Archive de mots clés: « dentifrice »

L’hygiène bucco-dentaire, pour se bien porter

Autrefois du ressort exclusif du dentiste, la bouche est aujourd’hui un territoire partagé, reflet de notre état de santé général. Panoramique.

 

La bouche est la plus vaste des voies d’entrée dans le corps et la plus fréquentée : des quintaux de nourriture en une vie, des milliards de bactéries saprophytes et 32 dents qui doivent cohabiter en bonne intelligence.

 

Importance de l’hygiène bucco-dentaire

Chiffres

Chiffres

1,5 brosse à dents et 3,4 tubes de dentifrice, c’est ce qu’utilise (en moyenne) chaque année un Français, loin de ce que préconisent les dentistes, respectivement 4 brosses et 6 tubes.
Source : Association Dentaire Française, www.adf.asso.fr
En première ligne, cette flore en bouche de microbes bienfaisants est soumise à de multiples influences ; or, de son équilibre, dépend la bonne santé de la bouche. Quand on parle de la bouche, on embrasse (!) les dents certes, mais encore les gencives, la langue, les lèvres, la mauvaise haleine. Lorsqu’un quelconque de ces éléments est modifié, il constitue un indice fort qui doit inciter à une enquête “en bouche“ dans un premier temps, plus globale ensuite.

La bonne santé de la bouche dépend aussi de la balance minéralisation/déminéralisation. A chaque repas en effet, des bactéries “cariogènes“ (Streptocoques mutans notamment) se développent dans les niches de la cavité buccale. Elles se nourrissent de leur carburant, les sucres surtout, et produisent des acides qui attaquent l’émail dentaire et la dentine juste en dessous. Dans une bouche saine, la phase de déminéralisation dentaire est aussitôt suivie d’une phase de reminéralisation, la salive tamponnant l’acidité buccale.
Pour que règne l’harmonie en bouche, il suffit d’un débit salivaire satisfaisant, d’une alimentation équilibrée et bien sûr d’une bonne hygiène dentaire.

Soigner les petits bobos des dents

Pour préserver les dents, gencives, émail et le reste, et ainsi une bouche en parfait état de fonctionnement, un minimum d’hygiène est nécessaire.

  • Point de carie

Première arme anti-carie, le brossage pendant 3 minutes et 2 à 3 fois par jour avec une brosse à dents en bon état (changée toutes les 5 semaines environ, davantage en cas d’infections respiratoires). La brosse placée en oblique à 45° sur la gencive, on opère en rouleau ou en rotation verticale, haut et bas séparément, toutes les faces systématiquement, avec un dentifrice fluoré. Enfin, on consulte régulièrement son dentiste, tous les six mois et au moins une fois par an. Sans oublier la brosse à dent électrique.

  • Une haleine fraîche

Pour contrer les composés volatils soufrés présents en trop forte concentration (émis lors de la dégradation des aliments par les bactéries en bouche), une hygiène sans faille ! À l’origine de l’halitose en effet, l’accumulation de bactéries et/ou de résidus alimentaires sur les plaques dentaires, les poches parondotales, le dos de la langue ou les cryptes amygdaliennes.
On les déloge avec un grand verre d’eau plate en fin de repas au minimum et les outils convenables : brosse, dentifrice, fil dentaire, gratte-langue -elle abrite 60 % des bactéries de la bouche- et pour atteindre les endroits difficilement accessibles, deux fois par jour après le brossage, un bain de bouche spécifique.

  • Des gencives saines

S’il n’est pas efficacement brossé, le biofilm qui se forme après un repas à la surface de la dent, s’épaissit, se structure en plaque dentaire à l’intersection de la dent et de la gencive. Il s’y agglutine les minéraux de la salive pour former le tartre, une “paille de fer“ qui entretient l’inflammation de la gencive, la gingivite. L’hypersensibilité de la gencive se traduit par des gencives rouges, gonflées, douloureuses, qui saignent au brossage et/ou spontanément. Si l’on ne fait rien, la gingivite devient parodontite, quand tout le système d’attache de la dent est atteint. Stop ! Première étape : un vrai détartrage chez le dentiste, une à deux fois l’an. Indispensable ensuite, le brossage, idéalement trois fois par jour, avec une brosse souple, à petite tête, un dentifrice décongestionnant, complété éventuellement par des bains de bouches désinfectants.

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

  • Gare à l’association amidon-saccharose (le sucre blanc) présente dans les céréales sucrées, le pain de mie, etc. qui est particulièrement “cariogène“. Après un repas sucré, un produit laitier qui limite l’acidité buccale favorise la reminéralisation
  • Gare encore aux boissons acides (sodas sucrés ou light, eaux aromatisés, etc.) qui érodent l’émail. Les avaler rapidement, avec une paille.
  • Beaucoup confondent haleine fraîche et dents propres. Traitez-les chacune à son tour.
  • Pour une salive de qualité, l’alimentation doit être variée, équilibrée, riche en fruits et légumes crus.
  • Un bon dentifrice ne doit pas abraser la dent pour garder intact l’émail (bouclier de la dentine, la partie sensible de la dent) et la brosse être de préférence souple ; oui aux brossettes interdentaires en appoint du brossage, à condition que leur diamètre soit adapté aux espaces qui posent problème. Oui au blanchiment des dents.
Réponses d'expert : c'est signes qui doivent alerter

Réponses d'expert : c'est signes qui doivent alerter

BB Photo Jean Valcarcel(5)Pr Jean Valcarcel,
chef du service d’odontologie (CHU Montpellier)

Qu’a-t-on appris des liens entre la bouche et la santé en général ?
À l’évidence, les dents ne sont pas isolées et peuvent donner des informations sur la santé en général. Une blessure qui ne guérit pas, un changement de couleur dentaire, a fortiori une lésion, doivent alerter. Une inflammation de la gencive, une sécheresse de la bouche, des plaies qui cicatrisent mal, sont autant d’indicateurs d’un système immunitaire défaillant, voire d’une authentique maladie sous-jacente : comme le diabète, emblématique. Certaines, rares comme la sclérodermie, se dévoilent parfois par une anomalie en bouche. Chez les enfants, des syndromes qui expriment des dysfonctionnements d’organes et des maladies héréditaires sont repérables deux à trois années auparavant en observant la denture : l’attention est attirée par la forme, la coloration, une absence de dents ou leur implantation.