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La ménopause, c’est la vie !

La ménopause peut être mal vécue et entraîner à terme des pépins de santé. Mais ce n’est pas une maladie !

 

Toutes les femmes ou presque redoutent de passer le cap de la ménopause et se posent des questions sur la façon dont elles vont la vivre et supporter ses répercussions. Pourtant, ce n’est pas un drame mais un phénomène naturel et incontournable qu’il s’agit simplement d’aborder avec sérénité et en douceur pour la vivre au mieux. Mais il y a toujours une sœur, une amie ou une collègue pour évoquer de manière catastrophique les symptômes de « sa » ménopause, leur durée, leur impact sur la vie de couple…

La pré-ménopause

Chiffre

Chiffre

50-52 ans, c’est l’âge moyen de la ménopause naturelle en France.
Source : Collège national des gynécologues et obstétriciens de France (CNGOF).
« Je suis en pleine ménopause », se plaignent-elles. Ce n’est pas tout à fait exact puisque « ménopause » signifie littéralement « arrêt des menstruations » (autrement dit des règles). En fait, la période troublée qui précède cet arrêt définitif et suscite tant de commentaires affligés s’appelle la « préménopause » (ou « périménopause » pour les médecins). Il faut compter 12 mois sans aucun saignement pour parler vraiment de ménopause. Cela dit, c’est vrai, la période qui précède la ménopause proprement dite est désagréable (y compris pour l’entourage). Mais plus ou moins. La préménopause n’est pas toujours épouvantable et toutes les femmes n’ont pas besoin de médicaments pour atténuer bouffées de chaleur ou autres troubles.

Ménopause : femmes libérées

Une fois passée cette période chaotique, la ménopause a tout de même un avantage. C’est l’arrêt des règles, parfois abondantes, longues ou douloureuses, qui reviennent trop souvent et obligent à prendre des précautions plusieurs jours, voire une semaine par mois. Par voie de conséquence, c’est aussi la fin des contraintes de la contraception et de la crainte d’une grossesse non désirée. Une libération.

 À lire aussi : Aborder la ménopause en toute sérénité

 

À la ménopause : un déséquilibre hormonal ?

La plupart des troubles de la préménopause sont sans gravité, mais ce n’est pas une raison pour ne rien faire.

 

L’âge moyen de la ménopause se situe aux alentours de 50 ans, mais varie dans une fourchette de 10 ans. En France, 10 % environ des femmes sont ménopausées après 55 ans et 7 % entre 40 et 44 ans sans que ce soit anormal. Une ménopause précoce, c’est-à-dire avant 40 ans, ne concerne que 1 femme sur 100. Pour diverses raisons : anorexie, chimiothérapie ou radiothérapie dans l’enfance ou avant la trentaine, dysfonctionnement endocrinien, maladie auto-immune, infection virale (oreillons, varicelle, rubéole). En dehors de ces cas rares, un seul facteur est connu pour influencer l’âge de la ménopause : le tabagisme. Les femmes qui fument depuis longtemps et beaucoup sont ménopausées une ou deux années plus tôt qu’elles n’auraient dû l’être.

Symptômes de la ménopause : seins gonflés et cycles irréguliers

Comme l’âge de la ménopause, la durée de la préménopause varie beaucoup. De quelques mois à sept ans, avec une moyenne de trois ans et demi entre le premier dérèglement des cycles et l’arrêt complet des règles. Les ovaires fonctionnent de moins en moins bien et les sécrétions d’hormones deviennent anarchiques. « Plus on s’approche de la ménopause, plus les cycles s’allongent avec des périodes sans règles qui peuvent aller jusqu’à plusieurs mois », explique le Dr Alain Tamborini, gynécologue à Paris. « La durée des règles et leur abondance peuvent également varier d’un cycle à l’autre. »

Ces déséquilibres provoquent aussi des troubles. Dans un premier temps, seins gonflés et douloureux, rétention d’eau et règles abondantes quand la sécrétion d’œstrogènes est excessive par rapport à celle de la progestérone. Puis, lorsque la sécrétion d’œstrogènes diminue, règles de plus en plus espacées, premières bouffées de chaleur, modification du comportement alimentaire.

