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Comment nourrir son bébé ?

Allaitement, variété alimentaire et zen attitude sont les ingrédients nécessaires pour éduquer le goût de nos enfants. La diversification reste une période décisive pour le comportement alimentaire futur de l’enfant.

 

Plus de la moitié des enfants de moins de 3 ans serait en-deçà des recommandations concernant la consommation de fruits et de légumes. Les raisons sont variées : faible consommation de ces mêmes nutriments chez leurs parents, manque de temps pour les cuisiner, information insuffisante sur les recommandations aux tout-petits, une tendance au rejet de la nouveauté alimentaire entre 2 et 5 ans.

 

Les clés pour faire manger des légumes

Comprendre les déterminants alimentaires chez l’enfant, telle était l’ambition du projet HabEat initié en 2010 dans six pays européens dont la France. Première constatation : plus l’allaitement maternel est long, plus la fréquence de consommation de fruits et légumes est élevée dans l’enfance.

La phase de diversification s’établit de 6 mois à 3 ans, phase durant laquelle l’introduction des légumes est le mieux accepté et conduit à une alimentation plus variée durant l’enfance. En effet, la présentation d’un légume différent chaque jour durant cette période permet de mieux apprécier ces derniers. Autre constatation, l’exposition répétée d’un aliment nouveau est suffisante pour stimuler sa consommation. Persévérer est donc une stratégie envisageable, même chez les enfants « difficiles ». Le mieux étant de présenter deux légumes au choix à chaque repas (source : www.habeat.eu).

 

Diversification de l’alimentation bébé et éviction alimentaires

À savoir

À savoir

Certaines croyances conduisent les parents à donner un régime dangereux pour leurs enfants, type jus végétal en guise de lait infantile.

Chiffres : Les bébés consomment 90 à 94% de ce qui leur est servi. Source : Nutrition Pratique septembre 2012

La diversification commence progressivement entre 4 et 6 mois. On débute par les légumes et on continue par les fruits. Chez les enfants non allaités, l’idéal est de mettre une ou deux cuillerées de purée de légumes dans le biberon. Chez les enfants allaités, on commence à la cuillère.

L’œuf (sous forme d’une crème dessert) et le poisson, qui sont pourtant des allergènes majeurs, doivent être introduits entre 4 et 6 mois afin qu’un contact précoce évite des allergies futures. En effet, l’éviction d’un aliment allergénique peut aggraver l’allergie en abaissant le seuil de réactivité de l’enfant et en majorant les manifestations cliniques lors d’une réintroduction accidentelle. « Aujourd’hui, les connaissances évoluent et le message clé est, qu’entre 4 et 6 mois, il faut introduire tous les aliments que les enfants soient ou non allergiques » souligne le Dr Marc Bellaiche gastropédiatre (hôpital Robert Debré, Paris), il précise que plusieurs études internationales plaident en faveur de ce changement d’approche. L’introduction de la viande se fait à partir de six mois et celle des aliments à fort potentiel allergénique (kiwi, céleri, arachide, fruits à coques) se fait progressivement.

 

Fait-maison, surgelé, bio, comment s’y retrouver ?

Le fait-maison fait son retour depuis quelques années : il permet à la maman de contrôler les matières grasses, le sucre et le sel ajoutés, mais il ne veut pas dire meilleur nutritionnellement. La majorité des préparations industrielles pour bébés sont de bonne qualité nutritionnelle et le fait-maison doit, lui aussi, respecter des règles de cuisson et de conservation. Les légumes du potager peuvent être excellents si leur teneur en engrais et en pesticides est très limitée ; les fruits et les légumes doivent être fraîchement cueillis et rapidement consommés après cuisson. Attention au « faux fait-maison » réalisé à partir de légumes cuisinés destinés à l’alimentation adulte, souvent trop salés.

Les surgelés sont une bonne alternative au fait-maison et leur qualité est au moins égale. Quant au bio, il vise le respect de l’environnement mais il ne présente aucun avantage nutritionnel ou sanitaire significatif prouvé pour Bébé.

 

L’ajout de graisses et de céréales

Pourvoir aux besoins lipidiques du nourrisson implique de systématiquement ajouter des graisses aux repas, en alternant une cuillère d’huile et une noix de beurre. Jusqu’à 3 ans, l’enfant doit recevoir 50% de ses calories sous forme de lipides, notamment en acides gras oméga 3. Les céréales, y compris celles avec gluten, sont introduites systématiquement entre 4 et 7 mois. Elles augmentent la densité calorique des biberons tout en fournissant au bébé les apports liquides dont il a besoin. Une fois la diversification effectuée, l’enfant doit continuer à boire 500 ml par jour de lait infantile jusqu’à un an, puis au moins un biberon de lait de croissance (250 ml) par jour, jusqu’à qu’il soit capable de prendre 100 g de produits carnés quotidiennement, en général entre 3 et 5 ans.

Conseils de Pharmacien : limiter la néophobie alimentaire

Conseils de Pharmacien : limiter la néophobie alimentaire

La néophobie concerne 77% des enfants à partir de l’âge de deux ans. Elle correspond à la période où ils développent un sentiment de peur et refusent de se laisser séduire par tout produit inconnu à leur répertoire alimentaire. Cette réticence n’est pas un caprice, il s’agit d’une phase transitoire normale au cours du développement de l’enfant.

En présentant l’aliment rejeté à plusieurs reprises (mais pas plus de deux fois par semaine pour ne pas le dégoûter), dans une ambiance chaleureuse, l’enfant finit par l’accepter. Un autre moyen est de présenter l’aliment sous une autre forme culinaire : il sera perçu et apprécié de façon différente. Les parents ne doivent pas baisser les bras et céder au refus de l’enfant, mais doivent aussi donner l’exemple en mangeant les mêmes aliments.