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Tout connaitre sur la toux

En hiver, rien de plus banal que de tousser. Mais il y a toux et toux. Sèche ou grasse ? C’est ce qu’il faut savoir pour pouvoir la traiter correctement.

 

L’hiver, rhume, laryngite, bronchite et grippe sont les causes les plus fréquentes. Mais toutes les toux ne se soignent pas de la même façon. Ce n’est pas si simple. Votre toux est-elle sèche ou grasse ? C’est toujours la question posée par le pharmacien quand vous lui demandez un sirop pour la toux ou des pastilles pour vous soulager.

 

Toux sèche, improductive

Comme son nom l’indique, une toux sèche ne produit pas de glaires, autrement dit les voies respiratoires sont irritées, mais il n’y a pas de mucus qui encombre les poumons.

Irritante et fatigante

Elle peut se manifester au début d’un rhume, d’une otite ou d’une laryngite, mais peut aussi être provoquée par une allergie ou de l’asthme. Elle fait mal, fatigue et réveille la nuit.

Apaiser c’est tout

Pour soulager et limiter l’inflammation de la gorge, due à la toux elle-même qui favorise sa persistance, un vrai cercle vicieux, le pharmacien prescrira un sirop antitussif. Les sirops et pastilles classiques agissent directement au niveau du cerveau, précisément dans le bulbe rachidien, le centre nerveux qui commande le réflexe de la toux. Ils apaisent mais ne soignent pas la cause qu’il faudra rechercher : une otite par exemple mérite une consultation.

Connaître les contre-indications

à base de codéine ou de dérivés opiacés (à faibles doses), ils sont à éviter en cas de grossesse, d’asthme et d’insuffisance respiratoire et peuvent rendre somnolent. Les sirops homéopathiques n’ont pas ces inconvénients.

 

Toux grasse et mucus

Si vous ne crachez pas après avoir toussé, c’est une toux grasse, productive de sécrétions, mélanges d’eau et de mucus épais et collant; elle est fréquente en cas de bronchite ou de rhume à un stade avancé.

Surtout pas de sirop qui supprime la toux, mais, au contraire, un sirop fluidifiant ou des pastilles expectorantes pour favoriser l’évacuation des glaires et des crachats qui encombrent les poumons. Plusieurs fois par jour pendant 4 ou 5 jours.

Si la toux persiste, parlez-en à votre médecin car il est important de trouver la cause sans retard.

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

Attention aux toux qui s’éternisent et/ou rendent la respiration très difficile. Une pathologie peut être en cause.

  • Pneumonie ou coqueluche. Les quintes ressemblent à celles d’une bronchite. Ou tuberculose.
  • Reflux gastro-œsophagien (RGO). C’est la cause de remontées acides, d’irritations de la gorge, de voix enrouée et de toux sèche, souvent nocturne.
  • Broncho-pneumopathie chronique (RGO) ou cancer du poumon. Deux maladies dues essentiellement au tabac.
  • Certains médicaments antihypertenseurs. Ils peuvent donner des accès de toux.
  • Corps étranger coincé dans la gorge. Cela se produit en particulier chez les jeunes enfants et c’est une urgence.
  • Origine psychologique. En cause : tension, stress, angoisse.

Surveillez son souffle et son essoufflement !

Le souffle, c’est la vie. On le mesure par la quantité d’air expiré et celle-ci peut s’amenuiser à bas bruit, jusqu’à ce que les difficultés respiratoires limitent les mouvements.

 

Chiffre

Chiffre

4 ans
c’est le délai moyen avant que la BPCO ne soit formellement reconnue et la maladie enfin traitée !
Source : www.lesouffle.org