Symptômes de la ménopause : les bouffées de chaleur

Si les symptômes de la préménopause sont bénins, ils peuvent être pénibles. Certains sont plus difficiles à supporter que d’autres, notamment les bouffées de chaleur, très caractéristiques. Une sensation de chaleur envahit le visage, le cou, le cuir chevelu, puis se propage à la poitrine, voire à tout le corps. Elles se produisent n’importe quand, mais sont parfois déclenchées par un stress ou une émotion. Elles se terminent le plus souvent par des sueurs froides au bout d’une ou quelques minutes. Mais elles sont plus ou moins intenses et leur nombre varie énormément d’une femme à l’autre (et parfois chez la même femme). Les unes n’en ont qu’une ou deux par jour et d’autres 15 ou 20 par jour et par nuit ! C’est gênant en société, au travail et dans l’intimité : certaines femmes doivent changer leurs draps et prendre une douche en pleine nuit…

 À lire aussi : Bouffées de chaleur, comment les réduire ?

 

Symptômes de la ménopause : sautes d’humeur et manque de tonus

Les problèmes de sommeil et la fatigue qui touchent 30 à 50 % des femmes sont également dus aux fluctuations hormonales. Ils sont aggravés par les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes. Les troubles de l’humeur et du comportement (nervosité, sautes d’humeur, irritabilité voire agressivité) sont assez fréquents mais, comme les troubles cognitifs (concentration, mémoire…), très variables. Autre répercussion : la sécheresse vaginale, source d’inconfort et de rapports sexuels douloureux. Elle est généralement plus tardive, mais un quart des femmes s’en plaignent déjà dans la période préménopause.

Pour ces différents symptômes, et selon leur degré, il existe des solutions, en général à base de plantes, que votre pharmacien peut vous indiquer. Pour les bouffées de chaleur, seul un médicament (en comprimés, non remboursé) contenant un acide aminé, la bêta-alanine, est autorisé. Pour la sécheresse vaginale, lubrifiants et hydratants vaginaux à base d’œstrogènes ou sans hormones : ovules, crèmes ou gel mucoadhésif en traitement de fond.

 

Dans ma trousse beauté

Dans ma trousse beauté

Sérélys
SÉRÉLYS PHARMA
Gel pour soulager la sécheresse vaginale. Enrichi en acide lactique pour maintenir un pH physiologique favorable à la flore vaginale.
Boîte de 7 applicateurs monodoses.

Replens
REPLENS
Gel vaginal de longue durée sans hormone. À base de polycarbophile, à la fois hydratant et lubrifiant. Une application tous les 3 jours.
Boîte de 8 applicateurs.

 Taïdo
CETEM
Gel intime à base de miel, collagène marin et gommes végétales. À appliquer quotidiennement sur la muqueuse externe. Non gras.
Tube de 50 g.

Ménophytea
PHYTHEA
Gamme de produits à base de plantes et de vitamines contre les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil, la rétention d’eau…).
Capsules + Ménosticks aux huiles essentielles.

Ymea
OMEGA PHARMA
Trois compléments alimentaires (Ménopause Jour & nuit, Silhouette, Ventre plat). Actifs végétaux, vitamines et oligo-éléments.
Boîtes de 128 gélules.

Acthéane
BOIRON
Médicament homéopathique. Cinq composants traditionnellement utilisés dans les bouffées de chaleur et autres troubles de la ménopause.
Boîte de 120 comprimés.

 

Témoignage

Témoignage

Une taille moins fine
Karine, 51 ans

En deux ans, j’ai pris 5 kilos, mal placés. Comme je me sentais fatiguée et que je n’avais pas le moral, je mangeais plus, surtout des sucreries et des gâteaux, pour avoir de l’énergie… Mon médecin m’a dit que c’était fréquent à la ménopause. Il m’a incitée à contrôler mon poids car la silhouette a déjà tendance à cette période à s’alourdir et à s’épaissir au niveau de la taille. Et c’est justement là que se logent les kilos en trop…

 

Ménopause : quand le THM s’impose

Aujourd’hui, les choses sont claires : le traitement hormonal de la ménopause est réservé aux femmes dont les troubles sont très importants.

