Archive de mots clés: « cicatrice acné »

Combattre l’acné, c’est possible

« Ma fille de 15 ans souffre d’acné, que pouvez-vous me conseiller ? ». Le bouton d’acné et les cicatrices qui peuvent en découler sont le cauchemar des ados : quel traitement privilégier pour en venir à bout ?

 

L’acné est une dermatose s’exprimant de manière plus ou moins prononcée. Elle peut s’étendre sur des années. Elle touche environ 15 millions de Français, essentiellement des adolescents, mais aussi près de 20% des femmes adultes. Un traitement précoce permet de diminuer le nombre de cicatrices. Son impact sur la qualité de vie est important et peut s’accompagner de symptômes dépressifs, surtout chez les adolescents (anxiété, altérations des relations familiales, amicales, amoureuses, sexuelles). Consulter un dermatologue ou un médecin généraliste est un premier pas vers une bonne prise en charge et un mieux-être.

Les causes de l’acné

Chacun de nos poils est relié à une glande, chargée de secréter du sébum dont la fonction est de protéger la peau. Ce sébum s’écoule en permanence de l’endroit où le poil émerge de l’épiderme. L’acné provoque un encombrement voire l’obstruction complète du canal pilaire qui cet écoulement. L’inflammation survient lorsqu’une bactérie s’en mêle, et peuvent entraîner des cicatrices lorsque cette inflammation est profonde. Cette maladie chronique touche surtout le visage, mais peut aussi atteindre le dos, le thorax et même les avant-bras.

Des traitements agressifs mais efficaces contre l’acné

En cas d’acné sévère, certains médicaments anti-acnéiques peuvent entraîner une desquamation de la peau et des sensations de brûlure et d’irritation, mais ils sont efficaces et leurs résultats sont durables. Une recrudescence de l’acné est fréquente en début de traitement ; il faut savoir être patient, l’amélioration ne survenant que vers la 6e ou 8e semaine de traitement.

Quels produits lui conseiller ?

Les crèmes émollientes et hydratantes compensent la sécheresse et l’irritation des traitements anti-acnéiques locaux ou oraux. Il faut privilégier les pulvérisations d’eau thermale, les lotions adoucissantes sans alcool, ainsi que les textures légères afin de respecter le film hydrolipidique de la peau.

Découvrez encre plus de conseils pour venir à bout de l’acné rapidement.

Les différents visages de l’acné

Différentes lésions d’acné peuvent cohabiter sur un même visage adolescent, garçon ou fille, parfois même, après une courte éclaircie, de jeunes femmes. Le traitement est à la tête des boutons.

 

À savoir sur l’origine de l’acné

À la surface de la peau, du visage et du thorax surtout, s’abouchent les glandes sébacées qui produisent un sébum gras protecteur. A la puberté, sous l’effet de la testostérone (hormone sexuelle secrétée par les testicules et les ovaires), sa production est stimulée. Lorsque le canal d’écoulement naturel du sébum est obstrué par des cellules de peau mortes, il se forme un “point noir“ disgracieux.

L’accumulation du sébum dilate le canal pilo-sébacé bouché qui devient un microkyste fermé, le “point blanc“. Ce milieu clos est idéal à la multiplication des bactéries de l’acné, dont le Propionibacterium acnes, provoquant une réaction inflammatoire locale (rougeur et gonflement). L’inflammation accélère en retour la production de sébum et favorise la prolifération des kératinocytes (les cellules à l’origine des “bouchons cornés“). Le cercle de l’acné se referme.

Contrairement à l’acné adolescente (points noirs, microkystes blancs, lésions inflammatoires rouges) qui s’affiche en région haute du visage (front, nez et/ou joues), l’acnée tardive (quelques microkystes point de départ de lésions inflammatoires) occupe plus volontiers la région du menton.

Dans ce contexte, précise le Dr Martine Baspeyras, dermatologue à Bordeaux, le rôle nocif des sucres rapides et des sodas est confirmé ; ils agissent en élevant l’insuline, suivie par un pic d’hormone de croissance “acnogène“. Le tabac, lui, aurait un effet similaire à la testostérone, générateur de séborrhée.

 

Des traitements de l’acné « sur-mesure »

  • Une toilette matin et soir avec un produit spécifique réduit les lésions de 10 %. Il convient donc de laver matin et soir la peau et son film de sébum ; pas à l’eau seulement, peu efficace contre ce film gras, mais avec des gels moussants sur peau mouillée. Celle-ci ne doit pas tirer au décours. Si c’est le cas, mieux vaut utiliser par exemple une eau micellaire le matin et une lotion nettoyante le soir. Les bénéfices ? La limitation du développement bactérien, la stimulation du système d’autodéfense antibactérien et la réduction de la sécrétion de sébum.
  • Sur cette peau propre et sèche, on met un soir sur deux, pour une meilleure tolérance, une crème à base d’acide salicylique par exemple. La peau lissée respire, débarrassée de ses comédons. Les nouveaux cosmétiques qui empêchent la prolifération de P. acnes peuvent être essayés, en première intention ou en alternance.
  • Si les cosmétiques ne suffisent pas, on recourt, sur conseil médical, à la vitamine A acide ou à ses dérivés, les rétinoïdes, qui augmentent le renouvellement cellulaire et limitent la formation des kystes. Pour éviter rougeurs et desquamation, on applique le soin, puis une demi-heure plus tard une crème hydratante pour peaux à imperfections (cosmétique, type AI, anti-irritant).
  • Si l’acné est plus inflammatoire, P. acnes doit être précisément ciblé. Résistance aux antibiotiques locaux oblige, la référence est le péroxyde de benzoyle en traitement local, éventuellement associé à un rétinoïde topique (application locale) : on trouve ces deux produits associés en gel unique. Le péroxyde de benzoyle a l’inconvénient de décolorer les draps (un gel à rincer existe) et d’être photosensibilisant.
  • Un traitement par LED médicales (diodes électroluminescentes), bleus et rouges, est envisageable pour nettoyer une acné très inflammatoire, le temps de passer un cap.
  • Lorsque trois mois de soins (réguliers !) n’ont pas réglé au moins en partie le problème, le médecin peut proposer une cure d’antibiotiques: pour trois mois au plus. En cas d’acné sévère et rebelle, un traitement par la bouche assèche les glandes sébacées au prix de quelques inconvénients : une contraception est dans ce cas obligatoire pour les filles.
Conseils de Pharmacien

Conseils de Pharmacien

  • Les produits contre l’acné destinés aux adolescents sont plus irritants, parce que leur peau plus robuste et “élastique“ peut le supporter. Il est donc conseillé d’utiliser des produits adaptés à l’âge de la peau d’une part, à la nature des lésions d’autre part : rétentionnelles (comédons) et/ou inflammatoires.
  • “Martyriser“ ses boutons est une erreur, particulièrement quand il s’agit des papules et pustules des jeunes femmes. Leur peau amincie se répare moins bien, laissant davantage de cicatrices en creux et de taches pigmentées.
  • À pratiquer à l’économie (une à deux fois par semaine au plus) les masques exfoliants : s’ils enlèvent les cellules mortes, ils enclenchent le cercle vicieux de l’hyperséborrhée, par conséquent la multiplication de P. acnes.
  • Oui aux soins esthétiques hors du contexte médical, mais pour un soin hydratant uniquement. L’ouverture des comédons est réservée au médecin.
  • Se protéger du soleil est indispensable.