Au moins 4 millions d’asthmatiques en France, près de 3,5 millions de personnes souffrant d’une bronchopneumopathie obstructive (BPCO)… Le poids de ces maladies respiratoires, chroniques, qui ne guériront pas, est très lourd au plan collectif certes, mais de façon plus immédiatement perceptible, au plan individuel. Quand le dépistage est précoce et la prise en charge alors optimisée, ces maladies altèrent moins la qualité de la vie. C’est dire l’intérêt de repérer un asthme ou une BPCO… parfois avant même de prendre conscience que l’on est malade, ou de mettre un nom sur ses symptômes (ce qui est le cas respectivement une fois sur deux et deux fois sur trois !). Empêché par le manque de souffle, on se bouge moins, on grossit davantage et le surpoids entraîne son lot de complications, cardiovasculaires en tête. C’est le cœur qui ensuite coupe le souffle. Stop ! Pour repérer les premières atteintes de ce débit d’air expiré, les signes sont souvent peu perceptibles. La dyspnée (difficultés respiratoires) à l’exercice est l’un d’entre eux, et le principal, mais comme l’on réduit insensiblement ses activités en fonction de son souffle, on peut mettre un certain temps avant que cette amputation du souffle soit découverte. Un outil, le débitmètre de pointe, que l’on appelle aussi un peak flow, permet de mesurer plus objectivement, au cabinet du médecin ou chez soi (on le trouve chez son pharmacien), ce débit d’air à l’expiration : on y souffle dans un embout comme dans une trompette. Il est destiné aux patients asthmatiques qui eux savent, habituellement depuis l’enfance, que la force de leur souffle peut être freinée par des bronches qui se resserrent, et plus encore lors des exacerbations de leur asthme. Plus informatif encore, le débitmètre pour les insuffisants respiratoires qui s’ignorent en raison d’une BPCO. Un indice de taille toutefois, le tabagisme, qui est à l’origine de la maladie dans au moins 80 % des cas!

 

Ces maladies qui coupent le souffle et qui donne une difficulté à respirer

Asthme, surveillance

Un asthme naît, se développe et s’aggrave de la rencontre d’une prédisposition génétique (héritable donc) et d’un environnement favorisant : acariens, moisissures ou salive des animaux de compagnie, potentiellement irritants pour les voies respiratoires. À l’extérieur de la maison, les pollens (de graminées, de bouleau, etc.), la fumée de tabac, la pollution atmosphérique, les produits chimiques (colles, vernis, etc.)…

À la clé, des bronches, et surtout les plus petites, au cœur des poumons, qui parce que trop sensibles s’enflamment, se constrictent, limitant le passage de l’air et son oxygénation. L’enjeu est de contrôler la maladie, en repérant ses facteurs d’aggravation pour les éviter ou les neutraliser, et en surveillant ses symptômes. Pour juger de ce bon contrôle, et donc adapter les traitements, on se base sur la gêne au travail ou à l’école, l’essoufflement, les symptômes respiratoires la nuit ou tôt le matin, le recours aux médicaments de secours (bronchodilatateurs).

BPCO, perte du souffle

La dyspnée se construit très progressivement et l’on consulte souvent à un niveau de souffle diminué de moitié, reflet d’une BPCO déjà sévère, parce que l’on a ajusté ses activités physiques à sa fonction respiratoire, d’autant plus facilement que l’on avance en âge, limité par ses articulations, son poids, etc. Le surpoids est effectivement un révélateur de dyspnée, l’effort demandé étant naturellement plus grand.

Le traitement du handicap et de sa source, la dyspnée, en plus bien sûr de l’arrêt du tabac, consiste en l’administration de bronchodilatateurs, associés aux corticoïdes dans des cas très particuliers, quand l’altération de la fonction respiratoire est importante et les exacerbations répétées en dépit des médicaments, et en une réhabilitation respiratoire (au plus simple, des conseils d’activité physique).

Syndrome d’apnées du sommeil

Comme son nom l’indique, il est caractérisé par des apnées, des ronflements bruyants irréguliers la nuit, un sommeil perçu comme peu récupérateur et une respiration sifflante… Ainsi qu’une fatigue excessive la journée, surtout chez des personnes en surpoids de la cinquantaine, souvent hypertendues (résistantes aux antihypertenseurs), voire diabétiques. Une minorité seulement de ces apnéiques est dépistée et le traitement, indiqué au-delà d’un certain nombre d’apnées par heure, consiste en une PPC (pression positive continue), administrée par masque nasal. Associé à des modifications du mode de vie, il est parfaitement efficace.

Réponses d'expert : dans certains cas, il est possible de récupérer du souffle.

Réponses d'expert : dans certains cas, il est possible de récupérer du souffle.


Pr Alain Didier
Président de la Société de pneumologie de langue française et chef du service de pneumologie-allergologie de l’hôpital Larrey, Toulouse.

Si l’on souffre d’un asthme on peut reprendre du souffle, à condition de prendre son traitement régulièrement et que l’on juge du bon contrôle de la maladie périodiquement.

Pour ce qui est de la BPCO, point trop d’espoir de récupération d’un souffle à la quantité nécessaire, mais on peut éviter qu’il se dégrade davantage et surtout, avec ce petit moteur, on apprend à mieux faire… Une sorte de capitalisation. Grâce à la réhabilitation respiratoire*, les capacités physiques sont augmentées, le handicap à l’effort est diminué, on devient plus endurant, on perd du poids, bref, on sait mieux utiliser ce qu’il reste, ce qui permet de faire davantage avec la même quantité de souffle.