Si les bouffées de chaleur durent souvent 1 an (c’est déjà beaucoup), elles persistent 5 ans chez plus de la moitié des femmes et même 10 ans 1 fois sur 4. Que faire ? Les femmes ne savent plus très bien… Un traitement hormonal est-il utile ? Ou est-il prudent de s’en passer ? La polémique qui a suivi la publication, en 2002 et 2003, de deux études américaine et britannique, les a déboussolées. Ces études faisaient état d’un risque accru de cancers du sein et de maladies cardiovasculaires chez les utilisatrices de THS (traitements hormonaux substitutifs), comme on disait à l’époque. Après une période d’engouement, ceux-ci ont été ainsi brutalement frappés d’anathème. Même si les œstroprogestatifs utilisés outre-Atlantique et outre-Manche n’étaient pas les mêmes qu’en France, les autorités de santé ont encadré et restreint leur emploi, et ces recommandations valent toujours.

 À lire également : Ménopause : symptômes gênants et solutions

 

À dose minimale

En 2014, la Haute Autorité de santé, consciente de l’efficacité sans égal des THM (traitements hormonaux de la ménopause) chez les femmes très handicapées par les bouffées de chaleur, a confirmé leur remboursement. En appelant cependant à « une certaine vigilance » et en rappelant leurs aléas : essentiellement un surrisque de cancer du sein (augmentant avec la durée du traitement) et de maladies cardiovasculaires. Elle insiste surtout sur la nécessité de traiter à dose minimale et le moins longtemps possible en tenant compte du profil de risques de la femme (antécédent de cancer du sein ou de maladies cardiovasculaires).

Traitement sur mesure

L’intérêt de poursuivre le traitement doit donc être réévalué au moins une fois par an. Mais, « contrairement à ce qu’on a lu ou entendu ici et là, il n’y a pas de durée couperet, fixée arbitrairement, qui s’appliquerait à toutes les femmes, quels que soient l’âge de la ménopause, les symptômes, les facteurs de risque… C’est au cas par cas », précise le Dr Tamborini.

 

À savoir

À savoir

Le terme de THM (traitement hormonal de la ménopause) remplace celui de THS (traitement hormonal substitutif). Ce dernier est aujourd’hui réservé au traitement prescrit en cas de ménopause précoce, dosé différemment et destiné à éviter une ostéoporose prématurée.

 

Réponses d'expert : La vie sexuelle continue !

Réponses d'expert : La vie sexuelle continue !

Dr ALAIN TAMBORINI
Gynécologue à l’HEGP*, Paris,  spécialiste des problèmes hormonaux

Le problème de la sécheresse vaginale, ennuyeux pour les rapports sexuels, peut être résolu, notamment par un traitement hormonal par voie générale et locale (application de crème ou ovules 2 ou 3 soirs par semaine). Il s’y ajoute parfois celui de la lubrification à l’entrée du vagin, liée au désir mais plus lente à se manifester et moins abondante après la ménopause. Des préliminaires plus longs peuvent donc être nécessaires, mais l’emploi d’un lubrifiant est très utile. Les femmes motivées qui ont toujours eu une sexualité satisfaisante suivent très bien ces traitements locaux.

* Hôpital européen Georges-Pompidou

 

Gare à l’ostéoporose !

Les conséquences à plus long terme de la ménopause peuvent être sérieuses, mais il est possible de les prévenir.

 

Les modifications hormonales retentissent plus tard sur la peau (lire p. 3?) et sur la pilosité : les cheveux deviennent plus fins, plus fragiles, moins fournis ; des poils disgracieux apparaissent sur le visage et le corps. Mais aussi sur la muqueuse interne de la vessie, amincie, et sur les tissus pelviens et vaginaux, relâchés. Le risque d’incontinence urinaire s’élève ainsi avec les années.

Ostéoporose : hauts risques pour votre squelette

Les répercussions sur le squelette sont plus graves encore. Avant la ménopause, l’os se remanie grâce aux œstrogènes. Après, la perte osseuse s’accélère. D’où des risques de fractures vertébrales, responsables d’une diminution de la taille ou d’une déformation du rachis, de fractures du poignet puis du col du fémur.

