Archive de mots clés: « infection urinaire femme »

Infections urinaires : quand et pourquoi faire une analyse d’urine ?

« J’ai une infection urinaire et le médecin m’a prescrit un examen urinaire (ECBU) et un antibiotique. Comment dois-je procéder ? » Stéphanie, 37 ans, St Malo.

 

Près de 30% des femmes présentent une cystite au moins fois une dans leur vie, et près de 2 millions de Françaises souffrent d’infections urinaires à répétition. Un dépistage précoce est important pour soulager rapidement les symptômes grâce au traitement antibiotique adapté. L’examen cytobactériologique des urines (ECBU) permet de détecter les micro-­organismes présents dans l’urine, puis de les identifier et les dénombrer par des mises en culture.

Le recueil des urines

L’ECBU consiste à recueillir les urines dans un récipient stérile obtenu en pharmacie ou au laboratoire. Le prélèvement urinaire peut se faire au domicile et vous pouvez ensuite commencer votre traitement, mais ne prenez pas d’antibiotique avant le recueil des urines pour ne pas fausser les résultats du test. Si vous n’avez pas le temps d’apporter immédiatement vos urines au laboratoire, conservez-les à +4 °C au réfrigérateur, mais déposez-les au laboratoire dans les heures qui suivent, sous 24 heures au maximum.

 À lire aussi : Infections urinaires : symptômes et traitements

 

Procéder à une toilette soigneuse

Le recueil s’effectue de préférence avec les premières urines du matin après une toilette du méat urinaire à l’eau et au savon, ou avec une solution de Dakin disponible en pharmacie. Évitez le gant de toilette susceptible d’être porteur de germes extérieurs. Après un rinçage soigneux, il convient d’éliminer le premier jet urinaire et de recueillir les urines dites de milieu de jet, directement dans le flacon stérile, ouvert juste avant le recueil et refermé juste après. S’il vous est impossible de procéder au recueil des premières urines de la journée, il peut s’effectuer si votre dernière miction remonte au moins à 3 heures.

 À lire également : Comment traiter les infections urinaires

 

Conseils pour lutter contre les infections urinaires

L’ECBU n’est pas forcément envisagé en première intention, mais réalisé en cas d’infections urinaires récidivantes ou non améliorées par un traitement antibiotique. Afin de limiter les récidives, il est conseillé de boire régulièrement de l’eau à raison d’un litre et demi par jour, et il est déconseillé de retenir le besoin d’uriner, car cette retenue entretient la prolifération des micro-organismes.

 

Prévenir les récidives grâce à la phytothérapie

Prévenir les récidives grâce à la phytothérapie

Dans le domaine des infections urinaires, les récidives sont hélas fréquentes. Misez sur les plantes afin de les éviter. La canneberge est très réputée pour ses propriétés acidifiantes : en résultent des urines qui ne sont pas favorables au développement des bactéries responsables des infections urinaires.
La feuille de busserole possède des propriétés diurétiques et antiseptiques, et s’utilise pour désinfecter l’appareil urinaire en cas de cystite chronique ou aiguë.
Quant à la bruyère, elle possède aussi des effets diurétiques grâce aux flavonoïdes et tanins que contient sa fleur, qui ont une action anti-inflammatoire particulièrement ciblée sur les parois de la vessie.
En cas de grossesse, ne prenez aucun traitement à base de plantes sans avoir au préalable demandé l’avis de votre pharmacien ou de votre médecin.

 

 À lire aussi : La canneberge, une plante aux multiples vertus

Comment traiter les infections urinaires ?

Parce que les microbes à l’origine des infections urinaires deviennent résistants aux antibiotiques et que la réserve d’antibiotiques est limitée, le traitement doit être mûrement réfléchi. Mode et précautions d’emploi.

 

Infections urinaires, les femmes plus touchées

Chiffre

Chiffre

20 % des femmes qui font une cystite récidiveront dans l’année… Source : Association française d’urologie, www.urofrance.org.
Les femmes sont dix fois plus touchées que les hommes. Et ce, pour des raisons anatomiques évidentes, la proximité des orifices de l’urètre (pour l’urine, stérile), de la vulve et de l’anus, deux réservoirs naturels de germes, facilitant les contaminations… En raison du contexte, de résistance croissante aux antibiotiques qui oblige à un usage raisonné des médicaments, il s’agit aujourd’hui, pour ne traiter qu’à bon escient, de faire la différence entre ce qui est une vraie infection urinaire d’une part et la colonisation des urines par une bactérie d’autre part (sans signe d’infection de la paroi de la vessie). Ce qui serait le cas d’au moins 25 % des femmes après 25 ans…

Une « vraie » infection urinaire, une cystite, se caractérise par des brûlures à la miction, des envies fréquentes et une sensibilité au-dessus du pubis. Pour les cystites simples, peu ou pas de fièvre et parfois du sang dans les urines (à la toute fin de la miction), ce qui n’est pas inquiétant lorsque le saignement est associé aux signes de cystite : il est provoqué par l’inflammation de la muqueuse de la vessie. Et l’interrogatoire suffit pour faire le diagnostic. Un retard au traitement n’est pas préjudiciable.

