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Ménopause : faut-il mesurer la densité minérale osseuse ?

« En périménopause, ma gynéco m’a prescrit une ostéodensitométrie. Est-ce vraiment indispensable, comment se passe l’examen ? », Odile, 56 ans, Etretat.

 

Avec l’âge, les os se fragilisent et le risque de fractures spontanées augmente. Cette maladie, appelée ostéoporose, touche non seulement les personnes âgées, mais aussi les femmes à partir de la ménopause en raison de la carence hormonale. Les antécédents familiaux, une ménopause précoce, la maigreur, le tabagisme, la sédentarité majorent le risque fracturaire. La mesure de la densité minérale osseuse (DMO) a pour but d’évaluer la sévérité de la perte osseuse. Elle se pratique sur les vertèbres et les têtes fémorales.

Un examen simple et rapide

La DMO est un examen indolore qui dure environ un quart d’heure et ne demande aucune préparation : il vous suffit de vous allonger sur une table semblable à une table de radiologie. La technique repose sur l’absorptiométrie biphotonique à rayons X, elle mesure la quantité de rayonnement absorbé par l’os ciblé. L’examen est dix fois moins irradiant qu’une radiographie du thorax.

Evaluation en T-scores

Le résultat, exprimé en T-score, reflète la différence de DMO du sujet par rapport à celle d’un adulte jeune (20 ans) et du même sexe. On parle de valeur normale quand le T-score est compris entre -1 et 0 ; d’ostéopénie pour un T-score entre -2,5 et -1 ; d’ostéoporose pour un T-score inférieur ou égal à -2,5, valeur en dessous de laquelle le risque de fracture devient élevé.

Remboursement de la ostéodensitométrie

L’examen est pris en charge par l’assurance maladie à 70 % pour les patients, quels que soient leur âge et leur sexe, ayant eu une fracture en dehors d’un contexte traumatique, ou présentant une maladie ou un traitement susceptible d’entraîner une ostéoporose.

La ménopause, c’est la vie !

La ménopause peut être mal vécue et entraîner à terme des pépins de santé. Mais ce n’est pas une maladie !

 

Toutes les femmes ou presque redoutent de passer le cap de la ménopause et se posent des questions sur la façon dont elles vont la vivre et supporter ses répercussions. Pourtant, ce n’est pas un drame mais un phénomène naturel et incontournable qu’il s’agit simplement d’aborder avec sérénité et en douceur pour la vivre au mieux. Mais il y a toujours une sœur, une amie ou une collègue pour évoquer de manière catastrophique les symptômes de « sa » ménopause, leur durée, leur impact sur la vie de couple…

La pré-ménopause

Chiffre

Chiffre

50-52 ans, c’est l’âge moyen de la ménopause naturelle en France.
Source : Collège national des gynécologues et obstétriciens de France (CNGOF).
« Je suis en pleine ménopause », se plaignent-elles. Ce n’est pas tout à fait exact puisque « ménopause » signifie littéralement « arrêt des menstruations » (autrement dit des règles). En fait, la période troublée qui précède cet arrêt définitif et suscite tant de commentaires affligés s’appelle la « préménopause » (ou « périménopause » pour les médecins). Il faut compter 12 mois sans aucun saignement pour parler vraiment de ménopause. Cela dit, c’est vrai, la période qui précède la ménopause proprement dite est désagréable (y compris pour l’entourage). Mais plus ou moins. La préménopause n’est pas toujours épouvantable et toutes les femmes n’ont pas besoin de médicaments pour atténuer bouffées de chaleur ou autres troubles.

Ménopause : femmes libérées

Une fois passée cette période chaotique, la ménopause a tout de même un avantage. C’est l’arrêt des règles, parfois abondantes, longues ou douloureuses, qui reviennent trop souvent et obligent à prendre des précautions plusieurs jours, voire une semaine par mois. Par voie de conséquence, c’est aussi la fin des contraintes de la contraception et de la crainte d’une grossesse non désirée. Une libération.

 À lire aussi : Aborder la ménopause en toute sérénité

 

À la ménopause : un déséquilibre hormonal ?

La plupart des troubles de la préménopause sont sans gravité, mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire.