Si vous avez des antécédents familiaux de fractures dues à l’ostéoporose, si vous souffrez d’une maladie chronique, ou si vous avez pris des corticoïdes pendant des mois, vous êtes particulièrement à risque. Parlez-en à votre médecin qui vous prescrira une ostéodensitométrie, remboursée dans ces cas-là, et vous proposera un traitement si votre densité minérale osseuse (DMO) est déficiente. Une ostéopénie, le stade qui précède l’ostéoporose, est déjà à prendre au sérieux. L’exercice physique régulier et une alimentation équilibrée (avec des laitages) limitent le risque, mais c’est au médecin de décider si vous avez besoin d’un traitement, et lequel. Les THM sont efficaces en prévention de l’ostéoporose, mais il y a d’autres médicaments : calcium et vitamine D, SERM (modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes), tériparatide (parathormone) et biphosphonates.

 À lire aussi : Bilan sur l’ostéoporose

Le cœur aussi

Le risque de maladies cardiovasculaires grimpe aussi. Jusque-là épargnées grâce à leurs hormones (qui renforcent le système de protection des artères) et bénéficiant, de ce fait, d’un sursis par rapport aux hommes, les femmes les rattrapent peu à peu après la ménopause. Raison de plus pour corriger vos habitudes alimentaires et arrêter la cigarette le plus tôt possible. Sans oublier de traiter vos autres facteurs de risque cardiovasculaire : hypertension, excès de cholestérol, diabète…

 

À savoir

À savoir

  • Pour redonner de la vitalité à vos cheveux et limiter la chute, faites régulièrement une cure de 3 mois de complément alimentaire capillaire naturel.
  • Pour l’hygiène intime, fini les savons et gels douche habituels qui dessèchent et favorisent démangeaisons, brûlures et infections locales. Utilisez des produits doux, adaptés.

 

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

THM, phytoœstrogènes, quelle différence ?

Les phytoœstrogènes (isoflavones de soja, houblon, lin), en capsules ou en gélules, peuvent réduire un peu les bouffées de chaleur, mais on ne peut pas les comparer avec les THM. Ils n’ont pas les inconvénients et les contre-indications de ces derniers mais ils ne préviennent pas l’ostéoporose. Ce sont des compléments alimentaires, pas des médicaments et, à ce titre, ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale.

 

Zoom sur...

Zoom sur...

www.menopauseafem.com Association française pour l’étude de la ménopause (AFEM), à vocation de recherche scientifique mais aussi d’information auprès des professionnels de santé et du grand public.

 

Bouffées de chaleur, comment les réduire ?

Des comprimés composés de cinq remèdes traditionnellement prescrits en homéopathie contre les bouffées de chaleur de la ménopause.

 

Les bouffées de chaleur, accompagnées de rougeurs au visage, d’une transpiration parfois excessive, de palpitations, d’anxiété et d’irritabilité, sont les symptômes de la ménopause dont se plaignent le plus souvent les femmes, et parfois dès la périménopause.
À juste titre, car elles peuvent se répéter de jour comme de nuit, parfois des dizaines de fois, et durer quelques mois voire des années. Au total, la qualité de vie et les relations professionnelles, personnelles et en société s’en ressentent fortement et toutes les femmes qui en souffrent n’ont qu’une envie : que ça s’arrête !

 

Traitements ménopause classiques

Il existe certes plusieurs possibilités, mais avec des inconvénients et des contre-indications ou bien sans efficacité démontrée :

  • Le traitement hormonal de la ménopause (THM) ;
  • La bêta-alanine, un acide aminé vasodilatateur ;
  • Des compléments alimentaires à base de phytoestrogènes ou d’antioxydants.

 

Essayez l’homéopathie

L’homéopathie est totalement dénuée d’effets secondaires. Une étude de 2008, conduite chez 400 femmes dans 48 pays différents, a montré l’efficacité de plusieurs médicaments homéopathiques sur les bouffées de chaleur importantes. D’où l’idée des laboratoires Boiron de mettre au point des comprimés réunissant les cinq médicaments les plus prescrits en homéopathie dans cette indication : Acthéane®. Deux comprimés matin et soir, à laisser fondre lentement sous la langue à distance des repas.

Cinq en un

Cinq en un

Les cinq composants d’Acthéane® ont été choisis pour leurs indications traditionnelles en homéopathie.
  • Lachesis mutus : troubles vasculaires de type bouffées, métrorragies, palpitations, céphalées battantes.
  • Glonoinum : bouffées, palpitations, sudation, céphalées congestives.
  • Sanguinaria canadensis : bouffées surtout au visage.
  • Actaea racemosa : dysfonctionnements du cycle menstruel, avec lourdeur pelvienne, mastodynie, troubles du sommeil.
  • Arnica montana : manifestations hémorragiques.

