Archive de mots clés: « grossesse végétarienne »

(Bien) manger végétarien lorsqu’on est enfant, enceinte ou sportif

De façon générale, l’alimentation végétarienne n’est pas particulièrement délicate à organiser si vous en maîtrisez les grands principes (grâce à ce livre, par exemple !).
Dans certains cas, les besoins nutritionnels du corps sont un peu différents de la moyenne (chez l’enfant, en cas de grossesse…). C’est l’occasion de vérifier que votre alimentation est équilibrée et que vous ne commettez pas d’erreur nutritionnelle majeure, qui serait problématique parce reproduite à de nombreuses occasions.

 

Les bons conseils des nutritionnistes

Vous pouvez par exemple rencontrer un nutritionniste ou une diététicienne, mais demandez-lui si ses connaissances incluent l’alimentation végétale. Ce n’est pas le cas de tous, malheureusement.

Par ailleurs, n’hésitez pas à expliquer à votre médecin généraliste que vous limitez la viande dans vos menus, voire que vous l’avez supprimée. La transparence est nécessaire à une bonne prise en charge.

Vous pouvez également être le moteur : votre médecin ne sait peut-être pas où trouver des informations sur l’alimentation végétale. Vous pouvez lui fournir le rapport de l’Association américaine de diététique (ADA) : c’est une bonne source d’information pour les professionnels de santé.

Si vous ne trouvez pas l’écoute espérée, vous pouvez demander aux associations nationales végétariennes ou véganes des adresses qu’ils pourraient vous conseiller : il est important de rester dans une relation de confiance avec ceux à qui vous demandez conseil pour votre santé.

Réponses d’expert : le végétarisme n’est pas abordé durant les études

Réponses d’expert : le végétarisme n’est pas abordé durant les études

Séverine Sénéchal,
diététicienne à Amiens

« Lorsque j’ai fait mes études (en 2002), le végétarisme n’était pas abordé et l’on nous apprenait à faire des rations alimentaires ayant un apport en protéines animales supérieur à l’apport en protéines végétales… ce qui avait pour conséquence d’écarter le végétarisme. Je crains que les choses n’aient pas réellement changé depuis ! Il existe, en France, très peu de soignants connaissant le sujet du végétarisme, la majorité aurait plutôt tendance à dissuader les gens de suivre cette alimentation (conseillant par exemple de manger au moins du poisson…). »

Réponses d’expert : je me suis formé seul

Réponses d’expert : je me suis formé seul

Mathieu, 28 ans,
médecin généraliste, végétarien.

« La nutrition représente 3 heures d’enseignement dans tout le cursus médical. Nous n’avons donc pas du tout abordé le végétarisme. Je me suis formé tout seul, mais j’estime que je n’ai moi-même pas encore toutes les infos nécessaires pour conseiller les patients. Je veux creuser le sujet pour être capable de le faire à l’avenir et leur proposer une prise en charge globale. Je pense que les patients viennent voir leur généraliste pour avoir des conseils, pas seulement une prescription. »

 

Les besoins particuliers des enfants ou le végétarisme en famille !

L’alimentation des enfants est un sujet épineux : de leur naissance à leur adolescence, des recommandations nutritionnelles précisent la quantité de chaque nutriment indispensable à leur croissance. Ces conseils sont, par exemple, présentés dans le livret téléchargeable La santé vient en mangeant et bougeant Le guide nutrition des enfants et ados pour tous les parents.

Cette publication reprend les positions validées par les experts nutritionnistes français, dans le cadre du Plan National Nutrition Santé (PNNS), mais elle n’intègre pas l’option végétarienne.

Voici un extrait :
« Quelques repères pour un enfant en bonne santé :
La portion de viande ou de féculents d’un petit de 4 ans devrait être environ deux fois plus petite que celle d’un enfant de 12 ans.

À titre indicatif :

  • vers 4/5 ans, une portion de 50 g de viande ou de poisson ou 1 œuf par jour suffisent ;
  • vers 12 ans, la portion de viande ou de poisson sera d’environ 100 g par jour (ou 2 œufs).