 

L’âge moyen de la ménopause se situe aux alentours de 50 ans, mais varie dans une fourchette de 10 ans. En France, 10 % environ des femmes sont ménopausées après 55 ans et 7 % entre 40 et 44 ans sans que ce soit anormal. Une ménopause précoce, c’est-à-dire avant 40 ans, ne concerne que 1 femme sur 100. Pour diverses raisons : anorexie, chimiothérapie ou radiothérapie dans l’enfance ou avant la trentaine, dysfonctionnement endocrinien, maladie auto-immune, infection virale (oreillons, varicelle, rubéole). En dehors de ces cas rares, un seul facteur est connu pour influencer l’âge de la ménopause : le tabagisme. Les femmes qui fument depuis longtemps et beaucoup sont ménopausées une ou deux années plus tôt qu’elles n’auraient dû l’être.

Symptômes de la ménopause : seins gonflés et cycles irréguliers

Comme l’âge de la ménopause, la durée de la préménopause varie beaucoup. De quelques mois à sept ans, avec une moyenne de trois ans et demi entre le premier dérèglement des cycles et l’arrêt complet des règles. Les ovaires fonctionnent de moins en moins bien et les sécrétions d’hormones deviennent anarchiques. « Plus on s’approche de la ménopause, plus les cycles s’allongent avec des périodes sans règles qui peuvent aller jusqu’à plusieurs mois », explique le Dr Alain Tamborini, gynécologue à Paris. « La durée des règles et leur abondance peuvent également varier d’un cycle à l’autre. »

Ces déséquilibres provoquent aussi des troubles. Dans un premier temps, seins gonflés et douloureux, rétention d’eau et règles abondantes quand la sécrétion d’œstrogènes est excessive par rapport à celle de la progestérone. Puis, lorsque la sécrétion d’œstrogènes diminue, règles de plus en plus espacées, premières bouffées de chaleur, modification du comportement alimentaire.

Symptômes de la ménopause : les bouffées de chaleur

Si les symptômes de la préménopause sont bénins, ils peuvent être pénibles. Certains sont plus difficiles à supporter que d’autres, notamment les bouffées de chaleur, très caractéristiques. Une sensation de chaleur envahit le visage, le cou, le cuir chevelu, puis se propage à la poitrine, voire à tout le corps. Elles se produisent n’importe quand, mais sont parfois déclenchées par un stress ou une émotion. Elles se terminent le plus souvent par des sueurs froides au bout d’une ou quelques minutes. Mais elles sont plus ou moins intenses et leur nombre varie énormément d’une femme à l’autre (et parfois chez la même femme). Les unes n’en ont qu’une ou deux par jour et d’autres 15 ou 20 par jour et par nuit ! C’est gênant en société, au travail et dans l’intimité : certaines femmes doivent changer leurs draps et prendre une douche en pleine nuit…

 À lire aussi : Bouffées de chaleur, comment les réduire ?

 

Symptômes de la ménopause : sautes d’humeur et manque de tonus

Les problèmes de sommeil et la fatigue qui touchent 30 à 50 % des femmes sont également dus aux fluctuations hormonales. Ils sont aggravés par les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes. Les troubles de l’humeur et du comportement (nervosité, sautes d’humeur, irritabilité voire agressivité) sont assez fréquents mais, comme les troubles cognitifs (concentration, mémoire…), très variables. Autre répercussion : la sécheresse vaginale, source d’inconfort et de rapports sexuels douloureux. Elle est généralement plus tardive, mais un quart des femmes s’en plaignent déjà dans la période préménopause.

Pour ces différents symptômes, et selon leur degré, il existe des solutions, en général à base de plantes, que votre pharmacien peut vous indiquer. Pour les bouffées de chaleur, seul un médicament (en comprimés, non remboursé) contenant un acide aminé, la bêta-alanine, est autorisé. Pour la sécheresse vaginale, lubrifiants et hydratants vaginaux à base d’œstrogènes ou sans hormones : ovules, crèmes ou gel mucoadhésif en traitement de fond.

