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Faut-il les laisser croire au père Noël… ou pas ?

Votre loulou de 5 ans croit dur comme fer au père Noël. Vous êtes bien conscient qu’il s’agit là d’un mensonge, que vous entretenez avec plaisir. Mais, pour le bien-être psychologique de votre enfant, ne vaudrait-il pas mieux mettre fin tout de suite à ce bobard universel ? C’est ce que pensent certains parents, et certaines études scientifiques récentes !

 

Avant de devenir parent, vous vous étiez peut-être dit, au plus profond de vous-même : jamais, oh grand jamais, je ne laisserai mon enfant croire que c’est ce gros bonhomme barbu habillé tout de rouge qui arrive du ciel pour déposer des cadeaux au pied du sapin ! Et puis les grands-parents, les copains de crèche et d’école, sans oublier la télévision et bien sûr la publicité, sont passés par là : impossible de résister face au plus gros bobard de tous les temps ! Alors vous avez dû vous faire une raison. Loulou y croit bel et bien… comme la grande majorité des enfants d’aujourd’hui : 95 % des 2-4 ans et encore 44 % des 8-9 ans, s’il l’on en croit un sondage réalisé par la Fédération des commerces spécialistes des jouets et produits de l’enfant en 2011. Même la pédopsychiatre Françoise Dolto a participé, dans les années 1960, à la mise en place du secrétariat du père Noël. La preuve, s’il en fallait une, que ce petit mensonge n’avait rien de très méchant… en apparence.

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Plus qu’un mensonge, une question de confiance

Mais aujourd’hui, quelques voix s’élèvent pour dénoncer la conspiration.

Certains parents clament haut et fort leur volonté de ne pas mentir à leurs enfants, de ne pas abuser de leur naïveté ; d’autres associent Noël à la désillusion qu’ils ont vécue enfants et qu’ils ne voudraient pour rien au monde faire vivre à leur tour à leur progéniture. Car autour de ce mensonge somme toute anodin se joue l’idée de confiance.

Une étude menée par deux psychologues américains va dans ce sens. Elle montre que mentir aux enfants à propos du père Noël n’est pas une bonne idée : la révélation de la vérité peut laisser une trace au mieux amère, au pire destructrice. Elle risque de saper la confiance que les enfants ont mise dans leurs parents, et dans la communauté des adultes toute entière.

« Depuis le jour où ma petite fille de 10 ans a appris que le père Noël n’existait pas, raconte une grand-mère, elle en veut terriblement à ses parents. Elle se sent trahie ! » Garants de l’ordre et de la moralité, ses parents ont prouvé qu’ils ne se privaient pas de lui mentir. Et s’ils lui ont menti sur Noël, pourquoi ne lui auraient-ils pas menti sur d’autres choses aussi ? Et comment être sûr que les adultes ne sont pas tout le temps en train de dire n’importe quoi ?

Jusqu’à quel âge peut-on leur faire croire au père Noël ?

Et si, au final, tout était une question d’âge ? Et si tout dépendait de la façon dont l’enfant apprenait la vérité ? En effet, croire au père Noël quand on 4 ou 5 ans, c’est mignon, et cela ne fait pas mal à personne. Mais il faut savoir dire stop quand il le faut, avant qu’il ne soit trop tard ! La plupart du temps, les enfants découvrent toute la vérité via leurs copains. Inutile dans ce cas de démentir : il est important que les parents ne s’enferment pas dans le mensonge, et rétablissent enfin la vérité. Rien n’empêche, par ailleurs, d’inciter son enfant à se poser lui-même des questions : « Et toi, tu y crois ? ». Très souvent, l’enfant comprend que certaines choses clochent dans ce gros mensonge, et il faut l’aider à y voir plus clair. Car arrêter de croire au père Noël, c’est aussi une façon de grandir, rejoindre le monde des grands – ce qui est une fierté pour nombre d’enfants.

Autre astuce pour faire passer la pilule plus facilement, et ne pas transformer la révélation en désillusion : lui dire que « le Père Noël n’est pas un mensonge mais une invention poétique, comme quand Eluard dit que la Terre est bleue comme une orange », expliquait la psychanalyste Claude Halmos dans une interview au Parisien Magazine en 2012. C’est L’occasion de lui expliquer la symbolique associée au gros bonhomme rouge : le partage, la convivialité, l’amour de son prochain, le plaisir d’offrir et de faire plaisir… 

Parents, rassurez-vous : ne plus croire au père Noël, c’est grandir, mais cela ne signifie pas renoncer à l’esprit des fêtes !

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