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Dépistage et traitement du cancer du sein

Même si l’on en guérit dans la majorité des cas, on peut encore mieux faire, grâce aux progrès de la médecine et surtout à la personnalisation de la prise en charge, de la prévention aux traitements.

 

Des recours pour soigner un cancer du sein

Chiffre

Chiffre

11 000 décès sont dus chaque année au cancer du sein, 53 000 cas et plus sont attendus en 2012
On sait maintenant qu’il est possible de prévenir un cancer, du sein plus particulièrement. Et une fois le cancer déclaré, on peut empêcher que survienne une récidive. Un certain nombre de facteurs favorisant ce cancer ont en effet été formellement reconnus ces dernières années. Ils ont la particularité d’influer à des degrés divers la quantité d’estrogènes dans le corps et ainsi moduler le risque de survenue des cancers hormonodépendants essentiellement (80 % de tous les cancers du sein). On peut donc jouer sur ce registre de l’environnement, par nature modifiable, pour réduire son risque de cancer du sein ou de récidive, une fois un premier cancer traité.

En cas de surpoids par exemple (surtout de gros ventre), le tissu gras se comporte comme une glande sécrétrice d’estrogènes promoteurs de cancer, surtout après la ménopause. Le remède ? Une alimentation fondée sur la règle des 5 fruits et légumes par jour, céréales, poisson, viandes maigres et peu d’alcool (moins d’un verre par jour).

Par ailleurs, la survie globale à 10 ans des femmes qui pratiquent une activité sportive régulière est améliorée d’un tiers, ainsi que leur taux de récidive. L’activité physique réduit le risque de récidive ou de survenue d’un nouveau cancer du sein et permet de limiter un surpoids. Elle constitue aussi un excellent antidote à la fatigue liée à la maladie ou aux traitements : il n’est plus question de se reposer exclusivement, mais de commencer à doses filées, selon le degré de fatigue, puis progressivement croissantes.

 

Personnaliser c’est optimiser le traitement

Dès le dépistage, puis le diagnostic, les médecins prennent en compte non plus un cancer du sein auquel on appliquerait le même traitement, mais la singularité d’une femme et de son cancer, dont les caractéristiques justifient un traitement personnalisé. À chaque personne, son parcours de soin.

État des lieux

En fonction de l’imagerie, au tout début de la prise en charge, puis des biopsies l’équipe médicale se fait une idée de la suite des événements. Grâce à l’analyse, radiologique et biologique, de la tumeur, on peut décider d’enlever tout ou partie du sein (la première étape, indispensable, du traitement du cancer du sein) et prédire, dans une certaine mesure, quels médicaments de chimiothérapie et/ou quelles thérapies ciblées fonctionneront le mieux.

 À lire aussi : Biopsie du sein : comment ça se passe ?

 

Après l’opération

Une fois la tumeur opérée, les femmes reçoivent systématiquement une radiothérapie et éventuellement une chimiothérapie. Aujourd’hui, 80 % des patientes reçoivent effectivement une chimiothérapie, dite adjuvante, décidée sur des critères cliniques (la grosseur de la tumeur et la présence de récepteurs hormonaux notamment), alors que la plupart (9 sur 10 !) n’auraient pas rechuté… Des études sont encours pour valider des marqueurs qui pronostiquent une éventuelle rechute.

 

Radiothérapie contre rechute

Accélérée et limitée

La radiothérapie réduit de 65 à 70 % le risque de rechute locale après que l’on ait conservé le sein et ôté la tumeur, ce qui se traduit en termes de survie à long terme. On peut procéder à une radiothérapie à la fois accélérée et limitée du sein, en 3 semaines, voire en 5 jours (2 séances par jour) et sur moins du quart du volume mammaire, la technique de référence se faisant sur 5 semaines et sein entier.

 

Des thérapies finement ciblées

Agir sur les récepteurs

À côté des chimiothérapies, cytotoxiques, et parfois des traitements hormonaux, après les thérapies ciblées qui visent un récepteur particulier sur la membrane cellulaire pour bloquer la prolifération des cellules cancéreuses, on dispose aujourd’hui de thérapies encore plus ciblées visant l’environnement de ce récepteur, c’est-à-dire les déterminants de son allumage, des inhibiteurs de tyrosine kinase par exemple, compléments naturels de la première thérapie ciblée qui en optimisent le fonctionnement.

Ou couper les vivres à la tumeur

Solution alternative ou complémentaire, les médicaments antiangiogéniques s’opposent à la création du réseau vasculaire nourricier de la tumeur et la détruisent spécifiquement en l’asphyxiant.