 

Dans ma trousse beauté

Dans ma trousse beauté

Sérélys
SÉRÉLYS PHARMA
Gel pour soulager la sécheresse vaginale. Enrichi en acide lactique pour maintenir un pH physiologique favorable à la flore vaginale.
Boîte de 7 applicateurs monodoses.

Replens
REPLENS
Gel vaginal de longue durée sans hormone. À base de polycarbophile, à la fois hydratant et lubrifiant. Une application tous les 3 jours.
Boîte de 8 applicateurs.

 Taïdo
CETEM
Gel intime à base de miel, collagène marin et gommes végétales. À appliquer quotidiennement sur la muqueuse externe. Non gras.
Tube de 50 g.

Ménophytea
PHYTHEA
Gamme de produits à base de plantes et de vitamines contre les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil, la rétention d’eau…).
Capsules + Ménosticks aux huiles essentielles.

Ymea
OMEGA PHARMA
Trois compléments alimentaires (Ménopause Jour & nuit, Silhouette, Ventre plat). Actifs végétaux, vitamines et oligo-éléments.
Boîtes de 128 gélules.

Acthéane
BOIRON
Médicament homéopathique. Cinq composants traditionnellement utilisés dans les bouffées de chaleur et autres troubles de la ménopause.
Boîte de 120 comprimés.

 

Témoignage

Témoignage

Une taille moins fine
Karine, 51 ans

En deux ans, j’ai pris 5 kilos, mal placés. Comme je me sentais fatiguée et que je n’avais pas le moral, je mangeais plus, surtout des sucreries et des gâteaux, pour avoir de l’énergie… Mon médecin m’a dit que c’était fréquent à la ménopause. Il m’a incitée à contrôler mon poids car la silhouette a déjà tendance à cette période à s’alourdir et à s’épaissir au niveau de la taille. Et c’est justement là que se logent les kilos en trop…

 

Ménopause : quand le THM s’impose

Aujourd’hui, les choses sont claires : le traitement hormonal de la ménopause est réservé aux femmes dont les troubles sont très importants.

Si les bouffées de chaleur durent souvent 1 an (c’est déjà beaucoup), elles persistent 5 ans chez plus de la moitié des femmes et même 10 ans 1 fois sur 4. Que faire ? Les femmes ne savent plus très bien… Un traitement hormonal est-il utile ? Ou est-il prudent de s’en passer ? La polémique qui a suivi la publication, en 2002 et 2003, de deux études américaine et britannique, les a déboussolées. Ces études faisaient état d’un risque accru de cancers du sein et de maladies cardiovasculaires chez les utilisatrices de THS (traitements hormonaux substitutifs), comme on disait à l’époque. Après une période d’engouement, ceux-ci ont été ainsi brutalement frappés d’anathème. Même si les œstroprogestatifs utilisés outre-Atlantique et outre-Manche n’étaient pas les mêmes qu’en France, les autorités de santé ont encadré et restreint leur emploi, et ces recommandations valent toujours.

 À lire également : Ménopause : symptômes gênants et solutions

 

À dose minimale

En 2014, la Haute Autorité de santé, consciente de l’efficacité sans égal des THM (traitements hormonaux de la ménopause) chez les femmes très handicapées par les bouffées de chaleur, a confirmé leur remboursement. En appelant cependant à « une certaine vigilance » et en rappelant leurs aléas : essentiellement un surrisque de cancer du sein (augmentant avec la durée du traitement) et de maladies cardiovasculaires. Elle insiste surtout sur la nécessité de traiter à dose minimale et le moins longtemps possible en tenant compte du profil de risques de la femme (antécédent de cancer du sein ou de maladies cardiovasculaires).

Traitement sur mesure

L’intérêt de poursuivre le traitement doit donc être réévalué au moins une fois par an. Mais, « contrairement à ce qu’on a lu ou entendu ici et là, il n’y a pas de durée couperet, fixée arbitrairement, qui s’appliquerait à toutes les femmes, quels que soient l’âge de la ménopause, les symptômes, les facteurs de risque… C’est au cas par cas », précise le Dr Tamborini.

