Archive de mots clés: « Médicaments génériques dangereux »

Faut-il avoir confiance dans les génériques ?

Ils sont l’objet de nombreux préjugés depuis leur lancement : Efficacité ? Différence avec les médicaments princeps ? Où en est-on sur les génériques aujourd’hui ? Le point avec l’Académie Nationale de Pharmacie.  

 

En 2012, l’Académie nationale de médecine1 recommandait la prescription et la délivrance des médicaments génériques tout en exprimant sa méfiance à l’égard des génériques de médicaments dont la marge thérapeutique est étroite2, semblant justifier la polémique récurrente concernant les génériques : moindre maniabilité, moindre efficacité ou moindre tolérance.

 

Évolution de la position de l’Académie nationale de médecine

 Quelques mois plus tard, l’Académie nationale de pharmacie3 publiait un rapport beaucoup plus rassurant. Pour preuve, sa conclusion : « Les médicaments génériques sont des médicaments aux qualités à celles des médicaments princeps. Ils ont fait la preuve de leur bioéquivalence, ce qui garantit la même qualité de traitement et donc d’efficacité thérapeutique. Ils ne présentent, ni plus ni moins, d’effets indésirables ou de réactions “allergiques” que les médicaments princeps. Ils permettent de réaliser des économies substantielles en matière de dépenses de santé, ce qui favorise l’accès aux soins du plus grand nombre. Ils ne sont, en rien, un obstacle à la recherche pharmaceutique et à l’innovation.»

Cette clarification permet d’affirmer que les médicaments génériques sont des médicaments comme les autres, de même qualité intrinsèque, subissant les mêmes contrôles qu’un médicament original, de bioéquivalence validée par rapport au médicament original : la même quantité de principe actif est délivrée dans l’organisme que celle qui aurait été délivrée par le médicament original.

 

Existe-il des génériques à risque ?

Parmi les médicaments « à risque », médecins, malades, firmes, ont fréquemment montré du doigt les antiépileptiques et la thyroxine (médicament de l’insuffisance thyroïdienne). Pour les antiépileptiques, les études montrent qu’il n’existe pas de différence significative entre princeps et génériques en termes de survenue de crise, de recours aux urgences hospitalières, de changement de traitement pour manque d’efficacité, d’effet indésirable, ce qui a été confirmé avec l’étude des génériques d’antiépileptiques de la dernière génération.

 

Des controverses qui perdurent

La question de la levothyroxine a également fait l’objet de controverses. Aux Etats-Unis, plusieurs associations se sont « coalisées », des 2004, pour publier une mise en garde. La FDA4 a est pourtant restée ferme sur sa position, considérant que les études qui ont conduit à l’autorisation de mise sur le marché de ces produits étaient indiscutables en termes de qualité et qu’il n’y avait donc aucune raison de penser que les génériques de levothyroxine étaient différents des cinq princeps existants.

 

Quel avenir pour les génériques ?

Des doutes sur la qualité des génériques existent dans une part importante de la population des malades mais aussi des professionnels de santé. La dispensation des génériques par les pharmaciens doit donc s’accompagner d’une attitude pédagogique. En France, les génériques permettent d’économiser chaque année plus de 1 milliard d’euros et cette pratique est encore plus développée dans de nombreux pays comme les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni… Tous les intervenants dans le domaine du médicament doivent être à la fois convaincants et très exigeants en matière d’autorisation de mise sur le marché. La conviction et l’exigence doivent être au rendez-vous pour tous les médicaments, qu’ils soient génériques ou princeps.

 

Extrait de...

Extrait de...

les-medicaments-en-100-questions-crgLES MÉDICAMENTS EN 100 QUESTIONS, de François Chast, Président honoraire de l’Académie Nationale de Pharmacie.
Éditions Taillandier, 2016, 14,90€.
Un livre<br>
qui fait du bien

Un livre
qui fait du bien

Se soigner par l’homéopathie, est-ce efficace ?
Qu’est-ce que l’effet placebo ?
Qui fixe le prix des médicaments ?

Devenez acteur de votre parcours de soin en lisant au plus vite LES MÉDICAMENTS EN 100 QUESTIONS de François Chast.

BIEN-ÊTRE & santé vous en dit plus ici

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  1. Académie nationale de médecine, Place des génériques dans la prescription, Bull. Acad. Natle Méd., 2012; 196(2): 521‑528, séance du 14 fevrier 2012, Charles-Joel Menkes (au nom de la Commission II).
  2. Un médicament a « marge thérapeutique étroite » signifie que toute variation de sa concentration dans l’organisme, même légère, peut entrainer des effets indésirables. En d’autres termes, la dose minimale efficace est voisine de la dose tolérable.
  3. Academie nationale de pharmacie, « Médicaments génériques », Rapport adopte par le Conseil, 24 octobre 2012 – Présenté en séance académique le 5 décembre 2012. 
  4. La FDA (Food and Drug Administration) est l’administration américaine, créée en 1906, régulant le marché des denrées alimentaires et celui des médicaments. Comme toute agence sanitaire, elle fait l’objet de nombreuses critiques : collusion avec l’industrie, lenteur des décisions, etc. Ses avis sont néanmoins très influents au plan international.

Enregistrer