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Mycose ou psoriasis de l’ongle ?

Arthur, 48 ans : Comment savoir si je souffre d’une mycose ou d’un psoriasis de l’ongle ? Quelles en sont les causes ? et le traitement est-il similaire ?

 

Il s’agit de deux pathologies de l’ongle d’origine très différente. La mycose de l’ongle ou onychomycose, est une infection due à des champignons (essentiellement des dermatophytes). Elle touche principalement les orteils. Cette pathologie est contagieuse.
Le psoriasis unguéal quant à lui concerne plus de 60 % des patients psoriasiques. Il n’a pas d’origine infectieuse et n’est donc pas contagieux. Il est dû à des troubles de la kératinisation (hyperkératose) et se caractérise par un ongle épaissi, parsemé de dépressions en « dé à coudre ». Il peut être douloureux et constitue un véritable handicap esthétique et physique.

Diagnostic différentiel : prélèvement d’un bout d’ongle

Le diagnostic différentiel entre ces deux pathologies demande une confirmation par examen biologique. Un prélèvement de fragments d’ongles et de matière sous-unguéale est effectué par un dermatologue ou un biologiste préalablement à tout traitement.

Des traitements différents très spécifiques

Les formes médicamenteuses utilisées pour les traitements locaux de ces pathologies sont particulières : solution filmogène (semblable à un vernis) ou pommade sous pansement occlusif.
Le traitement du psoriasis de l’ongle consiste en l’application d’une solution filmogène à base d’urée, à action kératolytique.
Quant à celui de l’onychomycose, il fait appel à des antifongiques existant sous deux formes médicamenteuses. Il dépend de la localisation et de l’étendue de l’infection et du nombre d’ongles atteints. Il doit être instauré rapidement pour limiter l’extension de l’infection aux autres orteils. Dans les formes plus avancées, un traitement par voie orale peut être instauré.

Des précautions communes avant traitement

Dans les deux cas, l’application de ces traitements doit être précédée d’une toilette soigneuse de la surface de la tablette unguéale : l’ongle doit être limé et nettoyé avec du dissolvant. Les traitements doivent toujours être initiés par le médecin et de longue durée (trois à douze mois). Les mycoses étant contagieuses, des mesures de prévention et d’hygiène sont indispensables pour éviter les récidives et la contamination de l’entourage.

Psoriasis : ne restez plus seul !

La 11e Journée mondiale du Psoriasis, qui a lieu le 29 octobre, vient rappeler que le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau, visible et parfois douloureuse, mais qui, même grave, se soigne.

 

En mai dernier, l’Organisation mondiale de la Santé reconnaissait le psoriasis comme une maladie de peau distincte, inesthétique et grave par sa nature inflammatoire et chronique, ses effets psychosociaux et ses facteurs de risque. Un pas a donc été franchi qui a encouragé les associations européennes et internationales à unir leurs efforts pour informer davantage les populations, réduire le délai entre le début des symptômes et le diagnostic, améliorer les traitements et aider malades et professionnels de santé à mieux gérer le fardeau de ces maladies.

L’Association France Psoriasis lance d’ailleurs, à l’occasion de la 11eJournée mondiale du Psoriasis, une campagne nationale de sensibilisation pour essayer de mettre un terme aux différentes idées reçues qui courent encore (lire page ci-contre). Elle a lancé à cet effet plusieurs actions :

  • « Psolidaire », premier réseau social sur le psoriasis et le rhumatisme psoriasique (sur son site).
  • Un « serious game » destiné aux 6-11 ans (Théo et Les Psorionautes) pour leur apprendre à bien vivre avec leur maladie.
  • Des « Pso dating », dans plusieurs régions, au cours desquelles, toutes les 20 minutes, un spécialiste et un groupe de patients échangent sur un thème ou une spécialité concernés par le psoriasis.
  • Des nouvelles brochures comme « Envie de bébé : votre maladie est-elle un obstacle ? ».

 

S’informer des traitements contre le psoriasis

Le psoriasis a beau toucher 2 à 3 % de la population, les Français le connaissent mal et ceux qui en sont atteints se soignent souvent peu ou pas du tout.

Points Conseils Psoriasis à l’officine

Pour décomplexer et orienter les personnes souffrant de psoriasis, en particulier celles qui sont découragées et ignorent que la maladie peut se soigner de différentes façons, France Psoriasis a décidé il y a deux ans de lancer, en partenariat avec le laboratoire Abbvie, la campagne « Point Conseil Psoriasis en pharmacie ». Plus de 3 000 pharmacies signalées par une affiche en vitrine et dans l’officine se sont mobilisées. Un « Kit Pso » informatif validé par un comité de dermatologues et de patients experts et un questionnaire destiné à faire un bilan sur leur prise en charge sont remis aux patients. À ce jour, 33 000 questionnaires ont été reçus et près de 300 s’ajoutent chaque semaine. L’analyse des 25 000 premiers retours* montre que 15,7 % des patients n’ont jamais consulté pour leur psoriasis, que 27 % n’ont pas consulté depuis plusieurs années, que 29 % sont actuellement sans traitement et qu’un quart de ceux qui ont un psoriasis grave ne se traite pas. Des chiffres ahurissants !