 

À savoir

À savoir

Le terme de THM (traitement hormonal de la ménopause) remplace celui de THS (traitement hormonal substitutif). Ce dernier est aujourd’hui réservé au traitement prescrit en cas de ménopause précoce, dosé différemment et destiné à éviter une ostéoporose prématurée.

 

Réponses d'expert : La vie sexuelle continue !

Réponses d'expert : La vie sexuelle continue !

Dr ALAIN TAMBORINI
Gynécologue à l’HEGP*, Paris,  spécialiste des problèmes hormonaux

Le problème de la sécheresse vaginale, ennuyeux pour les rapports sexuels, peut être résolu, notamment par un traitement hormonal par voie générale et locale (application de crème ou ovules 2 ou 3 soirs par semaine). Il s’y ajoute parfois celui de la lubrification à l’entrée du vagin, liée au désir mais plus lente à se manifester et moins abondante après la ménopause. Des préliminaires plus longs peuvent donc être nécessaires, mais l’emploi d’un lubrifiant est très utile. Les femmes motivées qui ont toujours eu une sexualité satisfaisante suivent très bien ces traitements locaux.

* Hôpital européen Georges-Pompidou

 

Gare à l’ostéoporose !

Les conséquences à plus long terme de la ménopause peuvent être sérieuses, mais il est possible de les prévenir.

 

Les modifications hormonales retentissent plus tard sur la peau (lire p. 3?) et sur la pilosité : les cheveux deviennent plus fins, plus fragiles, moins fournis ; des poils disgracieux apparaissent sur le visage et le corps. Mais aussi sur la muqueuse interne de la vessie, amincie, et sur les tissus pelviens et vaginaux, relâchés. Le risque d’incontinence urinaire s’élève ainsi avec les années.

Ostéoporose : hauts risques pour votre squelette

Les répercussions sur le squelette sont plus graves encore. Avant la ménopause, l’os se remanie grâce aux œstrogènes. Après, la perte osseuse s’accélère. D’où des risques de fractures vertébrales, responsables d’une diminution de la taille ou d’une déformation du rachis, de fractures du poignet puis du col du fémur.

Si vous avez des antécédents familiaux de fractures dues à l’ostéoporose, si vous souffrez d’une maladie chronique, ou si vous avez pris des corticoïdes pendant des mois, vous êtes particulièrement à risque. Parlez-en à votre médecin qui vous prescrira une ostéodensitométrie, remboursée dans ces cas-là, et vous proposera un traitement si votre densité minérale osseuse (DMO) est déficiente. Une ostéopénie, le stade qui précède l’ostéoporose, est déjà à prendre au sérieux. L’exercice physique régulier et une alimentation équilibrée (avec des laitages) limitent le risque, mais c’est au médecin de décider si vous avez besoin d’un traitement, et lequel. Les THM sont efficaces en prévention de l’ostéoporose, mais il y a d’autres médicaments : calcium et vitamine D, SERM (modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes), tériparatide (parathormone) et biphosphonates.

 À lire aussi : Bilan sur l’ostéoporose

Le cœur aussi

Le risque de maladies cardiovasculaires grimpe aussi. Jusque-là épargnées grâce à leurs hormones (qui renforcent le système de protection des artères) et bénéficiant, de ce fait, d’un sursis par rapport aux hommes, les femmes les rattrapent peu à peu après la ménopause. Raison de plus pour corriger vos habitudes alimentaires et arrêter la cigarette le plus tôt possible. Sans oublier de traiter vos autres facteurs de risque cardiovasculaire : hypertension, excès de cholestérol, diabète…

 

À savoir

À savoir

  • Pour redonner de la vitalité à vos cheveux et limiter la chute, faites régulièrement une cure de 3 mois de complément alimentaire capillaire naturel.
  • Pour l’hygiène intime, fini les savons et gels douche habituels qui dessèchent et favorisent démangeaisons, brûlures et infections locales. Utilisez des produits doux, adaptés.

 

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

THM, phytoœstrogènes, quelle différence ?

Les phytoœstrogènes (isoflavones de soja, houblon, lin), en capsules ou en gélules, peuvent réduire un peu les bouffées de chaleur, mais on ne peut pas les comparer avec les THM. Ils n’ont pas les inconvénients et les contre-indications de ces derniers mais ils ne préviennent pas l’ostéoporose. Ce sont des compléments alimentaires, pas des médicaments et, à ce titre, ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale.

