une fois sur 5) d’un petit vaisseau, soit d’une obstruction par un caillot ou ischémie (4 fois sur 5). Une fois le scanner ou l’IRM réalisés, on peut tenter de déboucher l’artère cérébrale grâce à la thrombolyse (médicament que l’on injecte dans la circulation) et surtout bénéficier de l’ensemble des soins réalisés à l’hôpital (mieux, dans une unité spécialisée, de soins intensifs cérébrovasculaires). On a alors davantage de chances de revenir à son domicile, autonome.

C’est dire l’intérêt de reconnaître les petits signes d’alerte, surtout si l’on a des facteurs de risque vasculaire (hypertension, diabète, etc.), pour être soigné aussitôt que possible.

Prévenir, ou améliorer la vie après un AVC

Connaître les premiers signes permet de réagir en urgence. On doit redouter un infarctus cérébral quand s’installe soudainement, ou de façon plus progressive avec une hémorragie, un signe qui peut être relié à l’atteinte d’une partie du cerveau

 

Quand faut-il réagir ?

Les signes sont : un engourdissement d’un membre, a fortiori une paralysie, une perte de la sensibilité ou des fourmillements, des mouvements mal coordonnés, une moindre vision d’un œil, des troubles de la parole (mal audible), une instabilité de la marche, un trouble de la conscience. L’un quelconque de ces signes, quand il débute soudainement, doit inquiéter, qu’il persiste ou qu’il disparaisse en quelques minutes. Dans les deux cas, un minimum d’explorations est indispensable pour faire l’état des lieux cérébral, soigner, prévenir un nouvel accident et ce, le plus rapidement possible.

 

Éviter la récidive

Lorsqu’un premier incident, constitué ou transitoire, se produit, les mêmes causes produisant les mêmes effets…, il est probable qu’un deuxième surviendra dans les mois ou années si l’on ne fait rien. Une fois les problèmes urgents traités, on se bat donc sur tous ses fronts vasculaires.

Pression artérielle

Elle doit être au maximum à 140/90 mm de mercure (Hg), et même 130/80 si l’on est diabétique. Et l’on diminue le risque de faire un accident de 30 % supplémentaires si l’on descend à 130/80. On peut compter sur les médicaments certes, mais il faut un changement de mode de vie pour atteindre ces objectifs : bouger plus, manger sain pour réduire un éventuel surpoids et sûrement moins salé.

Cholestérol

La fraction LDL du cholestérol, la mauvaise, doit être à moins de 1 g par litre de sang au décours de l’accident, voire inférieure à 0,7 g/l en cas de maladie athéromateuse sévère documentée (sténose de l’artère carotide qui dessert la circulation dans le cerveau, des artères coronaires, nourricières du cœur, obstruées, a fortiori infarctus du myocarde). Là encore, les médicaments et surtout une alimentation équilibrée et raisonnable, une activité physique régulière sont des outils indispensables pour le retour à des chiffres moins élevés, et ainsi à un risque réduit d’AVC.

Diabète

La glycémie, taux de sucre dans le sang, doit être normale, en deçà de 1,26 g/l et pour un diabétique (de type 2, de la maturité, comme cela est cas à l’âge des AVC), l’hémoglobine glyquée, qui reflète les aléas glycémiques sur les trois mois précédents, une mesure donc plus fiable que la glycémie au jour le jour, doit être inférieure à 7 %. C’est plus facile si on perd en même temps du poids.

Stop au tabac

Dans ce domaine, la tolérance est zéro, pour les neurologues comme pour les cardiologues et les médecins en général d’ailleurs. Il n’est plus question de fumer, du tout. Certains considèrent même ce facteur de risque comme le plus dangereux de tous…

Conseils de Pharmacien : facilitateurs de vie en pharmacie

Conseils de Pharmacien : facilitateurs de vie en pharmacie

Il y a souvent quelque chose à faire pour mieux vivre avec les séquelles d’un AVC, et en particulier faire en sorte que le déficit neurologique soit compensé de façon optimale.

