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Quels médicaments pour lutter contre le stress ?

Préconisations, molécules efficaces, effets secondaires : le point sur les médicaments qui nous aident à surmonter nos coups de stress et nos troubles anxieux.

 

Si on évoque de plus en plus le stress devant une agression biologique : infection, maladie organique, intoxication, etc., les psychiatres définissent le stress comme une somme de stimuli ressentis comme autant de contraintes (souvent « trop lourdes pour être gérées ») par l’individu : vie familiale, sociale, psychologique. On comprend que le stress puisse être une situation qui conduise à l’angoisse, à l’anxiété et qu’on tente de lui opposer des thérapeutiques… médicamenteuses.

 

Les pratiques douces contre le stress

Certes, on peut faire appel au yoga, à la méditation et pourquoi pas aux plantes telles que l’aubépine, la mélisse ou la valériane. Leur effet est limité mais si on peut faire avec, il ne faut surtout pas s’en priver. Les plantes ont toute leur place pour combattre ces troubles lorsqu’ils ne sont pas majeurs, c’est-à-dire lorsqu’ils n’entraînent pas des troubles anxieux généralisés. Toutefois les médicaments, à condition de les utiliser avec discernement et prudence, sont des outils efficaces qu’il ne faut donc pas négliger.

 À lire aussi : Comment vaincre son stress

 

Les traitements contre l’anxiété

Les médicaments destinés à soulager l’anxiété, fréquent trouble du comportement, sont dirigés contre les symptômes : on gère l’anxiété sans s’attaquer au mal lui-même. On a essentiellement recours à la famille des benzodiazépines[1], de préférence les molécules à demi-vie courte comme le lorazépam (Temesta) l’oxazépam (Seresta) ou l’alprazolam (Xanax), alors qu’il vaut mieux éviter les benzodiazépines à demi-vie longue comme le bromazépam (Lexomil), le prazépam (Lysanxia) ou le diazépam (Valium).

Entre 2012 et 2013, trois benzodiazépines ont fait l’objet de retrait : le clonazépam (Rivotril), dont les conditions d’accès ont été restreintes, le flunitrazépam (Rohypnol) qui a été retiré du marché français, le tétrazépam (Myolastan) dont la pharmacovigilance (trop riche) a conduit à son retrait du marché en Europe.

 À lire également : Apprivoiser le stress et son anxiété

 

Les précautions à prendre

Lorsqu’un traitement par benzodiazépine est réellement justifié pour soigner les troubles anxieux ou les troubles du sommeil chez les personnes de plus de 65 ans et polypathologiques, ou de plus de 75 ans, la HAS et l’ANSM recommandent, d’une part, d’indiquer au patient, dès l’instauration du traitement, que la durée de prescription est limitée et, d’autre part, d’utiliser préférentiellement les substances d’action intermédiaire et sans métabolite actif (dites « à demi-vie courte ») car il existe un risque d’accumulation du médicament ou de ses métabolites lors de prises répétées.

 

Les effets indésirables à redouter

Si ces médicaments sont globalement bien tolérés, toutefois leurs effets indésirables doivent être observés et évalués : somnolence en début de traitement, hypotonie musculaire (attention aux chutes à l’origine de fractures) et perte de réflexes (pourvoyeuse d’accidents de la route).

Le problème majeur est l’accoutumance nécessitant une augmentation des doses pour obtenir la même efficacité, un risque de dépendance au long cours, et parfois des réactions paradoxales (en particulier : nervosité, excitation). Leur prescription doit être limitée à douze semaines et réévaluée pour éviter une dépendance psychologique et/ou pharmacologique.

L’arrêt du traitement doit toujours se faire par diminution progressive de la posologie afin d’éviter la réapparition de l’angoisse.

 

Le stress post-traumatique, des traitements à part ?

Lors d’urgences traumatiques (catastrophes naturelles, attentats, stress collectifs) on propose aujourd’hui une prise en charge du « stress post-traumatique » fondée sur des médicaments comme alprazolam (Xanax), lorazépam (Temesta), hydroxyzine (Atarax), cyamémazine (Tercian), et propranolol (Avlocardyl[1]).

Des données probantes appuient l’efficacité d’autres médicaments pour la gestion au long cours de ce type de stress : la fluoxétine (Prozac), la paroxétine (Deroxat), la sertraline (Zoloft), le topiramate (Epitomax), la buspirone (Risperdal) et la venlafaxine (Effexor). Ils améliorent les symptômes du stress posttraumatique mais il semble également que l’administration précoce d’un corticoïde aurait un résultat positif. Dans tous les cas, l’ordonnance ne suffit pas. Le dialogue avec le psychiatrique est capital et permet de jeter les bases d’une reconstruction de la personne.