Des formes différentes de psoriasis

Les personnes atteintes de cette maladie de peau ont souvent le sentiment d’avoir tout essayé, n’en parlent même plus à leur médecin traitant, se résignent et sont persuadées qu’il n’existe aucune solution à leur problème. Il est vrai que cette maladie auto-immune est chronique et ne se guérit pas à ce jour. Elle touche des personnes ayant un terrain génétiquement prédisposé et prend des aspects différents selon les individus. Dans 80 % des cas il s’agit de plaques rouges bien délimitées, épaisses, recouvertes de squames blanchâtres, essentiellement sur le cuir chevelu, les coudes, les genoux et la région lombaire. Le « pso » se voit aussi en gouttes, souvent chez les enfants et les ados, principalement sur le buste. Il est parfois pustuleux et très inflammatoire, ou érythrodermique (plus rare) touchant toute la surface de la peau (à traiter rapidement).

Traiter aussi les formes handicapantes

Aujourd’hui le fatalisme n’est plus de mise car il existe des solutions pour la plupart des personnes atteintes. N’hésitez pas à demander conseil et aide à votre pharmacien. L’hydratation quotidienne avec des crèmes soulageant rougeurs et démangeaisons et des traitements locaux peuvent suffire. Mais si vous passez plus de 15 minutes par jour à vous pommader consultez un dermatologue. Outre les séances de photothérapie, qu’il ne faut pas répéter trop souvent, il existe des traitements très efficaces par voie orale ou injectable.

* Par l’Institut Harris Interactive.

Halte aux idées reçues !

Halte aux idées reçues !

  • « Le psoriasis est contagieux. »
    La contagion est une angoisse instinctive. Mais cette maladie inflammatoire de la peau ne se transmet ni par l’air ni par le toucher, puisqu’elle est inflammatoire individuelle.
  • « Le psoriasis est liée à une mauvaise hygiène. »
    C’est une anomalie du renouvellement de l’épiderme qui ne provient en aucun cas d’une mauvaise hygiène corporelle.
  • « Le psoriasis est une maladie nerveuse, psychologique. »
    Ce n’est pas une maladie psychosomatique, mais un stress (deuil, séparation, situation conflictuelle ou douloureuse, accouchement…) peut jouer un rôle déclenchant chez les personnes à terrain génétique prédisposé.
  • « Si je n’ai pas eu de psoriasis jusqu’à maintenant, je n’en aurai jamais. »
    Il peut survenir à tout âge, à n’importe quel moment de la vie. Mais, à ce jour, il n’existe aucun test permettant de prévoir sa survenue.
  •  « Aucun traitement n’est efficace contre le psoriasis. »
    Il ne se guérit pas mais il se soigne. Même s’il n’est pas facile de trouver d’emblée le traitement adapté, il existe des solutions, même pour les formes graves. Les traitements réduisent la fréquence et l’intensité des lésions inflammatoires.
Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

  • Ne croyez pas aux remèdes naturels et aux régimes miracles proposés sur Internet ou ailleurs.
  • Ce n’est pas parce qu’un traitement a bien « marché » chez Untel qu’il sera efficace sur vous. Le choix varie avec le type et l’étendue du psoriasis.
  • Respectez le mode d’emploi du traitement et la prescription du médecin.
  • Si vous êtes découragé(e) ou fatigué(e) d’appliquer crèmes ou lotions, parlez-en à votre pharmacien avant de remiser le tout au placard.

 

FRANCE PSORIASIS

Ex-Association pour la lutte contre le psoriasis (APLCP) créée il y a 30 ans par des malades, France Psoriasis* regroupe 15 000 adhérents.
Conseillée par un comité scientifique et soutenue par la Société Française de Dermatologie, elle informe et accompagne les patients, encourage la recherche et sensibilise les pouvoirs publics à l’impact du psoriasis cutané et articulaire.
*53 rue Compans 75019 Paris. Tél. 01 42 39 02 55. www.francepsoriasis.org

 

Psoriasis : on ne se gratte pas !

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

Plus l’on se gratte et plus les lésions démangent et la peau fabrique des squames… Pour inverser la tendance :

  • Se baigner à l’eau tiède, point trop chaude, et sécher en tapotant (pas en frottant).
  • Appliquer aussi souvent que possible des émollients (hydratants, qui maintiennent le degré d’hydratation de la peau), une peau sèche étant plus susceptible de démanger…
  • En phase de poussée, mettre du frais sur la zone enflammée via un gant de toilette humide. Appliquer un émollient plusieurs fois par jour en couche mince (en avoir toujours sur soi !). Au domicile, le tube peut être placé au réfrigérateur, le froid anesthésiant plus sûrement.
  • Un peu comme pour les piqûres de moustique, les démangeaisons se font plus intenses en fin de journée et sur les jambes, et davantage si l’on est resté immobile. On se bouge donc à intervalles réguliers pendant la journée pour activer la pompe musculaire du mollet et avec elle le réseau de veines.

Échanger entre « collègues de prurit » : Association pour la lutte contre le psoriasis, 01 42 39 02 55, www.francepsoriasis.org.

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