 

Des compléments alimentaires dédiés à la ménopause.

Les laboratoires Sanofi lancent ce mois-ci Novasanté, une gamme de compléments alimentaires adaptée aux besoins des femmes et des hommes de 50 ans et plus. Pour commencer : Novalgic, à base d’huile de krill marin pour le confort des articulations ; Novazen, aux extraits de Rhodiola rosea pour faire face au stress ; Novaernergy, avec un haut dosage de ginseng pour résister à la fatigue.

 

Bilan sur l’ostéoporose

Après la ménopause, l’ostéoporose touche près d’une femme sur trois, mais comme la maladie évolue en silence, les femmes, mais aussi les hommes, s’en préoccupent souvent tard. Connaissez-vous vos risques ?

 

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’ostéoporose, le 20 octobre dernier, plusieurs associations dont l’Aflar (Association française de lutte antirhumatismale) ont manifesté à Paris, devant l’Assemblée nationale, pour sensibiliser les pouvoirs publics et les citoyens aux enjeux de l’ostéoporose, en reprenant le slogan de la nouvelle campagne de l’IOF (International Osteoporosis Foundation) : « Des os forts pour des femmes plus fortes ». Pour frapper les esprits, elles avaient organisé un Flash Mob (mobilisation éclair), une chorégraphie orchestrée par une dizaine de danseurs, suivie d’une animation symbolique : une statue de 2,50 m représentant les os fragiles d’une femme, brisée en mille morceaux devant l’assistance.
L’ostéoporose a beau toucher 2 à 3 millions de Françaises et occasionner chaque année des dizaines de milliers de fractures, d’hospitalisations et de séjours en centre de rééducation, la maladie reste trop souvent dépistée tardivement et ses conséquences sont alors plus dramatiques. C’est pourquoi le Collectif ostéoporose, réunissant sociétés savantes, médecins, pharmaciens et associations de patients demande la simplification du dépistage de la maladie et le remboursement de l’ostéodensitométrie à toutes les femmes de plus de 60 ans.

 

Dépistage de l’ostéoporose

En France, l’ostéoporose est responsable chaque année de 51 000 fractures du col du fémur, 60 000 fractures vertébrales, appelées à tort tassements vertébraux, 35 000 fractures du poignet et 12 000 de l’humérus. Or ces fractures sont invalidantes, laissent des séquelles et, passé un certain âge, font basculer la vie. Un an après une fracture de la hanche, 80 % des personnes ne sont plus autonomes, 30 % restent handicapées et à 80 ans, 20 % en meurent dans l’année qui suit.

 

Ostéodensitométrie, pour qui ?

On estime qu’en l’absence de traitement préventif, à 50 ans 10 % des femmes ont déjà de l’ostéoporose, sans le savoir le plus souvent, 20 % à 60 ans, 40 % après 70 ans et 70 % après 80 ans.

  • Le seul examen possible

Actuellement, seule l’ostéodensitométrie, réalisée dans un centre de radiologie, permet de mesurer la densité minérale osseuse (DMO) pour la comparer à celle d’un adulte jeune de même sexe, au niveau du rachis lombaire et de l’extrémité du fémur ou du poignet. C’est en fonction de l’écart constaté, mais aussi de l’existence de facteurs de risque de fractures, que le médecin décide ou non ou de prescrire un traitement.

  • Remboursement limité

Mais actuellement, cet examen n’est remboursé que pour les femmes souffrant d’une maladie favorisant l’ostéoporose ou présentant un risque : hypogonadisme, hyperthyroïdie non traitée, prise de cortisone pendant plus de 3 mois, fracture antérieure d’un membre ou des vertèbres, ménopause survenue avant 40 ans, maigreur.

  • Pour une prévention élargie

Le Collectif ostéoporose pense, chiffres à l’appui, qu’un accès plus facile et plus précoce à l’ostéodensitométrie permettrait de dépister et de traiter plus tôt les femmes qui en auraient besoin et ainsi de réduire les dépenses entraînées par des fractures souvent graves. Même en intégrant le coût des traitements de l’ostéoporose, l’ostéodensitométrie systématique à 60 ans permettrait de réaliser des économies considérables et, bien sûr, d’assurer une meilleure qualité de vie aux personnes concernées. Des femmes surtout, mais aussi, dans une moindre mesure, des hommes.