La France, encore frileuse avec le végétarisme

La question des protéines d’origine végétale comme une alternative à celles d’origine animale n’est pas abordée. Lorsqu’il est question du régime végétarien, c’est sous la forme d’une problématique à résoudre : « Mon ado a décidé de ne plus manger de viande, est-ce dangereux ? » Les solutions proposées sont les suivantes : « Si votre ado ne mange pas de viande, il doit consommer chaque jour, pour conserver une alimentation la plus équilibrée possible : 3 ou 4 produits laitiers, au moins 5 fruits et légumes, des légumes secs et des céréales, des œufs… et si possible du poisson ! » Bref, pas moyen d’échapper à la consommation de chair animale !

En Amérique du Nord, le végétarisme et le végétalisme sont « appropriés »

En prenant un peu de hauteur, on quitte la vision française de l’alimentation pour s’apercevoir qu’au-delà de nos frontières, on est moins frileux. En Amérique du Nord, des prises des positions officielles viennent conforter le choix des parents en faveur du végétarisme (et du végétalisme). Dans sa position officielle au sujet de l’alimentation végétarienne*, l’Association américaine de diététique et les diététiciens canadiens précisent « qu’une alimentation végétalienne bien planifiée et les autres types d’alimentations végétariennes sont appropriés à toutes les périodes de la vie, y compris la grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence ».

Témoignage : végane dès le plus jeune âge

Témoignage : végane dès le plus jeune âge

Mon mari est devenu végétarien, puis végane à peu près à la même époque que moi, il y a 5 ans. Notre aînée avait alors 3 ans. Elle est devenue végane sans problème, et les deux enfants suivants sont véganes de naissance. Par chance, notre médecin de famille est super ouvert et nous fait confiance. C’est aussi pour ça qu’on l’a choisi.

Aurélie,
37 ans, maman de 3 enfants en instruction à la maison, végane après avoir été végétarienne.
(blog : www.addfunandmix.com)

Les associations et communautés très utiles

L’idéal est donc de pouvoir faire suivre son enfant par un soignant formé. Comme nous l’avons vu, ce n’est pas toujours facile. Grâce à la solidarité de la communauté végétarienne-végétalienne, il vous est possible de trouver des informations fiables. À l’image des « patients experts » connaissant en détail leur pathologie, des parents rendent compte régulièrement des résultats de leur expérience et se tiennent au courant des recommandations officielles, issues de la recherche scientifique. Deux sites sont particulièrement intéressants.

  • Le site incontournable à propos de l’enfance végétarienne et végane, c’est celui d’Enfants et bébés végétariens, végétaliens et véganes ! S’il ne publie plus de nouveaux posts, il constitue une archive fiable. À noter : les bonnes adresses de forums pour interroger d’autres parents : enfantvege.canalblog.com.
  • Le blog d’Aurélie Kuhn propose des revues de produits compatibles avec le mode de vie végane : mamanvegane.fr. Aurélie tient le blog www.addfunandmix.com.
  • L’Association végétarienne de France (vegetarisme.fr) propose également une petite brochure sur le sujet : elle est téléchargeable dans l’onglet « Publications à télécharger : Enfants végétariens ».
Témoignage : mes enfants et mon mari mangent de la viande

Témoignage : mes enfants et mon mari mangent de la viande

Mes enfants et mon mari mangent de la viande ; moi non, pour des raisons éthiques. Je souhaitais depuis mon adolescence devenir végétarienne : je l’ai fait le jour de mes 18 ans – mes parents m’avaient demandé d’attendre d’être majeure pour prendre cette décision. Maintenant que je suis maman, je n’ai pas envie d’imposer ma façon de faire à ma famille. Il faut également préciser que mes parents sont chasseurs et ceux de mon mari maquignons ! À la maison, je cuisine donc deux menus mais, finalement, nous mangeons beaucoup plus varié (nombreux légumes, quinoa, crudités…) que si j’étais aussi omnivore. On évolue à notre rythme, et je ne sais pas ce que mes enfants décideront pour eux-mêmes.

Stéphanie,
31 ans, employée de banque, 2 enfants, végétarienne.