À éviter

À éviter

  • Un dépistage précoce du cancer du sein, avant 50 ans (âge à partir duquel le dépistage est systématiquement proposé aux femmes), est utile quand le risque de développer un cancer est plus élevé : cancer familial (proche au premier degré, sœur ou mère, surtout si ce proche a fait tôt ce cancer) ou si les seins sont très denses.
  • En cas d’antécédent de biopsies mammaires ou de ponction à l’aiguille pour un problème bénin.
  • Des règles apparues précocement, un âge tardif au premier enfant ou pas d’enfant et les contraceptifs hormonaux sont d’autres facteurs de risque, significatifs, mais moins inquiétants que la densité des seins ou l’histoire familiale…
  • Protecteurs en revanche, l’allaitement prolongé ou un surpoids avant la ménopause, contrairement à ce qui se produit après la ménopause, où le surpoids devient un facteur de risque.
Réponses d'expert

Réponses d'expert

Dr Michel Deghaye
Radiologue et membre du groupe de travail de la Haute autorité de santé

À partir de 50 ans et jusqu’à 74 ans, mieux vaut opter pour le dépistage organisé (DO) plutôt que le dépistage individuel (DI)

Dans le dépistage individuel, chacune décide avec son médecin du moment et de l’intérêt d’un dépistage. Plusieurs raisons font préférer le DO : invitée directement par un courrier de l’Assurance maladie adressé à toutes, on n’oublie pas ce rendez-vous. Tous les bilans considérés comme négatifs par le premier lecteur sont soumis à une seconde lecture, inscrite dans le cahier des charges du DO, ce qui permet de rattraper au moins 8 à 9 % des cancers passés inaperçus à la première, parfois même 12 à 15 % dans certains départements. Elle s’avère plus efficace qu’une échographie éventuelle dans la DI. Enfin, presque tous les radiologues travaillant dans le cadre du programme national ont une obligation de formation spécifique et leurs appareils doivent réglementairement être contrôlés tous les semestres.

À lire

À lire

CANCER DU SEIN, PRÉVENTION ET ACCOMPAGNEMENT PAR LES MÉDECINES COMPLÉMENTAIRES
Dr Bérangère Arnal et Martine Laganier, éditions Eyrolles, 12,90 €.

Consultez www.rosemagazine.fr, le site de Rose Magazine, Le cancer au féminin.

 

Bilan sur l’ostéoporose

Après la ménopause, l’ostéoporose touche près d’une femme sur trois, mais comme la maladie évolue en silence, les femmes, mais aussi les hommes, s’en préoccupent souvent tard. Connaissez-vous vos risques ?

 

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’ostéoporose, le 20 octobre dernier, plusieurs associations dont l’Aflar (Association française de lutte antirhumatismale) ont manifesté à Paris, devant l’Assemblée nationale, pour sensibiliser les pouvoirs publics et les citoyens aux enjeux de l’ostéoporose, en reprenant le slogan de la nouvelle campagne de l’IOF (International Osteoporosis Foundation) : « Des os forts pour des femmes plus fortes ». Pour frapper les esprits, elles avaient organisé un Flash Mob (mobilisation éclair), une chorégraphie orchestrée par une dizaine de danseurs, suivie d’une animation symbolique : une statue de 2,50 m représentant les os fragiles d’une femme, brisée en mille morceaux devant l’assistance.
L’ostéoporose a beau toucher 2 à 3 millions de Françaises et occasionner chaque année des dizaines de milliers de fractures, d’hospitalisations et de séjours en centre de rééducation, la maladie reste trop souvent dépistée tardivement et ses conséquences sont alors plus dramatiques. C’est pourquoi le Collectif ostéoporose, réunissant sociétés savantes, médecins, pharmaciens et associations de patients demande la simplification du dépistage de la maladie et le remboursement de l’ostéodensitométrie à toutes les femmes de plus de 60 ans.

 

Dépistage de l’ostéoporose

En France, l’ostéoporose est responsable chaque année de 51 000 fractures du col du fémur, 60 000 fractures vertébrales, appelées à tort tassements vertébraux, 35 000 fractures du poignet et 12 000 de l’humérus. Or ces fractures sont invalidantes, laissent des séquelles et, passé un certain âge, font basculer la vie. Un an après une fracture de la hanche, 80 % des personnes ne sont plus autonomes, 30 % restent handicapées et à 80 ans, 20 % en meurent dans l’année qui suit.