 

Traitements contre l’ostéoporose

Si vous êtes à risque c’est-à-dire un parent s’étant fracturé le col du fémur ou des vertèbres, une ménopause précoce, une longue immobilisation, une corticothérapie au long cours, une carence en calcium et vitamine D… parlez-en à votre médecin. Il existe en effet des traitements préventifs
et curatifs : calcium+vitamine D3, ranélate de strontium, bisphosphonates, SERMS, dénosumab, tériparatide, traitements hormonaux de la ménopause, parmi lesquels le médecin choisira celui est le plus adapté à votre cas, à votre âge et à votre sexe, en tenant compte des effets indésirables de chacun.

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

  • Supplémentation en calcium associée à la vitamine D3.
    À l’âge adulte, chez les personnes carencées, elle aide à renforcer les os, mais ne suffit pas en cas d’ostéoporose avérée.
  • Médicaments prescrits contre l’ostéoporose. Ils ne sont efficaces que s’ils sont pris suffisamment longtemps (4 à 5 ans), à la posologie et au rythme prescrits. Une durée insuffisante et une prise irrégulière, inférieure à 50 % de la prescription, annulent totalement le bénéfice thérapeutique.
  • Bisphosphonates. Ils peuvent avoir des effets secondaires gênants : aphtose importante ou douleur à la déglutition, nausées, douleurs abdominales, diarrhées ou problèmes cutanés de type rougeurs ou éruptions. Dans ce cas, parlez-en à votre médecin.
  • Deux plantes reminéralisantes. Il s’agit de la prêle et du bambou (comprimés et gélules en pharmacie), riches en plusieurs minéraux, la silice notamment qui permet de fixer le calcium, le phosphore et le magnésium dans l’organisme. En vieillissant, comme les carences en silice sont fréquentes, des cures régulières sont intéressantes aussi bien en prévention qu’en traitement curatif.
À faire

À faire

QUEL EST VOTRE T-SCORE ?

Le résultat de l’ostéodensitométrie est exprimé par le T-score, écart entre votre densité osseuse et la densité osseuse d’un adulte jeune.

T-score >-1 : votre densité minérale osseuse (DMO) est normale.

Entre -2,5 et <-1 : c’est de l’ostéopénie. En clair, la masse osseuse a déjà baissé, c’est le stade précédant l’ostéoporose.

≤-2,5 : c’est de l’ostéoporose.

À savoir

À savoir

]Pour évaluer votre risque d’ostéoporose et savoir si votre alimentation quotidienne est suffisamment riche en calcium, faites les deux tests proposés par le Grio, Groupe de recherche et d’information sur les ostéoporoses, et montrez les résultats à votre médecin.
www.grio.org

Bien s’alimenter à la ménopause

Le cap de la cinquantaine est une étape de la vie hormonale des femmes. Certaines franchissent le cap sans problème, d’autres en éprouvent des désagréments et se tournent de plus en plus vers des solutions naturelles.

 

La ménopause signe l’arrêt des sécrétions hormonales chez les femmes et entraîne une grande variété de symptômes appelés climatériques. Le jour, ce sont les bouffées de chaleur qui les assaillent, la nuit ce sont les sueurs nocturnes qui perturbent leur sommeil, le tout sur fond de stress, d’irritabilité et de dépression. La phytothérapie, par l’intermédiaire des phytomédicaments et des compléments alimentaires, soulage les troubles en reproduisant les effets des hormones. Elle peut être proposée, avec certaines précautions, pour les troubles vasomoteurs, bouffées de chaleur et sueurs nocturnes, et les troubles du système nerveux, sommeil, anxiété, fatigue.

De nombreux compléments alimentaires proposés à l’officine contiennent des phytoestrogènes, substances végétales répondant de façon naturelle aux déséquilibres hormonaux de la ménopause. Ils ont une similitude biologique avec les estrogènes, avec une légère activité estrogénique. Leur action n’est pas immédiate et n’est optimale qu’après deux à trois semaines de prise. Ils agissent sur toutes les composantes de la ménopause, leur efficacité sur les troubles climatériques ne permet pas un soulagement total des symptômes ménopause, mais elle contribue à les améliorer, ainsi que la qualité de vie de la femme ménopausée.

