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La gastro : bénigne souvent, sérieuse parfois

Elle fait si bien partie du paysage des petits maux épidémiques que l’on en oublierait ses conséquences les plus fâcheuses, notamment pour les enfants et les personnes les plus fragiles. Mise en garde.

 

La  gastroentérique  bénigne ou sérieuse

Chiffre

Chiffre

3 millions
de personnes consultent chaque année en France pour un épisode de gastro-entérite, véhiculée par les enfants surtout.
Source : Réseau Sentinelles Inserm 
Les gastro-entérites, « gastro » de leur petit nom, sont sans gravité dans la majorité de leurs (millions de) cas. Cette inflammation de l’estomac d’une part (pour gastro), de l’intestin d’autre part (pour entérite), est effectivement provoquée par la multiplication d’un virus surtout (à 90 %), de la famille des rotavirus essentiellement. Elle provoque des vagues de nausées, vomissements et diarrhée (des selles liquides), de la fièvre, qui surviennent inopinément. Cette soudaineté des symptômes ainsi que leur caractère collectif sont d’ailleurs rassurants : ils accréditent l’origine virale de la gastro… et par conséquent une résolution rapide de la maladie le plus souvent.

À l’inverse de cette autre cause de gastro, beaucoup plus rare, la toxi-infection alimentaire, quand les aliments sont contaminés par une bactérie (comme les fameuses salmonelles) ou toxine (des huîtres par exemple). La température peut ici s’élever davantage, les signes caractéristiques de la gastro survenant en général juste au décours d’un repas et en dehors d’un contexte épidémique. Un problème qui est alors du ressort du médecin exclusivement, pour des antibiotiques parfois.

Enfin, les épidémies de « gastro » ont leur météo* qui permet de déployer les manœuvres de prévention (lavage de mains surtout), le virus étant hautement transmissible, par les selles et les « mains sales ».

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Combattre la gastro

Défenses immunitaires aidant, le virus qui a désorganisé le transit est balayé en 48 heures au plus. On peut donner un coup de pouce à la nature et rendre la gastro plus « confortable » avec ces remèdes « maison ».

Moins de nausées

À petites gorgées et par petites quantités, des infusions de fenouil ou d’anis étoilé, « assaisonnées » éventuellement, 3 ou 4 fois par jour, de 2 gouttes d’huile essentielle (HE) de menthe poivrée – attention, cette HE, très efficace sur les troubles digestifs, ne doit pas être utilisée chez l’enfant, la personne âgée ni chez la femme enceinte ou allaitante. Le remède homéopathique des nausées ? Nux vomica, en 9 CH, 5 granules toutes les heures pour commencer, puis 5 fois par jour.

Un transit régulé

Les médicaments symptomatiques, qui interrompent la diarrhée sans véritablement agir sur le virus, n’ont pas fait la preuve de leur efficacité sur le volume des selles… (Autrement dit, ils ne changent rien à la perte en eau et en minéraux – dont le sel.) Ils modifient simplement leur aspect, les rendant moins inquiétantes (à l’œil !). Les argiles, qui absorbent eau, toxines et gaz, protègent la muqueuse intestinale et diminuent les ballonnements et les douleurs.

 À lire aussi : Comment apaiser les problèmes de digestion ?

Une flore restaurée

Au moins ces deux souches de probiotiques : Lactobacillus GG et Saccharomyces boulardii, réduisent la durée de l’épisode de diarrhée et améliorent la consistance des selles.

L’Ultra-levure aussi, dans les suites d’une diarrhée aiguë, facilite la régénération, à partir de la muqueuse, d’une flore renaissante.

Des carburants à la mesure de la « débâcle »

La soupe de carottes (pas de sucre, pas de calories, trop de sel) est inutile, et même contre-productive chez les tout-petits, ainsi que le coca (pas de sel et trop de sucre) ou l’eau pure, dénuée de sels minéraux. À éviter sur cet intestin torturé, les fruits et légumes à fibres. On préfère les aliments les plus digestibles et l’on multiplie les petites collations… Le menu idéal ? L’alliance coquillettes et jambon, qui apporte sucre et sel à la fois.

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De l’eau à volonté

La principale complication d’une gastro est la déshydratation, particulièrement chez le tout-petit de moins de 5 ans, un problème qui peut être vital pour les plus jeunes, avant 2 ans. C’est pourquoi une réhydratation, par des solutions de réhydratation orale (SRO), doit être entreprise dès les premières selles liquides : de 50 à 60 ml (mieux, rafraîchis en cas de nausées) du mélange reconstitué dans 200 ml d’eau faiblement minéralisée, à proposer à intervalles réguliers, toutes les 10 minutes par exemple.

* www.sentiweb.org, pour surveiller la progression des virus

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

  • Prévenir vaut mieux que guérir ici aussi, et les bonnes pratiques d’hygiène sont, en matière alimentaire, indispensables…
  • Pour éviter les salmonelles (l’essentiel des toxi-infections alimentaires d’origine bactérienne), les œufs et les préparations à base d’œufs doivent être placés au frais ; viandes hachées et volailles doivent être cuites à cœur et les poulets rôtis cuits au four à 200° pendant une heure. En cuisine, laver les mains, les ustensiles et le plan de travail soigneusement. Gare à la provenance et à la fraîcheur des coquillages, et des huîtres en particulier…
  • Il faut toujours avoir un soluté de réhydratation orale à la maison pour les enfants de moins de 5 ans, parce qu’une déshydratation peut survenir très vite, surtout en cas de vomissements et diarrhée associés.
Réponses d'expert : quand doit-on s’inquiéter d’une<br>
« gastro » chez un enfant petit ?

Réponses d'expert : quand doit-on s’inquiéter d’une
« gastro » chez un enfant petit ?


Le Dr Marc Koskas,
pédiatre à Saint-Maur

« Ce sont essentiellement les gastro-entérites à rotavirus qui nous préoccupent, à l’origine de la majorité des hospitalisations et des décès (10 par an). Une consultation est donc indispensable pour une « gastro » avant l’âge de 3 mois. Et, au-delà de 3 mois, un contact doit être pris (au moins par téléphone) pour juger de « l’intolérance » digestive : l’enfant boit-il ? Vomit-il ? Quelle est l’ampleur de la diarrhée ? Comment est l’enfant ? Mou ? Gémissant ? La suite des évènements dépend de la balance entrées/sorties des liquides, la résultante étant appréciée toujours sur le poids. Si celui-ci est en chute libre, de plus de 7 %, l’hospitalisation est nécessaire – comme systématiquement d’ailleurs lorsqu’une « gastro » se produit avant l’âge de 6 semaines. »