 

Zoom sur...

Zoom sur...

www.menopauseafem.com Association française pour l’étude de la ménopause (AFEM), à vocation de recherche scientifique mais aussi d’information auprès des professionnels de santé et du grand public.

 

Bilan sur l’ostéoporose

Après la ménopause, l’ostéoporose touche près d’une femme sur trois, mais comme la maladie évolue en silence, les femmes, mais aussi les hommes, s’en préoccupent souvent tard. Connaissez-vous vos risques ?

 

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’ostéoporose, le 20 octobre dernier, plusieurs associations dont l’Aflar (Association française de lutte antirhumatismale) ont manifesté à Paris, devant l’Assemblée nationale, pour sensibiliser les pouvoirs publics et les citoyens aux enjeux de l’ostéoporose, en reprenant le slogan de la nouvelle campagne de l’IOF (International Osteoporosis Foundation) : « Des os forts pour des femmes plus fortes ». Pour frapper les esprits, elles avaient organisé un Flash Mob (mobilisation éclair), une chorégraphie orchestrée par une dizaine de danseurs, suivie d’une animation symbolique : une statue de 2,50 m représentant les os fragiles d’une femme, brisée en mille morceaux devant l’assistance.
L’ostéoporose a beau toucher 2 à 3 millions de Françaises et occasionner chaque année des dizaines de milliers de fractures, d’hospitalisations et de séjours en centre de rééducation, la maladie reste trop souvent dépistée tardivement et ses conséquences sont alors plus dramatiques. C’est pourquoi le Collectif ostéoporose, réunissant sociétés savantes, médecins, pharmaciens et associations de patients demande la simplification du dépistage de la maladie et le remboursement de l’ostéodensitométrie à toutes les femmes de plus de 60 ans.

 

Dépistage de l’ostéoporose

En France, l’ostéoporose est responsable chaque année de 51 000 fractures du col du fémur, 60 000 fractures vertébrales, appelées à tort tassements vertébraux, 35 000 fractures du poignet et 12 000 de l’humérus. Or ces fractures sont invalidantes, laissent des séquelles et, passé un certain âge, font basculer la vie. Un an après une fracture de la hanche, 80 % des personnes ne sont plus autonomes, 30 % restent handicapées et à 80 ans, 20 % en meurent dans l’année qui suit.

 

Ostéodensitométrie, pour qui ?

On estime qu’en l’absence de traitement préventif, à 50 ans 10 % des femmes ont déjà de l’ostéoporose, sans le savoir le plus souvent, 20 % à 60 ans, 40 % après 70 ans et 70 % après 80 ans.

  • Le seul examen possible

Actuellement, seule l’ostéodensitométrie, réalisée dans un centre de radiologie, permet de mesurer la densité minérale osseuse (DMO) pour la comparer à celle d’un adulte jeune de même sexe, au niveau du rachis lombaire et de l’extrémité du fémur ou du poignet. C’est en fonction de l’écart constaté, mais aussi de l’existence de facteurs de risque de fractures, que le médecin décide ou non ou de prescrire un traitement.

  • Remboursement limité

Mais actuellement, cet examen n’est remboursé que pour les femmes souffrant d’une maladie favorisant l’ostéoporose ou présentant un risque : hypogonadisme, hyperthyroïdie non traitée, prise de cortisone pendant plus de 3 mois, fracture antérieure d’un membre ou des vertèbres, ménopause survenue avant 40 ans, maigreur.

  • Pour une prévention élargie

Le Collectif ostéoporose pense, chiffres à l’appui, qu’un accès plus facile et plus précoce à l’ostéodensitométrie permettrait de dépister et de traiter plus tôt les femmes qui en auraient besoin et ainsi de réduire les dépenses entraînées par des fractures souvent graves. Même en intégrant le coût des traitements de l’ostéoporose, l’ostéodensitométrie systématique à 60 ans permettrait de réaliser des économies considérables et, bien sûr, d’assurer une meilleure qualité de vie aux personnes concernées. Des femmes surtout, mais aussi, dans une moindre mesure, des hommes.

