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Plaies et cicatrisation

Au moins 4 kg et 2 m2 ! La peau est le plus lourd et le plus étendu des organes. Barrière contre les agressions extérieures, régulatrice de température interne, outil de communication, elle doit être fermée pour être fonctionnelle et sans cicatrice infectée.

 

Lorsque la peau a subi une agression, écharde, morsure, piercing ou autre, la cicatrisation se déroule en plusieurs phases. La première vise à contrôler l’hémorragie locale : les vaisseaux se contractent, les plaquettes s’agrègent sécrétant des facteurs de croissance, et une matrice de fibrine s’organise sur laquelle s’attachent les cellules de l’inflammation. Puis, très rapidement, les vaisseaux deviennent perméables, produisant une cascade d’événements inflammatoires, sur 24 heures environ, associant chaleur, gonflement, douleur et augmentation de la température locale, le fond de la plaie étant recouvert par les caillots, puis par des cellules remparts vis-à-vis d’une infection et d’autres, éboueuses, qui phagocytent les bactéries parasites et les tissus dévitalisés. Se multiplient alors in situ les petits vaisseaux qui apportent l’oxygène et les nutriments indispensables à la phase suivante.
La phase de bourgeonnement s’étend sur 3 semaines environ, elle est caractérisée par une intense activité des cellules de l’épiderme, fibroblastes en tête, qui fabriquent notamment le collagène, constituant fondamental du derme, mais encore l’acide hyaluronique. L’épithélialisation de la plaie se poursuit en parallèle de cette contraction en profondeur de la plaie, prélude à la fermeture.
La cicatrisation est un phénomène subtil et long (de plusieurs mois) alliant des mécanismes en apparence contradictoires, de formation et de dégradation simultanés, ce qui explique les anomalies de remodelage de la plaie… Emblématiques, les cicatrices chéloïdes, quand la cicatrice reste boursouflée, rouge. Lorsque la peau (du dos) est soumise à de fortes contraintes, la cicatrice peut s’élargir.
À toutes ces étapes, le choix du matériel peut influer le résultat, surtout pour les plaies les plus profondes, où les progrès de la technologie des pansements permettent à l’évidence une cicatrisation de meilleure qualité, esthétique aussi.

 

Traiter les plaies et la cicatrisation au cas par cas

1/ Soigner rapidement une brûlure

Le devenir de la cicatrice dépend du degré de la brûlure et de la rapidité des premiers gestes… Retirer les vêtements s’ils sont en fibres naturelles tout en arrosant la zone brûlée d’eau fraîche à 15° pendant 5 minutes environ. Sur une brûlure superficielle et de petite taille, appliquer une couche épaisse d’une crème réparatrice. Un degré au-dessus, un pansement spécifique.

2/ Savoir apprécier l’urgence

Appeler le 15 pour des brûlures du deuxième degré, avec une
ou des cloques, ou la peau abrasée sur une surface supérieure à celle de la moitié d’une paume de la victime, ou a fortiori troisième degré, quand la peau a fondu et que ce qui en reste, cireux ou noirâtre, est insensible. Le risque principal, avant même l’infection, est la déshydratation, surtout chez le jeune enfant, survenant parfois en quelques heures lorsque la surface brûlée dépasse le dixième de la surface corporelle.

3/ Prendre en charge une morsure

La salive, d’un homme ou d’un animal, est truffée de microbes. Une morsure doit donc être soigneusement lavée, puis désinfectée, et la plaie laissée ouverte, les enzymes de la salive provoquant des écoulements abondants. Appliquez un pansement gras. Assurez-vous que la vaccination antitétanique est à jour, comme pour toute plaie survenue dans des conditions à risque infectieux. Si l’animal mordeur est étranger à la famille, recherchez le nom et l’adresse de son propriétaire pour vérifier la validité de la vaccination contre la rage. Enfin, ralliez l’hôpital à la moindre inquiétude (étendue, profondeur, aspect, etc.) sur cette plaie à la fois contuse et souillée.

4/ Savoir nettoyer un ulcère

L’ulcère doit être lavé à l’eau, sous la douche par exemple, et au savon de Marseille, ou à défaut avec du sérum physiologique. Un antiseptique peut être allergisant et inefficace. Les antibiotiques locaux n’ont pas non plus d’intérêt, même si une infection est suspectée, en raison du risque allergique et du manque d’efficacité des produits disponibles. La peau autour de l’ulcère doit être hydratée.

5/ Opérer quand l’état de l’ulcère le demande

S’il est encombré de fibrine, l’ulcère est détergé, gratté de façon répétitive, 5 à 6 fois. Une opération douloureuse à réaliser sous anesthésie locale. La coiffe de fibrine, dure, rend impossible ou affaiblit l’activité des facteurs de croissance, freine la cicatrisation et favorise l’infection. Appliquez un pansement absorbant si l’écoulement est important, plus humide si la plaie est plus sèche. Associez dans tous les cas une compression veineuse.

À éviter

À éviter

– Attendre pour nettoyer la plaie : la détersion doit être immédiate, pour ne pas différer le processus de réparation.

