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Au secours, mon ado décroche au lycée

Votre ado a fait sa rentrée, et vous redoutez les décrochages. Nos conseils pour préserver sa confiance en lui et l’aider à rester motivé sur les bancs de l’école.

 

Chaque année, ce sont plus de 150 000 ados, majoritairement des garçons, qui sortent prématurément du système scolaire, sans diplôme ni formation. L’entrée au lycée marque souvent une étape cruciale pour ces jeunes. Ils disposent soudain d’une plus grande liberté de mouvements, d’horaires flexibles, et d’une nouvelle autonomie. Une perte de repères parfois déroutante pour certains ados qui glissent alors sur la pente du décrochage scolaire.

  

Les nombreuses causes du décrochage scolaire

Chaque jeune construit sa propre relation avec l’école, relation qui peut l’amener à décrocher et à quitter le système scolaire à 16 ans, sans diplôme, et avec une confiance en lui mise à mal par les difficultés rencontrées en classe. Il existe plusieurs profils de décrocheurs :

  • Les discrets, qui ont toujours éprouvé des difficultés en classe et réussissent à se faire oublier, tout en accumulant peu à peu un retard qui devient impossible à combler.
  • Les perturbateurs, qui ont des problèmes de comportement et se construisent en opposition avec le système de l’école en réponse aux nombreuses punitions essuyées au cours de leur scolarité. Ils cumulent les absences, les provocations et semblent indifférents à l’autorité des professeurs.
  • D’autres, jusqu’ici à l’aise en classe, peuvent être perturbés par des difficultés familiales, relationnelles, allant parfois jusqu’à entraîner une dépression difficile à déceler.

Pourquoi l’entrée dans le secondaire coïncide-t-elle avec le décrochage scolaire pour de nombreux jeunes ? Alors qu’on leur rabâche l’importance du prochain baccalauréat, ils ont du mal à voir ce que l’école va leur apporter, et quel avenir les attend.

 

Les signes à repérer avant un décrochage irrémédiable

Résultats en baisse, absences injustifiées : ces premiers signaux doivent être pris au sérieux. Il est indispensable d’en discuter aussitôt avec votre ado, et de creuser les raisons de la modification de son comportement. Le punir n’est pas une réponse adaptée : il doit se sentir écouté, pris en compte, et pouvoir exprimer ses doutes sur l’école, ses profs, les difficultés rencontrées, sans crainte d’être rabroué ou moqué. Sinon, il risque de se fermer totalement et devenir hermétique à toutes vos tentatives ultérieures de communication.

Attention également à votre discours : ne dévalorisez pas devant lui certaines matières supposées moins importantes (musique, arts plastiques, gym…) au risque de nuire à la crédibilité du système complet dans son esprit. Il critique violemment un prof ? Ne prenez pas parti, prenez plutôt rendez-vous avec la personne incriminée afin de comprendre ce qui coince : vous vous montrez ainsi attentif à ce qu’il exprime, sans pour autant saper l’autorité de l’école.

Soyez également attentifs aux symptômes physiques : maux de tête, de ventre, nausées, malaises… sont parfois l’expression du mal-être de votre enfant, surtout s’ils disparaissent le week-end et pendant les vacances. Il ne vous joue pas la comédie, il somatise ses difficultés.

 

Aider son enfant à raccrocher pour lui éviter l’échec scolaire

Le premier écueil à éviter est de transformer sa scolarité en sujet de préoccupation central dans la vie familiale. Votre ado est déjà suffisamment sous pression, lui en rajouter viendra nourrir sa volonté d’y échapper. Restez à son écoute sans le soumettre à des punitions répétées (qui aggraveraient son sentiment d’injustice), mais restez ferme sur le fait qu’il doit modifier son comportement. Rappelez-lui que vous comptez sur ses efforts pour raccrocher les wagons.

Montrez-vous très attentif à sa scolarité : vérifiez ses devoirs et son agenda chaque soir lorsqu’il rentre de l’école, intéressez-vous à ses prochains contrôles, proposez-lui votre aide ou celle d’un professeur dans ses révisions, et surtout, marquez le coup lorsqu’il obtient un succès.

Encouragez-le sans relâche, soulignez ses points forts, répétez-lui votre confiance en lui et dans ses capacités, admettez ses difficultés sans le culpabiliser : il n’a pas encore la maturité nécessaire pour accepter la souffrance liée à l’apprentissage et il a le droit de trouver que les équations à trois inconnues sont difficiles.

Proposez-lui également des projets en dehors de l’école dans lesquels il aura l’occasion d’exercer ses talents : musique, sport, menuiserie, danse… l’essentiel est qu’il en retire de la fierté et que sa confiance en lui en soit renforcée. En bref, restez p-o-s-i-t-i-f (aussi difficile cela soit-il parfois, on vous l’accorde).

Si les difficultés persistent ou s’aggravent, le placer dans un établissement de plus petite taille, où il bénéficiera d’un encadrement et d’une attention accrue sont des solutions à envisager afin de lui offrir toutes les chances de réussite.