 

Bien adapter ses compléments alimentaires à la ménopause

1/ Se tourner vers les plantes

Les phytoestrogènes appartiennent à différentes classes dont les principales sont les isoflavones et les lignanes. Ils se trouvent en grande quantité dans les graines et les aliments dérivés du soja. Les lignanes se trouvent dans les graines de lin et le trèfle rouge, riche aussi en isoflavones. Le houblon renferme également des substances estrogéniques, il limite l’irritabilité, les bouffées de chaleur et les troubles du sommeil.

2/ Calmer les bouffées de chaleur

D’autres plantes ont des propriétés estrogéniques potentielles comme la sauge officinale, utilisée pour son action de régulation hormonale et comme antisudorifique pour atténuer les bouffées de chaleur. Les extraits de cimifuga et de yam, l’igname sauvage, sont souvent employés dans les troubles climatériques, mais les résultats sont controversés.

3/ Tenir des recommandations officielles

Par précaution, les phytoestrogènes sont déconseillés en cas d’antécédents personnels ou familiaux de cancers hormonodépendants. Les autorités de santé recommandent de ne pas dépasser la dose quotidienne de 1 mg d’isoflavones par kilo de poids corporel, répartie en deux prises, la prise du soir permettant de couvrir le problème des sueurs nocturnes. La DHA, hormone naturellement présente dans l’organisme, sert à la synthèse des hormones sexuelles, dont les estrogènes. Toutefois, les preuves de son efficacité sur les effets liés à l’âge, dont les troubles de la ménopause, se sont révélées insuffisantes et la DHA a perdu de sa popularité au vu d’effets indésirables potentiels.

4/ Associer les bons nutriments

Les besoins de la femme ménopausée sont multiples et, aux plantes déjà citées, il est judicieux d’associer des oligoéléments tels que calcium, sélénium, magnésium, chrome et zinc, et les vitamines A, B, C, D, E, ainsi qu’une algue, le lithotamme, ou du silicium organique, qui agissent sur le capital osseux.

5/ Protéger les os et le cœur

La luzerne cultivée, ou alfalfa, et l’ortie, parties aériennes, sont employées comme reminéralisants car elles contiennent du calcium. Les omégas 3 et 6, huiles de poissons sauvages, de bourrache, d’onagre, peuvent avoir une action bénéfique sur les troubles cardiovasculaires.

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

Certaines plantes ne sont pas spécifiques de la ménopause, mais permettent de prendre en charge les symptômes associés, en particulier les troubles nerveux. Valériane, aubépine, passiflore sont conseillées lorsque l’anxiété prédomine et pour calmer les palpitations liées au stress et à l’anxiété. Le ginseng aide l’organisme à s’adapter au stress physique et psychique. Il faut également agir sur la fatigue et la déprime qui aggravent les bouffées de chaleur, on associe la rhodiole ou le griffonia. Les plantes sédatives, eschscholtzia, tilleul, coquelicot, oranger sont conseillées pour retrouver un sommeil paisible et réparateur. Il faut aussi traiter les troubles circulatoires périphériques avec mélilot et vigne rouge, et cérébrauxavec ginkgo biloba. Et pourquoi ne pas combattre aussi la cellulite avec reine des prés, orthosiphon, piloselle ?

 

Les bons choix à faire en alimentation à la ménopause

  • Enrichissez votre alimentation en calcium (laitages et dérivés) et en oméga 3 avec des huiles vierges de colza, soja, noix, de première pression à froid, et des poissons gras type sardines, anchois, saumon, thon.
  • Évitez les plats trop épicés, l’alcool et les excitants.
  • Limitez les sources d’acides gras saturés néfastes, viande rouge, friture.
  • Buvez une eau suffisamment riche en minéraux, calcium, magnésium.
  • Portez des vêtements en fibres naturelles qui laissent respirer le corps.
  • Prudence avec le soleil et la chaleur en général, sauna, hammam, douches ou bains très chauds.
  • Pratiquez un sport pour régulariser votre sommeil et lutter contre le surpoids et les maladies cardiovasculaires.
  • Prenez soin de vous et gérez votre stress en pratiquant yoga, méditation ou tai-chi.

Les compléments alimentaires ne peuvent pas revendiquer un effet thérapeutique et ils ne peuvent pas prétendre traiter ou guérir des maladies.