 

Ostéodensitométrie, pour qui ?

On estime qu’en l’absence de traitement préventif, à 50 ans 10 % des femmes ont déjà de l’ostéoporose, sans le savoir le plus souvent, 20 % à 60 ans, 40 % après 70 ans et 70 % après 80 ans.

  • Le seul examen possible

Actuellement, seule l’ostéodensitométrie, réalisée dans un centre de radiologie, permet de mesurer la densité minérale osseuse (DMO) pour la comparer à celle d’un adulte jeune de même sexe, au niveau du rachis lombaire et de l’extrémité du fémur ou du poignet. C’est en fonction de l’écart constaté, mais aussi de l’existence de facteurs de risque de fractures, que le médecin décide ou non ou de prescrire un traitement.

  • Remboursement limité

Mais actuellement, cet examen n’est remboursé que pour les femmes souffrant d’une maladie favorisant l’ostéoporose ou présentant un risque : hypogonadisme, hyperthyroïdie non traitée, prise de cortisone pendant plus de 3 mois, fracture antérieure d’un membre ou des vertèbres, ménopause survenue avant 40 ans, maigreur.

  • Pour une prévention élargie

Le Collectif ostéoporose pense, chiffres à l’appui, qu’un accès plus facile et plus précoce à l’ostéodensitométrie permettrait de dépister et de traiter plus tôt les femmes qui en auraient besoin et ainsi de réduire les dépenses entraînées par des fractures souvent graves. Même en intégrant le coût des traitements de l’ostéoporose, l’ostéodensitométrie systématique à 60 ans permettrait de réaliser des économies considérables et, bien sûr, d’assurer une meilleure qualité de vie aux personnes concernées. Des femmes surtout, mais aussi, dans une moindre mesure, des hommes.

 

Traitements contre l’ostéoporose

Si vous êtes à risque c’est-à-dire un parent s’étant fracturé le col du fémur ou des vertèbres, une ménopause précoce, une longue immobilisation, une corticothérapie au long cours, une carence en calcium et vitamine D… parlez-en à votre médecin. Il existe en effet des traitements préventifs
et curatifs : calcium+vitamine D3, ranélate de strontium, bisphosphonates, SERMS, dénosumab, tériparatide, traitements hormonaux de la ménopause, parmi lesquels le médecin choisira celui est le plus adapté à votre cas, à votre âge et à votre sexe, en tenant compte des effets indésirables de chacun.

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

  • Supplémentation en calcium associée à la vitamine D3.
    À l’âge adulte, chez les personnes carencées, elle aide à renforcer les os, mais ne suffit pas en cas d’ostéoporose avérée.
  • Médicaments prescrits contre l’ostéoporose. Ils ne sont efficaces que s’ils sont pris suffisamment longtemps (4 à 5 ans), à la posologie et au rythme prescrits. Une durée insuffisante et une prise irrégulière, inférieure à 50 % de la prescription, annulent totalement le bénéfice thérapeutique.
  • Bisphosphonates. Ils peuvent avoir des effets secondaires gênants : aphtose importante ou douleur à la déglutition, nausées, douleurs abdominales, diarrhées ou problèmes cutanés de type rougeurs ou éruptions. Dans ce cas, parlez-en à votre médecin.
  • Deux plantes reminéralisantes. Il s’agit de la prêle et du bambou (comprimés et gélules en pharmacie), riches en plusieurs minéraux, la silice notamment qui permet de fixer le calcium, le phosphore et le magnésium dans l’organisme. En vieillissant, comme les carences en silice sont fréquentes, des cures régulières sont intéressantes aussi bien en prévention qu’en traitement curatif.
À faire

À faire

QUEL EST VOTRE T-SCORE ?

Le résultat de l’ostéodensitométrie est exprimé par le T-score, écart entre votre densité osseuse et la densité osseuse d’un adulte jeune.

T-score >-1 : votre densité minérale osseuse (DMO) est normale.

Entre -2,5 et <-1 : c’est de l’ostéopénie. En clair, la masse osseuse a déjà baissé, c’est le stade précédant l’ostéoporose.

≤-2,5 : c’est de l’ostéoporose.

À savoir

À savoir

]Pour évaluer votre risque d’ostéoporose et savoir si votre alimentation quotidienne est suffisamment riche en calcium, faites les deux tests proposés par le Grio, Groupe de recherche et d’information sur les ostéoporoses, et montrez les résultats à votre médecin.
www.grio.org