Si le « terrain » s’y prête, les cystites peuvent récidiver. Au-delà de quatre par an, un minimum d’explorations complémentaires permet de repérer les facteurs favorisant l’infection : une « malfaçon » de l’arbre urinaire, un diabète, des fluctuations du cycle hormonal, etc.

 

Les différentes solutions contre les infections urinaires

À lire

À lire

livre_traite_pratique_phytoTraité pratique de phytothérapie aux éd. Grancher de Dr Jean-Michel Morel, médecin phytothérapeute, à l’origine du site www.wikiphyto.org, le plus (scientifiquement) documenté des sites consacrés aux plantes médicinales (pour la canneberge).
Jusqu’à trois cystites par an donc, le traitement est toujours ce que l’on appelle probabiliste, c’est-à-dire fonction de ce que l’on sait de l’épidémiologie des infections urinaires : neuf fois sur dix, le germe en cause est Escherichia coli, venu de l’intestin voisin. À partir de quatre épisodes l’an, un ECBU, alors systématique, permet d’identifier précisément le germe à l’origine de l’infection, et sa sensibilité aux antibiotiques, pour un traitement ciblé.

  • Le traitement d’une cystite aiguë récidivante est a priori plus long que celui d’une cystite simple (en une prise minute ou sur trois jours).
  • Quelle que soit la nature de la cystite, simple ou récidivante, le lavage à grandes eaux de la vessie et des voies urinaires est le plus sûr moyen, et le plus naturel, d’éviter les infections. La prise de boissons et les mictions doivent par conséquent être abondantes et régulières. Quant aux cystites « de la jeune mariée », qui surviennent systématiquement après un rapport sexuel, une miction juste après permet de chasser les bactéries éventuellement présentes dans l’urètre.
  • Selon le nombre de récidives, 6 ou 40 ! par an, l’on peut discuter de l’intérêt d’un traitement de fond, un « antibiocycle », où l’on prend différents antibiotiques plusieurs fois par semaine, au long cours. À éviter maintenant autant que possible, en raison du risque exponentiel de résistances…
  • Autre possibilité, en cas de sécheresse vaginale avérée, un nettoyage local avec des produits neutres, ni acides (terreau des mycoses), ni alcalins (qui modifient la qualité de la flore, protectrice), mais neutres, et/ou des estrogènes locaux (ovules ou gel).
  • Option de choix, en raison de son efficacité (sur le nombre des récidives) et de l’absence d’effets indésirables, la canneberge (de l’espèce Vaccinium macrocarpon), en complément alimentaire pour un dosage plus sûr, 36 mg par jour de proanthocyanidines ou PAC (Cystiregul ou Cys-control), en cures de deux mois. En empêchant E. coli (uniquement) de se fixer sur les parois de la vessie, elle diminue de moitié la fréquence des récidives.
  • Deux pistes plus récentes, encore à l’étude, la propolis et les probiotiques (lactobacilles notamment) qui restaurent la flore intestinale.
  • Enfin, vacciner par une dilution homéopathique de E. coli (Urovaxum, un comprimé par jour pendant trois mois, avec des cures de rappel de 3 à 10 jours par mois) permettrait de diviser par trois le taux de récidives.
Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

  • Une cystite qui survient en cours de grossesse doit être traitée rapidement, et sur une période plus longue, comme une cystite récidivante.
  • Boire deux litres d’eau par jour permet de doucher la vessie et l’urètre. À chaque miction, l’essentiel des colibacilles est chassé.
  • Éviter les strings, les sous-vêtements en nylon, les nettoyages trop intenses de la vulve.
  • L’orifice de l’urètre ne doit pas être obstrué, par des tampons « surdimensionnés » par exemple.
  • Lutter contre la constipation (la stagnation des selles laissant l’opportunité aux germes du côlon de s’exporter), en consommant des aliments riches en fibres.
  • Ne pas se retenir et prendre son temps pour vider sa vessie, un réservoir « élastique », capable de doubler sa capacité initiale… Entre deux mictions trop éloignées, peut se produire une multiplication colibacillaire colossale, source de cystites récidivantes.
  • Après chaque passage aux toilettes, s’essuyer d’avant en arrière, et non l’inverse, et se laver les mains à l’eau et au savon (sus aux colibacilles toujours !).
Réponses d'expert : quand faut-il faire un ECBU ?

Réponses d'expert : quand faut-il faire un ECBU ?

Pr Franck Bruyère
Commission d’infectiologie de l’Association française d’urologie, urologue au CHRU de Tours

L’examen cyto-bactériologique des urines (ECBU) doit être de principe réalisé avant une intervention chirurgicale qui concerne la sphère urinaire. Il est aussi recommandé quand on suspecte une infection urinaire qui pourrait se compliquer d’une infection plus haute (une pyélonéphrite notamment). Les brûlures, les envies pressantes de la cystite simple sont ici accompagnées d’une fièvre, à partir de 38 °C.

Pour une cystite aiguë que l’on dit simple parce que survenant de façon isolée, qui devrait se résoudre rapidement, l’ECBU est inutile et un traitement court indiqué. Un ECBU au décours est, lui, tout à fait superflu, la disparition des symptômes suffisant à témoigner de la guérison.

On soigne une personne, pas un ECBU !