Ainsi, une orthèse, une attelle de releveur, une canne anglaise, tripode, voire un fauteuil peuvent être proposés. Des outils qui pallient la fonction. Une aide à domicile pour la toilette, les repas et/ou le ménage doit être organisée, à défaut de famille proche. Quelle que soit la difficulté, troubles de la vessie, de la déglutition, etc., mieux vaut donc consulter son médecin de famille, puis un spécialiste (médecin rééducateur, orthophoniste ou chirurgien), pour ne pas perdre de chances de récupération. En pharmacie, on trouve ces facilitateurs de vie que sont un rehausseur de toilettes ou une attelle par exemple, mais encore, bien sûr, les médicaments qui réduisent le risque de récidive.

Réponses d'expert : un accident transitoire, une chance pour éviter l’AVC.

Réponses d'expert : un accident transitoire, une chance pour éviter l’AVC.

Pr Pierre Amarenco
Chef du service de neurologie et Centre d’accueil et de traitement de l’attaque cérébrale, et co-directeur de l’équipe INSERM U-698 « Recherche clinique en athérothrombose ».

Si l’on fait une IRM du cerveau après un accident transitoire (AIT), qu’il ait duré une ou dix minutes, on constate qu’il a laissé des traces sur le cerveau plus d’une fois sur trois. Si ce n’est pas le cas, les causes de l’AIT sont toujours présentes et un AVC peut se constituer à tout moment… 30 à 40 % des AVC sont précédés d’un AIT. Cet AIT est finalement la meilleure opportunité pour éviter une attaque, parce qu’elle permet de découvrir une fibrillation cardiaque, une sténose de l’artère carotidienne par exemple que l’on peut soigner. C’est ce qui nous a conduits à créer SOS AIT à Bichat en 2003, un service aujourd’hui disponible 24 heures/24 pour l’Île-de-France (0 800 888 248). Le patient est examiné dans les premières 24 heures de l’AIT pour détecter des pathologies cardiaques ou artérielles. Un sur cinq est hospitalisé pour régler un problème précis. Les autres repartent avec une ordonnance de prévention des AVC. Ce bilan est la mesure de prévention maximale des AVC puisqu’il réduit de 80 % le risque de faire une attaque cérébrale dans les trois mois !

AVC, véritable urgence !

Les répercussions d’un AVC sont souvent dramatiques pour la personne elle-même et sa famille. Pourtant, un Français sur deux ne sait pas identifier ses symptômes AVC et donc ne réagit pas assez vite. Or chaque minute compte.

 

À l’occasion de la 11e Journée mondiale de lutte contre les accidents vasculaires cérébraux, une enquête Ipsos (pour le laboratoire Boehringer-Ingelheim, août 2013) a été réalisée pour savoir ce que les Français connaissaient sur les AVC. Les résultats sont surprenants : 61 % déclarent avoir dans leur entourage une ou plusieurs personnes ayant ou ayant eu un AVC, 95 % savent que c’est très grave et qu’il faut réagir vite, mais seulement un sur deux sait identifier une personne faisant un AVC et 31 % estiment ne pas savoir où s’adresser… Un vrai problème, car les chances de récupération dépendent de la rapidité de la prise en charge thérapeutique de l’AVC. Une minute perdue, c’est deux millions de neurones détruits ! Plus la personne est traitée tôt, moins le cerveau est abîmé. Le risque de mortalité est très abaissé et les séquelles sont moins graves. C’est dans les quatre heures et demie qui suivent le premier symptôme que le traitement est le plus efficace. Conséquences de cette méconnaissance des signes évocateurs d’AVC et d’une prise en charge trop tardive : en France, l’accident vasculaire cérébral est la première cause de handicap acquis de l’adulte (hors traumatismes), la deuxième cause de démence, la troisième cause de mortalité masculine et, on l’ignore souvent, la première cause de mortalité féminine. Au total, il provoque 32 500 décès par an.

 

AIT, attention !

Dans 30 à 40 % % des cas, l’AVC est précédé d’un phénomène avant-coureur souvent négligé : l’accident ischémique transitoire ou AIT. Comme les symptômes régressent totalement et rapidement, la personne pense que tout est rentré dans l’ordre et, rassurée, ne consulte pas. À tort, car c’est un signal d’alarme comme la douleur thoracique avant un infarctus du myocarde. La fois suivante, dans une semaine, un mois, un an ou plus, les conséquences seront graves, voire mortelles.