Enfin, en cas d’apnées du sommeil, comme les bronches sont indemnes, puisque l’obstruction siège au niveau du pharynx, la récupération est complète.

À éviter

À éviter

  • Faire l’autruche ! La mesure du souffle devrait être en effet, à l’instar de la pression artérielle ou des pulsations cardiaques, prise régulièrement.
  • Banaliser les symptômes associés à une anomalie du souffle et témoins d’une maladie respiratoire, qu’il s’agisse d’une toux ou d’un essoufflement. On fonctionne dans ces cas à l’économie ; or la réhabilitation à l’effort est une part essentielle du traitement des BPCO. Un réentraînement qui n’augmente pas la capacité respiratoire, mais permet d’améliorer les performances, comme pour un sportif.
  • Tourner le dos à l’activité physique. Elle n’est pas interdite même pour les asthmatiques, au contraire… À condition que l’air ne soit pas froid, sec et/ou pollué, tous les sports sont permis (hors la plongée bien sûr), éventuellement précédés d’une bouffée de bronchodilatateur à courte durée d’action.

Asthme sévère : apprendre à le contrôler

L’asthme est une maladie chronique qui varie dans le temps, il faut donc se faire suivre régulièrement et surtout apprendre à vivre avec, et savoir comment le contrôler.

 

L’asthme est une maladie inflammatoire chronique et obstructive des bronches : on peut la contrôler, mais on ne peut pas la guérir. Quatre signes doivent y faire penser : la toux, sèche et quinteuse le plus souvent, survenant au milieu de la nuit ou déclenchée par un effort physique ; l’essoufflement ; les sifflements dans la poitrine, notamment à l’expiration ; la sensation d’oppression thoracique. On retrouve souvent un terrain familial et des facteurs environnementaux. Dans la majorité des cas, la cause est allergique. « La rhinite allergique est souvent associée à l’asthme », souligne le Pr Frédéric de Blay, Strasbourg. En fonction de la gravité, on distingue quatre stades : asthme intermittent, asthme léger, asthme modéré et asthme persistant sévère.

 

Dispositifs d’inhalation contre l’asthme

Un asthmatique sur trois a un asthme mal contrôlé, c’est-à-dire que ses symptômes persistent malgré un traitement. Souvent, le traitement est mal pris.
explique le Pr de Blay.

Les différents dispositifs d’inhalation ne s’utilisent pas tous de la même façon : pour leur mode d’emploi, consulter le site www.ameli.fr.

Les nébulisateurs conviennent particulièrement aux jeunes enfants. Certains aérosols-doseurs nécessitent une bonne coordination entre la main et la bouche alors que d’autres sont prêts à l’emploi, comme les dispositifs de poudre sèche.

 

Respecter le traitement de l’asthme sévère

Un asthme équilibré doit permettre de mener une vie normale. Les thérapeutiques actuelles permettent d’y arriver.

Le traitement consiste tout d’abord à trouver et, si possible supprimer les causes (éviction des allergènes).

Une conseillère médicale en environnement intérieur peut se rendre au domicile de la personne asthmatique, sur demande du médecin traitant, afin d’examiner sa maison et de détecter les allergènes potentiels, moisissures, polluants chimiques, acariens… Le traitement permet également de combattre la gêne respiratoire et de prévenir les crises.

Ainsi, il faut bien faire la différence entre le traitement de la crise asthmatique qui apporte un soulagement rapide en ouvrant les bronches (bronchodilatateurs inhalés d’action brève) et le traitement de fond qui doit être pris en continu tous les jours, même en l’absence de symptômes. Il comprend des corticoïdes inhalés et des bronchodilatateurs de longue durée d’action. En cas d’asthme allergique persistant sévère, résistant à ces traitements, on peut utiliser une biothérapie (omalizumab) en injection.

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

L’observance et la bonne administration du traitement sont essentielles pour traiter l’asthme.

Votre pharmacien peut vous accompagner dans le suivi de votre traitement avec notamment, une démonstration du dispositif d’inhalation et un contrôle de son utilisation. Il vous donnera également des conseils d’hygiène de vie afin d’éviter ou de supprimer les facteurs aggravants ou favorisants, acariens, pollens, poils…

Pour en savoir plus : www.asthme-allergies.org et www.asthmatiic.org