 

Se faire accompagner dans son traitement

Le stress ne peut être géré indépendamment de ses conséquences psychiatriques. Il est possible et souvent souhaitable d’associer au traitement anxiolytique et hypnotique un neuroleptique et un antidépresseur. Le risque de dépendance est prévenu avec la limitation de la prescription dans le temps et la mise en place d’un sevrage progressif.

 À lire aussi : Dépression, comportement et solutions

 

[1]Benzodiazépines : molécules qui agissent sur le système nerveux central en manifestant des propriétés anxiolytiques, hypnotiques, myorelaxantes et anticonvulsivantes. Une vingtaine de benzodiazépines ou apparentées sont commercialisées en France. Environ 130 millions de boîtes de benzodiazépines ont été vendues en France en 2012 (dont 53,2 % d’anxiolytiques et 40,5 % d’hypnotiques) soit près de 4 % de la consommation totale de médicaments. Environ 11,5 millions de Français ont consommé au moins une fois une benzodiazépine en 2012.

[2]Cochrane Database of Systematic Reviews: Medications to prevent post‐traumatic stress disorder (PTSD): a review of the evidence, February 14, 2014.

 

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les-medicaments-en-100-questions-crgLES MÉDICAMENTS EN 100 QUESTIONS, de François Chast, Président honoraire de l’Académie Nationale de Pharmacie.
Éditions Taillandier, 2016,
14.90 €.

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Je gère mon stress au travail

Pressions du résultat, tensions entre collègues, surcharge de travail… Le burn out guette. À moins? De suivre ces conseils pour ne pas perdre le sommeil et pour gérer son anxiété.

 

Gérer son emploi du temps et son stress

Tout le monde connaît cette pile de dossiers en souffrance sur le bureau, cette déferlante de mails auxquels il faut répondre en urgence, ce téléphone impatient qui sonne à tout bout de champ… Face à eux, tout le monde s’est senti, un jour ou l’autre, agressé, assailli, envahi, oppressé, en panique de ne pas savoir par où commencer ou épuisé à l’idée de ne pas y arriver. Et pour cause! Mal gérée, l’exécution des tâches professionnelles pousse le baromètre de la sérénité au bord de l’explosion et le stress au travail à son paroxysme.

 À lire aussi : Épuisement professionnel : êtes-vous au bord du burn-out ?

 

Question de concentration

La priorité lorsqu’on arrive sur son lieu de travail est d’avoir les idées claires et l’esprit exempté des tracas de la vie privée. La condition pour permettre à votre matière grise de se focaliser les missions de la journée. Ne pas laisser libre cours à ses états d’âme permet en effet d’optimiser son temps de présence. L’efficacité pendant les heures de bureau fait taire le stress au profit de la satisfaction.

Des temps de pause salutaires

Comme un moteur qu’on laisse trop longtemps chauffer, le cerveau finit par saturer. Pour redémarrer, vos neurones ont besoin de s’aérer, ne serait-ce que 5 minutes pour décompresser.

À l’heure du déjeuner, évitez le sandwich devant l’ordinateur. Sortez du bureau, allez marcher ou déjeuner entre collègues.

 

Je favorise un climat détendu

Bon nombre de collègues sont probablement dans votre cas, soumis à la pression d’un patron exigeant et/ou d’une surcharge de travail. L’important reste donc de se préserver au mieux d’un climat anxiogène et d’œuvrer pour une ambiance zen afin de gérer son stress.

Un bureau calme

C’est connu: le chaos environnant déteint sur son état d’esprit. En revanche, maintenir son espace de travail agréable, si possible sans bruit et en ordre contribue à rester serein et aide à se concentrer sur ce qu’on a à faire.

Désamorcer les conflits

Dans un contexte professionnel, les non-dits et les malentendus ont vite fait d’installer des tensions, démotivent et font perdre confiance en soi. Rivalités, jalousies, désaccords entre collègues, mais aussi pressions et critiques infligées par un supérieur, enclenchent des mécanismes de stress qu’il est difficile de stopper sans instaurer le dialogue et la transparence. Parce que la parole soulage, n’attendez pas que les malaises s’installent pour exprimer vos ressentis dans des situations conflictuelles.

 À lire aussi : Où est passée votre motivation professionnelle ?

 

Besoin d’aide pour gérer son stress au travail ?

La gestion du stress peut aussi passer par l’accompagnement de spécialistes. Ce que ces derniers appellent le coping, de l’anglais to cope with, « faire face à », s’enseigne au cours de stages ou de coaching personnalisé d’une durée moyenne de deux jours, et généralement pris en charge dans le budget de formation de l’entreprise à la demande de l’employé.

Renseignements : Institut français de l’anxiété et du stress (IFAS), 5 rue Kepler, 75016 Paris. Site Internet : www.ifas.net ou tél. : 01 53 23 05 20.