 

Symptômes de l’AVC à connaître

Qu’il s’agisse d’un AIT ayant disparu en quelques minutes ou d’un véritable AVC qui ne régresse pas, les symptômes neurologiques apparaissent soudainement et sont identiques.

  • Engourdissement, fourmillements, perte de sensibilité ou paralysie d’un membre ou d’un côté du corps.
  • Diminution ou perte de la vision d’un œil ou des deux.
  • Perte de la parole ou difficultés pour parler, articuler, comprendre.
  • Chute ou troubles de l’équilibre, difficulté pour marcher.
  • Troubles de la conscience, de la mémoire, confusion, agitation, crise d’épilepsie.

Encore une fois, même s’ils disparaissent rapidement, il faut les prendre au sérieux. Parlez-en à votre pharmacien qui saura vous diriger, au besoin, vers un service hospitalier pour un examen et un traitement préventif adapté à votre cas, mais ne tardez pas. Si les signes ne régressent pas, la personne la plus proche à ce moment-là doit vite appeler le 15, c’est une urgence absolue. Le cerveau souffre soit à cause d’un caillot de sang ou d’une plaque d’athérome qui obstrue un vaisseau
(4 cas sur 5), soit à cause de la rupture d’un vaisseau qui entraîne une hémorragie.

 

Traitement après l’AVC

Un AVC doit toujours être pris en charge à l’hôpital, dans un service d’urgence cérébrovasculaire ou de neurochirurgie, pour réduire le risque de séquelle et de handicap (difficultés pour marcher, écrire, parler voire impossibilité, troubles de la mémoire…) ou, pire, de décès.

Ensuite, il s’agit de prévenir les récidives. AVC vite le 15, et après ?.. la vie continue, a rappelé fort justement la campagne d’information lancée en octobre dernier par la fédération nationale France AVC et la Société française neurovasculaire, soutenue par Bayer Healthcare. Mais qu’il s’agisse d’un accident transitoire ou constitué, les spécialistes commencent par rechercher le ou les facteurs de risque vasculaire responsables : hypertension artérielle, tabagisme, excès de cholestérol, diabète, fibrillation atriale (ou auriculaire) qui provoque palpitations et accélération du cœur. Puis prescrivent un traitement adapté, à respecter scrupuleusement, et une bonne hygiène de vie : alimentation variée et équilibrée, activité physique régulière, moins d’alcool, pas de tabac.

Réponses d'expert : la télémédecine peut permettre d'éviter un AVC

Réponses d'expert : la télémédecine peut permettre d'éviter un AVC

Dr Patrick Dury,
Cardiologue libéral et hospitalier à Saint-Yrieix-la-Perche, Haute-Vienne.

C’est le manque de spécialistes dans ma région, une zone rurale désertifiée du Limousin, qui m’a conduit à développer un système de surveillance à distance des patients à risque de fibrillation auriculaire (trouble du rythme cardiaque). Grâce à une bourse accordée par le laboratoire Boehringer-Ingelheim, j’ai pu réaliser une étude sur 130 patients suivis à distance, équipés d’un appareil portatif autour du cou et de 2 électrodes qu’ils ont appliquées eux-mêmes 10 heures par jour pendant 11 jours.

Les enregistrements des électrocardiogrammes m’étaient transmis automatiquement et m’alertaient en cas d’anomalie. 28 % avaient déjà présenté un épisode de fibrillation auriculaire et 10 % avaient été victimes d’un AVC, les autres présentaient des facteurs de risque (hypertendus, diabétiques, insuffisants cardiaques). Pour 35 % d’entre eux, la télésurveillance a permis le diagnostic et le traitement d’une fibrillation auriculaire (notamment par anticoagulants), destiné à prévenir un AVC, ou l’ajustement de leur traitement. C’est concluant !

ASSOCIATION

ASSOCIATION

France AVC est une association d’aide aux victimes d’accident vasculaire cérébral. Permanences téléphoniques, groupes de paroles et différentes activités, gym, sorties culturelles pour rompre la solitude des malades et de leur famille.
France AVC, 7 avenue Pierre Semard, 01000 Bourg-en-Bresse. Contact Tél. : 04 74 21 94 58. Site Internet : www.franceavc.com