– Tremper la plaie. Lavez rapidement à grandes eaux, idéalement physiologiques, sinon avec de l’eau minérale ou du robinet. Puis désinfectez à la polyvidone iodée ou, mieux, à la chlorhexidine qui ne colore pas la plaie, pour mieux surveiller l’état de la peau.

– Désinfecter avec de l’alcool : il brûle à la fois les cellules saines barrières et les microbes.

– Utiliser de la ouate, qui laisse des fils, préférez les compresses pour
essuyer.

– Prendre un antibiotique à titre préventif, sauf dans certaines situations, diabète, des morsures profondes, de la main en particulier, une lésion de l’articulation ou de l’os.

– Appliquer un pansement sec. Utilisez un pansement hydrocolloïde, légèrement compressif, maintenant la plaie dans un milieu humide favorable à la cicatrisation.

Réponses d'expert : trois grands progrès ont marqué l'histoire récente de la cicatrisation<strong><br></strong>

Réponses d'expert : trois grands progrès ont marqué l'histoire récente de la cicatrisation


Dr Vladimir Mitz
,
Chirurgien esthétique et réparateur

Pour éviter les cicatrices hypertrophiques, on utilise aujourd’hui de la silicone en plaque ou en crème qui exerce une compression et limite ainsi ces phénomènes indésirables de cicatrisation. Autre système innovant, celui des expandeurs, précieux a posteriori quand le manque de tissu a distendu la cicatrice, alors élargie. Le système permet de créer une dilatation de la peau, de fabriquer donc de la peau pour enlever la cicatrice et refermer sans tension. Sur les cicatrices chéloïdes, épaisses et rouges, datant de plus de deux ans, déparant les peaux noires, deux types de traitements, corticoïdes retards, puissants, et le froid, à très basse température, les premiers permettant de les faire fondre, le second de les brûler de l’intérieur.

Comment cicatriser en beauté ?

Autrefois signes bienvenus des accidents de la vie, les plaies aujourd’hui doivent être réparées, vite… et bien ! Le processus de cicatrisation étant mieux connu, sont nées des solutions de réparation très techniques.

 

Chiffre

Chiffre

40 % des cicatrices anormales des femmes sont concentrées sur le ventre. Source : enquête Listening Pharma 2013.

La cicatrisation est un phénomène complexe, à l’image des différentes couches qui composent la peau, cet organe immense de 2 m2 et 4 kg, barrière contre les agressions extérieures, régulatrice de température interne, outil de communication, qui doit être fermée pour être fonctionnelle. Pour qu’il y ait cicatrisation, il faut un enchaînement de phénomènes moléculaires et cellulaires. Première étape, la formation d’un caillot, qui réalise une matrice provisoire. Pendant 2 à 3 jours, la plaie exsude de la lymphe où l’on trouve des substances vasoactives et détergentes. Puis, sur 3 à 7 jours, des cellules conjonctives (substance fondamentale) migrent in situ, de nouveaux vaisseaux se créent ainsi qu’un squelette de collagène. Un tissu de granulation prolifère ensuite de la profondeur vers la superficie. Enfin, sur 10 à 15 jours, se produit la phase de réépithélialisation, les fibroblastes tissant des fibres de collagène de façon désorganisée d’abord, avec une revascularisation du site. Lorsque ce tissu atteint le niveau de l’épithélium adjacent, ce dernier le recouvre par glissement, en couche mince, et dans un second temps suffisamment protecteur. Une fois la plaie fermée, les fibres de collagène s’orientent en fonction des plis de tension, la plaie se rétracte et sa résistance à l’étirement croît. À 6 semaines de l’accident, la plaie est solide.

 

Pansements, outils très techniques

Pour mener à bien la restauration de la peau, trois matériaux remarquables.

Cicatriser avec une algue

À la base du textile hémostatique fabriqué par Brothier (Coalgan® de Brothier), la poudre d’alginate de sodium extraite d’une algue brune déchiquetée. Textilisation déjà comprise et exploitée au xviiie siècle. Pour les plaies hémorragiques. Disponible en compresse puis en mèche, le pansement est aujourd’hui résorbable et implantable (kyste sacro-coccygien, lobectomie, etc.).

Nettoyer la cicatrice avec des fibres

Pour les plaies difficiles, Urgo Médical vient de mettre au point un pansement composé de fibres de polyacrylate, des fibres hydrodétersives (Urgo Clean® de Urgo Médical) à haute affinité pour la fibrine. À la clé, une détersion (l’élimination de la fibrine en excès) plus facile et complète, préalable à la cicatrisation des plaies dites fibrineuses, planes ou cavitaires. Une étape jusqu’ici douloureuse et à risque de complications infectieuses.

Améliorer la cicatrisation avec le silicone

Il s’agit d’éviter les cicatrices hypertrophiques et chéloïdes (Kelo-cote® de Sinclair Pharma). Faute de facteurs prédictifs d’évolution péjorative, il doit être le traitement de première intention des cicatrices, dès que la croûte est tombée ou les points de suture enlevés, en un aller et retour, sans masser, deux fois par jour, pendant trois à 4 mois, le temps de l’inflammation. Le film de silicone permet de réguler les phénomènes inflammatoires et de maintenir la cicatrice en phase humide, propice à une cicatrisation de qualité.

Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

  • Toute plaie doit être désinfectée, à grande eau du robinet, mieux à l’aide d’un désinfectant respectueux de la peau lésée et de ses alentours ; pas d’alcool asséchant ou de colorant qui masque une éventuelle complication locale.
  • La chlorhexidine, quelle que soit sa marque, est l’antiseptique de référence de la peau et des muqueuses
  • À vérifier, la validité de la vaccination antitétanique pour toute plaie souillée, au contact avec le sol (possiblement contaminé par la bactérie), gravier, piqûre de rosier ou morsure de chien notamment. En l’absence de vaccination ou de vaccination complète, on vaccine et si la plaie le justifie et/ou le dernier rappel date de plus de 10 ans, on injecte dans l’autre bras des immunoglobulines antitétaniques (anticorps directement).
Réponses d'expert : l'évolution n'est pas toujours prévisible

Réponses d'expert : l'évolution n'est pas toujours prévisible

IMG_0195Dr Richard Zloto,
chirurgien esthéticien et plasticien à Paris.

Quand peut-on dire que la cicatrice a pris son allure définitive ?
La cicatrisation est un phénomène actif, inflammatoire, la cicatrice ne s’améliore pas linéairement depuis le premier jour… Elle semble s’aggraver au début, devenir plus rouge, chaude, gonflée, parfois douloureuse et sujette à prurit. Après un pic d’intensité de ces symptômes vers 2-3 mois, la cicatrisation se poursuit jusqu’à 12 mois environ.

Peut-il y avoir des anomalies ?
L’évolution d’une cicatrice peut être totalement imprévisible… Dans les cicatrices hypertrophiques, toutes les phases sont exagérées, le pic inflammatoire à 4-5 mois, mais la cicatrisation correcte après un temps plus long ; les cicatrices chéloïdes restent laides, voire s’aggravent. Les cicatrices de certains types de peaux (foncées) ou localisations (cou, dos, etc.) sont à l’évidence plus susceptibles de mal tourner. »

Comment cacher et améliorer une cicatrice ?

Vous cherchez une solution pour cacher ou diminuer la visibilité de votre cicatrice, voici des conseils pour réduire les cicatrices

 

Acné, blessures, opérations… Il existe des astuces beauté pour atténuer ou camoufler les traces laissées par ces lésions cutanées. Mode d’emploi. Quand le derme est entaillé, l’organisme réagit aussitôt et produit en masse des fibres de collagène qui comblent la plaie et permettent à l’épiderme de se refermer. Seulement voilà, nous ne sommes malheureusement pas tous égaux face au processus de cicatrisation. Plus ou moins long et probant selon la nature de la peau et – surtout – les attentions qu’on lui porte, ce phénomène naturel de régénération cutanée peut laisser des traces dont on se passe volontiers. Entre crèmes cicatrisantes et maquillage camouflage, voici de quoi sauver notre peau de marques indélébiles.

 

On prend soin de sa peau et de sa cicatrice

Pour minimiser l’apparition de balafres disgracieuses, les consignes sont strictes : il faut parfaitement désinfecter les plaies, impérativement laisser tomber les croûtes d’elles-mêmes, signe que la peau en dessous s’est reconstruite, et éviter d’exposer la marque au soleil pendant plusieurs mois.

On utilise une crème pour cicatrice de qualité

Pour aider la peau à se refermer sans laisser de trace, l’univers de la dermocosmétique met à notre disposition des crèmes cicatrisantes. Dédiées à stimuler le renouvellement cellulaire, prévenir l’épaississement cutané, apaiser les sensations d’inconfort et éviter l’infection, elles contiennent des agents antibactériens, du zinc, du collagène ou de l’acide hyaluronique.

On cache les marques d’une cicatrice rouge

Malgré toutes les précautions prises, la cicatrice est là. Impossible à déloger complètement, elle peut en revanche disparaître sous un maquillage adapté. En effet, il faut opter pour un fond de teint correcteur, à savoir enrichi de pigments spécifiques, qu’on étale sur le dos de la main puis qu’on tamponne sur la cicatrice avec un pinceau large.

Dans ma trousse de soins pour soigner et maquiller la cicatrice

Dans ma trousse de soins pour soigner et maquiller la cicatrice


Cicaplast Baume B5, La Roche Posay.
Expert de la réparation épidermique pour toute la famille, ce baume ne se contente pas d’être cicatrisant, même sur des plaies postchirurgicales. Il apaise les irritations et soulage l’inconfort.

Dermablend Fluide Nude, Vichy.
Ce fond de teint haute couvrance estompe et lisse les imperfections cutanées en gardant une sensation peau nue et un effet mat, grâce à sa texture souple ultra confort et son pouvoir très hydratant.

Cicafalt, Avène.
Dans une texture gel, une formule hydrocolloide maintient l’humidité de la peau pour une meilleure cicatrisation. Son secret ? De la glycérine hydratante, de l’eau thermale d’Uriage isotonique, du zinc, et de l’acide salicylique qui stimule le renouvellement cellulaire.