 

Traitements contre l’ostéoporose

Si vous êtes à risque c’est-à-dire un parent s’étant fracturé le col du fémur ou des vertèbres, une ménopause précoce, une longue immobilisation, une corticothérapie au long cours, une carence en calcium et vitamine D… parlez-en à votre médecin. Il existe en effet des traitements préventifs
et curatifs : calcium+vitamine D3, ranélate de strontium, bisphosphonates, SERMS, dénosumab, tériparatide, traitements hormonaux de la ménopause, parmi lesquels le médecin choisira celui est le plus adapté à votre cas, à votre âge et à votre sexe, en tenant compte des effets indésirables de chacun.

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

  • Supplémentation en calcium associée à la vitamine D3.
    À l’âge adulte, chez les personnes carencées, elle aide à renforcer les os, mais ne suffit pas en cas d’ostéoporose avérée.
  • Médicaments prescrits contre l’ostéoporose. Ils ne sont efficaces que s’ils sont pris suffisamment longtemps (4 à 5 ans), à la posologie et au rythme prescrits. Une durée insuffisante et une prise irrégulière, inférieure à 50 % de la prescription, annulent totalement le bénéfice thérapeutique.
  • Bisphosphonates. Ils peuvent avoir des effets secondaires gênants : aphtose importante ou douleur à la déglutition, nausées, douleurs abdominales, diarrhées ou problèmes cutanés de type rougeurs ou éruptions. Dans ce cas, parlez-en à votre médecin.
  • Deux plantes reminéralisantes. Il s’agit de la prêle et du bambou (comprimés et gélules en pharmacie), riches en plusieurs minéraux, la silice notamment qui permet de fixer le calcium, le phosphore et le magnésium dans l’organisme. En vieillissant, comme les carences en silice sont fréquentes, des cures régulières sont intéressantes aussi bien en prévention qu’en traitement curatif.
À faire

À faire

QUEL EST VOTRE T-SCORE ?

Le résultat de l’ostéodensitométrie est exprimé par le T-score, écart entre votre densité osseuse et la densité osseuse d’un adulte jeune.

T-score >-1 : votre densité minérale osseuse (DMO) est normale.

Entre -2,5 et <-1 : c’est de l’ostéopénie. En clair, la masse osseuse a déjà baissé, c’est le stade précédant l’ostéoporose.

≤-2,5 : c’est de l’ostéoporose.

À savoir

À savoir

]Pour évaluer votre risque d’ostéoporose et savoir si votre alimentation quotidienne est suffisamment riche en calcium, faites les deux tests proposés par le Grio, Groupe de recherche et d’information sur les ostéoporoses, et montrez les résultats à votre médecin.
www.grio.org

Liste d’aliments bon pour l’ostéoporose

Avec l’âge et l’ostéoporose, les os se fragilisent et lorsque l’alimentation ne suffit pas, les compléments alimentaires visent à leur fournir les nutriments essentiels pour leur maintien.

Les compléments alimentaires bon pour la ménopause, arthrose et l’ostéoporose

Le duo calcium-vitamine D joue le rôle de chef d’orchestre sur l’ensemble de notre ossature. La vitamine D est vitale pour la santé et la solidité des os et des dents, et elle joue un rôle essentiel dans le métabolisme du calcium dans l’organisme : elle améliore son absorption et sa rétention. Malheureusement, il est difficile de faire des réserves de vitamine D, elle est peu présente dans les aliments, et surtout synthétisée par la peau sous l’effet des rayons UV. Des déficits sont fréquents chez la personne âgée. Avant de se supplémenter, il faut vérifier par un dosage sanguin si son taux est insuffisant et le renforcer avec l’accord du médecin si besoin. Si vous prenez plusieurs compléments alimentaires, vérifiez que la dose totale de vitamine D apportée n’est pas trop élevée, car, en excès, cette vitamine est toxique. Le capital osseux se construit surtout à l’adolescence, mais c’est tout au long de la vie que les apports en calcium doivent être suffisants et réguliers. La dose quotidienne recommandée chez l’adulte est de 1 000 à 1 200 mg. Les compléments alimentaires contiennent divers sels de ce minéral (carbonate, citrate, gluconate) sous forme de gélules, comprimés, poudre… mais pour être efficace, la supplémentation doit être continue, car les bénéfices disparaissent rapidement au niveau des os lorsqu’elle cesse.

