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Florence Pernel : “Je suis devenue addict au yoga !”

Révélée par des films, des séries et d’innombrables téléfilms, Florence Pernel excelle aussi au théâtre. Elle le prouve encore dans Maris et Femmes, une adaptation du film de Woody Allen.

 

Vous avez commencé votre carrière encore enfant ?

Par pur hasard ! J’accompagnais ma mère qui faisait de la figuration et j’ai été choisie, en 1973 (j’avais 7 ans), pour jouer dans le téléfilm Plein Soleil ou une enfance corse, de Jean Archimbaud. Nous habitions alors à Marseille, et nous avons déménagé à Paris. Ma maman avait été mannequin-cabine. En quête d’indépendance, j’ai eu le toupet d’ouvrir la porte d’une agence et, grâce à mon sourire et mes deux fossettes, je suis devenue mannequin-junior. Puis j’ai décroché en 1980 le rôle de Marie dans Tarendol, de Louis Grospierre. Et tout s’est enchaîné. J’ai participé à une dizaine de tournages jusqu’au rôle d’Odile dans Que les gros salaires lèvent le doigt ! Ce film de Denys Granier-Deferre m’a valu d’être nominée en 1982 au César du meilleur espoir féminin.

Et soudain vous prenez vos distances avec le milieu artistique…

Très vite j’ai eu une vie d’adulte dans un corps d’enfant. Trop de choses se sont télescopées et j’ai décidé de tout arrêter. Je sentais que j’étais sur une pente dangereuse – et heureusement j’ai un sens de la survie très développé. J’ai suivi une amie qui vendait des « brics et des brocs » à la porte de Montreuil et, là, je me suis découvert une appétence pour le monde de la brocante et des salles des ventes. J’avais 20 ans, c’était très excitant. J’étais dans un milieu d’hommes dans lequel je me sentais très à l’aise en devenant une vraie marchande patentée. Puis, je suis partie aux États-Unis, où j’étais persuadée que j’avais une histoire à vivre, jusqu’au moment où j’ai « enquillé » les voyages, au gré des rencontres, notamment en Chine. Quand je suis revenue, je ne savais pas trop que faire et je suis devenue antiquaire.

Comment avez-vous renoué avec le cinéma et la télévision ?

Je me suis vite ennuyée – mon côté insatiable, sûrement ! – parmi les antiquités. Et, un jour, je suis tombée nez à nez avec l’agent artistique Dominique Besnehard qui m’a prise sous son aile et m’a envoyée sur un casting pour un film italien. Quelques années plus tard, j’ai décroché le rôle principal de la série télévisée Le juge est une femme où je me suis glissée dans la peau du juge d’instruction Florence Larrieu de 1993 à 2002.

Était-ce difficile pour vous de quitter un rôle aussi récurrent ?

C’est moi qui en ai fait la demande. Je suis très reconnaissante au Juge est une femme parce que c’est là que j’ai appris mon métier grâce à la rapidité d’exécution que demande la télévision. Par la suite, j’ai joué dans de très beaux téléfilms, notamment Les Steenfort, maîtres de l’orge ou Marie Humbert, le secret d’une mère sur TF1.

Dès lors, vous allez jongler entre télévision, cinéma et théâtre ?

Mon entrée dans le théâtre, je la dois encore à Dominique Besnehard qui a été mon sésame en me faisant passer l’audition pour la reprise d’Un Tramway nommé Désir. Cela m’a permis d’être nominée en 1999 au Molière de la meilleure comédienne dans un second rôle. Trois ans plus tard, je me retrouve sur scène dans La Boutique au coin de la rue qui m’a valu d’être proposée au Molière de la meilleure comédienne. Cette pièce a connu un succès phénoménal et ce fut pour moi un bonheur total.

Après l’énorme succès sur scène de l’hiver dernier, on vous retrouve
à nouveau dans Maris et Femmes ?

Nous avons joué cette adaptation du film de Woody Allen tout l’hiver et nous la reprenons dès le 5 octobre. C’est une comédie sur les surprises de l’amour. Un chassé-croisé conjugal. C’est spirituel et vif. J’y interprète le rôle de Sally, un personnage au caractère cassant et désagréable. C’est une femme psychorigide qui a tout cadenassé dans sa vie. Elle s’interdit tout et chaque moment de joie est suivi d’un reproche. Cette femme pense qu’elle contrôle tout. Or, en réalité, elle est dépassée par la situation parce qu’elle n’a pas ce lâcher-prise qui est la clef de tout.

Êtes-vous préventive au niveau de votre santé ?

Mon corps, c’est mon instrument. Je dors au minimum 8 heures par nuit et je m’accorde une sieste quotidienne de 10 à 20 minutes. Si je me sens lourde et fatiguée, ça ne va pas. Aussi, je fais attention à moi. Je me pèse chaque jour. J’ai arrêté de fumer il y a vingt-cinq ans. Cela a été bénéfique à la fois pour mon teint et pour ma santé. J’ai cessé la cigarette grâce aux substituts. J’ai deux adolescents à la maison et je suis désolée quand je vois mon fils fumer !

Accepteriez-vous de livrer vos secrets pour garder la forme ?

Je fais beaucoup de sport : de la danse moderne, du jogging… Et j’ai essayé la méthode Pilates, une approche globale du corps destinée à rectifier les mauvaises postures tout en stimulant l’esprit. Aujourd’hui, j’ai découvert le yoga et je suis devenue complètement addict vu le bien-être que cela m’apporte. Je m’adonne aussi beaucoup au vélo et, cet été, j’ai nagé comme une malade sur la côte Atlantique !

Entretenez-vous de bons rapports avec votre pharmacien ?

J’ai la chance d’avoir, dans mon quartier, un super-pharmacien. Je peux parler de la pluie et du beau temps avec lui ! Et, au-delà des médicaments, il sait me conseiller aussi bien sur les probiotiques, excellents pour la flore intestinale, que sur les produits de beauté.

Quel regard portez-vous sur le temps qui passe ?

Ce qui est injuste dans la vie, c’est que nous mettons trop de temps à nous connaître, avant d’être en accord avec ce que nous sommes. On peut s’améliorer constamment. Je pense par exemple que l’on peut agir sur son corps en trouvant notamment une activité physique qui nous convient et qui nous permet de canaliser notre énergie. Moi, je goûte le moment présent et je le vis de A à Z !

Aurons-nous le plaisir de vous voir bientôt sur grand écran ?

Je viens de terminer le film de Cédric Klapisch, Le Vin et le Vent, une histoire de transmission entre un vigneron et ses trois enfants. Et je joue également dans le film de Thomas Langmann, Stars 80, la suite. Je ne vous en dis pas plus, mais vous serez surpris par ma transformation !

 

Maris et Femmes

Maris et Femmes

maris et femmesUne pièce adaptée  par Christian Siméon d’après un scénario de Woody Allen, mise en scène par Stéphane Hillel. Avec Florence Pernel, Emmanuel Patron, Hélène Médigue, Marc Fayet, Astrid Roos, José Paul
et Alka Balbir. Jusqu’au mois
de janvier 2017 au Théâtre de Paris*,
Salle Réjane, avant de partir en tournée.
*www.theatredeparis.com