 

Une grossesse végétarienne

« Une analyse fondée sur des preuves a montré que les alimentations végétariennes pouvaient être adaptées à la grossesse sur le plan nutritionnel et se traduire par des avantages en termes de santé pour la mère et le nouveau-né. » Bien sûr, cela demandera de faire réellement attention à ses apports : l’idéal serait de pouvoir vérifier avec un soignant qu’ils sont adaptés. Une attention particulière devra être portée à la vitamine B12, à la vitamine D et aux oméga-3, ainsi qu’au taux de fer.

Témoignage : il faut s’informer avec ses propres sources

Témoignage : il faut s’informer avec ses propres sources

Lorsque j’ai été enceinte de mon troisième enfant, j’ai consulté des blogs de maman végétalienne et végétarienne, car les professionnels de la santé peuvent parfois avoir peur des carences quand vous leur dites que vous êtes végétarienne, mais on se rend vite compte qu’ils n’ont pas beaucoup de connaissance au niveau de l’alimentation. Il faut donc s’informer avec nos propres ressources. Aussi, j’ai surtout fait preuve de bon sens : manger de tout, varier au maximum ses menus, adhérer à une AMAP (pour avoir de bons légumes de saison sans pesticides) et manger beaucoup de légumes crus, des fruits et des jus de légumes pour faire le plein de vitamines et de minéraux.

Marie-France, 38 ans, maman de 3 enfants. Naturopathe, elle tient le blog Save the Green (www.savethegreen.fr)

L’Association végétarienne de France (www.vegetarisme.fr) propose également une petite brochure sur le sujet : elle s’intitule Une grossesse végétalienne.

 

Les besoins spécifiques des sportifs végétariens

En adoptant un régime végétarien équilibré, il est tout à fait possible d’avoir une pratique sportive intense… ou plus raisonnable ! Contrairement aux idées reçues, les besoins en protéines n’augmentent pas avec une activité sportive… à moins de pratiquer le bodybuilding.

Témoignage : 4615 kilomètres à vélo

Témoignage : 4615 kilomètres à vélo

Avec Dominique, mon mari, nous nous sommes lancés l’année dernière dans un grand projet sportif. Nous avons parcouru à vélo 4 615 km pour rallier la Bourgogne depuis Istanbul en 56 jours. Nous faisions en moyenne 85 km par jour ! Que ce soit en Bulgarie, en Roumanie, en Hongrie, en Autriche ou en Allemagne, je n’ai jamais rencontré de difficulté pour trouver des aliments qui me convenaient : j’ai pu respecter mon régime alimentaire sans souci.

Elizabeth, 51 ans,
contrôleur de gestion, végétarienne.

De nombreux sportifs sont adeptes de l’alimentation végétale. Le plus médiatique est probablement Scott Jurek*, un ultra-runner : il court des distances supérieures à celles d’un marathon, lors de courses inaccessibles aux sportifs lambda. Un détail le distingue de la majorité des autres compétiteurs : il est végane, après avoir été végétarien pendant quelques années. Son expérience surprend, autant que ses résultats : son palmarès est impressionnant et régulier, puisqu’il a gagné des courses parmi les plus difficiles au monde plusieurs années de suite.

 

Amaigrissement, santé et alimentation végétarienne

Amaigrissement, santé et alimentation végétarienne

On oppose habituellement « alimentation végétale » et « malbouffe ». En général, c’est vrai : la plupart des végétariens sont soucieux de l’équilibre de leurs apports. Manger végétarien permet d’augmenter les portions de fruits et de légumes, des aliments ayant une densité calorique relativement faible. Certaines études ont montré que l’adoption du régime végétarien pouvait faire perdre plus de 3 kg à des personnes en surpoids. Cependant, il est tout à fait possible de « mal » manger végétarien : les frites et certaines pâtes à tartiner au chocolat et aux noisettes sont végétariennes, tout comme les pâtes et le fromage ! Or, se nourrir de ces seuls quatre ingrédients n’est pas un modèle d’équilibre, on en convient aisément. Manger végétarien, c’est bien ; manger végétarien et équilibré, c’est mieux !

 

Pour Information

Pour Information

Ce texte est extrait de Manger végétarien, un peu beaucoup passionnément  de Alexandra Chopard (avec la contribution de Séverine Aubry) ; éditions Leduc ; coll. « C’est malin » ; 208 pages.

Aliments, listes de courses, menus et recettes pour adopter la « veggie attitude » pour un jour ou toujours sans carence !