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Prévenir et soulager le reflux gastro-œsophagien (RGO)

Emmanuelle, 29ans : après les repas, j’ai parfois des aigreurs d’estomac et des brûlures jusque dans la gorge. Mon alimentation est-elle en cause ? Quelles précautions prendre ?

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) se définit par le retour d’une partie du contenu gastrique dans l’œsophage. Les deux symptômes typiques sont le pyrosis, caractérisé par une brûlure ascendante le long du sternum et pouvant irradier vers les mâchoires, et les régurgitations qui correspondent à une remontée de liquide acide dans la gorge. La douleur des brûlures d’estomac n’est pas ascendante.

Les conséquences du RGO : œsophagite et ulcère

On estime que 30 à 45 % des Français présentent des symptômes de RGO au moins une fois par mois, et 5 à 10 % tous les jours. Le RGO devient pathologique lorsqu’il provoque, à la longue, une inflammation chronique de l’œsophage (œsophagite) qui peut se compliquer en ulcère d’estomac. Si les symptômes sont peu fréquents et peu gênants, il est possible de les prévenir et/ou de les soulager en respectant des mesures hygiéno-diététiques simples.

Surveiller son alimentation

Certains aliments ont tendance à stimuler la sécrétion d’acide gastrique et à aggraver les brûlures. Les plus nocifs sont les agrumes et leur jus, les tomates, les plats épicés, les condiments, la menthe, le miel et les confitures, le chocolat. Évitez également les boissons gazeuses, alcoolisées, le café. Les aliments gras peuvent favoriser le reflux en ralentissant le passage des aliments de l’estomac vers l’intestin. Attention aussi au stress, au tabac, aux chewing-gums, à un excès de poids.

Favoriser une bonne digestion

La position penchée en avant ou la sieste allongée après le repas compromettent une bonne digestion. Même si leur efficacité demeure limitée, des mesures posturales peuvent contribuer à diminuer les reflux. Fractionnez les repas, évitez les repas trop copieux ou trop gras le soir ; respectez un intervalle de deux heures entre dîner et coucher. Pour limiter les renvois dus à l’absorption d’air, mangez lentement assis à table. Buvez en dehors des repas pour ne pas augmenter le volume contenu dans l’estomac. Ne portez pas de vêtements trop serrés qui entraînent une hyperpression abdominale. Surélevez la tête de votre lit avec des cales placées sous ses pieds.

Bébé aimerait digérer en paix !

Le reflux gastro-oesophagien (RGO) gâche la vie de nombreux nourrissons… et de leurs parents. Il se caractérise par des régurgitations après les repas du bébé, souvent accompagnées de pleurs. Comment l’identifier ? Quels sont les bons gestes à adopter pour soulager votre bébé ? On vous répond.

 

Un peu plus de 25% des nourrissons français (1) sont concernés par le reflux gastro-oesophagien, soit un sur quatre. Si de nombreux parents ont déjà eu le plaisir d’essuyer un renvoi de lait sur leur épaule après un biberon ou une tétée, faire la distinction entre les différentes causes de vomissement permet de ne pas s’affoler pour rien. Un rejet est un simple renvoi de lait non digéré, très banal chez les nourrissons compte tenu de la quantité de lait qu’ils ingurgitent au regard de la taille de leur estomac. Le reflux gastro-oesophagien (aussi appelé RGO) est plus rare et se caractérise par des remontées d’une partie du contenu de l’estomac dans l’œsophage, puis dans la bouche. Ces vomissements importants peuvent s’accompagner de la présence d’un peu de sang et sont douloureux pour le bébé. 

 

Les causes du reflux gastro-oesophagien

Assez courant durant les deux premiers mois, le reflux gastro-oesophagien disparaît en général lorsque l’enfant commence à se tenir debout. Sur le banc des accusés, le sphincter inférieur de l’œsophage. Situé à la jonction entre l’estomac et l’œsophage, il s’ouvre à l’arrivée du bol alimentaire puis se referme pendant la digestion. Il arrive que cette valve ne soit parfois pas entièrement formée. Le contenu gastrique peut alors remonter dans l’œsophage pendant la digestion : ces remontées acides irritent la paroi de l’œsophage et occasionnent à la longue de vives douleurs. Elles poussent même parfois le bébé à refuser la nourriture, ce qui entraîne à terme un retard de croissance. Si votre enfant régurgite souvent et beaucoup, avec des pleurs importants, il est important de consulter son pédiatre pour poser un diagnostic rapidement.

 

Les traitements contre le reflux gastro-oesophagien

Votre pédiatre saura vous conseiller un lait anti-reflux adapté à votre enfant : ces laits spéciaux ont la même composition que les autres laits maternisés, et sont en plus épaissis grâce à l’ajout d’amidon. Si la prise d’un lait épaissi ne suffit pas à améliorer la digestion de votre bébé, un traitement peut alors être envisagé avec le médecin. Plusieurs possibilités : protéger la muqueuse de l’œsophage grâce à des médicaments à l’effet « pansements » gastriques, ou carrément réduire l’acidité du contenu gastrique Ces traitements s’accompagnent souvent d’effets secondaires et doivent donc être pris sous contrôle médical et pour des durées limitées.

 

Les bons gestes anti-reflux au quotidien

Avant même d’envisager un traitement, une adaptation des gestes de puériculture au quotidien pourra déjà soulager votre bébé. La prise des repas doit se faire dans un environnement très calme, en effectuant plusieurs pauses pour favoriser les rots. Respectez les portions recommandées pour chaque biberon afin de ne pas « surcharger » son estomac. Attention de ne pas trop incliner votre enfant lorsqu’il boit, et adoptez une position redressée à 30/40° dans son transat pour favoriser la digestion. Au rayon tétine, choisissez-en une au débit réglable pour s’adapter au mieux à l’âge et à la vitesse de succion de votre enfant. Préférez aussi celles comportant une valve qui régule l’entrée d’air. La nuit et pendant les siestes, surélevez de 10° environ la tête de lit de votre enfant. Pour ne pas comprimer son estomac, ne serrez pas trop ses couches et choisissez-lui des vêtements amples à la taille. Evitez bien entendu de fumer dans les pièces où il vit.
Et pour prendre son mal en patience, dites-vous que son reflux gastro-oesophagien ne sera plus qu’un mauvais souvenir lorsqu’il aura commencé à gambader.

(1) – Prévalence du reflux gastro-oesophagien (RGO) chez l’enfant et l’adolescent en France : résultats d’une étude observationnelle transversale – Martigne (Gastroentérologie Clinique et Biologique) Volume 33, numéro 3S1 page A40 (mars 2009) (abstract en ligne)