 

Reminéraliser avec des plantes et des aliments pour contrer l’ostéoporose

1/ Faire des cures de plantes reminéralisantes

Le bambou et la prêle sont intéressants pour leur grande richesse en minéraux, notamment en silice. Ce minéral permet, à lui seul, la fixation du calcium, du phosphore et du magnésium par l’organisme ; il est indispensable pour la formation et la réparation des os, du cartilage et de tous les tissus conjonctifs. Ces deux plantes structurent la matrice de collagène qui retient le calcium dans les os et elles contribuent à l’élasticité des os. La silice facilite également la consolidation des fractures en favorisant la formation du cal osseux, et elle améliore la souplesse des tendons. D’où l’intérêt de faire des cures régulières de bambou et de prêle pour pallier les carences en silice, fréquentes avec l’âge.

2/ Penser aussi aux algues

Le lithothamme (calcium marin) est un puissant reminéralisant. Cette petite algue calcaire cristallise les éléments minéraux contenus dans l’eau de mer, essentiellement du calcium mais aussi de magnésium, du fer, de l’iode, du cuivre, du manganèse, du molybdène et du cobalt. Elle comble les pertes de substances minérales grâce à sa richesse en carbonate de calcium, sous une forme parfaitement assimilable, et grâce à son pouvoir antiacide elle intervient dans l’équilibre acido-basique.

3/ Veiller aux apports de calcium

Les aliments qui contiennent de la vitamine D sont surtout les poissons gras, le jaune d’œuf, le beurre et les margarines. Avec le calcium, le problème est double : il faut non seulement favoriser son absorption mais aussi limiter ses pertes. Le lait et les produits laitiers sont les meilleures sources de calcium sous une forme bien assimilable, vous pouvez compléter ces apports avec les légumes secs, les céréales, les légumes verts, sans oublier les eaux de boissons (Hépar, Contrex, Courmayer, Salvetat). Les apports doivent être fractionnés en deux ou trois prises avec les repas, car l’intestin absorbe mal une quantité trop importante en une fois. En revanche, le sel, la caféine, les tanins du thé, les protéines en excès, les aliments riches en oxalates (épinards, rhubarbe, oseille) réduisent son absorption ou favorisent son élimination.

Conseils de pharmacien

Conseils de pharmacien

Notre santé dépend des sels minéraux présents dans notre corps, dont l’ensemble maintient un équilibre entre les acides et les bases. Mais notre alimentation privilégie les consommations d’aliments acidifiants (viandes, fromages, poissons, produits céréaliers), et notre mode de vie sédentaire et stressant empêche une bonne oxygénation des tissus et une neutralisation efficace des acides. Ce qui fragilise nos organes, provoquant l’ostéoporose et les affections rhumatismales. Pour rétablir la balance, il faut consommer davantage de fruits et légumes qui corrigent l’acidité par leur apport en potassium.

À savoir

À savoir

  • Une alimentation riche en vitamine K (choux, épinards, salades) pourrait, selon des données récentes, augmenter la densité osseuse, mais cette vitamine intervient dans la coagulation du sang et sa consommation doit être réduite chez les personnes sous anticoagulants.
  • Les compléments à base d’isoflavones de soja n’ont pas prouvé leurs effets sur la santé osseuse, et leur prise doit se faire sous contrôle médical.
  • Le phosphore, le manganèse et le cuivre sont également importants pour le métabolisme et la minéralisation des os, mais la prise de compléments ne présente pas d’intérêt.
  • L’exercice physique contribue à la prévention de l’ostéoporose et réduit le risque de chutes. Il faut éviter les sports qui entraînent trop de contraintes sur les os fragiles, mais pratiquer des activités où ils sont soumis à de petits chocs répétés comme la marche, la course à pied, le tennis, les sports de ballon.